‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 103 sur 170 · QUATRIÈME CLASSE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME CLASSE

LES ACÉPHALES

Les Acéphales, ainsi que l'indique leur nom, manquent de téte distincte. La bouche placée en avant est cachée entre les lames du manteau. Leurs branchies, souvent au nombre de quatre, forment de larges feuillets contenus entre les deux replis du manteau comme les feuillets d'un livre. Le manteau est très grand , comprimé comme le reste du corps , et formant deux larges lames qui le recouvrent en totalité. Tantôt ces deux lames sont bien séparées antérieurement,, simples ou diversement frangées ; tantôt elles sont réunies et soudées de manière à former une sorte de tube ou de sac , qui présente diverses ouvertures , correspondantes à la bouche , au pied ou à l'anus. La bouche se prolonge quelquefois en un tube charnu ou en une trompe, et dans plusieurs genres il y a un conduit analogue, distinct ou accolé au précédent pour amener l'eau aux branchies. Il n'est pas rare alors de voir le manteau lui-même se prolonger en avant pour embrasser ces deux tubes.

La circulation se fait au moyen d'un seul cœur aortique composé dans le plus grand nombre des cas de deux oreillettes membraneuses, et d'un seul ventricule charnu. Le sang revient aux artères branchiales sans passer par un organe d'impulsion. Les veines branchiales, au contraire, le portent aux oreillettes qui le versent dans le ventricule , et de là il est chassé dans l'aorte.

Chaque branchie contient un tronc vasculairc principal qui en longfe le bord supérieur et y envoie de nombreuses

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divisions, c'est Tarière branchiale. La veine branchiale, «a contraire, destinée à ramener au cœur le sang qui a respiré , occupe le bord libre de la branchie. Il y a donc autant, de veines branchiales que de feuillets branchiaux. Toutes se réunissent en un tronc commun qui rapporte le sang artériel au cœur.

La bouche est entourée de deux ou de quatre petites lames triangulaires striées , analogues à des branchies et nommées palpes labiaux. Il n'y a ordinairement qu'un seul estomac , et l'intestin fait un grand nombre de circonvolutions, et avant de se terminer à l'anus , il passe entre la masse des oreillettes et du ventricule, ce qui a fait dire à quelques anatomistes que l'intestin traversait le cœur.

Le système nerveux est très simple , il se compose de deux à trois ganglions. Le premier est placé à la partie supérieure de l'œsophage qu'il embrasse par le moyen d'une anse nerveuse.

Le corps des Acéphales est rarement nu; presque toujours il est renfermé dans une coquille bivalve, très rarement multivalve. Il n'y a pas de vraies coquilles bivalves dans les Mollusques ailleurs que dans les Acéphales. Les deux valves sont adhérentes aux côtés du manteau par deux muscles puissans qui servent à les rapprocher. Tantôt chaque valve ne présente qu'un seul muscle, tantôt elle en offre deux. C'est un caractère* assez constant pour qu'on Tait employé pour former deux grandes divisions dans cette classe , savoir, les Monomyaires , qui n'ont qu'un seul muscle, et \es Dimyaires qui en ont deux. Chaque muscle laisse sur les valves une impression qui persiste. Il arrive chez quelques uns de ces Mollusques que les muscles sont séparés en un grand nombre de faisceaux, qui laissent des impressions distinctes sur les valves.

Chez beaucoup d'Acéphales on trouve entre les branchies, à la partie inférieure du corps, un pied, dont la forme et la grandeur sont très variables. Composé de fibres longitudinales et transversales, il est susceptible de mouvemens. Il est souvent creux, et dans sa cavité sont logés une partie des organes de la digestion. Très souvent les Acéphales se servent de leur pied pour creuser le sable. Dans le genre Bucarde, il est coudé à son extrémité libre, et à la volonté de Tanimal il se détend avec

LES ACÉPHALES

élasticité et lui donne la facullé de sauter. Il arrive quelquefois que le pied de ces Mollusques est court et jouit de la faculté d'excréter de» fds cornés qui forment ce que l'on appelle le byssus. Cette matière est très apparente dans les Moules, les Jambonneaux , etc. , et leur sert à se fixer aux rochers ou aux autres corps. Le byssus n'existe que quand il y a un pied. Ainsi il manque constamment dans les Huitres et les autres genres de la famille des Ostracés qui sont apodes.

]Vous avons déjà dit que les Acéphales étaient hermaphrodites. Mais leurs organes sexuels sont encore assez mal connus. A une certaine époque il se développe au dessous du canal intestinal un ovaire qui probablement était resté jusque là à l'état rudimentaire. Cet ovaire est rempli d'œufs. Peu de temps après il s'y forme une matière laiteuse, dont on ignore l'origine, et qui est la matière fécondante. Ces œufs ne tardent pas à éclore; les petits Mollusques , ayant déjà une coquille bivalve , sortent de l'abdomen et vont se placer sous la branchie moyenne , qu'ils distendent quelquefois d'une manière remarquable. C'est à cette époque que ces Mollusques sont quelquefois malsains et même dangereux pour ceux qui les mangent.

Les deux valves de la coquille sont retenues ensemble par le moyen d'un ligament élastique qui sert aussi àles écarter, quand les muscles adducteurs se relâchent. Le point par lequel ces deux valves adhèrent l'une avec l'autre se nommela charnière. L'examen de cette partie de la coquille peut fournir des caractères pour distinguer les genres nombreux de cette classe. Ainsi elle peut être simple ; elle peut offrir des dents, dont le nombre et la position varient , et qui sont reçues dans des empreintes ou cavités de la valve opposée. Si l'on examine chaque valve par sa face intérieure, on y voit différens enfoncemens ou empreintes qui ont reçu des noms différens. Ainsi les impressions musculaires sont celles qui proviennent de l'attache des muscles adducteurs. Leur nombre varie. Le corps laisse une autre impression formée par le bord du manteau , c'est le limbe. Quand il y a un syphon, il laisse sur les valves un sinus ou une impression pallèale. A l'extérieur de la coquille, l'impression du ligament extérieur forme le corcelet. Les crochets ou natessont les

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protubérances que forme chaque valve au delà de la charnière. On appelle lunule la ligne enfoncée qui sépare les crochets du corcelet.

On partage les Acéphales en deux tribus, suivant qu'ils ont une coquille ou sont nus.

lrc Tribu. Acéphales testacés.

Ils sont beaucoup plus nombreux que les Acéphales nus , et on en a formé cinq grandes familles , dont le tableau suivant offrira les caractères diagnostiques.

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