Elections de Juillet
Electeur, Compagnon de combat, armé du bulletin de vole , le casque en lèle , le sabre à la main, il faut se lover, en cette veillée pleine do rumeurs et de rêves ai'dcnls. II faut se lever et proférer les mots de foi ot de pressentiment qui éclairent et raffermissent les courages, résument les espoirs et les justes haines; les mots qui, forts et prophétiques, montrent les positions à emporter, présag:ent les victoires, ou rendent héroïques les défaites, sacritïces esigés parfois par le Destin pour les définitifs triomphes.
Electeurs! le casque en tè'e et le sabi-e à la main!
D,g,l.2cd|v,G00gk"-
L'Inportance du Droit de Vote
Electeur, toi et chaouQ de ceux dont ta sens 1« coudi^r à-couda dans les raags, lu es un des onze cent uUie Belges qiii, grâce à l'admn'able persévérance et à l'âB^i-- SÎe, jan^ais découragée, de la classe ouTri6re, ept conquis le dr.oit de suffrage qui arme désormais ton bras.
Ta n'ëUia rien, dans ta pairie, qu'un spectateur d€i droits politiques exercés saiiB toi, saos pensor k toi *:l presque toujours contre toi; qu'un serviteur obligé i^n subir et d'accomplir ce que d'autres avaient décidé; ïi «taÎB, dans loi propre pays, un étranger, an exploité, u j sacrifié I
lia foUu te faire place et te faire justice. Ceux quVai subliait ou qu'on dédaignait se sont levés. Après d«s tentatives et des efforts sans nombre réprimés par l'insolenii! et par la force, apr^ des iniquités opiniâtres et des ma sacres odieux, le peuple ouvrier.et ceux qui lui ont vou'^ leur vie, se sont enfin dressés dans l'attitude formidaM» et ioflexibls qui a fait trembler leurs oppresseurs ; ils l'^i ont abandonné par la peur ce que pi^dant soixante-quati u ans ils n'avaient pas bu donner par la fraternité.
Tu as le droit de vote ! cette arme si salutaire pour (|i.i Fait s'en servir, Tirnteclrice comme un bouclier, tranchante comme un gUivei
C'est la vraia nation armée, cela : armée pour sa propr"i défense, en opposition avec cette troupe restreinte d'^li" teurs cenMtaïres, milice de jannissaires organisée pour l.( tyrannie de ceux qui ont accaparé, en des conccntratioiK monsti'ueuses, les richesses sociales, drainées â leur prufit, pour leur luie injustifiablo et leur parasitisme; c.* richesses sociales produites surtout par les humbles, dont le Parti ouvrier veut, et dont rétcroello justice commande, une plus ét^uitahle rëparlition. Il no faut Pjis^jq celui qui produit le paid nVit pas, pour lui et les'sicuii.
du pain en suffisance. Il ue faut pas quo celui qui flie le cotOD et la laine n'ait que tics vëtRmcnts sordides. Il ne faut pas que celui qui bâtit les maisons soit logé dans un taudis. Une laut.pasque celui qui conduit les locomotives crève de fatigue et d'épuisement.
Le BuHetin de vête, ai tu saie en faire'ùn intelligent usage, est le talisman par lequel tu feras reculer les monstres et par lequel tu écraseras les rei)tiles. C'est lui ^i rouvrira les routes qui mènent à l'équité. Pai* lùî tu ea désormais l'égal des plus riches et des plus puissants. Et Gommetu es le nombre, petit électeur devenu toutà coup si grand, si tu t'entends aïe» tes frères de misère, tu triompheras de ceux qui furent jusqu'ici tes maîtres et tes eiploiteurs. Parlui, si tu sais t'y prendre, tu arriveras, Eans qu'il soit longtemps, à une or^nisation dans laquelle sera réalisé ce double principe de justice, devenu rayonnant de vérité : De chacun selon ses facultés, — A chacun selon ses besoins. Plus d'inutiles et plus de sacrifiés I
Réfléchis ji la gravité de l'acte que lu vas aocomplir. Il ne s'agit pas d'une formalité vaine. Il ne s'agit pas d'une complaisance pour l'un ou l'autre do ceux qui solliditont 'ton suffrage. IlB'ajrit de toi-même, de ton avcmr, de ta liberté, de ta sécurité, de ta dignité, de ton bonheur et de celui des tienii.
Ne gaspille pas ce trésor! Sois-en ménager comme d'une denrée précieuse. Prends la résolution de ne l'employer qu'à bon escient, avec fermeté et adre.sse, pour servij la frrande cause de l'Equité, pour amener les réi'ormes que réclame l'Humanité trop longtemps méconnue et qui «loit reparai ti-c sur la terre, pour combattre et faire fuir la misère qui a pns sa place, et dont tu souffres, la misère r-vfi: Kon cortège d'insécurité, d'oppressions et d'iiumiliations.
Tu auras à choisir ent^è les candidats qu'on te présente, car ou est devenu ton courtisan, attestant ainsi la puis- Fanée dont tu es maintenant investi. Ce choix est la grande aifiaire. Au moment où tu dois te décider, tu es a vcloppé d'embûches, la plupart te cachant'le fond de
lour comciescei leurs égoïstes d^rs, içi^ iacuraliles
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. préjugés, leurvolenté secrète d'essayer de détourner te aulCTraKe au profit de teurs vieux et cruels pririlëges. N'oublié pas que leur espoir est de te domestiquer bous le régime nouveau comme ils t'avaient domestiqué to;» celui qui a été b^ayë.
Frère, Je veux essayer de t'éclairer. J'ai toujours aimé et défendu la cause populaire. Elle a «bsédé nos cerveau depuis que J'ai commencé à penser. Je puis peut-étra ta donner des conseils et des renseignements utiles. J9 compte donc que tu vasm'éeoKter.
Pour pi voter?
Electeur, ce n'est pas seulement si tu es ouvrier que Je m'adresse à toi, c'est encore si fti es petit bourgeois.
Commerçant, employé, liatnble culti'nateur, laodeste industriel, tu as souffert comme l'artisan de l'inique orgS' nisation sociale aciaelle dans laqvelle le travail utile, persévérant, honnête fut incessamment méprisé et exploité.
Remarque cette chose monstrueuse qu'à de rares exceptions près le travail qui sert l'Humanité, et produit pour elle ce qui sattsfitit vLaiment ses besoins multiples, n'enrîohit plus personne t le suaire qu'on lui attribue ne suffit mène pas & faire vivre l'être laborieui qui s'y consacre. Les budgets des familles ouvrières ou des petits bourgeeis sont perpétuellement en déticlE. Otiaque jour on s'y demande comment on viendra à bout de tant de priva- . lions. Une insécurité universelle, poison de l'existence, attriste des milliers d'âmes. La classe à laquelle tu appartiens sujiit uns dënutrilian constante, la force y diminue de génëratioD ea génération, la mortalité y est énorme, la vieillesse rare, les maladies funestes par le début de résistance des corps dëbilHés.
L'alcoolisme qu^on te reproche sans cesse et que des imbâciles imaginent être un elTet de ta vptontâ libre, n'est qu'uu des moyens lurtificieU auxqucls't'a lorcé la nature
p'anr combler ce i^iil nultiqueâ tbs forces. Sans oe geniÀTre ■■ que la bourgeoisie ca^itatiste- appelle ton vice, elle ne saurait obtenir do toi ce labeur excessif par lequel elle t'ciploft*. Elle' te reproche ce dent etlc-xiénie a fafl «ne lamon table oécesBitû.
ATCcror^anisalion sociale actuelle, on ne s'enrichit (jne par la spéculatinu sti^rito et l'eipfoilatloD cynique et iobaniaine du travail des humbles. Co qui est le plus pavé est'ce (ïuî produit le moins. Et i^aaiid on ne produit plus rien du tout, oh! alors'les profits deviennent gîffantesqiiea et les fortunes composôes de millions a'édifleat.
Petit bourgeois qui souffre de l'escompta gonflant la bonrse des baacjuier* par l'usure, toi qui es un martyr de l'échéance. Petit eraineyé, obligé â l'humilité devant ton maître arrogant, toi qui n'es jamais sur de garder ta place et <^i en ser^s privé apparemment au moment mèi^e ou la viftiHewe t'ealèvcra les moyens de vivre par Ion travail. Petit i^ndustriel qui subit la eonourrence effrénée des grandes expleitatjsna et des syndicats eapitalistes. Petit cnltivateuràqui le propriétaire fonoierimpoee des loyers auginestant au fur et'à mesure que tu rends la terre meilleure, de telle série que tu n'as jamais pour toi le profit (In l«n travail. Tous tous qu'«n exploiteet qu'on fait souffrir, n'en avez-vous pas asî^ezî Faudra-t-il pour que vous bougiez qu'on vous fasse plus malheureux encweî
^rfand TOUS allez user de ce droit de vote qu'avec vos frères ouvriora vous avez arraché par la terreur à ceijï . qui vous opprimaienl.àceuxqttieaesentTouluvoirdwrer ■ toujours le régime iaii^ue engendrant leur prospérité au prix de vos misères ; qui le lendemain, tant ils soiM incorrigibles dans leur égo'isme, regrettaient déjà amsrcmeut ^ le droit qu'il avait fallu vous concéder, petits bourgeois et ouvriers, irez-vous voter pour ceoï qui vous traitent en bétail. ser«z-vous semJ^lables à des moutons lâchaut leurs tondeurs et leurs abatteurs.
Durant ptas d'un ^emi-siècle, la bourgeoisie ecnsilaîre a eu le pouvoir en Belgique, les gros doctrinaires alternant avec les gros cléricaux. Ils eussent pu, si dans leurs eosrurseûtEégijé l'esprit de justice, s'occuper de vous el rendre pour votre multitude immense, qui est la vraie
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force de kt Dation, l'existence moîua incertaine et moins craèlle; Qu'ont-ils faitî Its n'ont pensé qu'à eux. II3 n'ont légiféré qu'à leur profit. A peine, de temps à autre, tous ont-ils-jeté un os maigre h ronger quand, laasÉa, vous avez montré des crocs menaçants.
C'est qu'une classe ne fait jamais de lois que pour ellemême. Elle est inexorablement inapte à gérer les intérêts d'nnu autre classe. Elle a beau le dire, le croire et le Toulair, elle se trompe, elle n'aboutit })as. Elle n'a pas le sens de ce que sont le« besoins d'autrui. Elle n'a pas le sens de la justice pour autrui.
Ne vous laissez donc pas leurrer par l'espoir que cea bourgeois qui vous ont dédaignés pendant tant d'années, vont tout à coup acquérir les vert us fraternelles qu'ils n'ont jamais moalrées. Petits bourgeois et ouvrier», il faut voler pour des hommes sortis de vos raigs. Eus seuls savent Ti^s comprendre. Sinon recommencera avec le suH'ragu universeirafTreus régime d'exoleitalion qu'avait créé le suffrage censitaire. .^
Les Partis en présence
Electeur, toi qui dois clioisirtes mandataires et tes défenseurs, ceux qui seront chargés de parler en ton nom, d'exprimer tes besoins et tesaspiratioos, de las soutenir avec l'inëbranlable énergie que seule donne la foi en la cause dont «u est le soldat, trois groupes d'hommes te sont proposas.
Examine ce que chacun représente cl ce que tu peux en espérer, Ne vas pas en aveugle, car tu risquerais d'aller en dupe.
Les Cléricaux ! Tu les connais : ce sont des bourgeois conservateurs que l'on a vus à l'œuvre dans la vie publique ou dans la vio privée, n'ayant que les notions les plus indécises sur tes intérêts ; trop liabitués au bienêtre pour prendre au sérieux les souffrances d'autrui;
pcrs^iadës que tes cris de détresse dc «ont dus qa'aux excitations do quelques - ambitieux et dc quelques meneurs; ne pouvant admettre que daus le pays do Chanaan où ils vivent il y ait les iniquités et les misères sans nombre avec lesquelles tu es incessamment aux prises. Comment pourrais-tu croire qu'ils vont changer de métbodeet ne se préoccuper que de toi t II faudrait qu'ils pussent changer d« cerveau, changer de cœur, changer d'habitudes, devenir clairvoyants, désialéreesés, paternels, simples, sobres, vivre dans l'humilité et la charité, eux qui baignent dans le luxe et l'égoïsme, avec quelques rares lueurs, tôt éteintes et toujours mesquines, d'humaine solidaritë.
Ils ajoutent, il est vrai, parfois, avec çarcinvsnie à leurs listes, quelques noms d'ouvriers. Te laisseras-tu prendre à ce puâril subterfuge imaginé pour la nécessité des temps, comme une rançon payée en rechignant et avec l'a rri ère-pensée de la retirer ou do l'empêcher do sortir ses effets ï Ils n'aiment pas tes revendications et, au fond d'eux mêmes, s'irritent de tes plaintes et de tes agitations. Ils prenoant patience, et ils ont le regret da la jus^ce qu'ils ont été forcés dc te rendre en te faisant électeur. Ils n'ont rien de vraiment déniocratique. Ils ne diffèrent pas de tous les autres repus qui trouvent que tout est bien et qu'il faut que rien ne change. Une lois élus ils te dédaigneront et retourneront à leurs vieux péchés. Ils u*ont entre eux de lien spécial visible que la religion, aussi étrangère à la politique que l'astronomie et qui iustiHc aussi peu le groupement dc candidats sur uno même liste que d'avoir tous des bas rouges ou d'avoir tous monte en ballon.
Les Libéraux, cette étrange salade de doctrinaires grimés en progressistes et do 4) ro grossi s tes déchus en doctrinaires ! Comment voterais-tu pour eux ï Ils n'expriment rien que la haine anticléricale, rangaine avec laquelle deux partis, n'ayant pour objectif que la possession du pouvoir, considérée comme but et comme moyen d'acquérir les avantages d'argent ou de position partagés cotre deux castes également jouissantes, ont leurrô lo pays pendant soixante-quatre ans. Qu'as-tu de commua
arec cette querelle où il n'est jamais question do toi, aVec laquelle on t'amuse, on t'excite, comme le taureau avec des oripeaux ecarlates.
Que t'importe ce clérico-lîbëralisme ausssi démodé que la première locomotive ! Pour la justice que tu réclames, que peux-tu attendre du fonctionnement de cette antique machine? Si tu n'as pas de religion, que t'apporteront d'utile ces criailleries grotesques î Si tu est religieus, si tu as placé là quelques-unes de tes espérances et de tes consolations, ne sens-tu pas l'odieux de ce syndicat d'impiétés ibutilcs t
Electeurs, il n'y a que 1« Parti Ouvrier qui mérite' de l'attirer. Là sont tes trères et tes amis. Là il n'y a d'autre préoccupation que de soulager tes misères, de te Ëousiraire à l'oppression, de te rendre ta part, barbarement rognée par le parasitisme, dans les biens nécessaires à ta vie uormale. Il symbolise la solidarité entre tous les malheureux, la volonté d'abottre la tyrannie capitaliste, la foi dans Ie« principes qu'il faut mettre au-dessus do toutes les habiletés et de tous les systèmes politiques, les principes sont l'habileté suprême et le système sauveur, alors même que leur respect inflexible ne serait pas la Joie et l'honneur des âmes simples, honnêtes désintéressées comme le sont presque toujours Iw âmes instinctives des petits et des humbles.
La vraie force est dans le Peuple
Electeur, tu dois vouloir des défenseurs capables do soutenir les droits, capables d'imposer les Réformes qui seront le remède à tes maux ; des défenseurs dont la puissance et l'énergie sont visibles; des défenseurs qui grandissent et s'invigorent incessamment, qui ont les dons de la jeunesse et la splendeur de l'épanouissement.
Seul le parti ouvrier l'offre ces garanlîes et légitime ces esjicrauces. H a pour base le peuple et dans le peuple est la vraie force. «■■ - -.
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1.88 autres parlia sont usés, épuisés ; ils ont perdu la foi, ils n'oDt prlus l'enthousiasme ils se débattent contre la décadence qui les ronge.
Quand le parti ouvrier a grandi aux proportions formidables de sa puisf^ance actuelle, il était sans députés, sans journaux, sans chefs, sans ressources pécuoiaircs, au milieu d'un ouragan d'attaques et de fureurs, do calomnies odieuses et de répressions sanglantes, ayant coatrs lui toutes les forces sociales organisées ou concentrées par la bourgeoisie : l'armée longtemps docile, l'argent corrupteur, les tribunaux inpitoyables, les préjugés, la tyrannie.
Il a grandi par la seule vertu des idées de justice qu'il incarne, par la poussée irrésistible du large courant d'équité qui le porte, comme un fleuve à la marée montante porte un transatlantique.
Il se manifeste par une évolution calme, sûre, triomphante à l'égal des grondes lois naturelles «i que rien ne peut fléchir et que rien n'attendrit ». Il a l'allure muette et inexorable de la fatalité. L'avenir, un avenir prochain, lui appartient aussi indubitablement que l'été suit le priatemps, que le printemps suit l'iiiver.
Pour la beailté des idées qu'il symbolise, pour te soutien qu'il te donne, pour les énergies qu'il recèle et met au service de ta cause, celle de tous les opprimés, c'est à lui qu'il faut aller : il faudrait le faire par calcul si tu ne savais pas le faire par esprit de solidarité et d'amour de la classe.
Vois comme les autres partis t'offrent peu de sécurité : non seulement ils n'ont jamais rien fait de sérieux pour le soulagement de tes infortunes, mais ils apparaissent ea pleine décomposition. Ils vont à la bataille sans entrain et sans courage, pressentant qu'ils en sont aux dernières cartouches et aux dernières luttes o^ luira pour eux ua espoir de victoire. Regarde leur personnel éreintû et les oripeaux flétris de leur sempiternelle parade. Des politiciens sont là. soulevant leurs ailes, « comptant leurs écus » comme les hannetons, prSts à prendre un bcmrdonnant et stf^rilo essor. On va, pour les élections, redresser la
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plate-forme vermoulue et ignoble comme un TÏeit échafaud. On va l'orner misiirablomënt des quclilbes âeurs artiflcîelleB d'un faui socialieme.
Oh I quels témoignaf^es d'épuisemeut et de mort prochaine! Electeup, détourne-toi de ces cacochymes et de ces podagres : >i jiciDe savent-ils marcher sncore, commeot pourraient-ils t'aiderî Ne te mets pas avec ces éclopés et ces impuissants. La vraie phalange sacrëe n'est pas là. Ils DO combattent que pour leurs iottissanccs et pour l'iniquitt^. Ne t'associe pas à leur œuvre d'injustice, si tu no veut pas rester leur victime, toi qu'ils ont si longtemps tenu pour quautitâ négligeable.
il faut rêver d'une bataille plus noble et plus salutaire. L'iiitôrët est plus haut : la crise que traverse THumanitô n'est pa» une crise purement politique; cUo touche à l'organisme même des nations. La lulto politique n'est que le reflet ou l'ombre porti^e de la lutte ôconomiquc et de la lulto morale. Elle ne saurait prétendre qu'à cette dignité secondaire. Des millier» et des milliers do citoyens en ont assez des nourritures poliliquca qui feraient vomir -le cheval de bronze. 11 y a mieux! par le ciel et par les astres, il y miciix! On peut trouver do quoi faire une élection, sur des sujets plus dignes de préoccuper des hommes rÉsoIus » ne plus subir t'asphyxie d'un politiculago pourri et méphitique. Cela pue déjà, comme dit l'Ecriture. Oui. il faut courir où est la vie, où est la vaillance, où gronde la turbulence prophétique des victorieux de bientôt. Il faut voter pour le Parti Ouvrier!
La Egarée montante
Electeur, il est des hommes qui, usurpant les redoutables fonctions do prophète, se risquaient à dire : A quoi sert le Paili ouvrier : il est marqué pour la défaite.
Remarque qui parle ainsi. C'est presque toujours un de CCS esprits courts qui ont les habitudes des politiciens sur le retour d'opinions, plus fâcheux que le retour d'âge, et
qni aime b prédire les choses qu'il esptre,croyaiit que cela facilite leur arrirëe; un de ces esprits qui croient que lorsqu'ils ont parlé, ils ont agi ; aecoutuiffie à pratiquer les vieilles malices politiciennes ; s'imaginânt qu'oa ébranle les convictions en leur prédisant l'insuccès. Ils n'oDt rien à envier aux plus encroâtés Immmes d'Ktat de couloirs qui sont convaincus que tout se fait par « ta tactique parlementaire », par «le jeu des partis», et quclo moindre conciliabule dans l'arrière-boutiçiue d'une association, d'une ligue, d'une loge maçonnique, ou d'une sacristie, fait plus pour l'avancement des affaires q^ue les patients et liCroïques etTorts, poui-suiris pendant dix lustres, do la classe ouvrière résolue à obtenir justice.
Ils ne savent rien ! Et ils ne voient rien ! Ils ne voient pas que la cause ouvrière gagne d'heure en heure. Que e'cst-elle qui devient favorite. Que c'est au courage de ses défenseurs, à leur bel entrain, à leur cotiflancc indémontable, aux idées généreuses qu'ils proclament avec une ardeur sacrée, à leur enlliousiasmc superbe, à leur respect inexorable pour les principes, à leur propagande infatigablo que vont les sympathies comme sous un vent frais toutes les vagues au même rivage. C'est pour la cause ouvrière que la marée moule et qu'elle continuera à monter jusqu'au jour du plus haut flux.
Comment ne pas admirer et ne pas se laisser entraîner ' vers tous ces vaillants, qui avec rien ont fait quelque chose; qui ont donné l'inoubliable exemple de co que valent, pour le triomphe, la foi et l'opiniâtreté ; qui manifestent la puis.çanoo de la vie-; chez qui tout s'agite et bouillonne en l'honneur de l'universelle solidarité ?
£t en regard, celte marée descendante, la chute des vieux parti)', laissant à découvert les limons do leurs réticences démasquées et de leurs projets serviles.
L'opinion publique les tâche. Elle est peu à peu prise par le mépris et le d^goâl de ces guenilles cent luis exhibées, fnp^es par ios palinodies sans nombre, souillées par les compromis liomens. déchirés par le mensonge des proinefses incessamment violées. I)c cet amas de turpitudes roricntation se détourne et le navire met le cap sur des
parages où il ne risque pas de s'^clioupr dans les marécages.
J.C Parti ouvrier ne compte pas, ont-ils criS ! Qu'pst-ce qnn ces paroles ((«^montrent, si ce nVsl los sccrpts ospuirs, jïcrmf^s sur la malvnitlaiico fonpitrn uoiir In pouplf^, malveillance (jui, maiurd tout, cNt dans In cavo de toute âme doctrinaire ou conservatrice î
Malheureut, n'anticipoz pas e*r lo Destin ; vous n'ctea ni des dieux, ni (les ilenii-dicm; iBi.'^Bei'. fairo ces forcoa naturolICB mv Icsquollea voua no pouvez, rion, auxquelles vous no comproncs ilcn, et r[Ui, dans leura inyst(^riciuos railteiio», fe sont gilucs à démentir des liomiacs d'une iiulru cnvoriturD que la vôtre. Elles fonctionnent actuellement puui' la c&vso ouvrière ; c'est à elle que TOJit leura faveurs. Do quelle myopie voua (levoi^ 6lre atteints pour ne paa le voir, alors que, mémo dans vos repaires, elles se manirestont contre tous et que tous vous BveK rallituclc fiodiissante cl dûcouragôe da soldats qui, le soir d'une ttatailio, ne comptent plus sur la victoire, et attendent, pour m di^bandcr dans la dCroute, le premier et Tatal : sauve qui peut I
Les Réformes ouvrières des Conservateurs clérico-libéraux
Électeur, les Doctrinaires cléricaux et lil)ëraiix, cliantent sur IcK tons les plus varii^.s, ia gloire dos reformes ouvrières accomplies par ce qu'ils nomment désormais, en un eupliômisme imprévu et ctiarmant : le progrès modtlrô !
Ils comprennent que leur pas.sé, s'il fut vraiment égoïste est f^candaleusement vide de toute préoccupation qui te ciincorno, toi, petit commerçant, petit Ijiwrgpois. petit agriculteur, employé, artisan, lu ne commettras pas la putlise de vtHer puur ceux qui ne pensent k toi que eumme un marcliand de volaille aux tiî'tes qu'il a dans
son poulailler, à qui il ne clistrimie la maDgeaille qu'arec l'arrière-peiiséedc leur tordre le coii et de les flumer.
Admirable est rânumëratioD qu'ils font de ces grandes œuvres. Ecoute et Juge. No t'inquiète poini, ce n'est pas long. ^
Ce progrès modéré 3 donc gratîflô de ee qui suit les tarbarcs de M. Graui, la racaille de M, Va'Qderkiudere, les manouvriers et les valets de ferme prêts à vendre leur vote pour U8 verre de geiiièvre de M. Frère- Orban.
Il a aboli l'article du code pénal qui frappait d'amende et de prison les coalitions ouvrières. C'est vrai ! Mais il E'es^icn.gardé de frapper d'amende et de prison les patrons qui menacent et expulsent les ouvriers qui se coalisent. Bo totle 'sorte qu'en fait le droit de se coaliser est outrageusement comprime.
lia supprimé le livret obligatoire. C'est vrai! Maia il tolèh^ le livret facultatif do&t la haute industrie a fait promptoment une pratique générale. De telle aorte qu'en tait le livret existe toujours.
11 a rayé du code civil l'art. 1781 qui obligeait la justice Il croire sur parole le maître pour la quotité du salaire et les acomptes payés. C'est vrai ! IMais durant vingt ans le Sfeuat a refusé de ratifier le vote de la Chambre, et cette réforme insignifiante n'empêche pas l'ouvrier ou le domestique, invariablement contraint à l'humilité, de ne pouvoir obtenir un écrit du taux convenu : en cas de contestation il reste chargé du fardeau d'une preuve impossible.
Ces trois lois sans clflcacité «ont les seules visant directement la classe ouvrière. Les seules! alors que des milliers de lois votées sans interruption depuis 1830, ont organisé au profit de la bourgeoisie censitaire un pays de Cocagne incomparable.
Comprenant l'indigence sordide de leur prétendue (îéuérosité, ils rusent pour grossir leur bagage. Ecouteles.
Nous avoBS, disent-ils, aboli les octrois. — Oui, aa profit de la bourgeoisie des villes, gaus penser aux
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ouvpiera qui, habitant pour la plupart les faubourgs ot| les commuDej rurales, u'eu ont guère prMté.
Nous avons, disent-ils, organisé la Caisse d'épargne. — Oui, sans vous occuper do fournir aux travailleurs, livrés aux salaires de famine, le moyen de faire des epargn'es. Et, du reste, les caisses de cette espèce apparaissent de plus en plus comme uq moyen efficace pour les brochets do la finance de rafler au profit de leurs spéculations parasitaires les économies des humbles moins dispersées qu'autrefois.
Nous avons établi les chemins de fer vieinaïK. — Oui, mais pour qui î pour yous et pour lea vôtres, sans viser l'utilité ouvrière; si celle-ci s'est parfois produite, c'est par liasard et par surcroît, la justice immanente des choses, plus généreuse que vous, taisant déborder sur les misérables des avantages que vous ne créez qu'à votre prt>flt.
Nous avons développé l'enseignement primaire.— Oui, avec des programmes et dans un esprit qui vous permet d'espérer que vous y formeriez des intelligences gâtées par vos priDcipes de soumission aux puissances et des petits conservateurs a votre image. L'Université libre de Bruxelles est là'pour attester que, mémo dans l'enseignement supérieur, vous voulez l'asservissement des âmes. A quoi servent, du reste, ces écoles primaires où vont des enfauls déprimés par l'atTreuse organisatiaa du travail et qu'ils doivent quitter prématurément pour gagner leur pain insuffisant ? Ce qu'ils y recueillent péniblement est bientôt perdu. Il eût fallu compléter par les lois sociales qu'on vous réclame en vain et dont vous avez horreur.
Nous avons organisé l'insaisissabilité des salaires. — Oui, mais la jurisprudence, contrainte par l'énormité de l'injustice, y marchait déjà.
Noua avons favorisé la construction des maisons ouvrières. — Oui, sans donnera la masse le moyen de les acquérir et en rivant l'ouvrier au sol, comme un serf, dès qu'il lea a acquis.
Nous avons réprimé le truck-système. — Oui, avec des complaisances infinies pour ceus qui le pratiquent et lies pénalités dérisoires.
?;ous avons organisé le travail des femmes et des f^ntanls. — Oui, avec ces mêmes complaisances.
Nous avons fonde le Ministère du Travail. — Ouï, mais il faut le voir à l'œuvre. Sera-t-il pour ou contre l'ouvrier? Saura-t-îl résister à ceus qui entrent on fureur dès qu'il essaie d'accomplir sou devoir ?
Électeur, voiià le bilan ridicule de leur sollicitude poui- toi. Voilà tout ce qu'ils trouvent en niclant à vit fond le coffre où seraient enfermes les présents çfu'ils t'ont fait. Toi, le j^rand , créancier, toi à qui la plus élémentaire justice donnai tic droit d'exiger paiement à toute heure, on t'a tenu insolemment à la porte, on s'est moqué, on s'est joué de toi sans trêve. Se vanter du peu qu'ils t'ont octroyé, c'est le débiteur de cent millo francs se vantant d'un acompte de vînj^t-cinq centimes,
Kt pourtant, eux, quand il leur est dû quelque chose, ils sont férocement impitoyables. Songe à la loi par laquelle ils ont facUilé, comme ils lo disent cyniquement, l'expulsion des petits locataires, la mise sur le carreau de!" rues des infortunés qui sont en retard de payer le loyer d'une misérable chambrclte.
Kt ce seraient Les représentants de cette politique à qui tu donnerais ton suffrage!
Toi, passereau, tu irais voter pour les Tautoups! Toi, mouton, tu irais voter pour les loups !
L'ignorance des clérîco-libéraux
Electeur, lu irais voter pour un parti autre que celui qui incarne les intérêts de petit bourgeois ou d'ouvrier, (le citoyen sacrifié, tenu en tutelle dans son propre pays? Mais ces aulres, ils ne savent même pas qui lues, ce que
lu fais, CG que tu souffi'es, qiicUes sont tes misères, quels sont tes besoins.
Ils proclament (luc tes plaintes sont de la farce. Que jamais lu ne fus plus lieureux. Que les salaires ont augmenté et que c'est assez pour la Justice. Que t'est la faute, si tu souffres. Que tu n'as qu'à mettre à la caisse d'épargne. Que tu n'as qu'à fabstenir de genièvre, toi qui dd peux boire un Terre de bière ou une tasse de café sans subir indirectement l'impôt qui frappe ces aliments. Tes rares plaisirs, comme le tabac qui distrait et pacifte, n'a-t-oii pas, avec la cynique tranquillité de rioconscioneo, maintenu la taxe qui le grève ? Un homme politique n'a-t-il pas posé eu dogme qu'avec deux francs un ouvrier peut vivre? deux francs, à peine la nourriture d'un cliien, moins que la nourriture d'un clieval ! Ils affirment que le service militaire est pour toi une salutairo éducation, destinée à dégrossir la racaille et à civiliser les barbares dont tu es. Ils répètent à satiétô que sans quelques chefs atteints de névropathie, tu serais doux comme un agneau et accepterais joyeusement ton sort. Ils pensent que ce magnifique mouvement qui t'enthousiasme et n'est qu'une d«s étapes qui te mèneront à une victoire définitive aussi sûre que le Destin, n'a d'auipe objectif que le leur ; décrocher des candidatures, faire des affaires^ et aller passer des après-midi somnolentes dans l'hémicyclo déprimant des Chambres.
Voilàcomment ces grands esprits, ces politiciens habilofl qui se targuent de ce qu'ils nomment, la bouche en rond, « leur longue expérience », comprennent le temps où nous sommes et les forces irrésistibles qui te poussent, toi et tes héros, vers la lutte et les réformes. Ils croient tout cela factice, imagtDairc, exagéré. A leurs yeux ce D'est qu'une parade menée par quelques saltimbanques.
Ah ! comme tu es plus près de la vérité, toi qui fus de ceux qui crièrent avec véhémence, au premier qui osa le parler de les chefs : Nous n'avons pas de cliefs ! Ce sont, en effet, des lois inyîsibles, mais toujours présenlcs et irrésistibles, qui to poussent en avant. Ce sogt elles qui t'ont mené si vite et si loin. Ce sont elles-qni le conduiront
— so —
IrîomphalemGDt juj([u'au bout. Tu le sais, ettu n'iiésîtpa pas. Tu as l'allëgresso et la vaMlaoce et le bel entrain de ceux qui marchent en accord avec leur destinée et à qui l'avenir fait de grands signes.
Des chefs! Oui, chez eux, où foutes les individualités fléchissent et se découragent, où plus rien de viTSUt et de fort ne guide les esprits, cherchant aloi-s avec anxiété un dominateur qui les fouette et leur montre les chemins par lesquels on tente un dernier et inutile assaut. Tu ne te (rompes pas sur les nécessités de l'heure présente, car tu es le p:'esent lui-même, tandis qu'ils ne sont qu'un passé agonisant.
Gcui qu'on nomme tes chefs ne sont que des voix, ne sont que des cltaotrcs exprimant ce que tu sens en toi; de simples intermédiaires entre les idées de haute liumanité et de justice que tu recèles et t«a oreilles qui souliaitent les mieux comprendre. Ils regardent plus profond, et, étendant les mains vers les choses invisihles, les portent des ténèbres pour les mieux montrer, mais ils n'inventent point Ils ne t'imposent pas leurs pensées, ils se contentent de mieux formuler les tiennes. Ils ne créent pas. Ils te restituent simplement ce qui est dans la nuit de ton âme candide et sûre. « Ils cueillent cette fleur secrète et t'offrent à la foule. » ÎU dé^vront les sentiments qui te tourotcnlcnt, ils désemprisonnent tes doutes et tes obscurités. Ils te formulent les désirs et les besoins de ta race et de ta classe. Ce sont des simples porte-paroles, des débodchés, des cheminées d'évacuation pour tes souterraines sensations.
A cela tes adversairesnc comprennent rien. Accoutumés àlasubalternisation, ils ne peuvent croire que tu ne la subis point. Ils t'imaginent esclave de quelques individus copimeils le sont cux-mèaios. Ils te font l'outrage d'alïirmer que tu es un jouet qu'un meneur fait tourner, un animal soumis qu'un chef fait manœuvrer à hue ! etàdia!
Vote donc pour eux, vote pour ces ifrnorants. Électeurl Ils auront à défendre tes intérêts et les droits : Comment pourrai eut- ils mieux l'être que parides mandataires qui ne savent même pas ce que tu es f Confle-lcur le soin de réa-
lisGP tea espérances. Faia-toï guider par des aveugle». DemaBde conseil à des Bourds, Preoda pour interprètes des gens qui ne connaissent pas ta langue. Oui, vote, cours voter pour cuk, ne perds pas une minute ! Péiise donc! non seulement ils ne te comprennent pa', mais ils t'outragent. Ecoute leurs cris d'appel; Racaille! Barbares! Farceurs! Valets de ferme! Troupeau prêt àse vendre! Ah!n'liésite pas, n'hésite pas, bouscule-toi pour qu'ils Eoieut élus !
L'heure approche
Amis, riieure arrive! avec les phénomènes derniers de rtieure approctianle.
Voyez la dégringolade pitoyable de vos adversaires, témoignage de leur trouble et de leur désarroi. Lisez In* articles où l'âme encolérée ne se contient plus, où l'injure, la sottise, la calomnie, l'invective s'enclievêtrent dans la confusion et la folie de leur fureur. Ecoutez Ici discours dans lesquels ils s'abandonnent lamentablement au désespoir et au désordre de leurs espérances trompées et de leurs rancunes grandissantes. Us ne savent plus combattre, ils no savent plus que crier! Les gros mots inutiles, retentissants et lourds comme le coup d'uno pièce de gros calibre chargée à poudre, les métaphores creuses battant l'air comme les ailes de l'outarde blessée k mort dans son vol. les accusations puériles, démantelées par leurs exagérations mêmes, les rodomontades tooi- Iruantes. les insinuations émoussées qui cherchent !« défaut de l'armure sans la trouver, vont, viennent, clament, assourdissent et retombent, pareilles aux paillettes des fusées d'un feu d'artifice un instant brillantes, tout de suite transformées en débris carbonisés qui' vont souiller la terre.
Amis, vos adversaires font les pirouettes ultimes, les derni^ires gambades, les gesticulations suprêmes, avant la disparition dans les coulissés.
Mais TOUS, mais les Tôt^'e», quel entrain calmo et fort! Vos pieds, à vous, posent sur un ferme sol et non sur la corde raîde des palinodies injustifiables et des alliances monstrueuses. Conformes a vous-mêmes dès l'origine, TOUS n'avez pas à vous épuiser en rectifications impossibles, TOUS n'êtes pas comiqiiemcnt génës par cent faits, par mille paroles antérieures, vous criant la liooto dos changemeins d'opinions de ces malheureux, traitant leurs convictions comme leur chevelure qu'ils voot chez lo coiffeur périodiquement faire raccourcir ou accomoder à la mode du jour. Vous marchez sans une hésitation et Bans une arrière-pensée, par conséçiucnl sans colère. Vous ne rêvez ni attaques furibondes, ni harangues exterminatrices.
Etrange et réjouissante constatation : le Parti ouvrier, dans les bagarres électorales, où tant de gens « si comme il faut » se sont signalés par leurs déclan chemcnts, a seul la tenue, la réserve, la patience,- le respect pour l'adversaire, la constance dans le flegme, l'opiniâtreté dans la discipline des idées. Seul, comme un bataillon sacré et inébranlable, il continue sa route vers un but marq^uë d'avance, au milieu de la dêliandado hurlante et grouillante de ses ennemis débraillés.
Amis, recueillez'vons! Votre attitude est signe de force. Klle est aussi présage de victoire, sinon dans un résultat immédiat, au moius dans une iniprcssiou morale qui sera immense si vous savez ne laisser perdre aucune do vosvoix. Il s'agit de montrer la solennité de votre nombre, . Songez qu'ils attendent le dépouillement avec l'espoir de dire que tous êtes une quantité négligeable. Affirmez Totre puissance, vous les impuissants de la veille. No gaspillez pas les coups de cetto arme redoutable. No la mettez pas honteusement au service de ceux qui si longtemps TOUS l'ont refusée, comme à des incapables et à des indignes. Ne tous conduisez pas en esclaves!
Ah ! que l'occasion est belle pour manifester le dégoût que vos cœurs simples et droits doivent ressentir pour t-cs hommes qui oiit inaugure la basse politique de l'opportunis>mc, qui cfoieut que toute la politique se rfisumo
daus les succbs^lectoraux ! Et, par suite, cette révollanto tacti([ue : tout sacriHer à ces succès électoraux, la dif^Ditê personnelle, la pureté inviolable des principes, la conscience populaire qui ne sait plus se retrouver au milieu de leurs contradictions inexplicables et qu'ils mènent à un odioui scepticisme. Et c'est à de telles âmes, versatiles et caméléonesques, que vous iriez donner un brevet de confiance et la mission de défendre vos intérêts ?
Suprêmes paroles ,
Vois, d'une part, la confusion bourdonnante et irréductible des uns dans leurs promesses et leurs projets, leur Eassé et leur présent fourmillant d'injustices, leurs aines d'hier et leurs alliances d'aujourd'hui. Vois, d'autre pari, la beauté, la simplicité, la loyauté, la force calme de ce prodigieux mouvement ouvrier, sorti de terre comme par magie et se manifestant dans la splendeur do sa foi et de son enthousiasme.
C'est qu'allaiit k la bataille, il sait ce qu'il veut, il aperçoit son Idéal devant lui dans la splendeur du Jour.
Ecoute! en voici le résumé, la description, rapide comme doivent être les mots suprêmes.
Il veut cbanger la condition de cette multitude misérable, artisans, petits bourg:cois, Immbles commerçants, agriculteurs sacrifiés,, industriels modestes et opprimée, qui furent des esclaves^ sans droits politiques dans leur patrie. Il veut pour eux une place au bonheur. C'est pour leur conquérir une plus juste part dans les biens sociaux, accaparés odieusement par une minorité égoïste, qu'il marche au combat en entonnant des chants de fraternité.
Sps moyens ï Ils ont la netteté virile des résolutions prêtes à s'accomplir.
Pour tous, un minimum dd salaire suffisant, suivant les temps et les liem, pour procurer à l'homme et à sa famille des ressources eu rapport avec les inéluctables nécessites d'une vie normale, et empêcher ainsi l'abomtuaMe pliûnomène de la dénutrition i^uotidienne qui engendre l'alcoolisme, la maladie, l'inaptitude au travail, la vieillesse, la mort prématurées, la dégénérescence 4e la raee, les inflrmitës, les souffrances, les vices, les crimes, le malheur 1
Un maximum d'heures de travail, lasssant à l'homme ce qu'il faut au repos, ce qu'il faut k l'inteltigence pouri^u'il ne devienne pas une machvne ; répartissant aussi mieux entre tous les œuvres à accomplir pour le bien commun, de manière qu'il n'y ait plus surcharge éccasante pour les uns et chômage ravageur pour les autres, même quand ils crient après le travail et la subsistance et demandent qu'on ne les réduise pas à n'être que des vagabonds.
Des logements salubres, modestes et suinsants, pour que leur santé et celle des leurs ne soit pas con- L^lamment contaminée, pour que la moralité ne soit pas souillée dans une promiscuité inhumaine, pour que la vie de famille se maintienne respectée, douce, reposante et civilisatrice, pour que la mortalité des petits enfants dans la classe ouvrière ne soit plus dis fois plus grande que dans la bourgeoisie.
Une répression impitoyable de la falsification des denrées, pour que cesse l'empoisonnement public pnr l'alimentation même, destinée à réparer les forces dépensées dans le travail ; la fin des nonchalances et des complaisances, le renforcement des pénalités de pure forme qui n'ont amené aucun efficace, résultat.
Le vêtement et la nourriture aux enfants des écoles, pour qu'ils ne soient plus des êtres déprimés et misérables tr.op faibles et trop souffrants pour conif rendre reuEfiigQement, et le retenir quand l'écolagc est fini, situation qui rend stériles les cITorts faits pour répandre l'iuîtruction.
D.g.l.zcdt^GoOJ^If
L'organisation légale et sérieuse du contrat de travail, de maniorc à soustraire le travailleur à l'arbitraire et au eapi'ic} du maître et du patron, à imposer à CC3 derniers des clauses ffaran lissantes pour ceux fju'ils eniploiorit et dont la modification, par le prétendu libre conseutement de son subordonoÈ, sera proscrite comme contraire à l'ordre public ,
L'assurance obligatoire contre la maladie, le chômage, la vieillesse, le veuvage, l'orphelinat, les accidents du travail, afin que les petits et les humbles ne soient plus livrés à cette affreuse insécurité qui envenimine la vie eoustammeot exposée à manquer bnisqueroent de ressources même pour le plus honnête et le pins laborieux, qu'il s'a^nsso des inévitables malechanccs infliïéos par ia Nature, ou de la fataiitô des phénomènes industriels.
L'abolition des impôts fiur la nourriture, le Io|;ement, le vêtament du pauvre, c'est-à-dire suppression de l'iniquité qu'il y a à prélever, sous forme de taxes, une partie du salaire déjà insuffisant. U faut, qu'à tous les points de vue, celte vie laborieuse, utile, modeste soit assurée et sauvegardée.
Telles daos leur ensemble et leur imposanta brièveté les réformes destinées. Electeur, à la reconstitution do ta vie sociale, suivant les règîys de la justice et de la fraternité, à la vie simple que tu eouhaite» dans tes désirs sans exagération et dans ton besoin do tranquilité el de sobriété saine.
Et comme moyens d'assurer leur fonctionnement et d'empêcher lo retour oITeosif de l'égoïsme toujours en éveil, toujours prêt à reprendre par Eurprisc les droits qu'on lui a arrachés :-
Le suffrage universel pur et simple, rectifiant lo monïlnieux système du vote plural qui fait de toi un tiers ou un quart d'homme et permet au capitaliste eiploileur, quel qu'il soit, de valri.- plusieurs hommes comme toi.
L'impôt sur lo revenu élatlissant la juste réparfitioa
DigilicJbvGoOJ^Ic
"Sodés charges et ne pcrmeltant plus aux riches qui placent habilement leur fortune, de jouir de toutes les garanties et de tous les services sociaux ^tts contribuer à leurs
dépenses.
La reprise successive par l'Etat des grandes industries, des grands domainds, des grandes banques pour détruire l'opi^cssion de la féodalité Ananeièro et agricole, pour mettre fin à ce spectacle contre lequel protesté la plus plus élémentaire justice ; les bënéflces du travail allant à des gens qui souvent ne savent même pas où et comment le travail s'exerce.
S'il faut une force militaire, la Nation Armée, afiu d>c ne plus infligera (luelques-uns seulement l'impôt du saiiff et de ne plus faire du citoyen devenu soldat, un instrument d'oppression pour empêcher les justes revendications du peuple ou lui enlever celles qu'il a obtenues, eu recourant cruellement aux fusillades.
Et comme devise formulant l'avenir indiquant la règle directrice des âmes et la mesure de toutes les réformes futures, ce principe de conscience et d'équilé qui devrait être gravé dans tous les cœurs et sur tous les monuments : A chacun selon ses besoins, de chacun selon ses faciles! Axiome suprême, expression de la justice, régulateur du devoir, abolisseur du parasitisme, dispensateur de la fralcrnitË, destructeur des misères matérielles et morales.
BUecteur, c'est pour ce programme, clair et bref comme
le décalogue que tu mafclics au scrutin. Combien, ces préceptes accessibles à tous, écliappent au reproche de tes ennemis qui crient que tu ne sais pas ce que tu veux, que tu es un rêveur ou un exalté, guc dans ton imagination s'agitent confusément des utopies que ne verront pas tes arrières-neveux. Tout cela a la netteté statuaire de la vérité et de l'équité. Tout ceia est d'une réalisation immédiate. Tout cela est comprélieasible même pour des enfants. Il n'y à vraiment que tes incurables adversaires qui s'obstinent à y fermer les yeux.
Paisqu'aucunc rai^^ou ne peut les convcrlir, fi'appe impitoyablement de ton vote ces aveugles et ces impies!
D.g.l.zcdt^GoOJ^If
prépare, par cet effort, la transformation de ce pouvoir législatif qui ne fut jusqu'ici que bourgeois et qui a besoin qu'on lui infuse uu sang nouveau et démocratique.
Rarement, si ce n'est en ces derniers temps par tes députés, entrés là comme des vengeurs et dont il faut augmenter le nombre, un langage vraiment patriotique, au sens élevé et fraternel du mot, a été tenu aux Gliambres.
On l'a dit ; Au milieu du coassement des satisfactions bourgeoises, la voix populaire n'a guère retenti, si oo n'est au dehors, et alors parfais impérieuse et irrésistible. Il faut qu'elle puisse se faire entendre, de plus en plus forte, peut-être sans résultatimmëdiat et inutilement au début devant les défiances et les résistances d'une majorité insolente, mais féconde dans l'avenir, réconfortante eu tous cas dans le présent.
Il faut qu'elle cric, en face des petites mesures, des petites bonnes volontés et des petites comédies, la vérité à0s sotilTrancGS ries misérables, des ouvriers assommés de travail, épuisés de cbômagea, des intelligences ëtoulTant sous la nécessité du^pain quotidien à gagner, de tout le déchet liumain des enfants voués par l'abandon à la dépression physique et morale et souvent à la mort, des vieillards s'engoulTrant dans le suicide, des femmes jetées au trottoir, de la servilité et do l'abaissement universel des âmes et dos caractères que produit notre féroce hiérarchie sociale qui fait que tout homme ayant besoin de dix francs est l'humble dépondant et le subalterne flatteur de qui est en mesure de lui faire gagner ces dir francs.
Ce cri de souffrance des écrasés, ce cri de révolte dos humiliés, de Fout ce qui se tord sous la pression et lo despotisme de l'Argent, voilà ce qu'il est utile et bon d'entendre résonner à travers les débats solennels et gris des petits intérêts quotidiens de la nation.
Il faut être i'cspoir et l'avertisseur permanent, rappeler aux Jieureus et aux satisfaits du pays qu'il eu est d'autres ïui ne sont ut heureux ni satisfaits et qui oat droit do
l'être, signalei' les colères qui couvent, prévoir pour les einpêelier, les représsailles qui s'organisent et qui, l'Histoire l'atteste, jaillissent tôt ou tard, quand on les brave, fondroyant la routine d'un tel imprévu de coups de ton n erre, sortaut de tellcmont mystérieux abîmes, qu'elles apparaissent avec la dignité impériale et irrésistible des colères divines.
Représenter l'avenir enfin et le préparer!
Préparer surtout la paix sociale la paix sociale en se faisant l'apôtre des justices qu'on attend et que des âmes même parmi les riches sont prêtes à réaliser.
Car une grande ambiance de charité «t d' « Impérieuse Bonté ï>, desceudue du grand réservoir de la « Suprême Equité » commence à envelopper le monde.
Prends ton sac! Prends ton sac!
Prends ton sae! Prends Ion sac! Mois brefs, nette cadence par laquelle le populaire a traduit en hucfain langage tout ce qui se cache sous le ran-plan-plan, le raoplan-plan, saccadé et fiévreux, du tambour battant le rappel dans les rues, venant, passant, s'éloignant, se rap-
iirochaut, et constamment, opiniâtrement disant à travers es airs, jusqu'aux plus hauts étages et jusqu'au fond des cours, à tous, soudainement rendus attentifs et vibrant de l'émoi d'une inquiétude : Prends ton sac! Sac au dos! Prends ton sac et ton fiingot!
Léon Cladel écrivit sous ce titre une admirable nouvelle : un vieux tambour, éclopé et aveugle, en re Tenant de Crimée ou d'Italie, guidé par un gavroclie. parcourt, héroïque et boiteux, le matm tragique d'un jour de la Commune, un quartier de Paris, frappant sans relâche la peau d'âne, appelant aux fortifs. avec angoisse, contre les Vorsaillais, la ruche ouvrière, espérant.encorceuson rêve de vie municipale libre et fraternelle, bientôt éeraeêe.
Digiliz^dt^GoO^li;
Amis, dans trois mois Elfiotiona générales! Dans trois mois, c'est-à-diro demain, car lo temps est une étoiffe étrange qui se mesure à ce qu'il faut y mettre et trois mois ne sont qu'un jour quand l'œuvre à accomplir est énorme. Qu'on batle le rappel, ran-plan-pian, ran-planplan ! Que partout retentisse son ryllime, et que dans toua les cœurs aille sa secousse. Prends ton sac! Prends ton
Où faut-il courir? A la propagande! C'est une" guerre de tirailleurs en attendant la bataille finale. En campagne, en se répandant partout, en s'éparpillant, en « s'égaiilant », comme disaient les gars lors des guerres de Vendée. La tactique à suivre est celle de « l'ordre dispersé». Partout il faut se glisser, pénétrer daus les creus, derrière les buissons, à l'abri des troncs, à plusieurs, à quelques-uns, à deux, à un, pour faire le coup de feu de la parole, pour déloger l'ennemi, pour gagner insensiblement du terrain par l'avancée d'un long rideau de combattants, progressant ainsi que, sur les rivages de la mer, les eaux dont les vagues lentes mais incessantes conquièrent invinciblement l'estran.
Pas ane heure de repos! Toujours la bonne parole aux lèvres! Les mots sont des armes, les mots sont des javelots, les mots sont des ballefi. Aucun ne se perd, tous ont une vertu d'influence et d'apostolat. Parle, parle, ami socialiste, parle sans te demander si c'est le moment, si c'est le lieu, si c'est utile. Parle pour parler et laisse le Destiu feire le reste ; il se chargera du sort de chacun des sons sortis de fa bouche et le fera tomber en bonne terre. Parle dans ton foyer, parle dans ton atelier, parle eu cheminant, parte au cabaret, parle à la caserne, parle en prison, parle au passant, parle à la foule, parle lo Jour, parle la nuit, parle aux petits, aux grands, aux femmes. Ton devoir est de parler, comme le devoir du soldat, devant l'ennemi, est de tirer. Qu'importe qu'il y ait des balles mortes, si d'autres vont en plein dans les bataillons des vieilles idées et des hideuses iniustices ^u'il faut rompre, charger, bousculer et abattre dans les sillons.
Ta giberne est lourde de cartouches. Jamais armée qq