DU TISSU FIBRO -CARTILAGINEUX
^ 528 Le tissu fibro-cartilagineux est fibreux et tenace comme le tissu h-âmenteux dont il fait réellement partie; blanc, très-dense.
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et élastique coiuine le tissu cartilagineux : il semble intermédiaire aux Jigaraens et aux cartilages.
^ 529'. Galien a nommé certains ligamens ncurocliondroïdes , .jivf(yi>')ifM<hi cilvJis/xît, Vésale les appelait ligamens cartilagineux; Morgagni les regardait comme intermédiaires entre les ligamens et les cartilages; Weitbrecht les comprend parmi les ligamens ; Haase , au contraire, les range dans la chondi'ologie , sous les noms de cartilages ligamenteux et mixtes. Bichat a établi un système fibro-cartilagineux, composé du tissu ligamenteux cartilaginifbrme dont il s'agit ici , et d'une partie du tissu cartilagineux , qui sera décrit dans le chapiti-e suivant ; mais ce système d'organes ne me semble pas exister dans la nature , c'est pourquoi je ne l'ai point conservé. Les fibro-cartilages dont il est question ici ne me paraissent être qu'une variété du tissu desmeux : ce sont des organes ligamenteux cartilaginiformes.
% 53o. Les fibro-cartilages sont temporaires ou permanens. Les fibro-cartilages temporaires sont ceux qui passent régulièrement, constamment , et à des époques déterminées , à l'état osseux : ce sont les fibro-cartilages d'ossification. On .les rencontre dans l'épaisseur des tendons et des ligamens. Ils sont purement fibreux dans le principe, deviennent ensuite fîbro-cartilagineux v«t enfin osseux. La rotule et les os sésamoïdes se développent de celte manière. Les endroits où les tendons frottent contre les os, ceux, par exemple, où les jumeaux appuient contre le fémur, où le long péronier latéral glisse contre le tarse , sont aussi constamment le siège de fibro-cartilages de ce genre. Le ligament stylo-hyoïdien , le thyrohyoïdien , contiennent dans leur épaisseur des grains de la même natvire. La clérotique , dans certains animaux , présente des points opaques , également fibro-cai-tilagineux , qui forment ensuite des plaques osseuses.
% 53i. Les fibx'o-cartilages permanens, ou du moins ceux qui durent presque toute la vie, sont de plusieurs espèces. i°. Il en est de libres par leurs deux faces ; ce sont les ligamens in ter-articulaires ou ménisques , /Ke«j5cz,- on les rencontre dans les articulations teniporomaxillaires , sterno-claviculaires , quelquefois dans celle de l'acromion avec la clavicule, constamment entre le fémur et le tibia, entre le cubitus et l'os pyramidal. Entièrement iso,lés par leurs deux faces , ces ligamens sont adhérens par leurs bords ou par leurs extrémités. 2°. D'autres sont adhérens par une de leurs faces; tels sont ceux que l'on trouve partout où un tendon frotte contre un os, et dont la présence est due à ce que le périoste devient cartilagineux dans ces endroits; ceux que présentent les ligamens contre lesquels glissent des tendons comme cela a heu pour le ligament calcanéocuboidien , contre lequel frotte le tendon du muscle jambier postérieur. Tels sont encore les bourrelets fibro-cartilagineux attachés au , J^ord des cavités glénoïde et cotyloïde. Partout, en général, où le tissu fibreux est exposé à des frottemens habituels , ce tissu prend une texture ou une apparence cartilagineuse : c'est ce qu'on voit pour es fi-ottemens des os contre les ligamens, au figament annu- Jaire du radius, au ligament transverse de l'apophyse odontoïde; la poulie du muscle grand obfique est encore un exemple du même genre. 3». Certains ligamens cartilagineux adhèrent par leurs deux
ANATOMIE GV.aÉRAUl.
faces ; les intervalles des corps des vertèbres, l'intervalle des pubis, sont remplis par des organes de ce genre. Ainsi , d'après leur forme et léurs connexions , on peut distinguer trois sortes de ligamens cartilaginiformes.
§ 532. Ces organes , quoique toujours fibreux comme les ligamens , et très-denses comme les cartilages , présentent un grand nombre de variétés, par rapport à la consistance et à l'homogénéité de leur tissu. Les ménisques, ou ligamens in ter-articulaires , par exemple, offrent des fibres très-distinctes à leur circonférence, et prennent vers leur centre , qui est mince , une apparence de plus en plus serrée et homogène, sans pourtant qu'on doive les regarder, même en cet endroit, comme de vrais cartilages. Le périoste cartilagineux a plus de ressemblance avec ces derniers. Dans les ligamens amphiarthrodiaux , un tissu fibreux très-apparent existe à l'extérieur ; il se convertit, à mesure qu'on se rapproche du centre , en une sorte de pulpe ou de bouillie blanche qui se rapproche des cartilages , moins par sa consistance cependant que par la disparition des fibres et par son homogénéité apparente.
§ 533. II entre dans la composition des fibro-cartilages les mêmes parties que dans celle du tissu ligamenteux ; on y trouve peu de vaisseaux. Leur composition chimique a été peu étudiée. Par la dessiccation , ils deviennent jaunes et transparens , comme les ligamens. La décoction agit sur eux de la même manière que sur ces derniers : elle les fond entièrement en gelée, de sorte qu'ils ne participent pas, sous ce rapport , du tissu cartilagineux.
§ 534. Leurs propriétés physiques sont semblables à celles des ligamens et des cartilages. Leur ténacité ou force de cohésion trèsgrande, et qui surpasse même celle des os, les rapproche du tissu ligamenteux. D'un autre côté , ils sont très-élastiques , et reviennent promptement sur eux-mêmes lorsqu'ils ont cédé , soit à la distension , soit à la pression -, c'est surtout quand ils sont comprimes, que leur élasticité est très-marquée. Ils résistent plus que les os et les cartilages à l'action destructive des tumeurs pulsatiles : dans les anévrismes de l'aorte, les vertèbres sont usées et. détruites avant le fibro cartilage qui les sépare : cette propriété est une suite de leur élasticité. Les propriétés vitales des fibro-cartilages sont obscures, comme celles du tissu ligamenteux en général.
§ 535. Dans leur formation , plusieurs de ces parties passent par l'état fibreux; d'autres passent directement de l'état muqueux à l'état fibro-carti)?gineux. Ce n'est qu'accidentellement, et d'une manière variable, que les fibro-cartilages permanens deviennent osseux dans la vieillesse ; cependant cela leur arrive plus souvent qu'aux ligamens, mais moins souvent qu'aux cartilages.
§ 536. Les fibro-cartilages temporaires ou passagers ont pour usage de servir de type ou de moule. à des os. Ceux qui sont permanens forment tantôt des liens flexibles , élastiques et très-so'lides , et servent tantôt à faciliter les glissemens , par la consistance qu'ils donnent aux surfaces.
§ 537. Les états morbides des fibro-cartilages sont peu connus. Divisés, ils se réunissent, comme on le voit, après l'opération de la' symphyséotomie. , Leur production accidentelle n'est pas très-rare. On peut prendre
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pour type de l'espèce et pour objet de comparaison le centre d'un licranient inter-vertébral. Les fibro-cartilages accidentels sont en effet fibreux comme les ligamens , d'un blanc laiteux comme les cartilages , souples , humides et élastiques. D'après leur forme , leurs connexions, leurs usages, les fibro-cartilages accidentels sont de deux sortes. Les uns sont des moyens d'union de quelques fractures non consolidées , soit à cause des mouvemens , comme celles du col du fémur, de la rotule et autres ^ soit à cause d'une perte étendue de substance dans un des os de l'avant-bras , de la jambe , du métatarse , du métacarpe, du crâne, etc., endroits où le rapprochement des fragmens ne peut avoir lieu. D'autres fibro-cartilages se forment sur le bout des os amputés, sur les surfaces des articulations surnuméraires, sur et autour de la surface ^es cavités articulaires supplémentaires , et dans quelques fausses ankyloses. On trouve des fibro-cartilages informes dans quelques tumeurs composées de la thyroïde, dans certains kystes , et dans quelques cicatrices , surtout celles qui se font quelquefois dans les poumons, à la suite de l'évacuation des tubercules. On trouve des plaques du même genre à la surface de la rate. Les corps fibreux de l'utérus sont quelquefois mous et pulpeux au centre, comme les hgamens in ter-vertébraux. On trouve enfin quelquefois des masses fibro-cartilagineuses régulières , globuleuses , libres dans les cavités séreuses où elles ont pénétré. M. le docteur Trouvé , de Caen , m'a donné une tumeur de ce genre, grosse comme une noix , trouvée avec une autre semblable dans la cavité péritonéale; cette tumeur, manifestement fibreuse à l'extérieur, egt molle comme les ligamens inter- vertébraux, vers le centre, et contient là un os gros comme un petit pois.
§ 538. L'inflammation des fibro-cartilages est peu connue. On sait seulement que, dans certains cas, les parties desmo-cartilagineuses deviennent extrêmement molles par suite d'un afflux des liquides , d'tme sorte de congestion : c'est ce qu'on voit dans la grossesse , aux symphyses du bassin, et ce qu'on a même observé chez l'homme , dans ces mêmes articulations. La colonne vertébrale présente ce ramollissement d'une manière très-remarquée chez les rachitiques : il en résulte une flexibilité des Hgamens intei'-vertébraux qui fait que la colonne se ploie avec la plus grande facilité, et que si l'individu garde habituellement une mauvaise attitude , la colonne se courbe, latéralement en plusieurs endroits, et que les vertèbres elles-mêmes participent avec le temps à la déformation.
Une des variétés du mal vertébral consiste aussi dans le ramoUissement et dans le gonflement des ligamens in ter-vertébraux qui finissent par s'ulcérer et se détruire.
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