B. L\M)ECK
Délégué du Comité central près la tiUe de MarseiUe.
iV 108.
Citoyens de Montmartre,
n est des heures dans la vie où l'homme de cœur ne doit pas marchander à la République son bras, sa plume ou sa parole. Je dirai même plus : il est de son devoir de
se jeter au milieu du danger, au mépris de 8a vie, car la cohésion des cœUrs et du dévoûment forme un bouclier inattaquable.
Citoyens, c'est avec la ferme et inébranlable volonté de remplir, jusqu'à la mort, le mandat que vous êtes libre de -me conférer, que je pose ma candidature pour les élections complémentaires de la Commune dans le 18' arrondissement.
Depuis longtemps déjà je n'ai jamais cessé, soit par la plume, soit par la parole, de lutter énergiquement pour la revendication des droits de l'homme. J'ai toujours combattu à outrance le despotisme outrageant du Bonaparte, — ce qui m'a valu amendes et prison. Je le combattrai encore, ce despotisme, sous quelque forme qu'il se présentera.
Je veux la révolution sociale, et je veux lutter pour les Maigres contre les Gras, car il faut que les sueurs du peuple profitent désormais au peuple.
Ennemi implacable des privilèges et des castes, j'appliquerai toutes mes forces à la propagation de l'instruction gratuite et obligatoire, ainsi qu'à la solution des questions sociales I
Il est temps que les masses s'instruisent, et que le prolétaire — ainsi nommé par les despotes — brise cette tunique de Nessus que l'on nomme ignorance!
Yoilà en quelques mots, citoyens, mon programme révolutionnaire.
Vive la République démocratique et sociale!
Vive la Commune!
SECONDIGNÉ.
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Ufecnéb ÈuêUU, rratoTBlté.