‹ Elections des 26 mars et 16 avril 1871. Affiches, professions de foi - documents officiels clubsChapitre 11 sur 81 · COMITÉ CENTRAL · texte numérisé non relu

COMITÉ CENTRAL

Voire lé«:itime colère nous a placés le 18 mare wp»* que nous ne devions occuper que le temps sUictemeri»' ces:>aire pour procéder aux élections communaks.

Vos maires, vos députés, répudiant lesengagemenbirii à rheure où ils étaient des candidats, ont tout nus en çem» pour entraver ces élections, que nous voulions to*W délai.

La réaction, soulevée par eux, nous déclare la gocf**-

Nous devons accepter la lutte et briser la résistance»* que vous puissiez y procéder dans le calme de votre vota* et de votre force.

En conséquence, les élections sont remises au dinatf* prochain, 26 mars.

Jusque-là, les mesures les plus énei^iques seront pTi* pour faire respecter les droits que vous avez revenfitp^*

Hôlel-de-Ville, 2-2 mars 187!.

Le Comité central de la garde fuitionale:

Avoine fils, Ant. Arnaud, G. Arnold, Assi, Andigs» BouiT, J. Bergeret, Babick, Boursier, Bx BiLLioRAY, Blanchet, Castioni, Chouteau, C. Da Ferrât, H. Fortuné, Fabre, Fleury, Focg

C. GaUDIER, GOUHIER, GUIRAL, Géresme, Grol JOSSELIN, F. JoURDE, iM. LISBONNE, LAVALETTI

LuLLiER, Mauournal, Moreau, Mortier, Prcde Rousseau, Banvier, Varlin, Viard.

Vous êtes appelés à élire votre Assemblée communale (le conseil municipal de la ville de Paris).

Pour la première fois, depuis le 4 septembre, la République est affranchie du gouvernement de ses ennemis.

Conformément au droit républicain, vous vous convoquez vous-mêmes, par l'organe de votre comité, pour donner aux hommes que vous-mêmes aurez élus un mandat que vous-mêmes aurez défini.

Votre souveraineté vous est rendue tout entière ; vous vous appartenez complètement; profitez de cette heure précieuse, unique peut-être, pour ressaisir les libertés cominunales dont jouissent ailleurs les plus humbles villages, et dont vous êtes depuis si longtemps privés.

En donnant à votre ville une forte organisation communale, vous y jetterez les premières assises de votre droit, iiideslructible base de vos institutions républicaines.

Le droit de la cité est aussi imprescriptible que celui de la nation ; la cité doit avoir, comme la nation, son Assemblée, qui s'appelle indistinctement Assemblée municipale ou communale, ou commune.

C'est cette Assemblée qui, récemment, aurait pu faire la force et le succès de la défense nationale, et, aujourd'hui, P^ut faire la force et le salut de la République.

Cette Assemblée fonde l'ordre véritable, le seul durable, ?û l'appuyant sur le consentement souvent renouvelé d'une majorité souvent consultée, et supprime toute cause de conflit, de guerre civile et de révolution, en supprimant ^ut antagonisme contre l'opinion publique de Paris et le pouvoir exécutif central.

Elle sauvegarde à la fois le droit de la cité et le droit de la nation , celui de la capitale et celui de la province, fait leur juste part aux deux influences, et réconcilie les deux esprits.

Enfin, elle donne à la dfé une milice nationale qui défend les citoyens contre le pouvoir, au lieu d'une armée permanente qui défend le pouvoir contre les citoyens, et une police municipale qui poursuit les malfaiteurs, au lieu d'une police politique qui poursuit les honnêtes gens.

Cette Assemblée nomme dans son sein des comités spéciaux qui se partagent ses attributions diverses (instruction, travail, finances, assistance, garde nationale, police, etc.).

Les membres de l'Assemblée municipale, sans cesse contrôlés, surveillés, discutés par Topinion, sont révocables, comptables et responsables ; c'est une telle Assemblée, la ville libre dans le pays libre, que vous allez fonder. Citoyens, vous tiendrez à honneur de contribuer par votre vote à cette fondation. Vous voudrez conquérir à Paris la gloire d'avoir posé la première pierre du nouvel édifice social, d'avoir élu le premier sa Commune républicaine.

Citoyens,

Paris ne veut pas régner, mais il veut être libre ; il n'ambitionne pas d'autre dictature que celle de l'exemple; il ne prétend ni imposer, ni abdiquer sa volonté; il ne se soucie pas plus de lancer des décrets que de subir des plébiscites; il démontre le mouvement en marchant lui-même, et prépare la liberté des autres en fondant la sienne. Il ne pousse personne violemment dans les voies de la République ; il est content d'y entrer le premier.

Hôtel-de-Ville, 22 mars 187i.

(Suivent les signatures.)

Aux Ëlectears do Paris.

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