‹ Égypte et PalestineChapitre 53 sur 94 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Pour mon compte, je me suis assuré que le traitement mercuriel ne produit rien d’avantageux ; je l’ai suivi quinze jours , prenant deux et trois pilules par jour, sans en avoir éprouvé aucun bien.

L’iodure de potassium ne m’a pas réussi. Le fer réduit par l’hydrogène est une médication mauvaise pour les pays chauds , ainsi j’ai eu des étourdissements et des accidents qui m’ont fait craindre une attaque d’apoplexie; j’avais des tintements d’oreille. M. Galeski auquel j’en avais parlé, m’a affirmé que l’administration du fer provoquait toujours les mêmes accidents . J’ai suspendu l’usage du café avec avantage pour les Ilaniwel Nil, mais les gros boutons de se sont pas améliorés.

J’ai abandonné l’eau qui était ma seule boisson et je n’ai bu que du vin sans obtenir de résultat; le vin de quinquina ne m’a rien fait. Les purgatifs répétés n’ont rien produit.

BOUTON DU NIL

Comme moyens locaux :

J’ai employé le sparadrap. 11 fait plus de mal que de bien, car il empêche l’évaporation de la sérosité du pus. 11 active cette sécrétion morbide et le pus ne pouvant s’écouler au dehors creuse la plaie et s’amasse avec une tension d’autant plus pénible que le sparadrap ramollit les lèvres de la plaie qui est douée d’une sensibilité exquise. Les emplâtres doivent donc être rejetés.

Les cautérisations avec le nitrate d’argent ne m’ont donné aucun résultat. Un instant, la suppuration parait s’arrêter, mais bientôt elle recommence. Le baume d’Arnauld paraissait d’abord promettre quelques bons effets ; la plaie se séchait momentanément, mais bientôt le pus reparaissait.

J’ai essayé les grands bains répétés d’eau tiède ; ils ont eu pour résultat de donner aux plaies une sensibilité exquise et telle qu’elle amène des douleurs atroces. Ils font tomber toutes les croûtes, mais en se reformant celles-ci occasionnent de grandes douleurs.

La poudre de riz me faisait du bien, mais ne me guérissait pas.

Quelques personnes appliquent sur la peau du Henné substance astringente.

Le meilleur calmant, je le répète, c’est l’eau froide. Comme j’éprouvais ces accidents pendant les grandes chaleurs de l’été, je projetais sur mon corps, plusieurs fois dans la journée de l’eau à la température ordinaire.

Les Arabes recommandent de se frotter le corps avec une pastèque. Celle-ci doit produire le même effet que

BOUTÜM DU NIL.

les lotions d’eau froide, car la pulpe de la pastèque forme une sorte de cataplasme.

D’autres se frottent le corps avec le limon du Nil; c’est encore une lotion froide.

La tension de la peau infiltrée dans les boutons du Nil est horrible.

L’élévation des membres affectés est une chose excellente, mais elle ne fait que soulager et dégager l’organe malade. Mais comme par ce moyen, les douleurs spontanées cessent ou tout au moins diminuent, je le conseille quand le mal siège aux jambes.

Le séjour prolongé des pieds dans l’eau froide, a amené la diminution des ulcères et leur demi-guérison momentanée, mais alors ma tête s’est congestionnée et j’ai craint des accidents cérébraux.

On serait assez porté à croire que si on écorche les pieds infiltrés, la cicatrisation ne se fait que difficilement,

 Siount, j’allais bien lorsqu’il m’est venu une écor chure à la peau, au niveau des saillies péronières. Je crois que cela a commencé par une grosse pustule d’Aché. Dans le trajet de Siount à Minieh, je ne pouvais .plus mettre de bottines élastiques. J’achetais des pantoufles et ayant ainsi le pied au large, je marchais parfaitement malgré mon mal. Ainsi à Boni-Souef, j’ai pu laire plus d’une lieue après avoir trotté toute la journée,

M. Rossin me dit que le furoncle du Nil vient plutôt chez les adultes; il sévit chez les indigènes el chez les Luropéens.

BOUTON DU NIL

Au début, il mot des cataplasmes, puis si la suppuration marche faiblement, il ajoute de l’onguent de la mère. 11 parait avoir étudié faiblement cette maladie ; il semblait supposer que l’ulcère du Nil pouvait venir sans boutons; il ignorait qu’il pût se produire par le simple frottement.

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