‹ Élémens d'histoire naturelle médicaleChapitre 1 sur 130 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Jusqu'à l'époque où j'ai eu Phonneur d'être nommé professeur à la Faculté de Médecine de Paris, l'enseignement de l'histoire naturelle médicale se bornait à une seule des trois branches de cette science , la Botanique. Il est vrai que, par ses applications plus nombreuses à la matière médicale^ la Botanique justifiait en quelque sorte la préférence exclusive qui lui avait été accordée pendant si long-temps. Mais néanmoins les deux autres branches, la Zoologie et la Minéralogie, méritent également d'entrer dans les études médicales,

▼ j l'RÉFACE.

parce que l'une et l'autre on , comme la B otanique , des applications nombreuses et importantes à plusieurs des parties dont se compose la médecine. Aussi, déjà dans les cours particuliers que j'ai faits pendant si long-temps, donnais-je des notions générales de Zoologie, comprenant la classification des animaux, les caractères des principales divisions établies dans le règne animal, avec l'indication dans chacune d'elles des espèces qui offrent de l'intérêt sous le point de vue médical.

Lorsque je publiai , en A 83i , la seconde édition de mes Élémens d'histoire naturelle médicale y je me bornai à quelques généralités très abrégées sur la Minéralogie. Mais depuis cette époque l'expérience m'a démontré l'insuffisance de ces généralités. J'ai reconnu que, pour être conséquent, je devais traiter la Minéralogie comme je l'avais fait pour la Botanique et la Zoologie, c'est-à-dire donner d'abord les notions générales qui servent de base à la science, et y joindre la description des espèces qui présentent de l'intérêt par leurs propriétés médicales, ou leurs usages journaliers dans les arts. C'est aussi ce que je me suis efforce de faire depuis celte époque dans mes cours publics.

PRÉFACE. VlJ

S'il n'est pas nécessaire que le médecin soit un profond naturaliste, également versé dans tous les détails de la science immense qu'on nomme histoire naturelle , il n'en est pas moins vrai qu'il doit avoir une connaissance au moins générale de cette science et des principaux traits caractéristiques des grandes divisions qui y sont établies. Le médecin regretterait d'autant plus de n'avoir point acquis ces notions générales et élémentaires , que leur connaissance lui est presque indispensable et qu'elle n'exige de sa part qu'un peu d'application et de temps.

C'est pour concourir^ autant qu'il dépend de nous, à compléter cette partie des études médicales, que nous nous sommes décidé à publier ces notions générales de Minéralogie j elles serviront à remplir une lacune que nous avions laissée dans nos Élémens d'histoire naturelle médicale y et à diriger dans l'étude de la Minéralogie les jeunes gens qui se vouent à la pratique de la médecine et de la pharmacie.

Mais hâtons-nous de prévenir que nous n'avons nullement eu l'intention de publier ici un traité complet de Minéralogie : une semblable prétention est bien loin du but plus modeste et plus circonscrit que nous nous sommes proposé. La science possède en ce

Viij PRllFACE.

genre des ouvrages de premier ordre, avec lesquels nous n'aurions jamais eu ni la prétention ni la volonté d'entrer en concurrence. Destinant spécialement notre livre aux personnes qui s'appliquent à l'étude des sciences médicales, nous n'avons dû y faire entrer que des notions générales sur les élémens de la Minéralogie, et nous borner à la description des espèces qui nous ont paru offrir de l'importance par leur emploi dans la médecine ou les arts. Nous en avons donc élagué la description de toutes celles en si grand nombre qui , examinées sous ce point de vue, ne présentaient aucun intérêt.

Un coup d'œil jeté rapidement sur la marche que nous avons suivie, et le plan d'après lequel nous avons rédigé cette partie de l'histoire naturelle médicale, fera beaucoup mieux connaître le but que nous nous sommes proposé.

L'ouvrage est divisé en deux parties : la première comprend les Généralités de la science j la seconde la Description particulière des espèces. Dans les généralités nous traitons successivement des propriétés phy siques et chimiques des minéraux, qui fournissent les caractères à l'aide desquels on distingue entre elles les diverses espèces. Nous parlons ensuite du gisement

PRÉFACE. ix

des minéraux , c'est-à-dire de leur manière d'être dans la nature. Ce sujet nous amène à donner quelques notions générales de Géologie. Ainsi nous examinons successivement l'âge relatif des différentes couches du globe, leur division en six ordres ou terrains. Nous faisons connaître les principales matières dont ces différens terrains se composent j la nature des roches de chaque espèce de terrain , et enfin nous terminons par quelques observations sur les principales hypothèses qui ont été émises pour exphquer la formation des diverses couches du globe.

Dans cette première partie nous exposons aussi avec quelques détails les diverses classifications proposées par les minéralogistes, après avoir bien défini les mots individu et espèce.

La seconde partie est consacrée à la description particulière des espèces qui nous ont paru offrir de l'intérêt à cause de leurs propriétés ou de leurs usages. Nous adoptons ici la division des minéraux en trois grandes classes : ^« Les corps métalloïdes; 2° les métaux hétéropsides; et 5° les métaux autopsides ou métaux proprement dits.

Dans la classe des métaux hétéropsides, nous établissons, à l'exemple de M. Alexandre Brongniart, trois

Page 1