‹ Élatée; la ville, le temple d'Athéna CranaiaChapitre 59 sur 186 · IN · texte numérisé non relu

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Il faut sans doute restituer Socy-ocia. wXtvQoç ; c’est la même formule que sur la brique de Sparte (n° 11), seulement les mots sont mis au singulier.

Un quatrième groupe, assez nombreux, est formé par les débris du mot EPI joints au début de quelques noms propres au génitif.

P IAPEAAE PI AP

AA

AE

AEA

API^THN

MATPIO

AT

ê]x i ’AireXXéfa è]m ’A^eXXéa.

êrc: ’A7rs[XX[£a èizl ’A7C£X]X£[a

£7üi ’ATteXjXéa. (2 exemplaires) £7tî] ’AptGTÜ)v[0Ç êtu Acc]y.aTpîo[u èitl Aay.]otT[ptou

1. Yoy. Léchât, Bull, de Corresp. hellén., 1887, p. 209; 1888, p. 351. — Une seule fois, pour les briques n° 10 (Tanagra), on est tenté de restituer le mot xoccpoç, comme l’a fait M. Haussoullier ; mais cette restitution peut être contestée; on peut, dans l’espèce, sous-entendre aussi bien le mot xépap.oç.

RESTITUTION DU TEMPLE

£7Tt ’0Xu(ATc[...

oja^ocrfioç BTzi K[Xeo<7...

ètcI] KXe[o<r...

£7ï]i K]X£og[...

IJtcI Sm[. . .

£7Ujî St[. .. OU £77t ’Ap]lGT[. ..

£ttî Ka.X]Xîx[Xeo; (?)

D’après la brique de Sparte (n° H) le nom propre précédé de £7wi désigne le magistrat éponyme.

Enfin les fragments suivants conservent les débris des deux précédentes formules :

IA Al IAE I A I

Il semble en effet que l’on doive restituer :

TüXivôoç oaj/.o<7ia. sttc ’A'ÂreXXsx,

ou tout autre nom propre comme ceux auxquels appartiennent les fragments du groupe précédent.

Toutes les tuiles dont nous venons d’énumérer les inscriptions ne sortent pas de la même fabrique; les unes sont plates, les autres recourbées, comme il convient à celles qui doivent recouvrir les joints des tuiles posées directement sur la charpente ; la terre varie de nuances, depuis le jaune clair jusqu’au rouge vif.

Les caractères, toujours régulièrement et profondément empreints avant la cuisson sur l'argile encore humide, sont de bonne époque. Ils sont toujours droits et se lisent de gauche à droite, ce qui prouve que les lettres qui se détachaient en relief sur le cachet ou sur le moule étaient renversées. Cette remarque est utile à faire, parce que dans le catalogue publié en note nous avons signalé plusieurs exemples d’estampilles où les carac-

( OAYMP f AMOS AE02 KAE IK

Pl£ l£l |3sT A 1 K

tères sont écrits à rebours (n° 8 (4) Pirée ; n° 9 (1) théâtre de Dionysos à Athènes ; n° 10, Tanagra1), et que ce fait semble indiquer l’usage de caractères mobiles.

Pour toutes les tuiles du temple d’Athéna Granaia, il est certain que l’inscription était préparée en relief dans l’intérieur du moule ; l’argile recevait l’empreinte en même temps qu’elle prenait dans le moule sa forme plate ou recourbée, car l’application postérieure d’un cachet mobile aurait produit nécessairement un déplacement de la terre molle, et l’on devrait voir autour des lettres un bourrelet, comme cela arrive pour les caractères tracés à la main avec une pointe. Les arêtes des lettres, au contraire, sont vives et nettes. Une seule inscription est mal venue, la tuile a dû glisser en sortant du moule, et les lettres sont imprimées en double, se recouvrant en partie l’une l’autre.

Il semblerait, d’après les différents mots et les différentes formules que nous avons rétablies tout à l’heure en dressant notre liste, que les estampilles des tuiles, au temple d’Athéna Granaia, aient été de rédaction très variée. A première vue il n’y a point de différence entre ces inscriptions et celles qui ont été trouvées dans les différentes villes de G-rèce. Nous lisons des noms propres, au génitif ou au nominatif (car on peut contester quelquefois nos restitutions par iizl et le génitif), comme à Corinthe (n° 1), à Tégée (n9 2), à Thisbé (n° 4), à Olympie (n03 S, 6. 7), à Dodone (n° 12), à Métaponte(n° 14) ; le mot ^oc|A6atoç, en toutes lettres ou abrégé, comme à Tégée (nos 2, 3), Athènes (n03 9, i), Tanagra (n° 10), Vélia (n° 15); des fragments de formules analogues à celles de la brique de Sparte (n° 11). Cependant, ne peuton pas établir un lien heureux et simple entre ces débris?

Chacune des restitutions, chacun des mots retrouvés au milieu des syllabes éparses se retrouve dans l’inscription répétée trois fois sur la brique de Sparte n° 11. Ne peut-on pas supposer alors que les fragments d’Élatée doivent être réunis en une seule inscription qui serait (les noms propres étant choisis au hasard) la suivante :

Aocptocla. 7t)uvQoç ‘ ÉttI ’ATVsTAea, êpyoovou Aayxxptoo 2.

1. A Olympie on a aussi trouvé une inscription votive sur brique dont les caractères sont renversés ( Arch . Zeit., 1881, p. 186).

2. Tl va sans dire qu’on peut restituer, suivant les cas, les variantes : mXiv-

0oî 6a|xo<j!a 6ap.6<Jto; xépa[j.o? èiù...

RESTITUTION DU TEMPLE

Mais il y a une difficulté. Sur la brique du musée de Sparte l’inscription est disposée en trois lignes; parmi tous les fragments recueillis à Élatée, un seul porte uhe inscription empreinte sur deux lignes; toutes les autres estampilles forment une seule ligne et quelques-uns des fragments sont assez grands, les arêtes naturelles de la tuile sont assez reconnaissables à côté des cassures pour qu’on soit assuré qu’il n’y avait qu’une ligne sur la face inscrite. D’autre part, les tuiles ne sont jamais estampillées que sur une face. Gomment comprendre alors que l’inscription proposée plus haut ait tenu, dans ces conditions, sur une seule tuile ?

Nous pensons que chaque tuile ne portait pas une estampille complète et spéciale; on s’arrangeait de façon que quelquesunes, alignées dans un ordre prévu, portassent ensemble l’inscription rétablie plus haut. Sur chacune étaient imprimées quelques lettres, et l’on faisait en sorte qu’elles fussent, dans la construction à laquelle elles étaient destinées, disposées à la suite l’une de l’autre, en un endroit apparent.

Cette hypothèse — qui peut-être peut s’appliquer à d’autres édifices encore qu’au temple d’Athéna Cranaia, — a l’avantage d’expliquer la rareté des inscriptions sur briques et sur tuiles. Il y a, sans doute, plus de soixante fragments estampillés, en comptant ceux qui portent seulement une lettre ou plusieurs lettres indéchiffrables, et dont nous avons cru inutile de parler; mais cela est bien peu, si l’on songe que les déblais ont fourni plusieurs milliers de fragments non estampillés b

Quant à la différence des noms propres, et même les variantes de formules, elles s’expliquent facilement par l’existence de plusieurs constructions importantes autour du temple, et par les réparations périodiques que réclament les toits couverts de tuiles ou les maçonneries en briques1 2.

1. Si l’on admet que ce même mode d’estampillage était assez souvent adopté, on peut expliquer ainsi que, d'une manière générale, les marques de briques soient si peu répandues dans les collections et les musées.

2. Outre ces tuiles estampillées, nous avons recueilli quatorze briques ou fragments portant des inscriptions à la main. Quelques-unes semblent appartenir à la classe des ex-voto, d’autres portent des signes que nous ne pouvons pas interpréter. Ces doutes nous ont décidé à publier ces graffiti en note, bien que nous en reconnaissions l’intérét.

1° Brique plate, rectangulaire, assez épaisse. Un a martelé la brique déjà cuite avec un poinçon pour tracer ce mot en lettres irrégulières

OAYZ

2° Brique plate, épaisse ; le graffito est tracé par le même procédé

ioon

Cf. Arch. Zeitung, 1881, p. 179, n° 400, une brique portant le nom 2 A I A D A £ gravé à la pointe.

3° Tuile épaisse, ayant la forme d’un angle dièdre, et revêtue d’une sorte de stuc jaune ; on lit, gravé à la pointe sèche, le mot

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