‹ Electricité statique, paratonnerresChapitre 25 sur 40 · DEUXIÈME NOTE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME NOTE

16. — Parafonnerrcs des bilimenls dans la consCniction desquels il cnlre unt Diasse considéralle de métaux et où ceux-ci prédominent. — Leur consirucUon rendue très simple. — Inutilité des dépenses, exagérées parfois, pour ce genre de liatlments.

Dans une deuxième noie (*), lorsque Tadministration de la ville de Bruxelles m'eut chargé de la mission d'établir des paratonnerres sur les bâtiments municipaux, j'ai cherché les conditions de conductibilité pour la foudre, offerte par des bâtiments, dans lesquels le fer joue un rôle prépondérant tels que les Halles centrales de Bruxelles, le Palais de cristal de Londres^ les palais des Expositions internationales, en 1867 et 1878, à Paris, certaines serres de jardins d'hiver et les gares couvertes de chemin de fer. La vérification a été faite au moyen des courants de la pile et des étincelles des batteries, de la machine de Holiz, ou, enfin, de la bobine de Rhumkorff. J'ai démontré que, pour des édifices du genre précité, le paratonnerre est une superfluité, parce que dans ces cas, il y a en présence des masses énormes de fer et qu'il suffit de mettre le pied de ces énormes bâliments-'paratonnert^es (qu'on me passe cette expression) en contact suffisant avec le réservoir commun, c'est-à-dire en établissant la communication, au moyen de puits, des conduites d*eau et de gaz qui existent toujours, dans les grandes villes, pour les mettre à l'abri de coups de foudre. Ces bâtiments sont doue de véritables paratonnerres préservatifs; ceux-ci, armés de pointes, peuvent être ainsi, facilement, transformés en paratonnerres préventifs et préservatifs. Je dis préventifs^ en ajoutant : dans certaines liihites, non encore parfaitement élucidées.

Les détails des expériences que j'ai faites pour constater la conducti-

(*) Bulletins de r Académie des sciences^ etc.. de Belgique, t. XXVUi, 1874.

bilité des bâtiments et des terrains sur lesquels ils reposent, sont décrits dans cette note avec des détails quMI me semble inutile de reproduire ici ; qu'il me suffise de dire que j*ai montré que, pour des bâtiments tels que 1rs Halles, etc., on place des conducteurs de paratonnerres qui sont de véritables pygniées pour ajoutera la protection d'un conducteur immense. On fait là une addition bien inutile, à moins quVn le munissanl de nombreuses tiges, ou pointes, on ne cherche, en même temps, à le rendre préventif ou capable de neutraliser silencieusement rélectricité des nuages, et Ton pourrait dire, dans une certaine mesure, au profit des bâtiments voisins.

Disons-le franchement, on s'étonne de voir les administrations supérieures faire, sans utilité réelle, des dépenses, qui se sont parfois élevées à dis sommes considérables.

IH. — Quelques oiofs sur les crlti4|ue8 faites, ou les approbations données au nouveau système.

J'ai du être très bref, quand après avoir signalé les principales données du paratonnerre de mon système, établi h THôtel de ville de Bruxelles, je constate l'approbation qui m'a été donnée dans quelques journaux scientifiques et par quelques savants compétents dans la question.

A cette époque, j'étais heureux de constater, qu'à ma coimaissance, aucune critique sérieuse n'avait été formulée ou rendue publique par la voie de la presse; je devais donc remercier le publiciste qui, en 1872, pariait des excellents paratonnerres de M. Melsens, mais qui, en 1874, trouvait peu raisonnable de garnir un édifice de telle sorte que la foudre n^ait pour ainsi dire pas un trou où elle puisse passer.

17. — Un mot sur les canalisations métalliques pour le gaz et l'eau. — Possiliilifé de transporter le puits classique sur le toit des édilices.

Dès 1865, je m'étais préoccupé d'une question afférente à certains édifices des villes, où l'eau est distribuée jusqu'au faîle des maisons.

Il s'agit de transférer la prise de terre, le puits classique, sur les toits des bâtiments; celte solution a été réalisée, dans ces dernières années^ pour le splendide monument de la Bourse et le nouvel et immense Palais de justice de Bruxelles.

■ S. — Nécessité tW pi'CTOir h pose des pnrafoiinerres, .dès les foiHialioiis de.s édiiices — Exemple à Tappiii de ce principe. — Premier exemple de sou appliealioii. — ù\s dans lesquels il est prokalilement permis de ue pas rallaclM r les fers ou niélaux inférieurs aux conducteurs des paratonnerres.

La question des gares, des halles, etc., en fonte et en fer, la masse considérable de vc métal qui entre^ aiijourdluii, dans beaucoup de <;onstruciions, m'anienèrenl à engager Messieurs les architectes à prévoir les dispositions des paratonnerres, dès les fondations des édilk'es, comme on prévoit, aujourd'hui, les dispositions pour le chauffnge et la ventilation.

Celte prévision ferait disparaître certaines dilliçullés que Ton rencontre souvent pour la pose des paratonnerres sur des éditiees entièrement achevés, lorsque Ton désire, conformément aux opinions exprimées par la généralité des savants et exigées dans toutes les in>tructions, rattacher tous les grandes masses métalliques des bâtiments aux conducteurs des paratonnerres.

En voici un exemple frappant: M. Tingénieur E. Garez a été chargé par M. le Ministre de la Justice et, sous Tinspcction de M. Wcllens, inspecteur général, de la pose du paratonnerre du nouveau Palais de justice de Bruxelles; nous avons dti laisser une masse énorme de fer en dehors du paratonnerre; si la pose de celui-ci avait clé prévue, on aurait pu, à peu de frais, amener tous les fers à concourir au système protecteur, en offrant ainsi à la foudre des milliers de voies d'écoulement au réservoir commun: puits, eau, gaz et, par suite, impossibilité absolue, ou absence de dégâts, dans le cas de coup de foudre; je crois cependant pouvoir affirmer qu'il n'y a aucune crainte à concevoir dans Tétat actuel des choses; en effet, pour le point culminant, c est-à-dire le dôme très élevé, le point, incontestablement en général, le plus exposé a être foudroyé, les conducteurs et les aigrettes du paratonnerre seront tous rattachés à im poids considérable de fer, parce que, pour cette partie de Tédifice, on a pu tout prévoir, avant son élévation; ce poids de fer, de fonte, etc., ne s'élèvera pas à moins de 3,252,100 kilogrammes.

Voici, très approximativement, le poids des fers de toute espèce, employés dans la construction du Palais de justice, y compris 203,140 kilogramm;:s de zinc couvrant une surface qui, les pentes des toits comprises, ne s'élève pas à moins de 21,383 mètres carrés; ce poids total est de 9,615,840 kilogrammes; il comprend tous les fers de la bâtisse, longerons en tôle.

poutrelles, colonnes de fonte, ancres, entrctoises, tirants^ cornières, etc.^ tuyaux pour la descente des eaux, charpentes en fer des toitures, rampes et escaliers en fer.

Voici, du reste, comment le tout se décompose :

Fers rattaches aux paratonnerres :

tm^gnmmtê.

Fers du dôme 3,â52JOO

Tuyaux en fonte pour descente des eaux pluTÎoles et des

eaux sales, sur un total de 85^000 kilogrammes. . . 40,000

Zinc des toitures 205,140

Canalisation métallique de la ventilation 78,000

- des eaux 56,000

— du gai 19,500

Ascenseur hydraulique 80,000

Somme 3,728,740

Poids des fers non rattaches aux paratonnerres. . . . 5,887,400

Poids total des fbrs du Palais. 9,615,840

Mais il sera possible, plus tard, de rattacher encore :

Les charpentes des toitures 654,000

Les appareils et canalisation de chauffage 467,500

SoMUB 4,t21,500

Quand ces derniers raccordements seront réalisés, on pourra dire que la moitié des fers du Palais de justice sera rattachée aux pnratonnerres par des circuits fermés; il ne resterait plus que 4,765,600 kilogrammes, en dehors du paratonnerre, quantité relativement énorme et qui aurait pu faire pnrtie des conducteurs, si Ton avait prévu les paratonnerres, dès les fondations, et aurait pu être complèicment raccordée, à peu de frais.

Cest cette condition qui sera réalisée pour les paratonnerres du nouvel athénée qtie la ville d'Anvers construit actuellement; tout y est prévu dès les fondations.

La question des fers dans les bâtiments et dans les grands édifices n est pas aussi simple à élucidrr qu'on pourrait le supposer au premier abord; en cflct, toute la sécurité pourra dépendre des dispositions particulières du paratonnerre, conducteurs, pointes et raccordements terrestres.

On verra plus loin (8* à 99), h propos des magasins à poudre, que je discute, tu extenso, les phénomènes observés et les expériences faites par Faraday; rillustre savant anglais constate qu'il ne se produit aucun phénomène électrique à Tintérieur d'une cage métallique, en communication métallique parfaite, par une grande surface, avec le réservoir commun, cVst-à-dire, pour les grandes villes, les puits, les canalisations de gaz et d*eau, appliqués simultanément dans ce but.

Or, dans mon système de paratonnerres, je réalise, plus ou moins bien, la cage de Faraday; il paraîtrait donc qu'il est inutile de se préoccuper des masses métalliques qui se trouvent à Pintérieur des bâtiments, puisqu'ils sont enfermés dans un paratonnerre constituant une espèce de cage.

J'ai cru qu'il était utile, sinon absolument nécessaire, jusqu'à preuve du contraire, d'obéir, ne fût-ce que par prudence, aux règles posées dans beaucoup dinstructions.

De plus, la division d'une étincelle unique, entre tous les conducteurs qu'on lui présente, étant prouvée, le raccordement des conducteurs avec les métaux des édifices, en prenant le soin, comme je l'exige, de réaliser toujours des circuits fermés (13), produit d'abord une diminution de tension sur les conducteurs, tout en offrant à la foudre de nombreuses et larges voies pour son écoulement à la terre.

19. — Vérification des paratonnerres. — YériGcatîon du paratonnerre de l'Hotel de Tllle de Bruxelles.

Déjà, dans ma première note, j'avais signalé, dès 1865, la nécessité âe réaliser pour tout paratonnerre, un système permanent de vérification; dans ma seconde note, je donne les détails qui prouvent, par exemple, pour rilôtcl de ville, que l'on peut vérifier la conductibilité, à partir la statue au haut de la flèche, des huit conducteurs formant ensemble, ou de chacun d'eux séparément, soit entre eux, soit avec les puits, les conduites d'eau et de gaz et des organes du paratonnerre souterrain entre eux.

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