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I. Des ongïes I

§328. Les ongles, ungues, sont des écailles cornées, qui garnissent la peau de la dernière phalange des doigts et des orteils du côté de l'extension seulement.

On dislingue trois parties dans les ongles : la racine, le corps et l'extrémité libre.

La racine ou l'extrémité adhérente est la cinquième ou la sixième partie de la longueur de l'ongle; elle en est la partie la plus mince; elle est reçue dans un sillon de la peau, et d'une couleur blanche. Le corps ou la partie moyenne tient le milieu pour l'épaisseur; salace externe libre , lisse et présentant des sillons longitudinaux plus ou moins marqués, est convexe transversalement. La face opposée est intimement adhérente à la peau; la partie postérieure du corps de l'ongle, dans une étendue peu considérable, et qui va en diminuant du pouce vers le cinquième doigt, est blanche; cette partie semi-lunaire a reçu le nom de lunule; l'autre partie paraît rougeàtre , à cause de sa diaphanéité, qui permet d'apercevoir la couleur delà peau. L'extrémité

1 Frankenau, de Unguibus, Jenœ , 179G. — Ludwig , de Ortu et structura unguium. Lipsiœ, 1748. — B. S. Albinus,. in Jnnot. acad., lib. II, cap. xiv, de Ungue hu/nano, ejusque reticulo, etc. et cap. xv de Natura ùn'guïs. — Bose, de Unguibus humants. Ups. 177 3. — Haase, de Nutr itione unguium. LipS. 177/1.

libre de l'ongle en est la pautie la plus épaisse; elle se prolonge au delà du doigt et tend, d'une manière peu marquée cependant, à se recourber en une sorte de crochet.

§ 329. Les connexions de l'ongle avec le derme et l'é-" piderme ont lieu de la manière suivante : le derme est épais, rouge et très-papillaire sous le corps de l'ongle, excepté sous la lunule; les papilles sont disposées en séries linéaires comme des sillons longitudinaux trèsminces et très-rapprochéslesuns des autres. La face correspondante de l'ongle est molle, pulpeuse, garnie de rainures longitudinales qui reçoivent les sillons papillaires du derme et leur adhèrent très-intimement. Cependant leur séparation s'opère sur le cadavre par les mêmes causes qui détachent l'épiderme et le corps inuqueux du derme. L'extrémité adhérente de l'ongle, Irès-mince et très-molle, est reçue dans le fond d'un pli du derme, dépourvu d'épiderme. Sons les ongles, petits et irrégulièrement développés; des derniers orteils, les papilles du derme sont disposées irrégulièrement, et non en séries linéaires; la face adhérente de l'ongle présente la même disposition irrégulière pour recevoir les papilles.

§ 33o. L'épiderme, arrivé vers la racine de l'ongle, se réfléchit avec le derme jusque vers le fond du sillon. Là, le derme passe sous l'ongle; l'épiderme, au contraire, se réfléchit sur sa racine et se prolonge sur sa face externe, qu'il recouvre ainsi tfune lame superficielle très-mince, qui se confond avec elle. A l'extrémité libre de l'ongle, l'épiderme du bout du doigt se réfléchit sous sa face profonde et s'unit à la partie

libre de cette face. Sur les côtés il existe, en arrière une disposition analogue à ce qui a lieu à la racine, et en devant à ce qui existe à l'extrémité libre.

Les ongles n'ont point d'autres connexions que celles qui viennent d'être décrites. C'est faute d'avoir bien observé, que quelques anatomistes en ont admis avec le périoste et avec les tendons.

§ 33 1. On admis avec Blancardi, que les ongles sont formés par des poils agglutinés; d'autres, que les ongles résultent de la superposition d'écaillés ou de lames cornées, dont la plus superficielle a toute la longueur de l'ongle, tandis que les autres diminuent successivement de longueur, ce qui donne 1 epaississement successif de l'ongle depuis la racine jusqu'à l'extrémité libre. Ce sont plutôt des manières de se rendre compte du mode de formation des ongles, que des résultats de l'observation, qui, en effet, ne fait découvrir dans les ongles qu'une substance cornée, dure et sèche à l'extérieur, et muqueuse à l'intérieur. On n'y trouve ni

vaisseaux, ni nerfs. Ils consistent en une couche épaisse

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§ 332. Les ongles sont diaphanes, flexibles, élastiques, ils se déchirent en travers, nonobstant leur apparence fibreuse en sens opposé. Leurs propriétés chimiques sont celles de l'albumine coagulée ; ils paraissent contenir aussi un peu de phosphate de chaux ; ils ont les plus grands rapports avec la corne. Ils sont tout-à-fait dépourvus d'irritabilité et de sensibilité.. La force de formation , ou l'accroissement continuel par une sorte de végétation, est le seul phénomène organique et vital qu'on y observe; encore ce phénomène

leur est-il étranger. Les matériaux de leur formation sont continuellement sécrétés et excrétés à mesure par le derme : cette matière apposée à l'extrémité et à la face adhérentes de l'ongle, semblable à celle de la sécrétion du vers à soie, se concrétant à mesure qu'elle est excrétée, et s' ajoutant continuellement à celle qui l'a précédée, la pousse devant elle et allonge ainsi l'ongle par juxta-position et non par intus-susception. C'est donc une véritable excrétion dont les matériaux une fois déposés ne sont plus résorbés. Les ongles arment, soutiennent et protègent l'extrémité des doigts et des orteils.

§ 333. Les ongles commencent à paraître vers le milieu de la vie fœtale; ils sont encore très-imparfaits à la naissance. Dans les races colorées, la couleur est sous-jacente à l'ongle. Dans beaucoup d'animaux au contraire, la couche colorée du corps muqueux est confondue avec la couche cornée dans la composition des ongles et des parties analogues. Les parties les plus ressemblantes aux ongles de l'homme sont les griffes des carnassiers, etc., qui entourent la face dorsale et les côtés de la dernière phalange , et se recourbent vers la face plantaire; et les sabots desruminans, etc., qui enveloppent toute l'extrémité de la dernière phalange. Les ongles des pieds de l'homme prennent quelquefois un accroissement, considérable et une direction qui les rapprochent des griffes.

§ 334. Les altérations 1 que l'on attribue aux ongles

• Plenck, de Morbis unguium, in doctrind de morbîs cutané is.

leur sont, dans la réalité, tout-à-fait étrangères, et dépendent uniquement de la peau qui les fournit.' Il en est de même des productions cornées accidentelles c'est dans le tissu sous-jacent qu'il en faut chercher l'origine.

Lorsqu'un ongle est arraché par violence ou détaché par une maladie delà peau sous-jacente, il repousse lentement et diffère plus ou moins de l'ongle primitif, suivant que l'affection de la peau persistait plus ou moins quand il a repoussé.

Il se forme des lames cornées, plus ou moins analogues aux ongles, sur des cicatrices, sur le bout des orteils, et sur d'autres endroits exposés à des pressions ou des frottemens rudes et réitérés: tels sont les callosités, les oignons, etc. L'ichthyose simple ou en plaques n'en diffère que par son étendue et parce que sa cause est ignorée.

Les cors consistent aussi en productions cornées acexdentelles, arrondies, petites , très-dures, et qui par la compression qu'elles transmettent, irritent, enflamment, percent quelquefois la peau, et même altèrent les os ou les articulations sous-jacentes.

Des cornes ou des productions cornées conoïdes plus ou moins aUongées , ont été observées depuis anuqu.e.mgrandnombredefois sur presque toutel es parues de la peau. Quelquefois une seule de £ exeressances existe sur un individu et s'est développé ou sur une «catrice , ou dans un follicule sébaJou £ ,uc que point de la peau préalablement altéré', o b en sans qu on a« rien remarqué de particulier dans 1* .Peau avant la production oonnée; d'autres fois il

existe sur presque tous les points de la peau des productions de ce genre, ce qui constitue une espèce d'ichthyose.

On peut rapprocher des productions cornées accidentelles, et regarder comme du tissu corné imparfait les verrues de la peau et les poireaux de la membrane muqueuse, les uns et les antres participant du tissu corné et de celui de la membrane.

Les ongles se ramollissent, se carhifient, deviennent du tissu corné imparfait, végètent irrégulièrement, présentent des excroissances , deviennent secs , cassans, etc. , dans certaines affections générales ou locales de la peau, ainsi que par le contact habituel des alcalis, des acides , etc. , comme cela a lieu dans quelques professions. Ils participent d'ailleurs toujours à l'état sain ou malade de la peau, dont ils sont une production. L'ongle entré dans la chair n'est que la cause mécanique d'une inflammation de la peau.

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