CHAPITRE IV
jtperçu de nos connaissances théoriques stw rÉlsc-tridJté vottaïque'^ structure et propriété delà pik.
sJa n s les chapitres précédens , on s'est particulièrement attaché à décrire les propriété les plus importantes de l'appareil voltaïque ^ et^ dans quelques circonstances , on a £iit connaître les opinions qui ont été émises pour expliquer plusieurs des phénomènes auxquels il donne lieu. Il est donc inutile de s'étendre beaucoup sur cet objet, dont nous n'avons d'ailleurs qu'une connaissance très*impar£siite : une description des.ûtits, qu'il est important de connaître dans toute théorie raisonnable > paraîtra sans doute devoir être plus utile qu'mie exposition détaillée des diverses hypothèses qui furent successivement proposées.
Les appareils voltaïques dont nous £usons nsage , sont formés de groupes successif composée de trois substances différentes. Le plus
commtiDemeDt on emploie des plaques de cuivre et de zinc , auxquelles on associe quelque fluide conducteur. On peut prouver, ainsi que nous Tavons déjà fait yoir (^) ^ que la cause du pouvoir électrique de cet appareil réside dans l'association des deux substances métalliques ; et , suivant Volta , le fluide interposé sert seulement de conducteur, pour transmettre l'effet produit par une cou* pie métallique à celle qui lui est superposée. Cette idée parait assez exacte, tant quil ne s'agit que de Télectricité développée par cet appareil ; car , quelle que soit d'ailleurs la na*ture du fluide interposé , la pile exerce sur l'électromètre une action évidente , et , eu général , la divergence (**) parait être proportionnée au nombre des étages. Les effets éleo-
{* ) Voyet page 346 à 348.
(**) VoTta s'est assure que Teffet produit sur rëlectromëtre ^tait le même , soit que l'appareit fût disposé avec de Feaa pure ou avec de feau salée ; et, dans les expériences des chimistes français , la grande batterie produisit le même eflet âectrométrique , soit à Finstant on elle venait d'être mise en action , avec un acide affaibli susceptible d'agir fortement sur les plaques y soit après que Tacide s'étant sature de toute la quautitë de métal qu'il pouvait dissoudre, ne développait plus aucune actioif chimique.
trométriqaes prouvent égdtmeM ; ^'en disposant une série de plaques ^inc et caivrl^ avec un fluide interpose , ou forme une cxh Ion ne conductride qui /A elle est isolée , sera fiositive à une extrémité , n^àtite à 1 autre, •et neutre dmis le milieu. Ob peut aisément 's'assuter qu il en est ain^i , en faisant sîmul» tanément comnmi'niquet* , avec un appareil de trois à qùatl*e cents paires de disques / trois électromètrés a feuille dW. Celui qui sera appliqué à Textréïnité cuivre, divei^éra à raison d une électricité négative ; le second , mis en -<îommunicatfon avec )e pô^le zinc , donnera des signes d^uiie électkiCtCé positive de même intensité; et le dernier^ répondant à la plaque -qui occupe la partie moyenne de la pile, restera immobile. Si, au moyen d'un fil métallique , on établit une communication entpe l'une ou l'autre extrémité de la batterie et le sol, à l'instant les feuilles de l'électromètre qui communiquait avec cette extrémité redeviendront parallèles ; celles de l'électromètre du centre divei^eront alors autant que le Élisaient d'abord les préisédentes , mais à raison d'une électricité opposée , et les feuilles dti troisième instrument , répondant à l'autre ex* trémîté de la pile , auront leur divergence primitive augmentée,
II paxâlt dcmc que ^ dans cet appareil, il existe réellement une propriété électromotrice y <{ni détermine constamment Textréxaité zinc à dévenir positive , et l'extrémité cuivre négative ; il est également évident que l'intensité électrique vers l'un ou l'autre pôle aiigmi»ite , iorsqu^on établit une communica* tien entre le sol et un des bouts de la pile. Cette dernière expérience , an moyen de la^ quelle on peut rendre à volonté la plaque du centre positive, négative ou neutre^ prouve encore que le fluide interposé n'agit jamais tMmime isoloir ; Car , s'il en ^éCait «linsi , les cfaangeniens dont nous venons de parler ne pour^ raient point aveiir lieu. .
£q «taUiflBmt nne communication entre le sol et l'une ou l'autre des extréinîtés d'une pile , on rend plus intense Tctat âectrîque de Textrémité ùpposée; ce qui peut ftdre pré-» smner que k m^e chose arrive à chaque couple die métaux combinés •, iàrsque leurs snrÊices coniHimijqUent -au moyen d'tra flvvâe candoctenr. Aussi long^mps que l'appareil est isolé .9 lé pretnièr plair de idnc ne petit agir que sur le cmvre qui lui est associé ; suais la seconde pièce de zinc, indépendam* ijientt de l'action qu'elle développe sur le cuivre en contact avec elle , agit à travers le
fluide conducteur interposé y sur les deux pre^ xniers métaux^ et elle peut, conseepiemment, s'électriser positivement à un plus haut degré. Il est aisé de concevoir que cette action répétée, sera suivie d'une augmentation d'effets proportionnée au ncxnbre des plaque», et que la ten« sion électrique de l'une quelconque des extrémités deviendra plus forte à l'instant où Ton mettra l'autre en communication ayec le sol.
Afin de m'assurer si les choses se passent réellement ainsi , lorsqu'on se sert d*tme seule couple métallique , j'ai pris deux plateaux de six pouces de diamètre , l'un de enivre et l'autre de zinc : leurs sur&ces étaient^ bien nettes , et chacun d'eux portait un mancke isolant j au moyen duquel on pouvait les mettre €sa contact r le zinc fut successivement appliqué plusieurs fois à la sur&ce du cuivre , et, après chaque contact , oh lui fit toucher le plateau isolé d'un condensateur de six pouces de diamètre : il fallut répéter cette opération vingt fois , pour con^muniquer à cet instrument une chaige capable de &ire diverger d'un quart de poKe les feuilles d'un électromètre très -sensible; mais lorsque , le plan de cuivre , au lieu d*^tre tenu par son manche' de verre , fut posé sur la main ou sur un autre corps conducteur quelconque , il ne fallut que dix omtacts succesd&
du plan de une isolé , pour commamquer au condensateur une électricité capable de faire écarter les feuilles d'or à une distance de plus tPun demi^pouce* En répétant ces expériences, avec cette modification que le plan de cuivre , tenu par son manche isolant, était porté sûr le condensateur , après avoir été mis en contact avec le plan de zinc , d abord isolé et ensuite non isolé , j'obtins les mêmes résultats ; seulement Félectricité fut contraire. Ces faits prouvent suffisamment que Faction produite par une seule couple métallique, ressemble à celle que développe une série de métaux combinés ; et , dès-lors , nous pouvons regarder comme très-probables, les détails dans lesquels ncms sommes précédemment entrés , eu égard à la manière suivant laquelle lenergie électrique est supposée croître avec le nombre des plaques associées.
Jusque-la les phénomènes sont peu compliqués , et leur explication est assez plausible; car ceux qui viennent detre décrits, ne sont point • essentiellement influencés par la nature des fluides interposés, et ils ne se manifestent d'ailleurs que quand les extrémités de l'appareil ne communiquent point ensemble , et peuvent , conséquemment , conserver leurs états électriques opposés; mais,
au contraire, les effets chimiques , la commotion, et la faculté de produire Tincandescence » ont seulement lieu lorsqiie , au moyea de quelque substance conductrice ^ on met en communication les pôles opposes d*une batterie. Si donc l'électricité est la cause de ces sortes d*effets, ils ne peuvent dépendre que, de la circulation de ce fluide dans l'appareil ; et, comme il n^ a pas de raison pour supposer que le pouvoir électromoteur des métaux associés cesse, quand une communication conductrice est établie entre leurs surfaces opposées , et que tout , au contraire , porte à croire que cette condition doit rendre son iiH iluence plus active ; il serait possible que cette même accélération fût la cause des phénomènes. Les effets observés s'accordent d'ailleurs assez bien avec cette idée ; car , si Fou admet que la réunion des extrémités op* posées d'une pile voltaïque , au moyen d'un conducteur , détermine un courant d'électricité dirigé du pôle positif au pôle négatif, ce courant devra être plus rapide , à proportion que le conducteur dont on se servira sera plus parfait. Or, on à trouvé que les effets chimiques sont plus intenses, et se produisent plus rapidement dans les fluidesdont la faculté conductrice est plus prononcée. Ainsi, la quantité
de gaz qui , dans un temps donné , se dégage de Teau commune , est plus grande que celle que fournit l'eau distillée. Les fluides salins sont , à cet égard , plus efficaces que Teau commune ; les solutions alcalines l'emportent sur les fluides salins^ et, enfin , les acides sont supérieurs aux alcalis. Les causes capables d'influencer les efTels que produit une simple combinaison , agissant de la {nème manière Sur uue nombreuse série , les fluides susceptibles d'éprouver la décomposition la plus rapide sont aussi plus actifs pour exciter les effets chimiques de la batterie y quand on les emploie comme intermédiaires, pour établir la communication entre les plaques dont elle est composée.
Les acides sont, de tous les corps fluides, ceux qui conduisent le mieux l'électricité ; cependant ils sont , à cet égard , inférieurs aux métaux , et l'expérience prouve que , pour exciter la puissance chimique de la batterie , ils ont beaucoup plus d'énçrgie que toute autre substance. Il serait possible que, comme agens chimiques, ces fluides exerçassent sur le zinc une influence qui' eût quelque part à TefTet produit , en njiodiQant soit la quantité , soit la rapidité du fluide électrique mis en mouvement : cependant , il est cei^ain que ces sortes
de phénomènes ne sont point proportionnés à l'énergie de Faction chimique des liquides employés : l'acide sulfurîque, par exemple, agit aussi puissamment sur le zinc que les acides nitrique et muriatique; et, cependant, il n'est point aussi actif pour développer les propriétés chimiques de la pile : de même encore, les alcalis n'exercent qu'une action trèspeu prononcée sur les métaux qui composent cet appareil , et cependant ils excitent ses facultés avec beaucoup plus de force que ne le font plusieurs fluides salins qui , comme agens chimiques , sont réellement plus efficaces.
Un fil métallique qui devient incandescent lorsqu'on le place dans le circuit d'une batterie voltaïque, du charbon qui s'enflamme aussitôt qu'il est soumisà l'influence du même appareil, sont des phénomènes parfaitement d'accordavec les principes que nous venons d'établir. Ces substances sont effectivement les plus parfaits conducteurs connus ; et, lorsqu'elles sont employées pour faire communiquer entra elles les extrémités opposées d'une batterie, elles doivent porter au plus haut degré son pouvoir électromoteur. Une rapide circulation de l'électricité étant ainsi déterminée , l'incandescence des corps qui servent à établir la communicatioa devient inévitable , si leur dimension n'est pas
trop considérable ^ relativement à la quantité de fluide mis en mouvement ; et tant qu'on né s'écartera pas; de cette limite , l'effet croîtra avec l'épaisseur du fil , puisque larapidité du mouvement augmentera à mesure que la transmission deviendra plus fecile. Cette explication est peut'^étre la plus satisGaiisaute de toutes celles que l'on peut propose^ pour rendre compte de la durée de l'incandescence des fils de métal , et de l'accroissement de puissance qu'on obtient en employant de larges plaques.
Lorsque l'action chimique des acides ou autres fluides placés entre les elémens de la pile , diminue , la puissance chimique et la faculté incandescente de cet appareil disparaissent ; ce qui peut provenir du changement absolu qui arrive alors dans la nature du fluide interposé, sa propriété conductrice pouvant être considérablement diminuée. Peut-être bien aussi , qu'à raison des modifications qu'éprouvent ses propriétés chimiques , ce fluide acquiert quelque faculté électromotrice^ qui tend à détruire l'effet des métaux combinés.
Je présente ces idées comme les conséquences les plus plausibles que l'on puisse déduire des (aits qui , jusqu'à présent , sont parvenus à ma connaissance ; et je serais charmé qu'elles pussent, en quelque Êiçon, servir
à eispUquer ces phénomènes â'uae manière {dus satisâtisante.
. On a quelquefois supposé que le ihiide qui , dans une pile , sert à empêcher le contact métallique des différens groupes , n'agissait point conmie conducteur ; et on a pensé te que , re<* » lativement à ime électricité aussi peu in-- » tense , l'eau était un <^rp6 ^solatit. » Si une telle condition était essentielle pour détermi^ ner l'action d'une batterie et la décomposition des fluides , ces effets auraient plus d'intensité lorsqu'on se servirait de liquides dont la propriété conductrice serait moindre : ma^ on remarque tout le contraire ; car la £sicuité électromotrice de l'appareil de Volta dépend si peud'un isolement établi entre les plaques qui le composent^ ^e tous les phénomènes se manifestent encore^quand les cellules d'une auge sont remplies jusqu'à déborder, et que , par consé^ quent^les diverses plaques sont mises en com«munication par leur bord supérieur au moyen d'une. cQuche considérable de fluide. Les effets continuent même , quoique avec une moindre énergie , quand toutes les plaques conununiquent ensemble à l'aide d'un métal , et lorsque , par conséqueiit , toutes les parties de l'appareil sont également conductrices. J'ai coupé un çeMain nombre de bandes minces
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^e cuivre , et je les aï l'ecoarbées en fonUe àé la lettre U, de manière qu'elles représentaient des espèces de ressorts : j'introduisis alors les deux branches de l'un d'eux dans chaque cellule d'une batterie yoltaïque , en telle sorte qu'elles pressaient fortement^ d'une part contre un plan de cuivre , et de l'autre contre un plan de zinc. Ayant donc p par ce moyen , établi une c<xnmunication métallique régulière entre chaque paire de {Vaques d'un appareil com^posé de cinquante étages de trois pouces de côté f j'ai enfioîte rempli les cellules avec un acide affiiibli , et je me suis assuré que , nonobstant Pabsence totale d'isolement , on pouvait très-rapidement décomposer l'eau avec cette batterie ; elle fournissait aussi de vives étincelles , et pouvait également en^ flammer des morceaux de charbon terminés en pointe^ ou de la poudre à canon : enfin^ en se servant du condensateur , on obtenait une charge suffisante^ pour déterminer les fc^lles d'or d'un électromètre à frapper contre les parois du cylindre jde verre dans lequel elles étaient renfermées*
Au premier aspect , ce phénomène parait /ort extraordinaire ; parce que l'on sait trèsbien, que p si toutes les plaques communi*
quaient les unes avec les autres au moyen
d'un mince fil de métal , leur efiet serait presque totalement anéanti ; mais alors les surfaces cuivre et zinc de chaque paire de plaques seraient en communication Tune avecrautre; et^ conséquemment , le fluide électrique , au lieu de passer d'une cellule à l'autre , circulerait entre les faces opposées de chaque groupe, ^n disposant l'appareil ainsi que nous venons de le recommander, les ressorts métalliques touchent la surfiice zinc d'une paire de plaques , et la sur&ce cuivre de lautre : il n'existe donc dès -lors entre les côtés op* posés de chaque assemblage , aucune autre communication métallique que celle qui ré» suite de l'association du cuivre et du zinc ; et , comme leur mutuel contact produit un mou* vement électrique dirigé de l'un à l'autre métal, il ne saurait agir comme conducteur dans une direction opposée : aussi , l^effet produit , par cet appareil n'est-il affaibli que dans la proportion suivant laquelle le ressort diminue la faculté électro- motrice de la plaque zinc, dont il met une portion entre deux surfaces cuivre. Cette expérience me parait prouver , d'une manière satis&isante , que l'association des métaux développe un pouToir électro-moteur, qui tend à produire tm courant d'âectricité dirigé d'une extrémité de la bal-
ierie k Tautre , et, par conséquent , ildoits^eta^ blir une circulation de fluide électrique à travers l'appareil, lorsque ses extrémités sont mises en communication. Les mêmes résultats mon- . trent aussi que le pouvoir électro-moteur est in* fiuencé par la nature de la substance que Tofu place entre ^les différentes paires métalliques ; et ils peuvent, jusqu'à un certain point, rendre compte de ia^diversité des effets qu'on obtient en se servant de différens fluides. Cette der^ uière ciicoiistance est peut-être tin dès' Sujets les plus propres k fournir la Qiatièfe de i^echér* ches intéressantes; et le professeur Benelius, en rendapt compte d'une expérieh<^ ingénieuse, imaginée poqr prouver que rexidâtion n'est pas la source de l'électricité <fae fournit l'appareil vottaïque, a £iît connaître plusieurs faits instrttcti& qui ont rapport à ces sortes de modifications. L'article suivant est extrait de la description qu'il a publiée dans les Mémoires de Facadémie de Stockholm, 'u J'ai pris douze Il tabès de v^rre d'un demi-pouce de diamètre; » de trois pouces de long, et -hermétiquement » fermés à l'une de leurs extrémités. Après n les avoir à moitié remplis avec une forte dis^ D solution de sous-muriate de chaux (tel que le » fournit le résidu qu'on obtient après la pr^ » paration de l'ammoniaque caustique ) , j'ai
ï> rersé sar.ce fluide de l'acide nitrique étendu }) d'eau, ayant toutefois la iH*écaution de ne » point mêler les liquide^; les tubes furent en- }} suite places à côté les uns des autres, et je me >} procurai des fils de cuivre dont un bout avait >} été trempé dans du zinc fondu , en telle jt) sorte qu'un bouton de ce métal était soude » à cette extrémité. Je plongeai un de ces fils » dans chaque tube \ la portion armée de zioc }} descendait jusqu'au fond du sous-muriate » de chaux ; recourbant alors la . partie supé- » rieure des fils, je l'immergeai dans l'acide que >y contenait le tube le plus voisin. Il résulta de » cet arrangement une série disposée dans » l'ordre suivant : cuivre > zinc , sous-munate , » de chaux, acide nitrique ; cuivre > zinc, etc.. » Il est évident qu'à la température ordinaire, » il n'y avait que la portion du cuivre plon^ }} dans l'acide nitrique qui fut susceptible d'être ; » oxidée ; et , en supposant que cette action » eût été la première cause de l'électricité dé- » veloppée dans l'appareil , le pôle cuivre » }) dans ce cas , aurait du manifester l'espèce » d'électricité ( positive ) que , dans la pile or- » dinaire , on remarque vers le pôle zinc. >] Tant que les extrémités de ce petit appareil » ne furent point mises en communication , >} le cuivre continua à être dissous par l'acide
» qui prît une couleur bleue ; mais la surface » du zinc conserva son éclat métallique ^ et ne >) subit aucun changement appréciable. Je fis ^ alors communiquer les pôles au moyen de » fils d^argenty dpnt les extrémités plongeaient » dans un tube contenant du muriate de soude. » Jeyis, avec une extrême surprise ^ que les » résultats obtenus étaient directement con- }) f raires à ceux que semblait annoncer la théo- }} rie y qui considère Toxidation comme la cause » de l'électricité que développe la pile, l^e 9 cuivre cessa tout à coup de se dissoudre ^ et j> le zinc se recouvrit d'une grande quan- M tité doxide blanc ressemblant en quelque n sorte à des flocons de laine. Le fil en comu munication avec le pôle cuivre dégagea , M comme de coutume y du gaz hydrogène ; et » celui en contact avec le pôle zinc fournit un » précipité abondant de muriate d'argent. >i L'état électrique de l'appareil produisit donc^ » dans ce cas, deux effets simultanés: d'abord, » il développa une affinité qui , à la tempéra** » ture ordinaire de l'atmosphère , est înactive ; » et ensuite il suspendit une influence qui , » avant que la communication ne fût établie, » se développait avec une grande énergie : >} on ne saurait attribuer ces effets à aucune n autre cause quà V électricité produite par le
» contact qui détermine la charge électrique >} de la pile^ et provoque les affinités qui de- » vront se développer.
» Ce petit appareil avait une grande puis- » sançe ; il fournissait une quantité de gaz telle » qu'elle n aurait pu être plus considérable , }) même en sç servant d'une pile composée de » cent paires de plaques. Afin de découvrir » quelle pouvait être la cause de cette énergie, )) je substituai du mufiate neutre au sous-mun riate de chaux : l'effet produit lut alors très- ^) modéré, et proportionné au nombre des » couples métalUques employés ; en dernier )) lieu , je remplaçai le muriate de chaux parun )2.muriate neutre de zinic, et dès-lors Feffetfut » à peine perceptible , quoiqu'il fût dVilleui^s » suffisant pour suspendre , d'une part , Foxida*- » tion du cuivre plongé dans l'acide nitrique , » et pour déterminer , de l'autre , le condoc- » teur communiquant avec le pôle zinc à » s'oxider (^). »
Cette expérience fait voir que le fluide interposé exerce sur les effets chimiques de l'appareil une influence qui, probablement, provient de l'action que cet intermédiaire dé-
C) Mcmoires de l'Académie de Stockholm pour iSia, ou Journal de BichQkon', voî, XXXIV, page i6i.
Teloppe sur le pouToir électro-moteur auquel donne naissance l'association des métaux ^ elle prouve aussi que l'action chimique ne se mani£BM&te jamais y à moins que le fluide élec« trique ne circule d'une extrémité à l'autre de la batterie ; ce qui est dailleurs conforme à une expérience rapportée par le chevalier H. Davy. Il se servit de quarante arcs zinc et argent , qu'il disposa de la manière ordinaire dans une série de verres remplis de muriate d'ammoniaque y auquel il ajouta une petite quantité d'acide muriatique. Aussi long-temps que les extrémités de cet appareil ne furent point mises en communication y l'argent ne fournit pas de gaz hydrogène y et le zinc n'éprouva pas d'altération sensible; mais^ à l'instant du contact , les fils de zinc furent très* rapidement dissous y et il se dégagea de Fhy* drogène de chaque fil d'argent.
Dans les combinaisons voltaïques simples y il parait essentiel , pour la production des efiets chimiques y qiie les élémens du fluide interposé puissent être transportés ; et, comme on peut présumer que la même chose arrive dans chaque cellule d'une batterie^ c'est peut-être une des causes auxquelles on peut attribuer l'action plus énergique que développent les fluides susceptibles d'éprouver une décompo-
sition plus rapide. Quand -, par ezeinpla (comme dans l'expérience i9)> un arc coid<*' pose de zinc et de platine est mis , le platine dans une dissolution d'ai^ent ^ et le zinc dans de lacide muriatique affaibli ^ le métal dissous ne sera point précipité , k moins que les verres ne communiquent aa moyen de quelque fluide intex^nédiaire , ou d'un métal soluble dans l'acide qui tient l'argent en dissolution. Ainsi, avec des^ircs de platine on d'or , on n'obtiendrait aucun effet , soit dans celte expérience , soit dans la quinzième ; mais en se servant d'un autre métal , une portion de l'argent ou du cuivre tenue en dissolution est revivifiée, tandis qu'une quantité correspond dante de l'are conducteur simple est dissoute, ot prend dans le dissolvant la place du métal précipité. C'est ainsi que l'on peut se rendre compte de l'érosion qu'éprouvent les plaos de zinc d'une batterie voltaïque , et du dégagement d'hydrpgène qui se manifeste au^sur** faces cuivre.
Les phénomènes décrits jusqii'à pr^nt semblent annoncer que l'on peut regarder l'association des métaux qui composent l'ap* pareil de Volta , . comme la cause première de son pouvoir électrique. Mais, quoique les effets chimiques aient probablement la même
origine, ils sont évidemment influences par la nature et Taction du fluide interposé. M. Deluc (*)a dernièrement développé, par dfe savantes expériences , les relations qui existent entre les différentes parties de l'appareil ordinaire , et les divers effets qu'il produit. Cet appareil est habituellement formé de trois élémens distincts, deux métaux et un fluide. Le plus communément, on se sert de cuivre ou d'ar* gent que l'on oppose au zinc , et dont on forme des groupes que l'on superpose les uns aux autres , en les séparant par un morceau de drap mouillé. Maintenant, si on considère ces élémens sans avoir égard à la théorie de Volta, ils pourront être combinés de trois manières différentes : lo. zinc et argent, avec un morceau de drap mouillé entre eux ; 2^. zinc et argent mutuellement en contact avec un morceau de drap mouillé appliqué sur le zinc; 5^. zinc et argent toujours en contact, mais le morceau de drap placé sur l'argent. L'une ou Tautre de ces trois associations peut être la cause de l'action que développe cet appareil ; cepeodant on peut déterminer quels sont les groupes eiEcaces , en superposant successivement chacune de ces trois combinaisons pour en for-
(;^) Journal de Nicholson , vol XXVI, p. ii3, c(c<
mer une pile^ ayant toutefois la précaution de séparer les différons étages les uns des autres , par quelque conducteur qui ne soit pas essentiellement susceptible d affecter leur Êtcuhé électro-motrice. M. Deluc employa à cet usage de petits trépieds formés avec des fîls de cuivre recourbés de manière à ne toucher les plaques entre lesquelles ils étaient placés , qu'aux trois points d'appui seulement.
La première tentative que l'on fit pour analyser en quelque sorte la pile par cette méthode f fut de former une colonne de soixanteseize groupes arrangés de la manière suivante : zinc, drap mouillé et argent ; le zinc étant placé en -dessous^ on mettait sur la plaque d'ai^ent un tré{Àed en fil de cuivre destiné à recevoir un nouveau groupe absolument disposé comme le précédent ; dessus la deuxième plaque d'argent y on posait un second trépied qui était également surmonté d'un troisième groupe ; et Ton continuait ainsi jusqu a ce que les soixante-seize étages fussent employés.
Un appareil ainsi préparé^ produisit des effets chimiques et électriques semblables à ceux qu'on aurait obtenus avec une pile coustruite sans l'interposition des trépieds de cuivre. U parait donc que la combinaison zinc et argent {déparés par un intermédiaire humide , est une
disposition susceptible de développer simultanément tous les effets que peut produire l'appareil. Pour reconnaître jusqu'à quel point cette première indication était fondée ^ on fit une seconde analyse de la pile y dans laquelle deux métaux furent superposés l'un à l'autre, et le morceau de drap mouillé mis en contact avec la plaque de zinc seulement. L'appareil offrait donc la disposition suivante > argent , zinc et drap mouillé sur lequel on plaçait un trépied ; après quoi , on -mettait un autre groupe^ zinc , argent et drap mouillé , puis un nouveau trépied ; et on continuait de la même manière jusqu'à ce que les soixante-seize paires de plaques fussent superposées.
Les effets électriques qu'on obtînt avec cet appareil ressemblèrent à ceux de l'expérience précédente; et, quoiqu'ils disparurent aussitôt qu'un tube de verre ( disposé comme on le Êdt ordinairement pour opérer la décomposition de l'eau) fut mis en contact avec les pôles opposés, on n'observa pas le moindre effet chimique.
Cette seconde expérience semble prouver que la condition nécessaire pour produire les effets chimiques et électriques n'est pas la même ; les uns exigent que l'argent et le zinc combinés soient séparés par un intermédiaire
humide > et les autres veulent que les deux métaux soient eu mutuel contact ; alors y un conducteur humide touchant au zinc seulement sert à séparer les différens étages.
Dans une troisième expérience ^ on construisit la pile, de la manière suivante : zinc ^ argent et un intermédiaire humide ; au-dessus on plaçait un trépied , et on continuait en observant le même ordre ^ jusqu'à ce que la pile fût composée de soixante-seize étages. On ne put produire y avec cet appareil y aucun effet soit électrique , soit chimique. M. Deluc attribue Tabsence des premiers à ce que les plaques de zinc étaient en contact y d'un coté , avec l'argent, et de l'autre avec le cuivre du trépied y qu'il regarde comme agissans en sens contraire. Quant à la nullité de Tinfluence chimique, elle provient, suivant lui, de ce qu'une condition essentielle à son développement n'était pas remplie ; savoir , une association successive de plaques zinc et argent, avec un fluide intermédiaire en contact avec fun et l'autre métal.
Lorsque la pile continue , ou celle qui est formée de groupes ternaires efficaces , est mise en activité avec des morceaux de drap imbibés d'eau pure , quoiqu'elle produise des effets chimiques , elle ne peut cepen-
dant Élire ressentir aucune commotion ; mais ^' quand les morceaux de drap sont trempés dans une dissolution de sel commun , le choc est alors très-distinct : ce qui fit conclure à M. De* lue que les effets chimiques ne peuvent avoir lieu dans le circuit, à moins que le zinc ne soit oxidé ; et , pour que la commotion se &s$e res* sentir, il est, suivant lui, nécessaire que cette oxijiation soit produite par l'action d'un acide.
M. Deluc pense que les phénomènes de la pile peuvent provenir de quelques modifications qu'éprouve, durant l'oiddation du zinc, le fluide électrique qui traverse l'appareil ; et conmie, eq, se servant du condensateur pour ses expériences , ce physicien obtint, en tou-» chant les fils plongés dans l'eau , des indications électriques plus appréciables, lorsque les effets chimiques et le choc se manifestèrent : il en conclut que cette modification du fluide électrique était accompagnée d'un ralentissement de son cours, au moyen duquel une trèspetite quantité d'électricité devenait capable de produire des effets qu'on ne pourrait obtenir dune dose beaucoup plus considérable, mise en mouvement par la machine électrique.
On peut remarquer que cette idée est tout-
à- fait contraire à celle que je me suis permis de proposer ^ d'après un aperçu plus général et plus développé des phénomènes que produit l'appareil roltaïque* Néanmoins y en la considérant isolément^ elle paraissait être^ au premier aspect^ une conséquence naturelle de l'expérience dont il s'agit : mais on sait qu'une augmentation d'activité donne toujours lieu à une décomposition plus rapide ; et comme elle résulte évidemment du courant établi, il serait absurde de supposer que ce dernier , en se ralentissant , puisse rendre l'effet prodoit plus intense ; et , d'ailleurs , une telle conséquence serait également opposée aux phénomènes analogues que présente l'électricité ordinaire. .
Quand un fluide quelconque est décompose par l'action de nos machines électriques, Feffet est toujours proportionné à Tintensîté du cou* rant qui le traverse : aussi , lorsque la sur&ce métallique en contact avec le liquide est d'une certaine étendue , il &ut ^ pour opérer la décomposition de l'eau, des chocs énergiques qui se succèdent rapidement* C'est à la sagacité du docteur WoUaston que nous sommes rede< vables du procédé au moyen duquel on peut analyser l'eau, en ne se servant que d'une électricité modérée. Il enveloppa de verre ou de
cire le conducteur métallique , de manière qu^il n'exposait au fluide qu'une très-petite portion de sa surface ; il diminuait ainsi le volume du courant électrique, et augmentait proportionnelle* ment sa force; aussi parvint-il, quoique avec une iaible quantité d'électricité , à obtenir une intensité suffisante, en réduisant convenablement rétendue de la surface en contact avec le liquide. Si des fils provenant des extrémités opposées d'une batterie voltaïque sont plongés dans l'eau et complètent ainsi le circuit , ils ne pourront charger le condensateur , à moins que la qnan- ' tité d'électricité fournie par l'appareil ne soit supérieure à celle que l'eau peut transmettre : donc , toute cause qui rendra cette émission plus abondante, déterminera un accroissement des effets indiqués par ce genre d'épreuves , pourvu , toutefois , que la faculté conductrice de la colonne d'eau interposée reste la même. On obtiendrait encore un semblable résultat, dans le cas où la rapidité avec laquelle le fluide électrique se meut deviendrait plus considérable ; la communication entre les extrémités de l'appareil étant d'ailleurs établie au moyen du même conducteur impar&it : le fil positif, d'une part^ recevrait alors l'électricité de la pile plus vite qu'il ne peut la transmettre à l'eau; et de Tautre^ le fil négatif la céderait à l'appareil plus
rapidement que le liquide ne peut la lui coni' muniquer ; en telle sorte que , toutes les fois que ces conditions se présenteront ^ les fils fourniront respectivement au condensateur une faible charge positive ou négative ^ dont Tintensité dépendra de la rapidité avec laquelle agit la fiaiculté électro-motrice. Or ^ conformément au principe que j'ai proposé , le mouvement électrique le plus rapide aura lieu dans l'appareil ; quand les différentes paires de plaques communiqueront les unes avec les autres au moyen des meilleurs conducteurs fluides ; et c'est en effet ce que semble confirmer J expérience de M. Deluc y puisque les fils métalr liques plongés dans leau communiquaient au condensateur, lorsque la pile était mise en activité avec une dissolution saline , une charge plus forte que quand elle était préparée avec de Teaupure. On peut encore , en modifiant cette expérience , prouver la légitimité de l'induction que nous en avons tirée ; car, lorsque l'appareil est mis en action par un fluide salin , si on remplit avec le même liquide le tube qui sert à établir la communication entre les deux pôles , l'un ou l'autre fil ne fournira pas au condensateur une charge plus considérable que celle que l'on obtenait , lorsque la pile étant préparée avec de Teau^ le tube
vn contenait aussi. On conçoit que , dam ce cas , la Êiculté électro-motrice de l'appareil a éprouvé un accroissement ^ qui est compense par l'augmentation du pouvoir conducteur du fluide servant à établir la communication entre ses extrémités^
J'ai constamment remarqué , qu^en intro-« duisant dans l'appareil voltaïque divers fluides ^ propres à développer des actions dbimiques d'intensité variable^ elles étaient d'autant plus passagères qu'elles avaient plus d'énergie. Cette observation est importante, relativement à l'emploi de l'appareil , puisqu'elle offre les moyens de faire un usage raisonné des diverses modifications dont il est susceptible , et de le maintenir en activité pendant un temps donné; Lorsqu'une batterie est préparée avec de l'eau , son action chimique est faible ; mais elle pan ralt continuer sans diminution sensible, pendant un temps pour ainsi dire illimité. En ajoutant une petite quantité d'acide muriatique > ^ par exemple , l'action chimique augmente , et per^ sévère encore pendant un temps considérable. Lorsque la proportion d'acide est n ou ;^ , les effets chimiques acquièrent une grande intensité \ mais ils n'ont alors quune petite dorée» Audunis dissolution ne m'a paru aussi avantageuse que celle des j^des , et j'emploie
l'acide muriatique de préférence à tout autre, quoique l'acide nitrique soit réellement plus puissant , lorsqu'on en Eût usage dans la même proportion ; mais il coûte quatre fois davantage ; et j'ai observé qu'il attaquait paiement les plaques de cuivre et eelles de zinc ; d'ailleurs , le gas nitreux qui se dégage durant l'opération ; est beaucoup plus gênant que l'hydrogène résultant de l'emploi de l'acide muriatique.
M. Dèluc a été conduit , par ses expérieuces, à conclure y ainsi que l'avoit déjà &it Yolta, que les effets électriques de la pile dépendent entièrement de l'association successiTe des métaux hétérogènes y dont on forme des couples que l'on superpose ^ en les séparant an mojea d'une substance conductrice^ qui ne doit poitit ^ir en sens inverse de leur pouvoir âectromoteur. Pour s'assurer jusqu'à quel point un liquide était essentiel à laproduction de cet effet, M. Deluc monta une pile avec des morceaux de dmp sec , et il trouva que les phénomènes électriques avaient encore lieu , quoiqu'ils fussent d'ailleurs facuucoup plus faibles qu'avec le drap mouillé ; alors il fit une nombreuse série d'expériencesT^ et construit successivement des piles dans lesquelles il substitua à Fintermédiaire humide diverses substances
eétales oa animales. Parmi les corps quil essaya , le papier à écrire lui parut être le plus coaveoable de tous ceux qui sout susceptibles d*agir efficacement. Un appareil ainsi construit donna les mêmes indications électriques que la pile ordinaire ^ mais il ne produisit point d^effets chimiques , quelque grand que fut le nombre des paires de disques superposés ; et le zinc ne fut point oxidé , même en prolon* géant pendant un temps considérable laction de l'appareil. Ces résultats firent penser qu'en augmentant le nombre des étages^ on pourrait ioaner une sorte de machine électrique per-* pétudBe ; et ^ conmie des essais antériewcs araient fait connaître qu'on obtenait un ^et l^iis prononcé^ encollaçot Je papier sur l'argent Qu sur le cuf vre ; à l'un ou l'fiutre de ces métaux, et aux conducteurs humides^ on subf-> tituf cette, espèce de papier doré^ que l'on pré^ parei en apf^quant une nkince feuîHe de cuivrer sttr du papier. Huit cents, de ces disques furent combinés avec un pareil nombre de disques en fer Uanc; et on eut la précaution de tour« ner tons les c6tés cuivre dans la même direcr tion* iOn trouva que cette pile agissait sur TeleofaKHsiètre plus puissamment que n'avait eacore pafti le faire aucune batterie voltaïqne; mais en &i^nt communiquer avec ses p^les
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un tube convenablement préparé et rempli d eau f il ne se manifesta aucun effet chimique. L'appareil fut ensuite abandooué pendant un temps considérable *, et cependant il continua d'agir sur Télectromètre sans aucune diminution sensible. L'expérience a depois fait voir qu'il conservait sa propriété aussi long-temps qu'on laissait subsister . la disposition indiquée.
Telle fut l'origine d'un nouvel appareil vol* taïque , important sous le double point de vue de lathéorieet de la pratique : d'abord il établit une ligi&e de démarcation entre le pouvoir électrique et l'influence chimique de la batterie , en même temps qu'il démontre la permanence de sa faculté .électro-motrice ; ensuite il fournit une machine: électrique spontanée et permanente , doni le^ états électriques opposés existent toujours, sans qu'on toit obligé de les provoquer d^/ nouveau. Indépendanunent de ces propriétés , le nouvel appareil f^t espérer qu'il pourra devenir ifn yonr un iustruinent météorologique fort important ; çsur on a remarqué que ses indications électriques varient suivant les différentes saisons de Tannée ; et il parait assez probable qu elles sont subordonnées à quelques-unes des causes qui donnent nai^ san^ce aux phénomènes atmosphériques^
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Afin de ne point confondre cet instrument avec l'appareil voltaïqae ordinaire , dont il diffère à plusieurs égards ^ M. Deluc a propose de le nommer « colonne electt'ique v ^ dénomination d'autant plus convenable qu'il ne produit absolument que ces sortes d'effets (35).
J'ai fait beaucoup d'expériences relativement à la construction de ces colonnes; et^ après avoir varié leurs combinaisons d'une foule de manières, les substances qui me parolssent préférables sont des plaques minces de zinc battu, alternées avec du papier à écrire et des feuilles d'argent. Ces dernières doivent d'abord être appliquées sur le papier , de manière à former une sorte de papier argenté , que Ion découpe ensuite en petites plaques rondes au moyen d'un emporte -pièce, dont on se sert aussi pour préparer un nombre égal de plaques de zinc battu et de papier commun ; ces disques sont ensuite arrangés dans l'ordre suivant : zinc , papier , papier argenté , ayant soin de mettre en- dessus le côté recouvert d'argent. A ce premier étage > on en superpose un second , disposé absolument de la même manière : l'argent est donc partout en contact avec le zinc , et chaque assemblage zinc et argent est séparé du suivant par deux dis-
ques de papier; On peut ainsi 'snperfK>ser un grai^d nombre de couples : on les maintient entre trois pçtits tubes de verre enduits de cire à cacheter^ et cimentés à cbaqne bout dans uu morceau.de bois rond auquel on a pratiqué trois trous placésà égale distance les uns des autres.On dispose encore cet appareil, en introduisant les disques dans un tube de verre préalablement bien desséclié> dont les extrémités sont recouvertes avec de la cire à cacheter , et munies de viroles de cuivre: lune d'elles peut être cimentée avec le tube , avant que d'introduire les plaques dans son intérieur, et Tautre ne devra être fixée qu'après la construction de la pile : chaque virole doit être traversée par une vis extérieurement terminée par un crochet; cette vis sert à presser lès plaques les unes contre les autres, et à établir une communication métallique bien exacte avec les extrémités de la cdlonne.Un instrument ainsi constnjit est représenté figure 45.
Peu de temps après que cette colohiie fut imaginée, M. B. M. Porster découvrit qu'en réunissant un grand nombre de plaques, le pouvoir électrique de l'appareil était ^fSsant pour faire mouvoir une balle de cuivre suspendue entre deux timbrés isolés , mis en communication avec les extrémités opposées
de la colonne ; ce qui formait une sorte de ca-* riUon. Ce physicien construisit une pile de quinze cents étages avec laquelle il parvint à entretenir , pendant un temps considérable , un appareil à tioibre dans une activité continuelle. Si le pouvoir électro-moteur de cette colonne est réellement permanent ^ ainsi qu'il le parait , il n'y a aucun doute que l'on pourra s'en servir pour produire une sorte de mouvement perpétuel. Pour vérifier cette supposition, j'ai imaginé de faire subir à cet ap^ pareil uue modification qui le met à l'abri de toutes les causes étrangères d'interruption, rend sa forme plus élégante , et prévient les inconvéuiens qui résulteraient d'une longueur trop considérable. Avec une série de douze ou seize cents groupes , on forme deux colonnes d'égale longueur, on les met dans une situation verticale, en les fixant sur des supports dis^ posés conformément à mes nouveaux principes d'isolement : les pôles doivent être placés en sens inverse , de manière qu'en réunissant les deux extrémités supérieures , au moyen d'un fil de métal , l'appareil représentera une colonne continue. On suspend à un fil de soie écrue une petite balle de cuivre ; elle répond à la pacrtie moyenne du petit intervalle qui sépare deux timbres, fixés entre la partie inférieure de chaque
colonne et son support isolant. Pendant que Ton dispose cette espèce de pendule^ on le soustrait à l'attraction que les timbres exerceraient sur lui , en les faisant communiquer au moyen d'un fil métallique. Aussitôt que Ton détruit cette communication^ le mouvement du pendule commence , et l'appareil entier doit être alors placé sur un support circulaire en bois d'acajou » à la surface duquel on a pratiqué une rainure , destinée à recevoir le bord inférieur d'un récipient de verre qui sert à réouvrir le tout. ( Voyez figure 46- )
Je possède un appareil ainsi disposé ^ qui est construit depuis environ quatorze mois , et ue contient que douze cents étages : jamais il n'a cessé de sonner , sinon lorsqu'on a été forcé de le changer de place ; inconvénient qui a du né< cessairement se renouveler plusieurs fois dans ce long intervalle de temps: il resta cependant plus de six mois sans être dérangé^ et son mouvement ne discontinua pas. M. Deluc a conservé en activité > pendant plus de deux ans» une semblable colonne, dont le pendule oscille encore au moment où j'écris.
Si l'on place horizontalement une colonne composée d'environ mille étages , et que l'on mette chacune de ses extrémités eu contact avec un électromètre à feuilles d'or^^ ce que re*
présente la figure 47» lc& deux électromètres divergeront; celui qui répond à Fextrémite zinc de la colonne sera positif^ et celui qui communique avec Targent sera négatif. Si 1 ap pareil est très-énergique, les feuilles d'or de chaque instrument frapperont alternativement les parois du cylindre de verre ; mais elles ne tarderont point à contracter avec lui une adhérence qui fera bientôt disparaître ce mouvement. Lorsqu'il y a seulement divergence, si on touche Tune ou l'autre extrémité de la colonne, les feuilles de l'électromètre qui communique à la partie touchée deviennent parallèles, et celles de l'instrument qui répond à Textrémilé opposée s'écartent davantage. Cet effet est analogue a ce que produit la batterie voltaïque, lorsqu'elle est placée dans les mêmes circonstances ; mais , en se servant du nouvel appareil , le mouvement est plus lent ; ce qui provient, je pense , de k moindre faculté conductrice des substances dont il est composé.
Il parait qu'il y a certaines causes susceptibles de modifier l'action que la colonne développe sur de légers pendules métalliques; dans l'appareil à carillon , par exemple , quoique le mouvement continue toujours , il est plus rapide dans certains temps que dans d'autres,;
et bien que les oscillations soient habituelle* ment uniformes , ainsi que le seraient celles d un pendule ordinaire , elles sont néanmoins singulièrement dérangées dans quelques circonstances , et deviennent fort irrégulière& Lorsque l'on met une colonne électrique en communication avec un électromètre , la fréquence avec laquelle les feuilles d'or se portent contre les parois du cylindre de yerre^ éprouve aussi des modifications suivant les différens temps. A cet égard ^ M. Deluc a observé, dans quelques-unes de ses expériences , des varia* tions beaucoup plus considérables que celles qui se sont présentées à moi , lors même que je me suis servi des colonnes les plus énergiques que j aie encore construites.
M. Deluc a proposé, comme un objet intéressant de recherches, de faire des observations suivies relativement h laction que développe la colonne , et au nombre d'oscillations qu'elle produit dans uu temps donné. On peut employer à cet usage une simple pile verticale isolée , et composée d'environ deux mille étages ; un fil de cuivre communiquant avec l'extrémité supérieure de l'appareil, est ensuite recourbé de manière a lui être parallèle; ce fil est inférieurement terminé par une boule à peu de distance de laquelle il y en a unt
seconde tout -à- fait semblable^ fixée à la virole inférieure de la colonne. Une espèce de fourchette en cuivre , dont les deux branches sont réunies par un fil mince d'argent allant de lune à l'autre , est placée au-dessus de cette boule et se trouve écartée delà colonne, de manière que , quand le pendule se porte vers elle , il frappe d'abord ce fil et reçoit une espèce de secousse qui Fempèche de s'y attacher. Le pendule consiste en une petite balle de moelle de sureau doré , suspendue à un fil d'argent très - fin , qui est lui - même parallèle au fil de cuivre recourbé à la partie supérieure duquel il est fixé. La disposition de l'appareil est telle que , s'il n'était pas électrisé , la balle dorée serait toujours en contact avec la boule de cuivre qui communique avec l'extré^ mité supérieure dé la colonne : elle devra donc constamment revenir à cette position , quand , après avoir été attirée par l'extrémité inférieure de la pile , elle aura perdu son électricité en frappant contre le petit fil d'argent. Cet appareil ( que M. Deluc a ïiommé éleetroscope aérien )
est reprwenté couvert d'un récipient, fig. 48 (*).
(^) M. Deluc,etaprèsluiM. Hausmann (*)»otitdernièreinenl •bfervë que Vétirrfft d'une colonne électrique (indiquée par
(*) Joamal de Nicholson , rolume XXXYI , page 3o;, elet
Tout porte à croire que l'action d'une cch lonne bien construite serait permanente. «Ten
le nombre des oscillatioDs d'un pendule ) augmentait loisqu'elle ëtait eiiposée à l'action des rayons du soleil. Le premier de ces physiciens pense que l'on ne peut attribuer cet effet à l'influence de la chaleur solaire , parce qu'il s'est assure qu'une colonne construite arec des disques de papier parfaitement desséches n'avait qu'un ponToir assez iaible. 11 est cependant certain qu'une chaleur modérée rend U colonne plus énergique. L'appareil k timbre que je possède est placé dans une chambre où l'on allume rarement du feu : )'ai remarqué que ses oscillations sont moins fréquentes pendant l'hiver; mais que bientôt elles deviennent plus rapides, lorsqu'en faisant du feu dans l'appartement, on élève sa température. J'ai pris une colonne composée de mille étages; je Fai appliquée à la partie supérieure d'un électromène à feuilles d'or, la température étant de 5o d^résF (lo C);lei feuilles d'or frappèrent les parois du verre neuf fois en 6e secondes ; je plaçai alors la colonne pendant i o minutes devant un feu où le thermomètre montait à 85 degrés F (29, 5 C] , essayée alors à l'électromètre , la colonne détermina les feuilles d'or à frapper les parois de Tinstrument trente-sept fois en une minute ; je la transportai ensuite dans one autre partie de la chambre jusqu'à ce qu'elle eût recouvré sa température primitive : les feuilles de l'électromètre n'oseilIèreDt plus que neuf fois en une minute : replaçant de nouveau l'appareil devant le feu pendant dix minutes , il produisit trente^ept oscillations, ainsi que précédemment. M. Dessaignes a lu à l'Institut de France, le 23 décembre 18 ii»
possède plusieurs préparées depuis a peu près trois ans^ et elles sont eacore aussi énergiques qu elles Tétaient le premier jour. Il y a néanmoins quelques précautions à prendre pour les conserver dans un état électrique constant et immédiat. Jamais on ne doit laisser longtemps les deux extrémités de cet appareil en communication au moyen dune substance conductrice ; car si ^ lorsque cela est arrivé p on en approche un électromètre , cet instru* ment ne sera que très-&iblement aJBTecté ; il est donc nécessaire^ lorsqu'on ne fait point usage d'une colonne , de la placer sur deux bâtons de cire à cacheter , afin de maintenir les douilles de cuivre qui la terminent à peu près à un demi-pouce de la table , ou de toute autre surface conductrice sur laquelle elle est posée. En isolant ainsi , pendant quelques jours , une colonne qui ^ faute de soin , parait
na Mémoire dans lequel on rencontre quelques faits à peu près analogues à ceux qui viennent d'être exposés ^ et on y trouve la preuve que la température exerce une influence très-remarquable sur Télectricité produite par le contact des corps dissemblables et sur Faction de la pile voltaïque. (Voyez Journal de Physique , année i8i i, volume LXXIII, p. a3o.) Oo peut également consulter , dans le même volume, p< 4^7» mie Lettre qui sert de supplément au Mémoire.
pouces de long, indiquaient une divci^encé de plus de deux pouces , lorsqu'on les met* tait en contact avec les extrémités opposra de l'appareil : un autre électromètre placé à son centre ne donnait alors aucun signe d'électricité. Aussitôtquerundespôlesfot mis en com* munication avec le sol j les signes électriques qu il manifestait auparavant disparurent; Félectromètre* du centre s'électrisa en sens con-traire, et celui qui communiquait avec l'extrémité opposée eut sa divergence primitive considérablement augmentée ; mais le mouvement du fluide électrique était si faible , qu'il fallut plusieurs minutes pour que leffet fut complètement produit.
Si l'on recouvre d'une légère couche de vernis le dernier des disques d'une colonne , et qu'ensuite Ton mette un fil de fer mince en communication avec l'extrémité opposée ^ on obtiendra un grand nombre de petites étia* celles , en promenant légèrement , sur la surface vernissée , l'autre bout du fil de métal.
La colonne ayant été convenablement mise en contact pendant dix minutes avec une jarre dont la sur&ce armée était de cinquante pouces carrés, elle lui communiqua une électricité assez forte poui* faire éprouver une commotion désagréable , que l'on ressentit distincte*
ment dans les coudes et dans les épaules : cheai quelques personnes , elle s'étendit même jusque dans la poitrine.
L'étincelle que fournissait cette jarre pou** vait percer un fort papier à dessin , mais était trop faible pour traverser une carte; et sa force était juste suffisante pour fondre un fil de platine d'un pouce de long et de ^^ de pouce de diamètre.
Quoique le pouvoir électrique de cet appareil fut considérable, il ne produisait cependant aucune action chimique , et n'agissait en au*cune&çon sur les différens milieux , quelque bons ou quelque mauvais conducteurs qu'ils fussent. Les combinaisons salines , colorées avec les teintures végétales les plus sensibles , furent ei^sées à son action dans les circonstances les plus favorables > même quelquefois pendant plusieurs jours, sans que l'on y remarquât aucun effet chimique appréciable.
Pour développer le pouvoir chimique de l'appareil de Volta , il parait donc indispensable que les différentes paires de plaques soient séparées par un fluide interposé , tandis. que , pour produire les effets purement élec* triques , la seule condition exigée semble être. Fassociation de deux métaux formant des
groupes qui doivent communiquer entre eux,
au moyen de quelque substmce conductrice » qui ne soit pas susceptible de réagir contre leur pouvoir électro-moteur.
Je suis maintenant occupé à construire, et j'ai même presque terminé un appareil qui, ajouté au précédent , formera un ensemble de soixante mille groupes. H ne m'a point été possible d'en faire usage avant la publication de ce Traité ; mais je me propose particulièrement d'essayer si l'on peut, avec une série aussi nombreuse , obtenir quelques effets chimiques. Dans le cas où la cbose serait impassible , on regardera -, je pense , comme démontrée , la condition que nous avons précédemment indiquée , comme étant absolument essentielle à la production des effets chimiques ; et la certitude que l'on aura acquise à cet égard , sera déjà un acheminement pour parvenir à une théorie exacte de l'appareil voltaïque (56).
On doit aux découvertes ^e Franklin la connaissance du rôle important que joue l'électricité dans les phénomènes les plus majestueux de la nature. Yolta a ouvert une nouvelle route , et bientôt on est parvenu à se convaincre de l'influence que le fluide électrique développe dans des opérations plus paisibles mais non moins importantes. Semblable à la force
de gravité , cet agents à mesure que Ton étu-« die davantage ses propriétés ^ nous permet d'en Êdre des applications plus nombreuses : sa nature intime peut ^ aussi-bien que la cause de la pesanteur universelle , échapper à nos recherches ; mais , en méditant sur les effets qu'il produit , on peut être conduit à des dé-» couvertes propres à augmenter les ressourcés de l'art^ et à orner notre esprit d'une foule de connaissances en harmonie les unes avec les autres. De telles occupations sont , sans con^ tredit, les moyens les plus propres à développer notre intelligence , car elles en pro* voquent toutes les Êicult^i et présentent à nos méditations une série non interrompu^ d^objets intéressans.