‹ Élémens d'anatomie généraleChapitre 59 sur 72 · DU PUS. 7OI · texte numérisé non relu

DU PUS. 7OI

tière putride, de tissus accidentels, de calculs , de matière virulente, etc.

Dans tous les cas, il est composé, suivant M. Pearson, d'un oxyde animal blanc, opaque, peu soluble , d'un liquide limpide, analogue au sérum du sang, qui tient en suspension , mais non dissout l'oxyde animal; et d'une innombrable quantité de globules microscopiques.. Les différences qu'il présente dépendent des proportions différentes dans lesquelles se trouvent ces matériaux essentiels , ainsi que les substances qui peuvent s'y trouver accidentellement.

§ 821. Le pus peut se former dans la plupart des organes.

Le tissu où la suppuration est le plus fréquente et semble le plus facile , est la membrane muqueuse. Quelques heures après l'application d'une cause irritante, on voit les propriétés physiques et chimiques du mucus se changer insensiblement en celles du pus. Quand l'irritation diminue et cesse, on voit à l'inverse les propriétés du pus se changer insensiblement en celle du mucus. La suppuration de la membrane muqueuse s'accompagne d'un léger degré de rougeur et de gonflement , et très-rarement d'ulcération.

La peau suppure aisément dès qu'elle est irritée et que l'épiderme est enlevé. Cela peut continuer indéfiniment, si l'irritation est continuée, ou fréquemment renouvelée ; la peau prend alors l'aspect d'une membrane muqueuse enflammée.

Le tissu cellulaire étant mis à découvert par l'ablation de la peau , l'hémorrhagie s'arrête,- il s'écoule en-

suite de la sérosité, qui peu à peu prend le caractère de pus. En même temps la surface vulnérée se couvre d'une couche de matière organisable, qui devient vasculaire et se couvre de granulations.

Le tissu cellulaire étant irrité par un corps étranger ou par une caiise inconnue (spina helmontii) s'enflamme ; il se forme du pus dans le centre du phlegmon : ce pus est renfermé dans une membrane de nouvelle formation, plus ou moins distincte, plus ou moins vasculaire , suivant son ancienneté; le tissu cellulaire environnant j enflammé et très-vasculaire , a perdu sa perméabilité par la déposition intersticielle de matière organisable.

Les membranes séreuses , quand elles suppurent , présentent des changemens analogues; elles deviennent très-vasculaires et prennent à la longue l'apparence des membranes muqueuses.

§ 822. Boerhaave attribuait l'origine du pus à la fonte des organes enflammés; Pringle et Gaber l'attribuaient à un changement dans le sérum du sang; ces deux opinions^ diversement modifiées et combinées^ ont été long-temps et généralement adoptées.

L'idée que le pus est formé dans les vaisseaux , et qu'il en sort par une action sécrétoire de ces organes, a été d'abord indiquée par le docteur Sympson ; puis par Dehaen ; et ensuite par le docteur Morgan, de Philadelphie. Hunter et Brugmans ont embrassé et développé cette doctrine,! généralement adoptée aujourd'hui.

La suppuration est une sécrétion morbide. Cette sécrétion est toujours précédée et déterminée par l'inflammation ; mais l'inflammation est plus ou moins

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