DU TISSU FIBRO-CARTILAGINEUX
contre un os, et dont la présence est due à ce que le périoste devient cartilagineux dans ces endroits; ceux que présentent les ligamens contre lesquels glissent des tendons, comme cela a lieu pour le ligament calcanéocuboïdien , contre lequel frotte le tendon du muscle jambier postérieur. Tels sont encore les bourrelets fibro-eartilagineux attachés au bord des cavités glénoïde et cotyloïde. Partout, en général, où le tissu fibreux est exposé à des frottemens habituels , ce tissu prend une texture ou une apparence cartilagineuse : c’est ce qu’on voit pour les frottemens des os contre t les ligamens, au ligament annulaire du radius, au ligament transverse de l’apophyse odontoïde; la poulie du muscle grand oblique est encore un exemple du même genre. 3° Certainsligamens cartilagineux adhèrent par leurs deux faces; les intervalles des corps des vertèbres, l’intervalle des pubis, sont remplis par des organes de ce genre. Ainsi, d’après leur forme et leurs connexions on peut distinguer trois sortes de ligamens cartilaginiformes.
§ 532. Ces organes, quoique toujours fibreux comme les ligamens , et très-denses comme les cartilages, présentent un grand nombre de variétés, par rapport à la consistance, et à l’homogénéité de leur tissu. Les ménisques, ou ligamens inter-articulaires, par exemple, offrent des fibres très- distinctes à leur circonférence, et prennent vers leur centre, qui est miuce, une apparence de plus en plus serrée et homogène, sans pourtant qu’on doive les regarder, même en cet endroit, comme de vrais cartilages. Le périoste cartilagineux a plus de ressemblance avec ces derniers. Dans les liga-
mens amphiarthrodiaux , un tissu fibreux très-apparent existe à l’extérieur; il se convertit, à mesure cpi’on se rapproche du centre, en une sorte de pulpe ou de bouillie blanche qui se rapproche des cartilages, moins par sa consistance cependant que par la disparition des fibres et par son homogénéité apparente.
§ 533. Il entre dans la composition des fibro-cartilages les mêmes parties que dans celle du tissu ligamenteux; on y trouve peu de vaisseaux. Leur composition chimique a été peu étudiée. Par la dessiccation , ils deviennent jaunes et transparens, comme les ligaméns. La décoction agit sur eux de la même manière que sur ces derniers : elle les fond entièrement en gelée, de sorte qu’ils ne participent pas, sous ce rapport, du tissu cartilagineux.
§ 534- Leurs propriétés physiques sont semblables à celles des ligaméns et des cartilages. Leur ténacité ou force de cohésion très-grande , et qui surpasse même celle des os, les rapproche du tissu ligamenteux. D’un autre côté , ils sont très - élastiques , et reviennent promptement sur eux-mêmes lorsqu’ils ont cédé , soit à la distension , soit à la pression ; c’est surtout quand ils sont comprimés , que leur élasticité est très-marquée. Ils résistent plus que les os et les cartilages à l’action destructive des tumeurs pulsatiles : dans les anévrysmes de l’aorte, les vertèbres sont usées et détruites avant le fibro-cartilage qui les sépare : cette propriété est une suite de leur élasticité. Les propriétés vitales des fibro-cartilages sont obscures, comme celles du tissu ligamenteux en général.
S 535, Dans leur formation , plusieurs de ces parties
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passent par fétat fibreux; d’autres passent directement de letat muqueux à l’état fibro-cartilagineux. Ce n’est qu’accidentellement , et d’une manière variable, que les fibro-cartilages permanens deviennent ôsseux dans la vieillesse; cependant cela leur arrive plus souvent qu’aux ligamens , mais moins souvent qu’aux cartilages.
§ 536. Les fibro-cartilages temporaires ou passagers ont pour usage de servir de type ou de moule à des os. Ceux qui sont permanens forment tantôt des liens flexibles, élastiques et très-solides, et servent tantôt cà faciliter les glissemens , par la consistance qu’ils donnent aux surfaces.
§ 53y. Les états morbides' des fibro-cartilages sont peu connus.
Divi sés, ils se réunissent, comme on le voit, après l’opération de la symphyséotomie.
Leur production accidentelle n’est pas très-rare. On peut prendre pour type de l’espèce et pour objet de comparaison le centre d’un ligament inter-vertébral. Les fibro-cartilages accidentels sont en effet fibreux comme les ligamens, d’un blanc laiteux comme les cartilages, souples, humides et élastiques. D’après leur forme, leurs connexions, leurs usages, les fibro-cartilages accidentels sont de deux sortes. Les uns sont des moyens d’union de quelques fractures non-consolidées , soit à cause des mouvemens, comme celles du col du fémur, de la rotule et autres; soit à cause d’une perte étendue de substance , dans un des os de l’avantbras , de la jambe, du métatarse, du métacarpe, du crâne, etc., endroits où le rapprochement des fragmens ne peut avoir lieu. D’autres fibro-cartilages se
forment sur le bout des os amputés, sur les surfaces des articulations surnuméraires , sur et autour de la surface des cavités articulaires supplémentaires, et dans quelques fausses ankylosés. On trouve des fibro-cartilages informes dans quelques tumeurs composées de la thyroïde, dans certains kystes, et dans quelques cicatrices , surtout celles qui se font quelquefois dans les poumons , à la suite de levacuation des tubercules. On trouve des plaques du même genre à la surface de la rate. Les corps fibreux de l’utérus sont quelquefois mous, et pulpeux au centre, comme les ligamens inter-vertébraux. On trouve enfin quelquefois des masses fibro - cartilagineuses régulières , globuleuses , libres dans les cavités séreuses où elles ont pénétré. M. le docteur Trouvé , de Caen , m’a donné une tumeur
de ce genre, grosse comme une noix, trouvée avec une autre semblable dans la cavité péritonéale ; cette tumeur, manifestement fibreuse à l’extérieur, est molle comme les ligamens inter-vertébraux, vers le centre, et contient là un os gros comme un petit pois.
§ 538. L’inflammation des fibro-cartilages est peu connue. On sait seulement que, dans certains cas, les parties desmo - cartilagineuses deviennent extrêmement molles par suite d’un afflux des liquides , d une sorte de congestion : c’est ce qu’on voit dans la grossesse, aux symphyses du bassin , et ce qu’on a même observé chez l’homme, dans ces mêmes articulations. La colonne vertébrale présente ce ramollissement d une manière très-marquée chez les rachitiques : il en resuite une flexibilité des ligamens inter-vertébraux qui