‹ Elections des 26 mars et 16 avril 1871. Affiches, professions de foi - documents officiels clubsChapitre 66 sur 81 · ÉLECTIONS DU 20' ARRONDISSEMENT · texte numérisé non relu

ÉLECTIONS DU 20' ARRONDISSEMENT

Citoyens,

Vous avez toujours montré, par votre patriotisme et votre intelligence, l'inutilité d'être guidés dans vos choix aux différentes élections que vous avez eues depuis 1848.

Sous la République, plus que sous la Monarchie encore, il ne doit pas y avoir de pression ni de candidatures ofiScielles.

Je me présente à vos suffrages comme membre de la Commune de Paris.

Je ne fais partie d'aucun comité, d'aucun club ou autres réunions patronales.

Mais en présence des démissions, des défaillances et du danger, il est du devoir de l'homme ferme et convaincu d'accepter la rude tâche de sauver la République et d'affirmer la révolution sociale.

Vive la République démocratique et sociale

universelle I

Maurice BORDOT,

Typographe,

Membre de l'Internationale (Cercle des études sociales), 11, rue Saint-Biaise (Charonne)..

On me demande une profession de foi.

Après trente ans de vie publique, révolutionnaire, socialiste, je n'ai donc pas su faire comprendre mes idées ?

Cependant, je me soumets à cette exigence, le langage de la peinture n'étant pas familier à tout le monde.

Je me suis constamment occupé de la question sociale e des philosophies qui s'y rattachent, marchant dans ma voie parallèlement à mon camarade Proudhon.

Pendant l'idéal fauK et conventionnel, en 1848, j'arborai le drapeau du réalisme, qui seul met l'art au service de l'homme.

C'est pour cela que logiquement j'ai lutté contre toutes les formes de gouvernement autoritaire et de droit divin» voulant que l'homme se gouverne lui-même selon ses besoins, à son profit direct et suivant sa conception propre.

En 48, j'ouvris un club socialiste en opposition aux clubs jacobins, montagnards et autres, que j'ai qualifiés de € républicains sans nature propre, » de républicains historiques.

La République une, indivisible, autoritaire, fit peur ; le socialisme n'étant pas élaboré suffisamment, fut rejeté, et la réaction de 49 l'emporta au profit, « plus tard, » d'un régime monstrueux.

Retranché dans mon individualisme, je luttai sans relâche contre le gouvernement d'alors, non seulement sans le redouter, mais encore en le provoquant.

Pour me résumer en deux mots, tout en tenant compte

des Républiques américaine et suisse et de leur organisation, considérons la nôtre comme née d'hier.

Nous avons le champ libre aujourd'hui. Par conséquent, abandonnons les vengeances, les représailles, les violences; établissons à nouveau un ordre de choses qui nous appartienne et qui ne relève que de nous.

Je suis heureux de vous dire que les peintres, à mon instijçation, viennent de prendre l'initiative dans cet orJre d'idées.

Que tous les corps d'état de la société suivent lear e.\emple, et à l'avenir aucun gouvernement ne pourra prévaloir sur le nôtre.

Les associations s'appartenant et constituées selon leurs intérêts propres seront nos c cantons > à nous, et plus elles se gouverneront elles-mêmes, plus elles allégeront la tâche de la Commune.

La Commune alors n'aura plus à s'occuper que de ses intérêts généraux et de ses relations avec le reste de la France.

Par le fait, la Commune actuelle devient le conseil fédéral des associations.

Je profite de cette occasion pour remercier les électeurs des sympathies qu'ils m'ont manifestées dans les deux dernières élections.

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