Modification du champ par les diélectriques
Mais les résultats que nous venons d*exposer supposent l'excitateur placé dans un espace indéfini, ou tout au moins, ainsi que cela avait lieu dans les expériences de M. Hertz, dans une salle de très grandes dimensions et abso-
liimenl nue. C'est qu*en eflet le chaoïp est profondément modiOé par la présence d'objets conducteurs dans le voisinage de Texcitaleur.
Cette influence perlurbatricc des corps conducteurs, que M. Hert/ avait observée dès ses premières expériences, doîl évidemnnent être attribuée à inaction qu*exercent sur le résounateur les courants induits dans ces conducteurs par Texcitateur. Or, d'après Maxwell, les courants de déplacement qui se produisent dans les diélectriques jouissent, comme les cou* rants de conduction, de la propriété inductive. 11 suffisait dune, pour vérifier cette hypotbèse, de chercher si un diélectrique placé dans le voisinage de Texcitateur aune influence perturbatrice analogue à celle des conducteurs. C'est ce qu^a fait M. Hertz.
La seule difficulté des expériences résultait de la néces* site d*employer une masse considérable de matière diélectrique. M. Hertz a d*abord opéré avec du papier. Dans ce but il disposa un tas de livres formant un parallélépipède rectangle de i^^^o de long, 0",5 de large et de 1 mètre de hauteur sur lequel il plaça Texcitateurà plaques horizontales. Il constata que les inaxima et minima des étincelles ne correspondaient plus aux mêmes positions du plan de Texcitaleur et de son axe de symétrie que dans les expériences précédentes. Kn particulier, si on place verticalement le plan de Texcitatcur, on obtient des étincelles lorsque Taxe de symétrie est horizontal ; elles prennent une longueur minimum si on fait tourner la coupure vers le bas d'un angle qui, pour certaines positions de Texcitaleur, atteint 23°, mais elles ne cessent pas complètement; les deux maxima correspondent encore à la position verticale de Taxe de symétrie, mais ils
ne 8ont plus égaux : quand la coupure est en bas les élîncellessont moins longues que lorsqu'elle est en haut.
En remplaçant le papier par un parallélépipède d*asphaUe de mêmes dimensions les résultats furent aussi probants. 11 en fut de même avec un parallélépipède de poix artificielle.
Mais on pouvait objecter que les effets observés provenaient des matières conductrices disséminées dans les substances impures employées. Aussi M. Hertz répéta-t-il les mêmes expériences en prenant des diélectriques pouvant s'obtenir parfaitement purs comme le soufre» la paraffine, le pétrole. Toutefois, pour éviter Temploi d'une trop grande quantité de ces substances, il se servit d'un excitateur et d'un résonnateur de dimensions moitié plus petites que celles des appareils employés dans les précédentes expériences. L'observation des étincelles devint beaucoup plus délicate, mais les résultats restèrent aussi concluants. L'action inductive des courants de déplacement se trouvait complètement démontrée.