Cf. II., X
LE TEMPLE D’ATHÉNA CRAN Al A.
l’épithète d’sü^scTxç, ce qui semble indiquer que ces ustensiles étaient de métal, de bois ou de marbre. Si l’on ajoute que ces bassins étaient assez grands pour qu’un homme pùt s’y plonger tout entier, on connaîtra tout ce que les anciens textes permettent de savoir au sujet des àaoquvô oi. L’étymologie n’est ici d’aucun secours, car il faut assurément regarder comme une pure curiosité celle que donnent les lexiques : itapà tô ttiv acviv [uvu- 0£tv (Suidas, Hesychius, s. verb.).
Il est du moins possible, selon nous, de se représenter les ustensiles que Pausanias a vus au temple d’Athéna Cranaia et désignés de ce nom antique.
Nous avons en effet recueilli un assez grand nombre de fragments de très grands vases, ou pour mieux dire de bassins en terre cuite. Autant qu’on en peut juger par les courbes des morceaux les plus considérables, ces bassins avaient la forme des chaudrons modernes, à panse modérément bombée; l’ouverture devait être d’un diamètre plus court que le diamètre de la panse, et elle se terminait par un rebord plat.
Le rebord plat est large de quatre centimètres, la terre est partout épaisse de deux centimètres.
On comprend que ces bassins, à cause de leurs dimensions, se soient facilement brisés. Les parties qui ont le mieux résisté sont le rebord, où la pâte avait plus d’épaisseur, et surtout les anses, dont la forme est intéressante. Pour saisir un récipient de cette dimension, et le transporter, lorsqu’il était plein de liquide, il fallait une poignée solide, que l’on pût bien retenir entre les doigts. Les potiers ont imaginé pour cela d’élargir par places le rebord du vase, et de coller au-dessous de cette proéminence des arcs-boutants qui s’appuyaient sur la panse.
Il est très probable que ces grands vases de terre cuite ne sont autre chose que les àcxpivGo'. mentionnées par Pausanias. Sans paraître de taille à contenir le corps d’un homme, ils étaient suffisants pour les jeunes garçons qui étaient prêtres d’Athéna, et l’on ne voit pas trop à quel autre usage ils auraient pu servir.
Il faut du reste se refuser à y voir de simples jarres destinées aux besoins quotidiens des personnes qui habitaient autour du temple. En effet, nous avons recueilli onze fragments de rebords ou poignées, provenant certainement de vases semblables à ceux que nous venons de décrire, et sur lesquels ont été gravées avec une pointe sèche, quand l’argile était encore molle,
LES INSCRIPTIONS. 183
des inscriptions qui ne laissent aucun doute sur la destination religieuse de ces ustensiles i.
1. L’inscription complète qui devait se lire sur le rebord de toutes les àcrâ[/,tv0(H se trouve intacte sur une poignée dont les deux bords sont ornés d’une bande rouge tracée au pinceau