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PLOMBAGINE

On l'a trouvé à Auteuil , près Paris , et dans une foule d'autres localités.

Il existe aussi en très grande abondance sur les bords de la mer Baltique entre Memel et Danlzig , et c'est de cette localité qu'on relire les morceaux les plus beaux.

En Sicile il est trè^ abondant dans le lit de certains ruisseaux , particulièrement aux environs de Catane , au pied de l'Etna. On le travaille dans celte ville et on en fait différens ornemens.

Usages. On taille le succin et on en fait des bijoux, de petits coffres, etc. Il sert à la préparation de l'acide succinique.

Autrefois on l'employait en médecine comme antispasmodique, soit en poudre porphyrisée, à la dose de quelques grains, soit en sirop. On en faisait aussi une huile qu'on en Bxtrayait par la distillation.

Deuxième espèce : Grapltitc ou Plomliagiiic.

( Mine de plomb , Carbure de fer.)

Matière d'un gris noirâtre avec l'éclat métallique , grenue , assez tendre , douce et comme onctueuse au toucher, laissant sur le papier des taches d'un gris de plomb.

Brûlant difûcilemejit par le feu du clialumeau. Le nitire active sa combustion.

D'après l'analyse de Berthollet et Monge , cette substance se compose de carbone et de fer. Ce dernier y entre dans la proportion de neuf à dix parties sur cent.

Le graphite est ordinairement compacte, quelquefois il esl écailleux , ou s'enlève par feuillets.

Gisement. Il appartient communément aux roches schisteuses des terrains primitifs et intermédiaires , où il Ijorme de.§ filons ou des amas : à la montagne du Labour, dans les Pyrénées^ à Passau, en Bavière, et surtout dans le Cumberland, en Ar)gleterre , où il est d'une extrême pureté.

, . Usages. Le graphite sert principalement à la fabrication des crayons dits de mine de plomb. On sait que ceux d'Angleterre ont une grande supériorité sur tous les aulres. On l'emploie encore pour adoucir les frotlemens dans certaines machines.

MINÈRALOGIB.

Troisième espèce : Acide earl>oni(|ue.

Gaz incolore , d'une odeur piquante, impropre à la combustion et à la respiration, d'une saveur aigrelette , peu soluble dans l'eau , à moins qu'on n'augmente la pression , rougissant la teinture de tournesol , précipitant l'eau de chaux en blanc , pesant 1 ,5277. Pouvant se liquéfier par une forte pression.

L'acide carbonique se compose d'un volume de vapeur de carbone et d'un volume de gaz oxigène , condensés en un seul, ou de 100 d'oxigène et de 37,50 de carbone, ou enfin d'un atome de carbone et de deux atomes d'oxigène.

Gisement. Ce gaz se dégage de la terre dans plusieurs localités appartenant à des terrains volcaniques , et même à des terrains secondaires. Quelquefois il s'accumule dans certaines grottes où sa pesanteur considérable le retient à la surface du sol, au dessus de laquelle il forme une couche d'un à deux pieds d'épaissenr seulement. L'une des grottes les plus connues sous ce rapport est la Grotte du chien , près du lac d'Agnano, dans le golfe de Naples. L'acide carbonique y forme une couche d'environ deux pieds de hauteur 5 un homme peut entrer dans cette grotte sans en être incommodé ; mais un chien , se trouvant , par sa taille moins élevée , plongé dans l'atmosphère d'acide carbonique , tombe bientôt en syncope , et finirait par succomber si on ne se hâtait de l'en retirer. Il est probable que la fameuse vallée de la mort, dans l'île de Java, sur laquelle on a débité tant de contes ridicules , doit son action si violemment mortelle à l'acide carbonique qui se dégaq î de son fond.

L'acide carbonique gazeux existe encore dans des puits, dans des mines, surtout lorsqu'elles sont abandonnées depuis longtemps.

Les eaux minérales acidulés gazeuses contiennent aussi beaucoup d'acide carbonique libre : telles sont celles de Seltz. Ces eaux sortent de terrains variés , primitifs , intermédiaires , secondaires, volcaniques.

Usages. Le gaz acide carbonique est très délétère , et n'est guère employé en médecine que dissous dans l'eau. 11 est alors

ACIDE HYDROSULFtJRIQUE.

rafraîchissant et diurétique. Les eaux gazeuses sont quelquefois employées avec succès pour faire cesser des vomissemens spasmodiques.

CINQUIÈME GENRE. — HYDROGENE.

II n'existe pas à l'état libre dans la nature. 1° Combiné avec l'oxigène , il forme Veau ; 2° avec le soufre, Vacide hydrosulfurique ; 3° avec le carbone , Vhydroghne carboné. Nous ne parlerons ici que de ces deux dernières espèces.

Première espèce : Acide Itydrositlfurlqiie ,

vulgairement hydrogène sulfuré.

C'est un gaz incolore , d'une odeur forte et désagréable , celle des œufs pourris ; d'une saveur également désagréable et aigrej impropre à la combustion, il éteint les corps en ignition, et brûle lui-même lorsqu'on approche une bougie d'une éprouvette qui en est remplie: il rougit la teinture de tournesol, et finit par la décolorer complètement , ainsi que beaucoup d'autres couleurs végétales. Il est décomposé par plusieurs corps simples , qui , ayant plus d'affinité pour l'hydrogène , le lui enlèvent ; tels sont l'iode , le brômej, le chlore. Il noircit les sels de plomb et d'argent, et forme des sulfures de plomb ou d'argent.

Il est formé d'un atome de soufre et deux atomes d'hydrogène, et en poids de 94,117 de soufre, et 5,883 d'hydrogène.

Gisement. L'acide hydrosulfurique gazeux est rare dans la nature. Cependant il s'en forme quelquefois au voisinage des volcans; il s'en dégage aussi des matières animales en putréfaction, ou des eaux qui contiennent des matières organiques en décomposition. Dissous dans l'eau , il existe dans les eaux minérales sulfureuses, comme celles de Barèges, de Bagnères, d'Enghien , etc. . auxquelles il communique l'odeur désagréable qui lui est propre.

. L'acide hydrosulfurique gazeux est fort délétèra» C'est lui

Xyi^ MINEnALOGIX.

qui rend souvent si dangereuse la vidange de certaines fosses d'aisance. Les expériences de MM. Thénard et iJupuylren ont prouvé qu'un millième de cet acide dans l'air pouvait faire périr les oiseaux qu'on y plonge, et qu'un centième suffit pour donner la mort aux chiens les plus robustes.

Dissous dans l'eau, son action est moins intense. On l'emploie alors sous forme de bains ou de lotions, ou même à l'intérieur, dans une foule de maladies différentes, et, en particulier, dans les dermatoses , les engorgemens scrofuleux , le rhumatisme chronique, etc.

Deuxième espèce : Mydrog;èiie semi-carboné,

ou Carbure d'hydrogène^ grisou.

Gaz incolore , insipide , inodore quand il est pur , insoluble dans l'eau , susceptible de s'enflammer par son contact avec un corps en ignition, et de brûler avec une flamme jaune-rougeâtre. Il se compose d'un atome de carbone et de quatre atomes d'hydrogène.

Gisement. Ce gaz est assez commun dans la nature. Il se dégage des eaux boueuses ou des vases qui ont été mises à nu par le retrait des eaux. Dans quelques localités il sort de terre en même temps que des eaux salées très chargées de matières terreuses délayées, et constitue de petits monticules coniques nommés volcans boueux , salses ou macaloubês. J'ai eu occasion de visiter ceux qui sont à environ trois lieues au nord d'Agrîgente , en Sicile , et dans lesquels le bouillonnement occasionné par le gaz qui se dégage est d'autant plus fort qu'il a plu pendant quelques jours.

Dans certaines localités le gaz hydrogène semi-carboné sort de terre dans des endroits secs et pierreux , et son inflammation, le plus souvent accidentelle, constitue ce que l'on nomme vul-aireraent les/e«^ naturels ou les terrains ardens. L'Italie présente plusieurs de ces feux naturels qui ont souvent , et a tort, été attribués à des causes volcaniques. Tel est surtout celm de Pietra-Mala, dans l'Apennin, à peu près à moitié chemin de Bologne à Florence j la flamme, qui sort d'un terram pierreux

MÉTAUX HÉTÉROPSIDKS. 1^5

et comme calciné, ne s'élève guère à plus de deux ou trois pieds. En remuant les pierres dans le lieu même d'où sort la flamme, je l'ai vue quelquefois disparaître pour un instant et se remontrer bientôt après.

Certaines mares ou fontaines, dont le fond est probablement très vaseux, exhalent aussi de leur surface du gaz hydrogène carboné, qui, étant enflammé accidentellement, constitue alors ce qu'on nomme les fontaines ou sources ardentes.

Enûn, dans beaucoup de mines de houille, particulièrement dans celles dont la houille est très grasse et très bitumineuse, c'est à dire d'excellente qualité, il se dégage fréquemment dJ gaz hydrogène carboné, mélangé d'un peu d'acide carbonique, et que les mineurs appellent grisou. Ce gaz, par son inflammation subite, donne quelquefois lieu à des accidens excessivement graves , et qui compromettent singulièrement les jours des ouvriers mineurs. Grâce à la belle invention de la lampe de sûreté de Davy , ces accidens sont devenus aujourd'hui beaucoup plus rares.

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