‹ Elémens d'histoire naturelle médicale, Volume 1Chapitre 111 sur 131 · TRÉMATODES · texte numérisé non relu

TRÉMATODES

Corps déprimé ou presque cylindrique, mou; pores ou suçoirs pour bouche. Tous les individus androgyns. Genre : Distome.

QUATRIÈME ORDRE

CESTOIDES.

Corps alongé, déprimé, continu ou articulé; la tête très rarement pourvue de lèvres simples, et le plus souvent de deux ou de quatre fossettes ou suçoirs. Tous les individus androgyns.

Genres : Bothryocéphale, Taenia.

CINQUIÈME ORDRE

CYSTOIDES.

Corps déprimé ou un peu cylindrique , terminé en arrière I. 2t4

par uiie tésiiepont èkàqttè tti<fititlit, M ëdiiittttmék j^jfiètffjh tète pouiTue de deux ou quatre fossettes ou suçoirs ateetiné couronne de crochets %m ite ^MOK trompes ; organes de k génération presque incomplets.

• Genres : Cysticerque, Acêjphâtocyitfe.

Iâ% plâii «t le but de cet ouvrage ne nous peifBcMnt pas de ^erHreici tous les Vers intestinaux, en si granà nombre, ipii ont été observés dans les différens animaux. Mou^ nous bornerons è (sêux qu'on a trouTés dam l'hooMae ^ les seuls i|u'ii soit important pour le médecin de bien connaître.

Nous les diviserons en deux paragraphes, suivant qu'on les observe dans Tintérieur des organes de la digestion, ou en dehors de ces organes.

* Verf cjUndr)qat«.

1**^ Genre : TaiCBOafiMUB» Triehocephalus Rud.

Corps cylindrique, dlustiqtid, èd|^illaiit en avant, se renflant subitement en arrière; bouche orbiculaire; pénis simple , dans une gaine pi^uUâlte.

Trighogéphale dissembeabl».

Triehocephalus tUspar, RiiMpbi, Eaf, 8 » f . gs ; Bremser , 143, 1. 1, f. ».

Ce Ver est linéaire, long d'tttt pùMe et demi à deux pouces, ayant les deux tiers de son corps capillaire , l'autre tien: plus renflé. Cette extrémité capillaire a été considérée comme une queue par Rœderer et Wagler, qui ont observé ce Ver et l'ont décrit sous le nom de Trichurisn Cest Gœze et Mûller qui ont prouvé que la partie la plus mince se terminait par la tête. Cette espèce se compéStt d'indhidun taàles et d'individus femelles. Les premiers ont la partie renflée proportionnellement plus longue et contournée en spirale, bien qu'ils soient plus WùHH qtitB \(^ f^hièHè^. ItèH Vàfsèeiittt ^ WâtftjpiM sont placés

VEES INTESTINAUX. 3yi

dani la partie renflée, et se contournent plusieuin fàk sur eux-mêmes. Ils vont se terminer à l'extrémité du corps par un petit tube transparent, qui sert en quelque sorte de prépuce au pénis , lequel est extrêmement pointu.

Les femelles, un peu plus longues qt^e les mfles; ont h partie renflée moins développée, toujours rectiligne, et jamais eon^ to^néo en i^irale. Les oviductes sont placés autour du canal di^stif , qui forme une ligne presque droite de là bouché à l'anus. L'Ouverture des organes sexuels paraît être là même que celle des ot^anes digestifs.

Ce Ver se trouve dans le gros intestin de Thommé et d'une foule d'autres animaux , quelquefois en petit nombre > d'autres fois excessivement nombreux, ainsi que Rudolphi l'a observé, en ayant trouvé plus de mille dans le cadavre d'un seul mdividu.

En général, ces Vers, au moment où on les observe dans le corps des animaux , ont leur partie pointue fortement engagée dans la substance même de la membrane muquettse, tandis que leur partie renflée est libre dans l'intestin.

2* Genre : OttOKfi , Oxyurus Bremser (1).

Corps cylindrique , élastique , subulé à sà partie postérieure ; bouche orbiculaire ; pénis simple dans une gsdae préputiale.

OXWmE TERBncmLAIRE.

OxyutUSi)€tmicttlariSy Bremser, 1. c. p. 149, t. l,f . 3; t. s, ^ l ; AscartÈ vermituiariSf Rudolpld, 1. c. 3. p. 151.

On désigne très communément ce Yer sous le nom d'Ascaride» Il est extrêmement fréquent dans les gros intestins f et surtout le rectum , principalement chez les enfans. Les sexes sont séparés sur deux individus. Les mâles sont longs d'une ligne à une ligne-et demie 5 leur corps est linéaire , blanc , très élastique , obtus à sa partie antérieure , qui est semi-transparènte , et laisse apercevoir à travers ses parois un tube droit , qui est

(1) Voyez le travail de M. Dugès sur ranatomie de ce ver. ( Ann, se, nat, 9, p. 225.)

l'œsophage 3 se rendant à un estomac presque globuleux. Uextrémité postérieure de leur corps est légèrement renflée et se contourne ep spirale. Les femelles sont fort différentes des mâles par leur longueur et leur forme. Leur corps est long de quatre à cinq lignes -, il est fusiforme, et se termine à sa partie postérieure en une pointe extrêmement fine. La partie antérieure, qui correspond à la tète, est absolument orgai^ coiome dans le mâle. ^'

Ces Vers avaient été placés dans le genre Ascaris partons les naturalistes, jusqu'à M. Rudolphi, qui reconnut le premier que, par plusieurs points de leur organisation , et entre autres |>ar lem* bouche orbiculaire sans lèvres, leur pénis simple, Ils différaient des Yers de ce genre ^ et il proposa d'en faire un genre particulier , sous le nom d'Oxyure , genre qui a été adopté par les autres helminthologistes.

3* Genre : Asc ariiJe , -^^c^m Rudol.

Corps cylindrique, élastique, atténué à ses deux extrémités; bouche à trois lèvres^ pénis formé par un double aiguillon.

Ascaride lombrigoIdb.

Mcaris lumbrîcoïdeSfKvLdolphï, Bremsery 1. c. p. 157, t. 2, f. 2-3; Jul. Cloquet, Anat, des vers intest. pi. 1-4.

Cette espèce d'Enlozoaire a été connue dès la plus haute antiquité. Elle est aussi une de celles qu'on observe le plus fréquemment. Les anciens la désignaient sous le nom de Lumbricus teres , et la regardaient conmie identique avec le , Lumbricus tçrrestris , ou Yer de terre , seulement modifié par son séjour dans les intestins. Mais cette erreur, reproduite encore par quelques médecins ou naturalistes récens, a été victorieuse' ment combattue et détruite parles helminthologistes. Plus tard on en a fait le type du genre Ascaris , auquel on avait réuni d'abord l'Oxyure. M. Jules Cloquet, dans un excellent mémoire couronné par l'Académie des sciences en 1818, a éclairé plusieurs points endore douteux de la structure de ce Ver.;

L'Ascaride lombricoïde a le corps cylindrique , d'une longueur variable entre un cl quinze ponces. Mais plus commu-

nément il n'a guère , dans l'espèce humaine , au delà de six à huit ponces. Son diamètre , mesuré vers le milieu du corps , est d'une k deux lignes. Les individus mâles sont en général plus petits , plus minces et moins communs que les femelles. *M. Jules Cloquet estime que leur nombre est à celui de ces dernières dans le rapport d'un à quatre. Dans l'état de vie , ils sont lisses^ luisans , d'une teinte blanche, tirant un peu sur le jaune ou sur le rouge. La demi - transparence de leur corps permet d'apercevoir une partie de leurs viscères à travers ses parois , et entre autres l'œsophage et les organes générateurs. La partie antérieure est plus mince que la postérieure , et se termine par les trois tubercules qui forment la bouche j l'extrémité postérieure s'amincit en pointe > njais moins grêle que l'antérieure , surtout dans la femelle. Dans le mâle , cette extrémité est un peu recourbée; l'anus, sous la forme d'une fente transversale , est placé tout près de cette extrémité. Sur le corps de l'animal régnent quatre lignes longitudinales : Tune dorsale, l'autre abdominale, et deux placées sur les côtés. Dans la femelle , vers la réunion du tiers antérieur avec les deux tiers postérieyrs, existe une partie un peu plus rétrécie: c'est là qu'on aperçoit l'ouverture des organes générateurs. Cette ouverture , extrêmement petite , conduit dans un vagin très étroit, long de cinq à six lignes, sous la forme de deux très longues cornes , flexueuses , placées le long de l'abdomen , et qui se terminent par des ovaires filiformes , contournés sur eux-mêmes, et embrassant le tube digestif. Dans le mâle, le pénis est placé près de l'anus soûs la forme d'un double cro* chet; le testicule et les cordons sp^rmatiques sont filiformes et enroulés autour des organes de la digestion.

Les Ascarides lombricoïdes sont beaucoup plus fréquens chez les enfans que chez les adultes , et surtout que chez les vieilbrds. Ils se rencontrent plus particulièrement aussi chez les enfans d'un tempérament mou et lymphatique 5 chez ceux qui font habituellement usage d'aliment grossiers et indigestes , et qui habitent des lieux bas et peu aérés. Toutes ces circonstances se trouvent en général réunies chez les enfans des classes pauvres dans les grandes villes. Aussi observe t-on les Lombrics

374 ^^^ INTBSTIIIÀIÏX.

tr^s soment à Paris. Ces Vers ylTent oommunëment dans ïm intestins grêles. Cependant on les a aussi observés dans d'att-* très organes; mais ce n'est en quelque sorte qu'accidentellement. Les Lombrics, dit M. Jules Cloquçt (1. c. p. 4,- note 2), ne descendent que rarement dans les gros intestins 5 et M. Ra^ dolphi pense qu'ils sont toujours cbassés au dehors quand ils viennent à passer dans le cœcum. Quelquefois ib remonteat dans l'estomac, et jusque dans le pharynx, où ils produisent une titillation incommode , accompagnée d'une petite toux qui facilite leur sortie par la bouche. Ils peuvent , dit-on , s'intro* duire dans le larynx et les voies aériennes, et déterminer des accidens plus ou moins graves. Il n'est pas très rare de les voir pénétrer dans les fosses nasales , et ressortir par les narines ; j'ai observé un fait de cette nature sur un enfant. Martin Slab** ber a vu un homme rendre des Lombrics par les narines en éttrmiant. M. Bremser rapporte un cas analogue. Les Lonbries peuvent passer dans les conduits biliaires et la vésicule du fiel. I^aennec a jtrouvé dans le cadavre d'uft enfant , dont l'estomac renfermait une grande quantité d'Ascarides lombricoïdes , les p0r«a hiliaireff distendus, et le tissu du foie/ongé par des Yen de ceUe #spèce {BuU. Fac. méd. Paris, an XIQ, n'^Y). Ph. Fréd. Gmelin a trouvé un Lombric long de trois pouces dans le canal paaciréatique. On a vu des Lombrics être expulsés dam des cas de hernies étranglées avec gangrène , après l'ouvef' tiMre d'abeés formés dans les parois abdominales. Les auteurs citent encore un grand nombre de cas dans lesquels ces mènes Yei s ont été trouvés dans la'cavité du péritoine , dans les reins ^ la vessie , les sinus fronta^ , etc. Mais beaucoup de ces observations sont inexactes 5 elles prouvent qu'on a souvent pris pour des Ascarides lombricoïdes des Vers appartenant à des genres très différens, ou même des parties inorganiques , comme des oatllols de â»rine. Cependant on possède des faits dont oft ne saurait mettre en doute l'exactitude. M. Dnméril m'a dit avoir vu un malade rendre par l'urètre un Ascaride lombricoîde; Stromatera publié une observation semblable. En 1808, j'tf rencontré sur le cadavre d'un enfant de cinq èi six ans trois . Lombrics volumifienx , logés sur la face antérieure du sacran.

dans récaitement des deux feuillets séreux qui forment le mésorectuQi. Us n'avaient dél»ranné aucune inflammation dans cet endroit^ et étaient sortie de l'intestin par ifne per&^r^on ulcéreuse du commencement du rectum, i

Corps cylindrique , élastique , aminci à ses deux extrémités; bouche à deux lèvres distinctes , Tune supérieure y l'autre inférieure.

Ophiostoma Pontieri , H. Cfoquet , Dict, de med.f Faune médic.

Le genre Opkiostome de M. |ludplphî ne comprenait que des espèces qui toutes étaient étrangères à Tespèce humaine. M. H. Clpquet , en 1^1 , fi fait connaître une espèce nouvelle de ce genre , qui a été trouvée dans l'homipe. Yoîci ce que dît ce médecin à Tarticle Ophiostome du Dictionnaire de médecine en vin^un volumes : « Toutes les espèces aj^outées successivement à xe genre jusqu'en 1821 habitaient dans des animaux antres que l'homme ; mais à cette époque^ avec une complaisance toute particulière, M. le chevalier Yaréliaud me mita ménie de décrire un Ophiostome vomi sous les yeux du docteur Raymond Ppntier , dlJzerches , par un cultivateur des environs * de cette ville , qui avait été, depuis plusieurs années, sujet à des attaques d'épilepsie , et qui en fut dès lors totalement délivré.

» L'individu que j'ai été à même d'observer, et que je conserve dans de Tesprit de vin , est Iqpg de neuf pouces , et n'a qu'une ligne d'épaisseur dans son plus grand diamètre , ce qui le fait ressembler à une moyenne corde de violon. Il est brun, finement annelé de cercles plus clairs. Sa bouche est manifestement bilabiée; la lèvre inférieure est plus longue que la supérieure. J'en ai , dans le temps , communiqué la description aux Sociétés philomatique et d'histoire naturelle de Paris ^ et pro« posé de le nommer Ophiostoma Pontieri,.^

3j6 VERS INTESTINAUX.

î; Vers rubanaires. ' . ;.,,*, ' :: \ .

6* Genre : Bothryocêphale , Bothryocephalus Bremser.

Corps alongé , rubané , articulé; tète tétragone , pourvue de deux ou quatre fossettes opposées -, ouvertures des organes générateurs placées sur le milieu de la face inférieure de chaque article.

BOTHRTOCÉVHALB LARGE.

Bothryocephalus latus^ Bremser ,1. c. p. 163, t. 4, 5; Tœnia lata , Rudolphi.

On rencontre dans le corps de l'homme deux sortes de vers rubanaîres que Ton confond vulgairement sous le nom de Ver solitaire. L'un a la tête alongée , sans cou marqué , les articles larges, quadrilatères, aucune partie saillante au milieu des quatre suçoirs : c'est celui que nous décrivons ici sovA le nom de Bothryocêphale. L'autre a ses articles plus longs, la proéminence d'entre les suçoirs armée de petites pointes <jisposées en rayons : c'est le Taenia à longs anneaux ( tœnia solium L. ) , plus spécialement désigné sous le nom de Ver solitaire.

Le Bothryocêphale a communément une longueur de vingt 'pieds sur cinq à six lignes de large. Cependant il eii est dont les dimensions sont beaucoup plus considérables. Ainsi , Gœze dit que Bloch lui en envoya un individu qui avait soixante aunes un quart de long ; et Boerhaave prétend qu'il en a fait rendre un à un Russe , qui n'avait pas moins de trois cents aunes. M. Rudolphi a assuré à M. Bremser qu'il avait vu des Bothryocéphales qui avaient jusqu'à un pouce de large.

La tête est ovoïde , obtuse, présentant une dépression transversale , que M. Rudolphi considère comme les organes pror près à absoiber la nourriture -, mais, selon M. Bremser, l'ouverture de la bouche est placée dans cette dépression. Du moins ce célèbre helminthologiste prétend que, dans un Bothryocêphale provenant du Turbot (Pieuronectes maximus L.) , l'ouverture de la bouche est très marquée. Les articulations sont sous la forme de plis ou rides transversales dans la partie supérieure

VERS INTESTINAUX. ZjJ

da Yer, qui est plus étroite. Mais à mesure qu'on s^éloigne de la tête, lei articles deyiennent plus larges. A leur face inférieure sur la ligne médiane, on aperçoit sur chacun d'eux un très petit trou, par lequel sort une sorte de corps pointu, que Fon considère comme le pénis des mâles. Les oyiductes environnent cette ouverture. Le Bothryocéphale se termine à sa partie postérieure par une extrémité obtuse.

Dans l'état récent , et peu de temps après qu'il vient d'être expulsé du canal intestinal , ce Yer a une couleur grisâtre, et n'est jamais Manc comme le Ver solitaire proprement dit. C'est à M. Bremser qu'on doit la première bonne de^ription de la tète de cet Entozoaire. On pourra voir combien sous ce rapport il diffère des vrais Taenias.

Le Bothryocéphale est beaucoup plus commun che2 leshabitans du nord de l'Europe , et spécialement chez les Russes , les Polonais et lesSuisses. On l'observe aussi quelquefois en France, mais moins souvent que le Tœnia.

0* Genre : T^ewia , Tœnia Bremser.

Corps alongé, rubané, articulé ; quatre suçoirs à la tête , qui est armée d'une couronne de crochets 5 ouvertures des organes générateurs sur les bords mêmes des articles.

TiENIA VER SOLITAIRE.

Tœnia solium L. Rudolphi; Bremser,!. c. p. 178, t. 6 et 8.

Le vrai Taenia , ou Ver solitaire, 'se trouve dans les intestins de l'homme , eh France , en Italie , en Allemagne, et en général dans toutes les contrées de l'Europe où on n'observe point le Bothryocéphale.Cette espèce est très facile à distinguer de ce dernier. En général, sa couleur est presque blanche. Sa tête est globuleuse 3 elle présente quatre mamelons arrondis, au centre desquels est l'ouverture de la bouche , entourée d'une rangée circulaire de très petits cils. Les articles de ce Ver sont en général plus longs que larges -, et les trous des organe s sexuels , au lieu d'être placés sur le milieu de la face inférieure de ces articles-, sont disposés surleurs bords mêmes' Il résulte de cette

378 VEES IKTSSTINAinL.

confirmation, qu'un $eul article & c«s«i^pèces peut servir k \e$ distinguer très facilement l'une de l'autre , uaifuement par la place différence que cea organes oecup^tit.

M. Bremser dit qu'il ne pense pas que jusqu'à présent âucw naturaliste ait tu un Ver solitave parfaitement entier : ce n'est jamais quie par fragment qu'on a pu l'étudier 5 aussi Tarie-4*oii singulièrement sur «a longueur^ Quelques auteufa disent qu'il n'a conununément qu'une douzaine' de pied:^; d'autre s, au contraire, prétendent avoir ¥u des individus qui avaient plu^ 4a cinquante aunes.

U paraît certain aussi que l'on peut trouvisr plusieurs indi* vidus de ce Yer chez la même personne , quoique 1^ nom 4^ Yer solitaire dût faire présumer le contraire.

Beaucoup d'auteurs ont avancé que le Tsma reproduit de nouvelles articulations par son extrémité postérieure, ft mesure qu'il s'en détache, et qu'elles sont expulsées avec les matières fécales. Mais cette opinion est combattue par M. Bremser , qui pense qu'originairement tous les articles qui doivent composer ce Ver existent , maïs excessivement rai^rochés les uns des autres, et que c'est par leur écartement successif que lalongueur du Ver s'accroît.

J'ai «u occasion d'observer un fait remarquable sur un T^nia au moment où il venatt d'être rendu par une jeune fille. En le mettant dans du lait tiède , il exécuta des mouvemens extrêmement marqués , qu'il renouvela toutes les fois qu'on changeait le liquide.

S n. Entozoaires qui se développent hors des organes digestifs.

T Genre : Fiuire , FUaria L.

Corps alongé , cylindrique , à pen près d'un égal diamètre dans toute son étendue j bouche orbiculaire; pénis simple ou bifurqué. '

Pilaire dragoneau.

Filaria dracuneulus, Bremser, I. c. p. 19S, t. 3, f* 1 ; Filaria Medinensis f fiadolphi.

Ce Yer, connu des auteurs les plus anciens, porte en ¥rafi£(^

VSAS iiVTBSTiNADx. iyg

tes noms de DengoMau , cU Yer de Uéàme , de Gaiii4e , de Veine de. Médkie , de Yer cuUné y etc. Les auteurs ne sont pas d'accord sur la nature et même sur l'existence de cet Entozoaire« Qa l'obserTie surtout dans l'Arabie-Pétrée , en Afriqtie , au Sénégri, au Congo, à la c6te d'Angola, etc. ; en Asie , dans les Grandes-Indes, et jusqu'en Amérique. Cependant il ne parait pas qu'<Hi l'ait trouvé en Europe , si ce n'est sur des individus qui avaient s^ourné pendant plus ou moins long-temps dans les pays où ce Yer existe^ et d'où l'on peut supposer qu'ils en avaient apporté le germe. C'est ainsi que M. le docteur Brulato»r de Bordeaux a publié deux observations de DragoneaU vu dans eetle ville , die^ deux individus arrivant des contrées tropicales. Il existe sous la peau , dans le tissu cellulaire , ou entre le» mascles ; le plus souvent aux extrémités inférieures , quelquefois aux membres supérieurs , au cou , à la tête , au scrotum ; en un mot, dans presque toutes les parties du corps. Il est cylindrique, d'une longueur extrêmement variable, puisque quelques moiteurs en ont vu qui n'avaient que quelques pouces, tandis que d'autres avaient dix , vingt, trente pieds, et au delà. Sa gmsseur n^est pas non plus ^ponstamment la même. On a vu des individus fins comme un fil , et d'autres qui présentaient plus d'une ligne de diamètre.

. La ressemblance de cet Entozoaire avec un Yer qu'on trouve abondamment dans l'eau, et que l'on appelle le Gordius açuatilis , a fait penser à un grand nombre d'auteurs que le Filaîre, ou Yer de Médine , n'était que le Gordius , qui avait pénétré dans le tissu cellulaire, soit en traversant la peau à l'état d'œuf onde jeune embryon, au moment où. le corps est plongé dans l'eau , soit en étant introduit dans le corps ^ l'état de germe , avec les boissons aqueuses. Mais cependant pli^&ieurs helmin* thologistes ont combattu cette opinion.

D'autreSyaucontfaire,ront considéré comme une production Morbide , soit une portion de nerf, soit un vaisseau , etc.

Cependant aii^ourd'bui la plupart des zoologistes l'admettent au nombre des Yers intestinaux.

Cdmme cette espèce ne se rencfMitre presque jamais en Ff aacfi » nous ne croyons pas devoir en parler ici plus iougue-

380 VR&S INTBSTIirAnX.

ment, renvoyant à l'ouyrage de Bremser les personnes qui désireraient connaître tontes les opinions contradi<^toires que Ton a successirement émises sur cet être singulier.

M. Clot-Bei, médecin français, fondateur et directeur de Fécofe de médecine d'Aboazabel , près du Caire en Egypte , a présenté à FAcadémie des sciences de Tlnstitut, dans sa séance du 10 décembre 1832 , un traraiL sur ce Ver. Selon ce médecin, le Oragoneau se déreloppe dans toutes les parties du corps, au nez , à la langue , au scrotum y aux membres. Il assure en avoir observé en 1828 un exemple très remarquable chez une négresse , arrivée du centre de TAfrique depuis cinq à six ans. Le Dragoneau était logé dans Torbite , et sa présence n'y avait, pas déterminé une inflammation très vive. De temps à autre on le voyait s'avancer de l'angle externe de Fœil en glissant entre la sclérotique et la conjonctive. Arrivé à la comé^transparente, il la contournait en se dirigeant en haut. Selon le même médecin , les blancs qui ont des communications avec les nègres nés en Afrique sont quelquefois attaqués du Dragoneau.

8* Genre : Strongi^e, Strongylus Rudolphi.

Corps cylindrique , élastique , atténué à ses deux extrémités-, bouche orbiculaire ou anguleuse , souvent munie de mamelons 3 la pointe de la queue du mâle terminée par une bourse d'où sort le pénis.

STAON6LB GÉANT.

Strongyluis gigas, Rudolphi ; Bremser, l. c. p. 25a, pi. 3, f . 3.

On a donné ce nom à un Entozoaire que Ton trouve spécialement dans les reins de l'espèce humaine , et qui est quelquefois expulsé avec l'urine. Il est cylindrique , atteignant quelquefois une longueur de deux à trois pieds , et la grosseur du petit doigt. Son extrémité antérieure est obtuse , et se termine par la bouche , qui est environnée de six tubercules. L'extrémité opposée, dans le màle, est terminée par une vésicule renflée, d'où sort un pénis court et pointu. Dans les femelles qui manquent de ce renflement, l'ovaire est simple , trois ou

VBBS INTB9TINA1JX. 58 1

quatre fois plus long que le corps , communiquant au dehors par une très petite ouverture en arrière de la bouche, et donnant, selon M. Cuvier, par son autre extrémité, dans Tanus, placé au bout de la queue. D'après M. Bremser, l'entrée du Tagin est éloignée , selon la différente longueur du Ver, d'un ou de plusieurs pouces de l'extrémité de la queue.

Ce Ver, dans l'état de vie, est en général d'une couleur rouge plus ou moins foncée. Il n'est pas très commun , et on le rencontre bien moins fréquemment qu'aucun des autres Vers intestinaux. Cependant les auteurs rapportent encore un assez grand nombre d'exemples de Strongles géans trouvés dans les reins , ou rendus avec les urines.

9* Genre : Hamulairb, Hamularia Rud.

Corps linéaire , presque cylindrique 5 tète obtuse munie de deux crochets proéminens.

Hâmolaire comprimé.

Hamularia subcompressa, Rudolplii, Entoz. 'X, part, f, p. 82! Bremser» 1. c. p. 250.

Treuttler a décrit sous le nom de Hamularia lymphatica un Ver qu'il avait rencontré dans les vaisseaux lymphatiques des glandes bronchiales d'un homme mort phthisique. Ces Vers étaient cylindriques , un peu comprimés , longs d'un pouce ou beaucoup moins , d'une couleur brune noirâtre , parsemés eh partie de taches blanches , un peu amincis vers l'extrémité antérieure , et à moitié transparens vers l'extrémité caudale. La tète était peu distincte , obtuse , et offrait deux <;rochets proéminens. Du reste, aucun autre organe n'apparaissait à l'extérieur de l'animal.

Treuttler étant le seul auteur qui ait trouvé cet Enlozoaire , son existence a paru douteuse à beaucoup d'helmlnthologîstei^, et l'on pensait surtout que les deux appendices remarqués par ce médecin pourraient être , soit un double pénis, soit quelque autre viscère à moitié sorti de l'abdomen. M. Rudolphi, dans tonSynopsis^ a rangé ce Ver dans son genre Trichosome.

38a vsB» nrnm<nfAirK.

10* Genre : Distome , Distoma L.

Corps môa j déprimé eu preiqae eylindbriqpie ; deux pores , dont l'un antérkur, et l'autre T^itral*

Distome du fois.

Diêtomm hepatUuwi^V^éxAçXiX ; Bremser» 1. e.i^^ 205. t. ^ f » I» 1. g.;

Fasciola hepaUca L« ; Fasciola humana GméUn.

On a donné ce nom à un Entozoaire qne Ton trotrre dans la Vésicule et les conduits biliaires de l'homme et de ploinéars animaux. Les Douves sont comprimées, ayant en quelque sorte la forme d'une petite feuille ou celle d'un fer de lancette ^ obtuse aux deux extrémités^ offrant en avant une partie rétrécie en forme de cou , au bout de laquelle est le premier suçoir. De cet organe partent des canaux qui se ramifient dans tout le corps y et y transportent la bile , qui Ikit l'unique nourriture de ces animaux: Un peu en arrière , on voit un petit tentacule rétractile , et immédiatement après est le deuxième suçoir. Vers le milieu de l'ahimal existe l'ovaire , et les œnfy sortent par le tentacule, qui parait exercer les fonctions d'un pénis, puisque )'02à prétend que ces animaux s'accouplent à la maniôre des Hélices I en introduisant mutuellement leur tentacule dans le deuxième suçoir.

La. grandeur de cet Entozoaire dans l'homme varie de deoxà cinq lignes, et même un peu au delà. Dans les animaux, au contraire , on en trouve qui ont un pouce et plus de longueur. Cependant M. Bremser est porté à considérer ces espèces comme identiques.

Cet Entozoaire n'a pas été trouvé très fréquemment chei l'homme; il est beaucoup plus commun dans les autres animaux,

§ m. Des H/datides ou f^ers x^ésicalaires.

On a désigné sous le nom général d'Hydatides des vésicules plus ou moins volumineuses, à parois minces et souvent transparentes, remplies d'un liquide aqueux et incolore, le plus souvent réunies dans une poche commune ou kyste , qui se forme

TBRS iiiTBSvnrAtnt. 383

dansl'ititérieiit* des organes creiix, ou dans la substance même desorganes parench jmatenx. Tantôt ces Tésicnles sont toat à fait libres et indépendantes , non senlement entre elles , mais encore relâtivettient ft la paroi interne du kyste, atec ' laquelle elles paraissent kt'ayoir aucune adhérence; tantôt elles sont unies isutre elles an moyen de filamens ou d'une sort% de réseau , et forment des grappes plus ou moins volumineuses et ramifiées.

Les opinions les plus diverses ont été émises sur Forigine et la nature de ces productions. Cest ainsi qu'on les a tour à tour considérées comme des maladies , des renflemens on dilatations iccidentelles des vaisseaut sanguins et lymphatiques , comme des dégénérescences du tissu cellulaire ^ comme des altérations des humeurs ^ etc. , etc.

Mais, tek^ la fii& du dix^septième siècle, Hartmann, Malpighi ^t Tyson découvrirent presque en même temps la nature anituale de ces vésicules, dont ils reconnurent les mouvemens,el qu'ils considérèrent cihume des Vers intestins. Cependant cette opinion , bien que généralement adoptée pour plusieurs de ces vésicules , est niée pour quelques autres par beaucoup de naturalistes et de médecins.

Lei Vers vésicnlaires sont en général rapportés à quatre genres^ sous les noms d'Acéphalocystes, Cysticerqnes, Échinocoques et Oenures ou Polycéphales. Ce dernier n'a jamais été observé dans l'homme. C'est lui qui , en se développant dans la substance cérébrale des montons, leur cause la maladie connue sous le nom de Tournis. «

1» ACÉPHALOGVSTES.

On trouve fréquemment dans plusieurs organes des vésicules isolées les unes des autres , d'un volume variable , libres on adhérentes , développées dans une pœhe accidentelle , et que M. Laennec a désignées sous le nom d'Acéphalocjrstes. Leur volunàe varie depuis celui d'un grain de chenevis jusqu'à celui de la tète d'un ftetus à terme. Leurs parois, dit M. Hipp. Cloqùet (1), sont minces , homogènes , fragiles et sans fibres ; elles sont le plus souvent incolores, parfois légèrement grises ,

(t) Dictionnaire de médecine en vingt-un volumes, art. Acéphaîocyste.

3B4 VBAS INTESTINAUX.

verdàtres, ou d*;in6 teinte laitèusa. Leur cavité est remplie par un liquide parfaitement limpide, ayant toutes les propriétés de l'eau chargée d'un peu d'albumine. Assez souvent les Acéphalocysles offirent dans leurs parois des épaississem^ns de différente nature. Les uns sont blancs , irréguliers , plus ou moins étendus ; d'autres sont de petits corps sphériques, blancs et opaques, dont le volume varie depuis celui d'un grain de millet jusqu'à celui d'un petit pois. On pense assez généralement aujourd'hui que ces petites masses oviformes sont des Acéphalocystes nai^antes , qui . après avoir atteint un degré de développement suffisant, se détachent de leur mère, tombent dans sa cavité intérieure , et y prennent ensuite de raccroissement (/).

Il n'est pas rare de rencontrer des Acéphalocystes qui en contiennent d'autres moins volumineuses , lesquelles en renferment de nouvelles déjà assez grosses aussi. Il est présumabie qu'à la longue les nouveaux Vers, en acquér^t de plus fortes dimensions, doivent finir par faire éclater leur mère, en la distendant outre mesure. Presque toujours , en effet , on trouve les plus grosses Acéphalocystes rompues. D'après l'apparence de leurs parois, qui contiennent tantôt des corps ovoïdes, tantôt desimpies granulations, tantôt enfin des espèce^ de gemqies ou de bourgeons, M. Laennec divise le genre AcéphalocysteeM trois espèces , qu'il nomme Acephalocystis ovoidea , A, granu^ losa et A. surcuUgerà. M. H. Clpquet a découvert dans la capsule synoviale du tendon du grand fessier une espèce dont les vésicules sont lenticulaires et granuleuses , et qu'il nomme A. plana, £nfin^ le même naturaliste fait une cinquième espèce pour les Hydatides en grappes , qu'on observe fréquemment dans l'utérus : productions sur lesquelles M. le. professeur Désormeauxa publié des observations très bien faites, à l'article QEuF du Dictionnaire de médecine en 21 volumes.

Les Acéphalocystes sont-elles des animaux? ou bien ne sontelles que des altérations accidentelles et morbides de nps tissus ? Il me parait très difficile de seprononcer entre ces deux

(1) Voyez, dans la Gazette médicale du samedi 29 décembre 1832 , an travail de M. Khun sur Içs Acéphalocystes.

opiniom , qui v l'iine et rautre^ peuTeiitélrd tour à tour sontaMies «t oombattnes avec ma égal avantage. Rudolpfai ne les admet futs ao nombre des Vers iatestînanxi Bremser, au conpraire, semble a^bpter Topiaion opposée , et cependant il n^en purle pas3pédsd6ment. Pour nous, il nous semble qu'il est fort difficile d'a4«i^tre ,^ dms le |^ue animal , des corps qui ne nous paraôsçnt atoir Juain des signes qui caractérisent Tanî^ maliléi» Dfif yess^es pleines d'un liquide diaphane , mais dans 1b^\i^qs on ii;^t]:ou¥e aucune trace d'organes , qui sont tout- |L-(ait iiiertes (car il partit luendâcnontré que |usqufà présent ou n'a pu apercevoir aucun mouvement réel dans ces producti^>ps}, npiis aombl^nt pe se raltacber an rien à réorganisation animale. Ce ne sont que des développemens anormaux , di^s dégénérescences des tissus 5 dégénérescences don ton n'a poitit encore assez étudié peut-être le mode de formation primitive et les développemens successifs.

L'opihion'que nous émettons iqi pour les Acéphalocystes nous parait devoir s'appliquer également aux autres Vers vésipuleux. La vésicule nous parait être une partie tout^k-fait dis*» lincte des anio^ux qu^pn trouve, nageant dans le liquide. La première est une production morbide tout k fait semblable aux jlcépbalocystes, et les animalcules qu'on trouve dans son intérieur sont tout k fait. analogues aux Infusoires qui se forment, sans qu'on en çonn^is^Q la. cause, dans les liquides qui conliennent des- matières animales ou végétales. Du moins , c'est ce que l'on peut dire pourle&Échinocoques etlesCysticerques.

Au reste , cçtte opinion. parait être aussi celle de Rudolpbi , qui admet de$ H^datides vivantes et non vivantes , c'est-k-dire contenant des animajlc'ules.ou un liquide inerte et sans animaux.

2' ËCHINOGOQUE DE L*H0KMEi

Echinococcus hominis, Bremspr, 1. c, p. 293, t, 8, f. 2«; 2 a., t. IQ^f. 1.

Dans l'intérieur de plusieurs des organes de l'homme , dans le fpie,^ le rein, etc., il se forme quelquefois des^ vésicules rerat>lies d'un liquide diapbane , limpide ou légèrement coloré. Si l'oipi examine l'intérieur de ces vésicules , on voit nager dans le liquide qui les remplit des corpuscules déprimés, alongés,'que

380 ▼sRs nnmammkvk^

Ton a çoBfiiàétéê comoM d'anlres Hydàtide9:i^ exapiiiMit HV«e soki c«s Hydntidf s, M* ReodsorCf (Pe hydaUdièus in torfionre hup^r^etprm$ertini in cereèt^reperiie) a rtoomflique c^étaieM de^érftfbles V€rs iotestiiiaui^ épartdimt t'iiiléfieurde laveasiei d'uii«fonneoTa)air«»aUéiiué8 aux délixeQit0éniités,reBfléia^ milieu , et dont Textrémité céphaliqne esl arméd d^une couronne de. crochets. M. fo-emser n^arait qu'une connaissance incomplète de rorgânisation de ces anitt^ux , pttts<{u'il dh que ceux qu'on trouve dans l'espèce bnmaine paraissent manquer de cette couronne de crochets. ]V|. lUndsorff , au contraire , les a très bien vus et &it figurer 3 et ce sont ces figures que M. de Blain ville a reproduites dans la planche X de FAtlas de la tra* duction française de Touvrage de Bremser.

S"" ÇVSTICEIIQIDS.

Cysticercus cellulosa Rudolphi, Bremser, 1. c. p. 180, t. 8.

Cet Ëntozoaire se développe dans le tissu cellulaire des muscles et dans la substance du cerveau, chez Fhomme, mais beaucoup plus fréquemment dans certains animaux , et entré autres les cochons.

De petites vésicules ovoïdes se forment dans le tissu cellulaire , et y adhèrent plus ou moins fortement , au moyen de feiseaaux vascûlaires qui proviennent évidemment du tissu qui les environne. Dans l'intérieur de chaque vésicule^ qui est pleine d'un liquide incolore, se trouve un petit Ëntozoaire qaî préseilte les caractères suivans : Son extrémité caudale est terv^ée par une vésicule transparente , plus ou moins renflée ; le corps est alongé , ridé transversalement , probablement par l'effet des contractions de l'animal ; le éou se termine par une tête renflée , obtuse , présentant sur ses parties latérales quatre suçoîirs courts et obtus, et* terminée à son sommet par une couronne de petits crochets.

C'est cette espèce qui , en se multipliant outre mesure dans certaines circonstancea, finit par envahir toutes les parties dû cochon , «t- déterminer la maladie connue* sous le nom de ladrerie, , '

TSaS IHTBSTINiLUX. 387

Ite^ Cyttiperques p^uYent exécuter certains monyemei^ : ainsi ils dilatentoucompriment leur véhicule caudale^ ila alon> gant ou raccourcissent à Tolonté leur corps.

On a distingué plusieurs espèce^parmi les Cysticerques qu'on Irouve dana les différentes parties du corps d^ rhomme. Tels sont les Cysticercus tmuicoUls^ observés dans It plexus choroïde } les Cj^sùcercus Fischerianu^^tX Cjrstlcercus dicj/stus A^

Laennec.

C'est à cette division des Vers intestinaux qu'appartient la Ver décrit par Treuttier sous le nom de Distotna pinguicola. Cet Ëntozoaire a été trouvé une seule fois dans la graisse qui entourait l'ovaire <f une jeune paysanne morte en couchas. M. Brem§er le figure pi. 9, f. 2* '

Quant au genre C«nure ou Poïycéphale , il nous semble être absolument le même que le Cysticerque , avec cette seule différence que chaque vésicule est commune à plusieurs corps , tandis que, dans ce dernier genre , U n'y a qu'un seul corps pour chaque vessie. Du reste , l'organisation du Corps et de la tète est absolument là même , ainsi qu'on peut le voir en comparant les aguresque Bremser donne du Cysticerque, pi. 8, fig, 1^ h, avec celles de Fischer , reproduites dans l'Atlas da. Brêm^er' pi. 10, f. 2, c, et qui représente la C«mire cérébrale , qui déteru^ine che» les moutons la maladie connue sous le nom de tournis. . .

Après avoir fait connaîtra Torganisation générale des Yers intestinaux, indiqué la place qu'ils doivent occuper dans la classification zoologique, après avoir donné une description succincte dci diverses espèces qui sont propres à l'espèce humaine , il nous reste k nous élever à quelques considérations généralessur l'origine et le développement des Vers intestinaux. Ce sujet difftcile tient aux théories les plus ardues de la philosophie des sciences naturelles. . ...

On peut rapporter à deux chefs principaux les opmions émises sur la formation première des Vers intestinaux. L'un

388 VERS INTESniTAtïX'.

admet qu'ils Tiennent du dehors j Tautre, au contraire, qu'ils se forment à ^intérieur même du corps des animaux.

!<" Les Yers intestinaux sont-ils des animaux qni aient d'abord vécu à Textérieur et qui se seraient ensuite introduits dans certains animaux? Ceux qui ont cherché à étabKr' cette opinion* se sont appuyés , les uns sur ce que les Entozoaires qu'on trouve*' dans le corps des animaux avaient été aussi trouvés soit dans^ Feau , soit sur la terre. Mais une semblable allégation est tont à'^iTaiffaiis^e et ne repose quQ sur une observation superficielle et une connaissance incomplète de l'organisation propre aut Entozoaires. Sans doute il existe des analc^es dé forme entre" certains Vers iùtestinatix et d'autres Very extéiieufs , ainsi entm l'Ascaride lombricoïde et le Loihbric terrestre ou Yer de terre , eh tre les Douves et certaines espèces de Wànaires , entre la Fitaire ou Ver de Médine et le Gordius aijuatittsy maïs cesi^pports ise tnontrent seulement dans la forme'* et nullement dans l'organisation intérieure qui présente les différences les^ ptu^ ti^anchées. En effet cette organisation est toujours en rapport avec lé milieu dans lé(|liel les animaux sont destinés à vivre.- Aînsi l'on ne peut admettre , comme le veulent lœ partisans dé celte opinion , que les Entozoaires ne soient que des individus' provenant des œufs des Vers extérieurs qui se sont introduits dans' Intérieur des animaux par une^ cause quelcon<}ae , ou même de très jeunes individus de ces niémes Vers.^ *

D'autres, reconnaissant les'différences que l'organisation présente dans ces deux classes d'a^maux , ont prétendu que ces différences étaient simplement (e résultat du genre de vie différent de ces aniinaux, qui primitivement avaient une même oriçinç j qu'ainsi les Entozoaires étaient dés Vers extérieurs dont le séjour dans le corps^d'iin autre animal avait pu modifier rprgàhisation interne. Mais, pour soutenir une semblable opinion, il faudrait admettre que les Vers sont, comme les Insectes par exemple, susceptibles de* métamorphoses. Or c'est ce qai n'existe pas. Jamais on n'a vu un Annélide ou un Ver extérieur éprouver le moindre changement dans son organisation pendant les diverses phases de srôh existence. Jafmaîs , malgré le nombre prodigieux d'animaux qui ont été étucliés uniquement

dans le but d'en examiner les ËiitQfoaires«urtout^par MM*Kur 4alp£ii , 'Bremâer et les auH'es helnrînthologisles allemands ^ on n'a pu trouTer un Intestinal au moment où son organisation ss modifiait. Il y a plus, ainsi que le démontrent les expériences tentéesà cet effet , les Vers extérieurs ne peuvent pas plus vivre dUins le corps dea autres animaux que les Helminthes une fois qu'ils en sont sortis. La vie dans les uns et les autres «e se ^xinserre qu'à certaines conditions , et ces conditions ib ne les ^rouTent que dans le milieu: où ils ont commencé à sa déretop(»er , et aTec lequel leur oi^anisationest en rapport..

L'exclusion de ces diverses opinions nous amène nécessairement à admettre celle qui reconnaît que les Vers intestinaux se forment primitivement dans le corps dé l'animal. Admettons un instant cette opinion comme prouvée -, et sans chercher à établir le mode spécial de leur formation, examinons quelques questions qui s'y rapportent, et qui peuvent jeter du jour sur ce point difficile de îa question. Les Vers intestinaux peuvent ils se corn* muniquer d'un individu à un autre , et quelles sont les voies par lesquelles cette communication peut avoir lieu? On a prétendu que les parens pouvaient communiquer à leurs enfans le germe des Vers intestinaux qu'ils auraient eux-mêmes. Mais cette transmission ne pourrait avoir lieu de la part du père qu'an moment de la copulation et parle moyen de la semence. Or la liqueur prolifique de l'homme a été bien souvent exa^ minée au moyen de microscopes très, puissans , et jamais on, n'y a trouvé d'œufs de Vers intestinaux. Et d'ailleurs comment ces . œufs seraient-ils arrivés jusque dans les testicules ou les vésicules séminales? Qu^nt k. la mère, ou (ien elle aurait communiqué ces œufs à son enfant encore à Tétat de germe, ou bieti, ainsi que plusieurs auteurs le voudraient, elle les lui aurait donnés par le moyen de l'allaitement. Mais de semblables opinions se réfutent presque d'elles-mêmes. En effet on ne trouve pas des Vers uniquement dans les animaux pourvus de mamelles 5 il en existe non seulement dans tous les autres Vertébrés , mais encore dans les Mollusques et les Articulés. Or ici il est évident que la transmission n'a p,u avoir lieu pendant raUâiteaient. De plus , dans les Oiseaux où l'on observe un si

SpO TBRS IlfrBSTIHAITX.

grand notnbre de. Vers intestinaux , la coquille calcaire don Tœuf est rerètu le met à Tabri de ia commHnic^ation directe arec la liqueur du mâle. D'ailleurs ne voit-on pat joumelle* ment des parens qui ont été long-temps tourmentés par des Entozoaires, aroir des enfans qui n'en présentent aucun symp» t6me , et vice uersâ. Ainsi donc , tout tend à prouTer que cettse communication dea Vers dea parens à leurs enians ne peut aroir lieu. * -

Mais serait-ce par le moyen de l^lir , des alimena ou dee boûk sons, que ces germes pourraient être transmis? Et d'abord» tcnM les ceufe des Vers intestinaux qu'on a pu obserrer jusqu'à nrésent étaient, quoique d'un très petit volume, apéciiquémeait plus lourds que l'eau distillée. On ne peut admettre que dee corpe ayant cette pesanteur spécifique pourraient rester sua* pendus dans l'air, et pénétrer ainsi par les organes respiratoires jusque dans le corps des animaux. La raison se refuse à nne parçille supposition. D'ailleurs il y a un grand nombre d'Ento* zoaires dont on n'a jamais pu découvrir ni les organes reproducteurs ni les œufii, tels sont tous les Cystoides par exemple. Ici il est impossible d'^dmettre.cette voie de communication.

Nous pouvons en dire autant quant à la communication par le moyen des dimens et des boissons* Ceux qui ont soutenu cette opinion prétendent que les Vers intestinaux qu*o& observa ckea l'komme ne sont que les mêmes espèces qui existent dans les animaux dont il fait sa nourriture, et qui lui ont été transmis .en iiaiigeant ces animaux. Mais d'abord nous avons déjà prouvé que les Vers intestinaux ne sont pas susceptibles de métamorphoses ; en second lieu , on troi^ie dans l'bomme des espèces qui n'x>nt aucune analogie avec celles qui existent dans les animaux dont il se nourrit; enfin Texpérience directe détruit ceite assertion; car Pallas a pendant un temps asses ioog nourri un Putois presque exclusivement avec des Vers intes* tinaux; et l'ayant tué, il n'y a trouvé aucun Entozoaire. La digestion, en effet, foit éprouver aux matières alimentaires des cbangemens si profonds , qu'elle doit nécessairement détruire lé principe delà vie, et par conséquent tous les germes que ççs matières pourraient contenir. Mais d'ailleun, dans cette

VERS INTESTINAUX. îpl

l^fpothèse , il resterait çncore à trouver comment ces Vers se seraient développés dans les animaux qui ietf^auraient communiqués à l'homme , et la question se Retrouverait encore tout entière dans cette solution.

Si^noijs^avons prouvé que les Vers îo^efltînaHx ne proviennent pas (Je Vers extérieurs , modifiés par la lieu qu'ils habitent } si nous avons également détruit la supposition que ce Vers peuvent être transmis des parens à leurs enfans pendai/i l'acte de la génération ou par l'allaitement ^ si, enfin, nous avons démontré qu'ils ne peuvent pénétrer dans le corps des animaux , ni par le moyen de l'air qu'ils respirent , ou des * aljil(eiis dont ils se nourrissent, bous n'avons plus cpi^uiire seule origine à leur attribuer , c'est qu'ils sont le résultat d^une créa* tion^d'uneigénération spontanée. Nous sommes loin d'admettre que ce mode de formation soit le seul en vertu duquel ces animaux se développent. Ceux en effet dans lesquels les sexes sont bien marqués , où le mode de génération est bien évident , rentrent sans doute dans la loi commune à tous les étres'€a^« nisés j mais, pour un grand nombre , la génération spcmtanéé', quelque opposée qu'elle soit à nos observations ordinaires et & nos propres convictions, nous para|t encore plus probable qu'aucune des autres causes par lesquelles on a cherclié à ex^ pliquer la formation des Entozoaires.

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