‹ ÉgypteChapitre 138 sur 185 · L'ŒUVRE DES PTOLEMEES DANS LE SAID · texte numérisé non relu

L'ŒUVRE DES PTOLEMEES DANS LE SAID

mais de tous les arts. Il semble que, dans la Haute-Egypte au moms, les premiers Ptolémées n'eurent qu'à nettoyer ou à restaurer les constructions des Pharaons thebams. C'est amsi que Ptolémée Soter, sous le nom de Philippe Arrhidee et d'Alexandre Aigos, transforma en sanctuaires obscurs les chapelles à colonnes où Thoutmôsis 111 a Karnak et Aménôthès III a Louxor avaient abrite les barques sacrées : il y garda encore les deux portes du plan primitif, dont l'une, celle de derrière, ne tarda pas a disparaître. Le grand temple d'Amon était encombre d'ex-voto et de statues, et les ruines que les invasions éthiopiennes et assyriennes y avaient accumulées n'avaient jamais été réparées complètement. On se débarrassa de tout ce fatras sans intérêt pour les contemporains, en l'ensevelissant dans une /a v/ssa immense, que l'on creusa entre l'hypostyle et le septième pylône, puis on consolida les murs Est de l'hypostyle, on releva un peu le niveau du sol, on reconstitua le dallage, on rapiéça les bases des colonnes qui étaient rongées déjà par le salpêtre. On refit entièrement la porte monumentale qui ouvre sur la façade du temple de Khonsou (fig. 434). On releva l'oratoire d^e Phtah thébain (fig. 435), et l'on s'occupait d'édifier, en avant du pylône de Ramses II, un dernier pylône plus colossal que les autres, quand, la ville s'etant révoltée, Ptolémée Soter II la détruisit en l'an 87 avant Jesus-Christ. Sur l'autre rive, ^'"'- ^^S- - Ns.phtah.

i-v 1 . • i\rr->l-I T-> 1 - (Musée du Caire.)

r tolemee 1 V rhilopator et r tolemee (cnché e. Brugsch.)

Evergète II fondèrent, à la place d'un édicule ruiné d'Aménôthès III, le petit temple de Déîr-ei-Medinéh, consacré, comme je l'ai dit plus haut, à la déesse Hathor et au magicien Aménôthès, fils de Hapoui, dont le culte était alors si populaire. Leur activité ne se renferma pas dans les limites de l'ancienne capitale, mais de quelque côté que 1 on se porte dans la Moyenne-Egypte et dans le Delta, on en rencontre les traces grandioses, à Sebennytos, à Xois, a Bubaste, à Héracléopolis, à Oxyrrhinchos, a Hermopolis, à Gaou-el-Kébir, à Akhmim, et, si bouleversés que soient les débris qui nous restent de leur œuvre, on est forcé de con — '

venir qu ils comparent sans désavantage, au lio. 464. — Thouèris.

Il- • 11 (Musée du Caire.)

moins pour les dimensions, avec les plus con- (cnché il in-uffsch.) sidérables de l'âge thébain. Nous aurions pourtant de la peine à nous figurer quels en étaient les caractères si le Said ne nous avait conservé des temples complets ou peu s'en faut à Esneh, a Edfou, à Kom-Ombo, à Assouàn, à Philae (fig. 409). Les Romains continuèrent l'œuvre des Ptolémées ; les quelques édifices ou portions d'édifices qui datent de leur domination, tels que

le pronaos d Esneh ou le kiosque de Philae (fig. 436), montrent que les écoles d'architecture n'avaient point dégénéré sous leur domination.

Philae est, pour les derniers siècles, ce que Karnak avait été pour les siècles précédents, le lieu d'élection où tous les souverains se plurent à travailler sans relâche, et où 1 art, par conséquent, laisse saisir le plus clairement les moments successifs de son évolution (fig. 437). Ahmasis y avait bâti une chapelle, en avant de laquelle Nectanébo jeta.

Fig 465. — TÊTE d'un roi saite.

(Muscc du Caire.} (Cliché E. Brugsch )

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