‹ Égypte et PalestineChapitre 45 sur 80 · L... Bey me raconte deux avantures galantes qu’il a eues · texte numérisé non relu

L... Bey me raconte deux avantures galantes qu’il a eues

Un jour, avant son mariage, il se promenait à cheval, habillé à l’égyptienne, le sabre au côté, quand il fut atteint par une voiture conduite par un eunuque. Une roue lui ayant légèrement écorché la jambe, le bey se met en grande fureur ; il cric, il tempête, il injurie l’eunuque en montrant la plus grande audace. Aussitôt la

15G HARKMS.

dame lève les stores de la voiture pour voir ce dont il s’agit, et comme elle avait le visage découvert, L... la trouva admirable.

Cette dame faisait partie du harem de la grande princesse; déjà pleine d’amour, elle voulut savoir le nom du beau jeune homme qu’elle avait rencontré. L... est fort bien. Elle lui envoya, par son eunuque, un mouchoir brodé avec des fleurs brodées aussi , plus une belle bourse (vide, je pense) et d’autres bibelots qui constituent pour celui qui les reçoit une déclaration d’amour en règle. Il paraît qu’en Orient, les femmes aiment à faire des cadeaux à leurs amants.

L... Bey lui envoya par reunuque des odeurs de France, contenues dans une belle boîte. La dame voulait autre chose, elle demandait à L... de venir chez elle. Comme elle n’était pas grande dame et qu’elle demeurait chez la grande princesse, femme peu aimable, L... ne voulut pas y aller. Ceci se passait à Alexandrie.

Plus tard, cette femme vint au Caire et elle visita L... chez lui. Il la déflora. La pauvre jeune fille, admirable de beauté, était une Circassienne de dix- neuf à vingt ans, appartenant à la grande princesse. Chaque fois qu’elle venait le trouver, elle restait deux à trois heures avec lui. La deuxième fois, elle perdit la tête; elle disait à son amant qu’elle ne voulait plus revenir au harem, qu’elle aimait mieux mourir. Il paraît qu’elle était ravissante et d’une douceur admirable. L... Bey n’avait rien à craindre chez lui, où il était bien armé. Il continua à la voir pendaul longtemps, jusqu’à ce qu’elle fut

HAREMS

passée aux mains d’un autre maître qui l’empêcha tout à fait de sortir.

Page 1