L'ŒUVRE DES ATELIERS ROYAUX
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ce que nous n'admirerons jamais assez, c'est l'adresse et la facilité avec laquelle le jeu des membres et leurs enlacements ont été analysés, puis fixés sur la muraille. Avant d'atteindre pareille maîtrise, il a fallu que le dessinateur étudiât longuement sur le vif et qu'il fréquentât assidûment la palestre : on ne comprendrait pas autrement qu'il eût SI bien débrouillé les lignes et rythmé les instants décisifs de chaque reprise. Qu il eût bien campé une dizaine de ses groupes ou même une vingtaine, personne ne s'en serait étonné de ceux qui sont familiers avec les monuments égyptiens : ce qui est admirable, c'est que, de cent vingt et plus, il y en ait une demi-douzaine â peine qui soient incorrects ou mal équilibrés. Et ce n'est pas seulement en bas-relief, sur le plat de la pierre, que les contemporains se sont hasardés a combiner ces attitudes violentes : ils ont osé les transporter dans la ronde-bosse. Les lutteurs du Musée de Munich, malgré une certaine rudesse de facture, offrent les mêmes qualités d'animation et de justesse qu'on remarque aux parois des hypogées.
A Syène, â Béni-Hassan, à Siout, ce sont des ateliers seigneu-
2o5. — Bas-relief peint
DU TOMBEAU DE MaNTOUHATPOU.
(D'après Mme Xaville.)
FiG. 206. — Une des faces du sarcophage de la priiNcesse Kaouît. (Musée du Caire.) (Cliché E. Brugsch.)
riaux que voyons à
nous entreœuvre pen-
FiG. 207. — Partie d'une stèle
DE Sanouasrît III.
(Musée du Caire.) (Cliché E. Hrugsch.)
dant les dernières années de la XI*^ et les premières de la XI r Dynastie. Les royaux entrèrent en scène lorsque, la Xir ayant établi solidement sa suzeraineté sur les familles féodales, le pays entier fut réuni en paix aux mains d'un chef unique. 11 va de soi que dans l'Egypte moyenne, en Abydos, à Héracléopolis, au Fayoum, l'école memphite continua de dominer. Elle n'avait point
laissé tomber ses traditions en désuétude pendant la période intermédiaire ; elle les imposa aux rois thebains quand ceux-ci, quittant
leur résidence méridionale, s installèrent
dans les palais de leurs prédécesseurs
septentrionaux. Nous ne possédons
qu'un petit nombre de bas-reliefs qu'on
doive lui attribuer ; mais les fragments
de la chapelle d'Amenemhait T' a Licht
et des mastabas de Dahchour valent
certainement les meilleures œuvres de
la V Dynastie. Elle persistait à maintenir la saillie des figures très basse sur
le champ de la pierre, et elle s'efforçait
plus que jamais d'atteindre a l'élégance
et à la finesse des contours, ce qui ne
l'empêchait pas à l'occasion, comme
dans le cas des portraits de Siêsis à
Dahchour, de transcrire la physionomie
de ses modèles avec un réalisme presque
brutal (fig. 198). Et ses statues sont
pénétrées du même esprit que ses bas-
Fig. 208. — Mantouhatpou
EN costume d'apothéose.
(Musée du Caire.)
(Cliché E. Brugsch.)