‹ Égypte et PalestineChapitre 27 sur 80 · DU M ARI A GU · texte numérisé non relu

DU M ARI A GU

DE L’ACTE PROCRÉATEUR

M. Z... trouve tout naturel qu’on n’embrasse pas sa femme, qu’on ne la caresse pas. Ce sont les usages du pays. Il trouve qu’on peut embrasser un enfant ; c’est une immense concession aux habitudes européennes. Embrasser une femme, lui montrer de la tendresse serait s’exposer à perdre son respect, je pourrais dire, la crainte qu’on lui inspire.

Quand les femmes ne sont pas aimables, on leur donne des coups. Allah haram sont les paroles qu’on prononce, quand on veut dire à sa femme que l’on va divorcer. Quant les maris sont sodomites, les femmes peuvent aller se plaindre au juge, qui fait mettre l’homme en prison pour un mois. Il paraît que les femmes se plaignent rarement. Quand un homme a deux femmes, il les loge dans des appartements différents, afin d’éviter des batailles; il couche tantôt avec l’une, tantôt avec l’autre.

Les Turcs éprouvent un grand plaisir à se faire gratter la plante des pieds avec une espèce de râpe.

A l’occasion du mariage, me dit madame X..., on fait manger au nouveau marié des confitures excitantes. Une fois, le mari d’une femme que connaît madame X... en apporta chez lui. Poussée par la curiosité, son épouse en mangea un peu, sans l’en prévenir; elle devint folle.

DU MARIAGE

et pendant vingt-quatre heures, comme une femme furieuse d’amour, elle se jetait sur les hommes et même sur les femmes; elle courait après les jeunes filles. Quand la folie fut passée, elle demeura malade pendant plusieurs jours.

Après quelques mois ou quelques années de mariage, quand l’homme paraît blasé et que la femme commence à être délaissée, celle-ci achète à son mari une jolie esclave dans le but de réveiller un peu ses passions. La petite esclave exèite l’époux qui couche avec elle, mais il ne manque de témoigner aussi sa reconnaissance à l’épouse qui lui a fait un aussi beau cadeau.

Pour acheter l’esclave, les femmes vendent quelquesuns de leurs bijoux et elles ne craignent pas de demander de l’argent à leurs maris. Ce trait peint bien les mœurs du pays.

J’avais entendu parler d’une certaine manière de procréer, particulière aux Arabes. J’ai voulu en juger par moi -même. Tout cela a eu lieu d’une manière décente.

M. M... me montre, à l’hôpital, des femmes et une enfant, maintenant âgée de dix ans. Cette petite fille a été mariée, l’année dernière, à un homme qui, l’ayant défloréje avec trop de violence, a déchiré la cloison rectopérinéale au point que le rectum et le vagin ne faisaient plus qu’un. M, M... l’a partiellement opérée, il a rétabli la cloison recto-vaginale ; il doit prochainement compléter son opération.

Si les Arabes n’ont pas de tendresse pour leurs femmes, ils ont du moins dans leur langue une foule

DU MAIUAGK.

d’expressions qui peuvent exprimer les passions. En voici quelques-unes :

Ma petite femme, Kelba.

Ma dulcinée, ma déesse, Jarti, charmoula.

Mon bijou, ma beauté, Kahab, ya amoura.

Viens dans ma dahabied que, Tahale fü.

Je te voie...?? Dahabieli betachte meial e charmatah. Vous êtes jolie, Enti conoï esa.

Je voudrais être libre avec toi, Nolta kmottak.

Je vous aime comme mes yeux, Méhébec kétir.

Je vous aime comme mes veux, Méhébec zeïanaïa.

Que vous êtes jolie, Ya cloua.

Soyez bien aimable, Tibijue chatel.

Venez, que je vous embrasse, Taalé la manbomsaq. Embrassez-moi, Boussini.

Donnez-moi un baiser, lodini bossa.

O grain de mon œil, lahabct aéni.

Ma petite biche, la bibi.

« O grain de mon œil, » est l’expression consacrée

que l’on dit aux femmes au moment de faire l’amour. En voici quelques autres qui tiennent au sujet : Montrez-moi, Ouarini.

(TJl, bouche, nez, sein, Ayn, hanach., mahaseir, biz. Ventre, cuisse, jambe. Bain, keufda, rigl.

Vulve, testicules, Koust^ betein.

Embrasser en étreignant, Bassa.

Faire l’amonr, !\alie (vilain mot).

Faire l’amour, Faale che.

Baiser, iS'ik (vilain mot).

Je crois avoir dit ailleurs que la section du clitoris

nu MARIAGE.

rendait les femmes inhabiles à éprouver du plaisir pendant les rapprochements sexuels. Ce n’est qu’en titillant la base du clitoris coupé, qu’on détermine chez elles une sensation de plaisir assez vive. On se rend facilement compte du peu de bonheur qu’elles éprouvent, si on se rappelle que la base du clitoris ou le tronçon qui résulte de la section et de l’arrachement de cet organe ne peut avoir qu’une sensibilité obtuse. Il faut des excitants internes pour animer ces pauvres fdles mutilées par une main barbare.

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