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CARACTÈRES OPTIQUES DES MINÉRAUX

' Nous réunissons dans ce chapitre les caractères que l'on peut tirer de la manière dont la lumière se comporte sur les corps : telles sont la transparence et l'opacité, la réfraction simple ou double, et les couleurs.

§ I. Transparence.

Un corps qui se laisse assez facilement traverser par les rayons lumineux pour permettre d'apercevoir un autre corps placé derrière lui , est transparent. Exemple : Une lame de mica, de spaih calcaire, de gypse cristallisé, de cristal de roche.

• Un corps transparent peut être incolore ou diversement coloré. Quand les couleurs sont très intenses, il est rare qu'elles ne nu,sent pas à la transparence, comme dans le quartz enfumé par exemple. '"me,

Quelquefois cependant on n'aperçoit que difficilement et confusément à travers un corps : on dit alors qu'il est del transparent ; comme certaines agathes , par exemple.

61 le corps laisse seulement traverser la lumière mais sans permettre de distinguer les objets placés derrière lu on di qu il est .,-.„./.aV/e; exemple : les cornalines. '

i-nfin tout corps que la lumière ne peut traverser n.t n . f ous les mé.aux sont dans ce cas. '

MINÉRALOGIE

L'opacité peut être plus ou moins complt'le. Quelquefois elle ne dépend que de l'épaisseur trop considérable du corps. Si on le réduit en lames minces, celles-ci sont non seulement translucides, mais souvent transparentes; CJCe/n/>/e : le mica laminaire.

§ IL Réfraciion.

Lorsqu'un rayon lumineux passe obliquement d'un milieu dans un autre de densité différente , il éprouve à partir de son point d'immersion une déviation plus ou moins grande qui varie suivant la nature du milieu. S'il passe de l'air dans un corps solide ou liquide, le rayon se rapproche de la perpendiculaire élevée au point d'immersion. Si , au contraire, le milieu est moins dense , il s'en écarte. On a donné le nom de réfraction à cette propriété dont jouissent seulement les corps transparens, de dévier les rayons lumineux qui les travei'sent.

Mais certains corps , particulièrement les substances cristallines qui n'appartiennent point au système cubique , jouissent de la propriété remarquable de forcer le rayon lumineux à se diviser en deux faisceaux. Il résulte de là nécessairement qu'un corps placé derrière une semblable substance , surtout s'il est de petite dimension , se voit double. On dit alors que cette substance jouit de la double réfraction. Nulle substance ne montre la double réfraction d'une manière plus manifeste que le spath d'Islande. On l'observe également dans le soufre , le cristal de roche. Tantôt cette propriété se fait voir à travers deux faces parallèles d'un cristal , comme dans le spath calcaire , tantôt entre des faces non parallèles , comme dans le cristal de roche.

Tous les minéraux non cristallisés, ou ceux qui appartiennent au système de cristallisation cubique n'offrent que la réfraction simple. Le diamant est dans ce cas.

§ III. Couleurs.

Les substances minérales peuvent être incolores ou diversement colorées. Celles qui sont à la fois incolores et opaques sont blanches , comme la craie par exemple. Quelquefois la co^

CARACTÈRES PHYSIQUES. Si

loration des corps est purement accidentelle et dépend du mélange de quelque autre matière étrangère. Ainsi, le cristal de roche est naturellement incolore ; il peut être accidentellement violet, noir, etc. De là la distinction des couleurs en yroprcs et en accidentelles. Ces dernières peuvent être produites par des causes très diverses : tantôt par des mélanges mécaniques de matières étrangères , qui se sont trouvées mêlées à la substance encore liquide au moment où elle a cristallisé ; tantôt par des combinaisons chimiques. Les couleurs 'propres au contraire sont fixes et invariables , et peuvent servir à caractériser les corps , parce qu'elles tiennent à leur nature même. Ainsi le sulfure de mercure est rouge , le molybdate de plomb est jaune, etc.

La nuance des couleurs et leur disposition sont extrêmement variables , et peuvent servir à caractériser un grand nombre de corps. Mais il faut pour cela que ces corps soient à leur état de pureté. Ainsi , le soufre , l'or, l'argent , le cuivre , pourront toujours être reconnus à leur seule couleur.

On nomme couleurs irisées celles qui présentent les nuances diverses de l'arc-en-ciel. Tantôt elles sont le résultat de la décomposition que la lumière éprouve dans l'intérieur du corps surtout quand celui-ci offre un grand nombre de fissures intérieures : par exemple, dans le quartz, le gypse, les pyrites de cuivre, etc. Tantôt elles dépendent d'un arrangement particulier des molécules des corps, comme dans le feld-spath chatoyant ou pierre de Labrador, l'opale , etc.

§ IV. Phosphorescence.

'tertains minéraux ont la propriété de devenir lumineux , ou de luire dans l'obscurité, quand on les place dans des circonstances convenables. Ils sont alors phosphores cens. Le plus souvent c est en élevant leur température que l'on développe cette propriété. Ainsi, en projetant sur une pelle très chauie du fluate ou du phosphate de chaux réduits en poudre, ils deréluhat'e r Phosphorescens. On obtient le même

mrirde'rx" ^^^^^

32 MINKIIA-LOGIE.

La phosphorescence peut ôtrc produite dans les corps par trois procédés dilTérens.

1° Certains corps peuvent devenir phosphorcscens par la percussion. Ainsi, quand on frotte fortement l'un contre l'autre dans l'obscurité deux morceaux de cristal de roche ou de pierre à fusil, on voit des traînées lumineuses se manifester dans les points qui ont été le plus exposés au frottement. Il suffit même quelquefois du frottement le plus léger pour déterminer ce phénomène, comme dans certaines variétés de feld- spath. Enfin, il y a une variété de sulfure de zinc qu'on rend phosphorescente en passant dessus les barbes d'une plume.

2° La chaleur rend phosphorcscens un très grand nombre de corps. On les réduit en petits fragmens ou en poudre, et on les place ensuite sur une lame de fer chauffée. La couleur de la lueur est très variable. On peut observer ce phénomène dans le spath fluor, le spath calcaire, le phosphate de chaux, l'argent rauriaté , etc.

Très souvent l'insolation ou la simple chaleur du soleil suffit pour obtenir le même résultat. C'est ce qu'on observe parfaitement dans cette variété de baryle sulfatée radiée, connue sous le nom de phosphore de Bologne.

3° Enfin , en accumulant sur un corps un grand nombre d'étincelles électriques , on peut aussi le rendre lumineux dans l'obscurité.

§ V. Éclat.

L'éclat, c'est-à-dire la manière dont un corps réfléchit la lumière et la renvoie à notre œil , doit aussi être compté parmi les propriétés physiques des minéraux. Les expressions par lesquelles on exprime les nuances diverses de celte propriété soiit empruntées à des comparaisons prises dans d'autres corps connus. C'est ainsi qu'on dit: éol^l métallique ou métalloïde ; éclat résineuse , .ùreua: , gras, nacré, soyeux. Ces diverses expressions s'entendent d'elles-mêmes, sans avoir besom d être plus longuement définies.

caractêhes physiques.

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