‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 12 sur 170 · ZOOLOGIE · texte numérisé non relu

ZOOLOGIE

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Si l'on jelte un coup d'oeil sur l'immense quantité d'animaux qui vivent à la surface du globe , on est d'abord frappé des formes variées sous lesquelles ils se présentent, de leurs couleurs si diverses et quelquefois si brillantes, des proportions colossales des uns comparées a l'exiguïté des autres. Mais lorsqu'à cet examen superficiel on fait succéder une étude approfondie, quand on recherche avec soin la structure de chaque être , que l'on voit la perfection qui existe dans tous leurs organes , la régularité de leurs fonctions; quand on remarque que, depuis la baleine et ces autres énormes Cétacés , qui sont les masses animées les plus volumineuses, jusqu'au ciron et à l'animalcule infusoire que leur petitesse dérobe à nos regards, tous ces êtres ont une organisation constamment la môme pour chaque individu de la même espèce ; que cette organisation se modifie , suivant le genre de vie, les habitudes de l'animal , suivant qu'il i . 1

à CONSIDERATIONS GHNKRAXES

s'appuiera sur la terre , vivra au milieu des eaux , ou s'élèvera dans le sein de l'atmosphère : on se sent alors entraîné irrésistiblement vers l'étude d'une science si propre à piquer notre curiosité et si digne de toutes les méditations de l'esprit le plus étendu.

Il serait difficile de pouvoir donner une définition exacte et rigoureuse qui pût s'appliquer à la fois à tous les animaux. Mais ici chacun peut suppléer à cette définition, et le mot animal sera toujours bien compris de tout le monde. Déjà, dans l'introduction qui précède , nous avons indiqué les différences les plus marquées qui existent entre les animaux et les plantes ; nous avons fait ohserver que ce n'est pas dans les végétaux les plus parfaits qu'il faut chercher les analogies les plus frappantes entre le règne animal et le règne végétal ; que c'est dans les Algues, dernier échelon de l'organisation végétale, qu'on trouve ces rapports si intimes avec les animaux les plus simplement organisés, et qui , à cause de leurs caractères ambigus , tiennent à la fois et de l'animal et de la plante, et ont été désignés sous le nom de Zoophytes, c'est-à-dire animaux-plantes. Quelles que soient les analogies qui existent entre ces deux grands embranchemens des êtres organisés , cependant on distinguera toujours un animal d'un végétal, en remarquant que le premier a des muscles, des nerfs et un estomac , et qu'en conséquence il se meut, il sent et digère. Cependant ces trois caractères principaux pourront ne pas toujours exister simultanément dans un même animal; mais du moins l'un d'eux s'y rencontrera, pour y conserver le type, le cachet de l'animalité. Ainsi, certains animaux pourront ne pas avoir de canal pour la digestion des alimens , comme quelques Infusoires; être privés de nerfs distincts, comme la plupart des Polypes; mais leur faculté de se mouvoir, de changer de place, suffira encore pour que nous les reconnaissions comme animaux. Quant aux mouvemens qu'exécutent certains végétaux, il ne faut pas les confondre avec ceux des animaux. Dans ceux-ci ils sont le résultat de la volonté , ils sont exécutés par des fibres contractiles ; dans ceux-là les mouvemens ne sont dus qu'à une propriété commune à tous les tissus des êtres organisés, qu'à l'excitabilité tout à fait indépen-

dante de l'existence et des fonctions des muscles et du système nerveux.

Dans les animaux, la vie se compose de l'exercice de quatre grandes fonctions ; savoir1 : la nutrition et la reproduction , qu'ils ont en commun avec les plantes , et qui constituent les Fonctions vitales ou végétatives; et de plus la locomotilité et la sensibilité , qui sont leur apanage spécial et distinctif, et qui forment les Fonctions animales proprement dites, parce que ce sont elles qui constituent le caractère spécial de l'animalité. La nutrition est, sans contredit, la plus importante comme la plus générale de ces fonctions. C'est elle qui se développe la première. Elle commence avec la vie pour ne finir qu'avec elle. Elle s'opère d'une manière continue, et en quelque sorte inappréciable pour l'animal lui-même, tandis que les autres ne sont mises enjeu que dans des conditions et à des époques déterminées. Saisir les substances alimentaires , leur faire subir une élaboration convenable, dans des organes spécialement destinés à cet usage, en verser les produits dans le torrent de la circulation, qui les répand dans les diverses parties du corps, où ils sont absorbés et convertis en élémens organiques , pour servir au développement des organes et à la réparation des pertes que le mouvement de la vie occasionne dans le corps de l'animal ; tels sont les actes principaux de cette fonction fondamentale.

La reproduction est la seconde des fonctions vitales ou végétatives : elle a lieu par la mise en jeu d'organes spéciaux, qu'on nomme organes générateurs, et qui sont de deux sortes. Les uns constituent le mâle, les autres la femelle. Ainsi, dans le règne animal , l'espèce se compose de deux individus , de deux sexes différens , excepté dans un petit nombre d'êtres , où les organes sexuels sont réunis chez le même individu , comme dans certains Mollusques et Annélicles , et en particulier les hélices ou limaçons , les sangsues , etc. Le principe de cette fonction nous est inconnu. Nous pouvons bien suivre tous les développemens successifs de son produit; mais sa formation première, le moment de sa création échappe à tous nos moyens de recherche, et ne peut être pour nous qu'un sujet de doutes et d'hypothèses. Dès le moment où le produit de la génératio n

4 CONSIDERATIONS GKNlilULES

est appréciable pour nous, il se présente constamment sous la forme d'un petit corps organisé, adhérent, pendant un espace de temps plus ou moins long, à un individu adulte sur lequel il s'est développé , s'en détachant à une certaine époque , sous la forme d'un œuf, qui, sous des enveloppes plus ou moins résistantes, renferme un corps déjà pourvu des organes nécessaires pour vivre et. s'accroître. Ainsi donc nous savons comment les corps organisés se développent ; mais la nature s'est couverte d'un voile impénétrable au moment où elle crée, où elle réunit, pour en former un être, les matériaux divers de l'organisation. La génération n'est point une fonction continue ; elle ne se manifeste qu'à des époques plus ou moins éloignées, et souvent qu'une seule fois pendant la vie de l'animal. Elle offre un grand nombre de variétés que nous ferons successivement connaître, en traitant des diverses classes d'animaux.

Les végétaux, aussi bien que les animaux, se nourrissent et se reproduisent. Mais sentir, mais se mouvoir, mais apprécier les saveurs, distinguer les couleurs, percevoir les sons, être affecté par les odeurs, reconnaître toutes les qualités matérielles des corps, avoir une volonté, des désirs, des passions, sont des facultés que les animaux seuls possèdent, et qui toutes sont le résultat de l'existence du système nerveux, dont les végétaux sont totalement privés. Néanmoins, tous ces modes de sentir, d'être en rapport avec les corps qui nous environnent, ne sont l'apanage que des animaux les plus parfaits. Ainsi le cerveau, la moelle épinière, qui en est le prolongement inférieur, et les nerfs nombreux qui en naissent, sont les organes matériels de toutes nos sensations , tant internes qu'externes. C'est au premier que toutes les sensations viennent aboutir, c'est par lui que nous en avons la perception au moyen des nerfs , qui les lui rapportent de toutes les parties du corps • c'est par lui que les volontés se manifestent, c'est sous son influence que les mouvemens s'exécutent. Quand la communication est interrompue entre une partie du corps et le cerveau, cette partie cesse d'être sous l'empire de la volonté, le mouvement s'y arrête et la sensibilité s'y éteint. Mais de même que la génération, la sensibilité a des périodes de repos, pendant lesquelles la nutrition seule

s'exécute, repos souvent si nécessaire, et sans lequel celte fonction perdrait bientôt de sa vigueur et de sa précision. Le sommeil vient calmer l'exaltation de nos sens , fait disparaître la fatigue, et prête de nouvelles forces pour exécuter bientôt de nouvelles actions.

Voyons à passer rapidement en revue les principaux points de l'organisation des animaux, afin de mieux comprendre leur classification, dont les bases reposent sur les modifications que l'organisation peut présenter dans la série si nombreuse et si variée de ces êtres.

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