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SIXIÈME GENRE. — CUIVRE

Ce métal, que ses emplois variés dans les arts rendent si précieux, peut se trouver dans la nature : 1° à l'état natif 3 2° combiné avec des corps simples, l'oxigènc, le soufre, le sélénium : 3° à l'état de sel.

aSo

MINÉRALOGIE

Première espèce: Cuivre natif.

Le cuivre est un des métaux les plus anciennement connus. Il paraît môme qu'il l'a été avant le fer , car les anciens ont fait des armes en cuivre avant d'en fabriquer en fer. Le bronze, qui est un alliage de cuivre et d'étain, a aussi été employé dés la plus haute antiquité ; et, pour les peuples anciens, il remplaçait le fer dans la plupart des cas où ce dernier métal est aujourd'hui employé.

Le cuivre est d'un jaune rougeâtre, malléable et ductile , très tenace, répandant par le frottement une odeur particulière nauséabonde et caractéristique ; pesant, quand il est pur, 8,89 ; susceptible de cristalliser dans le système cubique.

Le cuivre est attaquable par l'air humide, qui le recouvre d'une matière- verte pulvérulente nommée vert de gris , et qui est du sou^-carbonate mêlé de beaucoup d'oxide de cuivre. Il est fusible à 27° du pyromètre de Wedgewood; par le refroidissement il cristallise en pyramides quadrangulaires; soluble dans presque tous les acides , avec lesquels il forme des sels plus ou moins colorés en bleu ou en vert. La potasse, la soude, forment dans la solution de ces sels un précipité gélatineux bleu d'oxide de cuivre hydraté. L'ammoniaque forme un sel double très soluble, d'une belle couleur bleu céleste. Le prussiale ferruré de potasse forme un précipité brun-marron, et une lame de fer plongée dans la liqueur se recouvre d'une couche de cuivre métallique.

Variétés. Le cuivre cristallise en cubes , plus souvftnt en octaèdres diversement modifiés. Il est fréquemment sous la forme de dendriles , ou de lames pu de filamensplus ou moins gros, diversement engagés dans la gangue, ou enfin en masses amorphes. Auprès de la ville de Bahia , au Brésil , on a trouvé une masse de cuivre natif qui pesait, dit-on. 2, 616 livres.

Gisement. Le cuivre natif accompagne généralement les autres minerais du môme métal. Il existe dans les terrains primitifs sous \a forme de filons ou de veines. Les plus beaux échan-

tillons viennent de la Sibérie. Mais on le trouve dans une foule d'autres localités.

Deuxième espèce : Cwîvre oxitliilé.

[Ziguèline, cuivre rouge, cuivre vitreux, protoxide de cuivre.)

Combinaison d'un atome d'oxigèneet de deux atomes de cuivre, ou en poids de 11,22 d'oxigène et 88,78 de cuivre. C'est le protoxide. Il est vitreux^ gris rougeâtrej donnant une poudre rouge terne j cristallisant dans le système cubique, pesant 5,69.

II est facilement réductible au chalumeau sans dégagement de vapeurs sulfureuses j il se dissout avec effervescence dans l'acide nitrique, ce qui le dislingue du cinabre ou sulfure de mercure qui ne s'y dissout pas , et de l'argent rouge qui s'y dissout sans effervescence.

Les principales variétés sont : Tle primitif, en octaèdre régulier j 2" le cub"ique ; 3" le dodécaédrique ; 4" le cubo-octaédrique; le cubo-dodécaédrique; 5° le capillaire , filiforme, laminaire, etc.j 6" le massif , terreux.

Gisement. Il n'existe pas en grandes masses dans la nature et n'est nulle part l'objet de grandes exploitations. On le trouve à Chessy près Lyon, et en Sibérie.

Troisième espèce : Cuivre fsitlfiarë.

{Chalkosine , cuivre vitreux.)

Combinaison d'un atome de soufre et de deux atomes de cuivre, ou en poids de 20,27 de soufre et de 79,73 de cuivre. C'est un protosulfure.

Il est ordinairement compacte, d'un gris sombre ou bleuâtre, assez tendre et cassant ; sa poussière est noire. Sa forme primitive est un prisme hexaèdre régulier. Sa pesanteur spécifique est de 5,69.

Il se fond en bouillonnant au chalumeau avec odeur de soufre, et se réduit. Avec le borax, il donne un verre d'un vert bleuâtre.

Variétés. Ses formes cristallines sont toutes des modifications du prisme hexaèdre régulier.

2J2 -MlNlillALOGlE,

Il est quelquefois compacte , ou sous forme de lames ou de petits cônes écai lieux spicif ormes. Il porte dans ce dernier cas le nom vulgaire Ôl argent en épis.

Gisement. C'est un des minerais les plus riches en cuivre, et par conséquent un de ceux dont l'exploitation offre le plus d'avantages. Il est très commun en Angleterre , dans le duché de Cornouailles , en Sibérie, etc.

Quatrième espèce : Cuivre pyriteux.

{Pyrite cuivreuse^ pyrite de cuivre ^ chalcopyrite.)

C'est un double sulfure de cuivre et de fer au minimum, ou prolosulfure. Il est solide , d'un jaune de laiton ou d'un jaune d'or^ quelquefois mélangé de couleurs irisées ; non malléable, assez cassant j d'une pesanteur spécifique de 4,16j cristallisant en octaèdre à base carrée.

Le cuivre pyriteux est fusible au chalumeau avec dégagement d'acide sulfureux. Les quantités de fer qu'il contient sont assez variables. Il y en a de 29 à 32 parties sur 100, et de 30 à 34 de cuivre ; c'est une combinaison de deux atomes de soufre , d'un atome de cuivre et d'un atome de fer.

Le cuivre pyriteux se rencontre quelquefois cristallisé en octaèdre à base carrée, passant au tétraèdre. D'autres fois il est sous la forme de stalactites ou de mamelons , ou en masses compactes. Par rapport à la couleur , on distingue le cuivre pyriteux jaune pâle, jaune bronze, jaune doré, irisé, hépatique.

Gisement. Le cuivre pyriteux forme des filons et des couches puissantes dans les terrains secondaires. Il est associé à la baryte sulfatéCj au quarz, au feldspath , etc.

Cette espèce est , sans aucun doute , la plus commune des minerais de cuivre ; mais ce n'est pas la plus riche en cuivre. C'est elle qui est exploitée en partie aux mines de Saint-Bel près Lyon, à Sainte-Marie-aux-Mines, en Saxe , en Angleterre.

Cinquième espèce : Cwivre g'piis.

[Panabase , tennanlite.)

La couleur gris d'acier distingue sur le champ celle espèce , qui offre à peu près la même composition que le cuivre pyriteux, mais de plus quelque autre principe variable, tel que l'arsenic, le zinc , l'antimoine. M. Beudant en fait deux espèces ; l'une, qu'il nomme panabase., et qui est un sulfure de cuivre , d'antimoine, de fer, d'arsenic, de zinc et d'argent ^ la seconde qu'il appelle tennantiie , est un sulfure de cuivre , d'arsenic et de fer. Il cristallise dans le système du tétraèdre régulier. Sa cassure est raboteuse et brillante ; sa poussière noire ^ un peu rougeâtre. Il fond au chalumeau , et donne un bouton mél;il lique qui se compose de cuivre et de fer. Sa densité est de 4,6 • il est idioélectrique par le frottement.

Ce minerai se trouve cristallisé ou en masse. C'est une des espèces les plus communes , et qu'on exploite le plus souvent pour en retirer le cuivre.

On distingueencore le cuivre gris platinif ère de Guadalcanal, variété dans laquelle Vauquelin a trouvé une quantité notable de platine.

Gisement. On le trouve à Sainte-Marie-aux-Mines, à Baygorry dans les Pyrénées occidentales.

Sixième espèce : Cuivre sélënlé.

Trouvé par M. Berzélius dans la province de Smoland en Suède. On reconnaît ce minéral à l'odeur de rave qu'il dég'a-e par la chaleur ; sa couleur est celle de l'argent natif. Sa consistance est molle ; il peut s'aplatir sous le marteau.

M. Berzélius signale encore le cuivre sélénié argental ou eukainte.

CUVRE CARBOWATÉ.

Le cuivre carbonaté comprend deux espèces : la malachite ^iVazunte. Leur caractère commun, indépendamment de tous

^54 MINÉRALOGIE

ceux qui sont propres aux sels de cuivre, sont de faire efferves' cence dans les acides.

Septième espèce : Ciilvi-e carboiiaté vert.

[Malachite, hydrocàrbonate de cuivre, vert de montagne^

cendre verte.)

Selon M. Berzélius , cette espèce se compose d'un atome de carbonate de cuivre combiné à un atome d'eau , ou en poids de 71,8 d'oxide de cuivre, 20 d'acide carbonique et 8,2 d'eau. Elle est opaque , d'une belle couleur verte plus ou moins foncée, d'une pesanteur spécifique de 3,5. Ayant pour forme primitive un prisme rhomboïdal droit. Elle est tantôt compacte , tantôt soyeuse, tantôt pulvérulente.

Fusible au chalumeau , elle communique au borax une belle teinte verte. Elle se dissout très facilement dans l'acide nitrique avec effervescence à l'aide de la chaleur ; elle communique à l'ammoniaque une belle teinte bleue, mais lentement, ce qui la distingue du cuivre muriaté.

On distingue plusieurs variétés de cuivre carbonaté vert j les

principales sont :

1° La malachite cristallisée, en prismes rhomboïdaux terminés par des sommets dièdres.

2" La malachite soyeuse, en aiguilles fines déliées, luisantes , soyeuses , entrecroisées ou rayonnantes.

3° La malachite concrètionnêe , en masses compactes, ondulantes et en couches parallèles.

4° La malachite pulvérulente ou chrysocolle , vulgairement vert de montagne , tantôt en masses terreuses et pulvérulentes, tantôt en efflorescence à la surface des autres mmerais de cuivre.

Gisement. Cette belle espèce accompagne en général tous les autres minerais de cuivre. Elle est souvent le résultat de leur décomposition spontanée. Les morceaux les plus volumineux de malachite viennent en général des monts Ourals en Sibérie.

Quelques unes des pierres vertes connues sous le nom de

turquoises, et qu'on taille pour faire des bijoux , sont des os ou dents fossiles colorés par de la malachite.

Huitième espèce : C«iivi*e carlionato azui*é.

( Cuivre azuré , azurite . bleu de montagne, cuivre bleu, pierre

d' Arménie. )]

Couleur d'un beau bleu indigo , assez fragile , très éclatant et comme vitreux, d'une pesanteur spécifique de 3 5 à 3 7 ayant pour forme primitive un prisme rliomboïdal oblique.'

Il est composé , d'après M. Berzélias , d'un atome d'hydrate de cuivre, et de deux atomes de bicarbonate de cuivre , et en poids, d'après Klaproth, de 76 d'oxide de cuivre , 24 d'acide carbonique et 6 d'eau.

Il est tantôt parfaitement cristallisé , tantôt lamelliforme tantôt aciculaire , granulaire ou en masse.

Gisement. Il est rarement très abondant ; il tapisse en -éné ral les parois des fllons qui contiennent d'autres minerais de cuivre , ou forme des amas sphé.oidaux , à Chessv nrès Lyon, etc. ' ^

La malachite et l'azurite bien compactes sont susceptibles de recevoir un beau poli. On en fait des vases, des boîtes, des ornemens, de petits meubles d'un prix très élevé.

Neuvième espèce : Ciilvfe muriaté.

{Atacamite ou chlorure de cuivre. )

C'est la combinaison d'un atome de chlorure de cuivre et de quatre atomes d'eau ou en poids de 71,45 d^oxide de cuivre, de 12,3b d acide hydrochlorique et de 16,20 d'eau • Il est d'un beau vert émeraude , tantôt'sous la forme d'une poudre ou sable très fin, tantôt en masses lamellaires ou en cr^ taux qui sont des prismes droits rhomboïdaux

Fusible et réductible au chalumeau , colorant la flamme en bleu ou en vert, se dissolvant dans l'acide nitrique, sans effer" ZaTor ''''' ^'^^<^--del'ea; parlât .

a56 MINÉRALOGIE.

Elle est tantôt cristallisée en très petits cristaux prismallqups ou octaédriques; tantôt aciculaire ou fibreuse, ou enfin granulaire et terreuse.

Gisement. Cette espèce ne paraît être qu'une matière accidentelle dans les autres gîtes des minerais de cuivre. On la trouve surtout au Chili et au Pérou.

Dixième espèce : Cuivre iiltoH|iliaté.

Il est vert , souvent noirâtre à l'extérieur et comme mamelonnéj à structure fibreuse et rayonnée, cristalline, ayant pour forme primitive un octaèdre rectangulaire, assez dur pour rayei la chaux carbonatée. 11 est fusil)le à la flamme d'une bougie, réductible au chalumeau , mais h un feu très vif j soluble sans effervescence dans Tacide nitrique. L'analyse publiée pai- M. Bertliier a fourni :

Acide phosphorique 28,7

Oxide de cuivre 63^9

Eau ' ''^

C'est à dire cinq atomes d'acide phosphorique combinés à 4 atomes d'oxide de cuivre et 2 atomes d'eau.

Le cuivre phosphaté de Rheinbreitbach contient plus d'eau et moins d'acide phosphorique. M. Beudant en fait une espèce à part qu'il nomme ypoleime; cristallise en prismes rhomboïdaux obliques.

On l'a trouvé sur les bords du Rhin et en Hongrie.

Onzième espèce : Cuivre arseuiaté.

On a long-temps confondu sous ce nom plusieurs espèces dont la composition n'est pas parfaitement identique. M. Beudant les a distinguées les unes des autres , et en a formé quatre espèces différentes, savoir :

\oL'érinite, ou cuivre arséniaté rhomboédrique, cuivre micacé, composé de 3 atomes d'acide arsénique, 3 atomes d'oxide de cuivre et 1 atome d'eau.

20 La liroconiie, ou cuivre arséniaté en octaèdre obtus, corn-

posé d'un atome d'acide arsénique , 2 atonies d'oxide de cuivre et 6 atomes d'eau.

3° Uolivénite cuivre arséniaté prismatique droit , cuivre arséniaté en octaèdre aigu , composé de 5 atomes d'acide, 3 atomes d'oxide et 1 atome d'eau .

4° raphanese ou cuivre arséniaté prismatique triangulaire, composé de 2 atomes d'acide arsénique , 2 atomes d'oxide de cuivre , et 3 atomes d'eau.

Cependant ces espèces présentent quelques caractères communs qui peuvent servir à les reconnaître. Leur couleur générale est le vert dans toutes ses nuances : elles sontsolubles sans effervescence dans l'acide nitrique ; chauffées au chalumeau , elles fondent en répandant des vapeurs alliacées d'arsenic. Elles sont réductibles.

Le cuivre arséniaté est commun dans le duché de Cornouailles.

Douzième espèce : Cuivre sulfaté.

{ Vitriol bleu , couperose bleue ^ cristaux de Vénus.)

Il se compose d'oxide de cuivre 31 ,80, acide sulfurique 32,14, eau, 36,06 j cristallise en prisme oblique à base de parallélipipède obliquangle. .^lais on ne le trouve guère que sous forme de concrétions ou dépoussière dans les minerais de cui-

.vre où il s'est formé par suite de leur décomposition. On le

, trouve à Saint-Bel , près Lyon.

Treizième esplce : Cuivre ilioptase.

Ce beau minéral est cristallisé en dodécaèdre , translucide et d'un beau vert d'émeraude. Sa densité est de 3,3. Il est insoluble dans l'acide nitrique ; il y conserve sa belle couleur verte, pi end une couleur marron au chalumeau ,et donne un globule de cuivre par l'addition du borax. C'est un silicate de cuivre hydraté. On ne l'a rapporté que de la Bucharie chinoise.

MINÉRAIiOGIE.

Traitement métallurgique du cuivre.

On n'exploite guère en grand, pour en retirer le cuivre, que la pyrite , le cuivre natif, les oxides et les carbonates de cuivre, mais surtout le premier de ces minerais.

Pour obtenir le cuivre des pyrites, elles doivent être grillées un grand nombre de fois pour en chasser la plus grande partie du soufre. On les fond ensuite, et on a des mattts composées de cuivre et de fer sulf^^és fondus, brunes et fragiles. On les concasse, on les grille de nouveau, puis on les refond plusieurs fois, et les scories qu'on a eu soin d'enlever ont entraîné une grande partie du soufre et du fer. On obtient ainsi du cuivre noir qui se compose ordinairement de neuf dixièmes de cuivre.

On procède alors à son affinage. Pour cela on le fait fondre dans un fourneau à réverbère, dont le sol concave est recouvert d'une hrasque d'argile et de charbon. Quand le cuivre est fondu on enlève les scories qui contiennent le fer oxidé et le soufre , et l'opération est terminée. On coule le cuivre dans des petits bassins où il se fige et forme des espèces de gâteaux couverts d'aspérités. On le nomme cuivre de rosette.

Si le minerai pyriteux cpntient peu de cuivre , comme à Saint- BeJ[ et à Chessy, près Lyon , on le grille , puis on le Jave pour dissoudre les sulfates de fer et de cuivre qui se sont formés^ on plonge dans ces liqueurs des plaques de fer ou de la vieille ferraille qui décompose le sulfate de cuivre, et le cuivre métallique vient se déposer sur le fer en couches poreuses et couvertes d'aspérités. On nomme cuivre de cémentation celui qu'on obtient par ce procédé.

Si le cuivre contient de l'argent en grande quantité , on en retire ce dernier par la coupellation. Si les mattes sont moins riches, on les fond avec du plomb, on en forme des pains cylindriques , qu'on place ensuite verticalement dans un four que l'on chauffe graduellement. Le plomb, beaucoup plus fusible que le cuivre , fond le premier, entraînant avec lui tout l'argent, et le cuivre reste sous la forme de masse poreuse. On coupelle ensuite le plomb. Ce procédé est connu sous le nom de liquation.

CUIVRB.

Quand le cuiyre est aurifère , on le traite par ramalgamatip^j. Le mercure s'empare de l'or.

Usages du cuivre. Le cuivre est, après le fer, le métal dont l'homme tire le plus d'avantages et qu'il emploie le plus à ses besoins. Ainsi une foule d'ustensiles nécessaires pour (ses usages domestiques et pour les opérations des arts sont faits en Quiyre.

Ce métal offre encore un très grand avantage ; c'est celui de s'unir avec plusieurs autres substances métalliques et de focnjieK des alliages fort importans. Nous nous contenteEoq» de citejr les suivans :

1° Le laiton est un alliage de cuivre et de i\X\c. C'iest lui que l'on connaît sous le nom de cuivre jaune et qui £}sj; pmplQyé à la construction des instrumens de physique. La proportion du zinc et du cuivre n'est pas rigoureusement déterr^inéiC. Ausisi les analyses qu'on a publiées de différentes porter 4^ lait(>a, varient-elles beaucoup entre elles sous ce rapport.

2* Le bronze ou Y airain est un alliage de cuivre et d'étain. Il sert à faire des statues , des monnaies , des canons , des cloches , des cymbales , des tamtams , des miroirs de télescope , etc!

3° Le pachfon^ ou cuivre blanc de ïa Chine. C'est un alliage de cuivre , de nickel et de zinc. Ôn eii fabn'(]^ué en France. ïl' a une couleur blanche argentine , et est susceptible d'un très beau poli.

On a évalué à enviro» 400,000 qùititaux la quantité de cuivre que chaque année l'Europe verse dans le commerce, et dont la valeur moyenne est d' environ 60 à 80 millions de francs! L'Angleterre fournit à elle seule la moitié de celte quantité! Après elle viennent la Russie qui en donne 70, laSuède et l'Autriche, 60 mille quintaux chacune ; tandis que la France n'entre guère que pour 2,500 quintaux dans celte production. Cette quantité est de beaucoup inférieure h celle qui est nécessaire pour nos besoins. Aussi sommes-nous forcés de tirer de l'étranger la plus grande partie de nos cuivres.

Propriétés médicales des préparations de cuivre.

Les préparations de cuivre sont en général très vénéneuses.

MINKRA.I.OGrE.

Ainsi le vert de gris naturel { sous-carbonate , mêlé de beaucoup d'bydroxide de cuivre ) est un poison violent, dont les accidens se montrent malheureusemenlbien souvent, quand on le laisse se former dans les ustensiles de nos cuisines. Toutes les autres préparations cuivreuses agissent de la même manière. Le meilleur moyen à employer pour remédier à ces accidens consiste , selon M. Orfila, à administrer de l'eau albumineuse en grande quantité , il est aussi très utile de provoquer les vomissemens. On a souvent, et à plusieurs reprises, préconisé le sucre comme antidote certain des préparations cuivreuses. On se basait sur ce que l'acétate de cuivre était, à l'aide de l'ébuUition, converti parle sucre en protoxide de cuivre : mais M. Orfila conclut d'expériences précises que le sucre n'exerce aucune action chimique sur le vert de gris qui a été introduit dans l'estomac et qu'i Ine l'empêche pas d'agir comme caustique.

HUITIÈME GENRE. — URANE.

L'urane , ainsi nommé par Klaproth du nom de la planète Uranus , a été découvert par ce savant chimiste en 1 787 . On ne le trouve danï la nature que combiné avec l'oxigène et les acides phosphorique ou sulfurique. C'est dans le minéral nommé pecAblende ou blende de poix par les Allemands, que le chimiste de Berlin en a d'abord constaté l'existence.

Réduit à l'état de pureté par les procédés chimiques, l'urane cristallise en petits grains octaédriques réguliers , ayant l'éclat métallique et une couleur gris foncé ou brun rougeâlre , légèrement transparens sur leurs bords.

Les minerais d'urane se reconnaissent assez facilement. Par le chalumeau ils colorent le verre de borax en jaune sombre à la flamme d'oxidation , et en vert sale au feu de réduction. Leur solution dans l'acide nitrique est légèrement jaunâtre. • Les alcalis y forment un précipité jaune ; et l'hydrocyanate ferruré de potasse, un précipité rouge de sang.

URANK.

Première espèce : Ui*aiie iioli*.

( Urane oxidulé, bioxide dhirane , pechblende ou mine de fer

en poix. )

Cette espèce a un aspect à peine métalloïde , ayant quelque ressemblance avec de la poix noire, de là le nom de pechblende qui lui a été donné par les minéralogistes allemands. Elle est assez dure et néanmoins cassante , sa cassure conchoïde et inégale j sa densité est de 6,57. Elle est ordinairement en masses réniformes ou mamelonnées à structure quelquefois lamellaire , surtout dans un sens.

C'est un bioxide d'urane qui se compose en poids de :

Urane 94.

Oxigcne 6.

Gisement. L'urane oxidé ne s'est encore trouvé que dans les terrains primitifs et surtout dans les minerais d'argent et de plomb , en Saxe et en Boliême.

IShydroxide d'urane ou ocre d'urane est unlritoxide contenant de l'eau. Il est en poudre o.u en masses jaunâtres , dans les mêmes localités que l'espèce précédente.

Deuxèime espèce : Urane pltospliaté ou Uraiiite.

( Uraue jaune, urane mi.nacè, mica vert, urane oxidé d'Haûy,

chalcolile. )

L'urane phosphaté est d'un jaune citron , ou verdâlre , ou même d'un vert d'émeraude. La structure est laminaire j il es tendre, fragile et translucide, son éclat est vif et perlé ; sa densité est de 2,19 à 3,115. Par le clivage on arrive à un prisme droit à base carrée.

Les variétés cristallisées sont assez nombreuses. Non cristallisé il est ou lamelliforme ou flabelliforme , c'est-à-dire formé de petites lames disposées en éventail, ou amorphe et

HINi]lA.I.OGIE.

ttrreux. Cette espèce contient toujours de la chaux ou du cuivre et de l'eau.

Quant à sa couleur elle offre deux teintes principales , jaune ou verte.

L'urane jaune offre la composition suivante :

Oîidè d'ûi-aHë; 59,37

Acidè phèsphatiqué. . . ^4,63 Cfiauxet eaù; • l l ... 14,90

L'urane vert, qui doit sa couleur au cuivre , offre la composition suivante :

Oxide d'urane 60

Acide phosjphorique. ... 16

Oxide de cuivre 9

Êàu : 14

Gisement. Minéral des terrains primitifs ; on trouve l'urane fitofe'piiaté dans les filons dè granité , à Sàirit-Symplidrien f)rès cl'Avïtiirt , à Saint-YHyîi , pires Lirnogès , etc.

L'urane sulfaté est en cristaux àciculairés d'un veK d'herbé, Mhslàdîdé^ , sblùblés dàhs l'eau , à JoacKîrastàhl en Bohême.

Extraction et usages de l'urane.

L'urane s'obtient assez facilement à Tétat métallique , en décômpôsaht son oxiiclè par l'hydi ogène au moyèn Ae là cha- ^ur rouge^ comnie l'ont démontré les travaux de M. LecariU et M. Adwedson. M. Berzélius le retire de l'oxalale neutre d'urane, chauffé en vase clos.

Ce métal n'est d'aucun usage.

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