‹ Elémens d'histoire naturelle médicale, Volume 1Chapitre 16 sur 131 · CLASSIFICATION DES ANIMAUX · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DES ANIMAUX

encore à peine comme dans ce qu'elle a de plus apparent. Ainsi, parmi les Ipsectes, Linné plaçait non seulement les Insectes proprement dits, mais les Crustacés et les Arachnides. Les Vers contenaient des animaut encore plus dtfférens , puisqu'on y trourait arec les polypes , qui sont les animaux dont l'organi- •ation est la plus simple, les vers intestinaux, les Annélides^ et enfin toute la classe dés Mollusques.

Lamarck partage les anîni^aux en deux g;rande8 séries : 1^ les Vertébrés y qui ont un squelette intérieur composé d'une partie centrale sur laquelle presque toutes les autres sont appuyées , et qu'on nomme la colonne irertébrale; T les Invertébrés^ qui n'ont pas de squelette intérieur, et par conséquent pas de co« lonne vertébrale. Les animaux invertébrés sont ensuite divisés en apathiques et en sensibles. Les premiers sont ceux dans lesquels on n'avait point encore découvert de système nerveux j i!s comprennent 1* les Infasoires } 2*» les Polypes; 3* lesTunicîcrsj 4'*les Radiaires j 6* les Vers. Les seconds, c'est-à-dire les invertébrés sensibles^ dont le système nerveux est apparent, se subdivisent en l*" Insectes; 2<' Arachnides ; «S^» Crustacés ; 4<'Annélîdes; ô" Cirthipèdes; 6« Mollusques. Enfin les Vertébrés, dans desquels le système nerveux a un développement considérable, et qui sont non seulement sensibles» mais intelligens, .comprennent les quatre classes déjà établies par Linné, savoir : ries Poissons; 2"^ les Heptiles ; 3^ les Oiseaux; 4*" les Mammifères.

La division des animaux en Vertébrés et Invertébrés est importante. Ces animaux forment deux groupes en effet bien distincts ; mais néanmoins on ne peut pas se dissimuler que si les Vertébrés appartiennent essentiellement à un même type d'organisation, dont ils ne sont que des modifications, que Ton peut suivre en quelque sorte pas à pas, il n'en est pas de même des Invertébrés.Tous les animaux qui sont privés d'un squelette intérieur ne constituent pas un groupe aussi uniforme que les Vertébrés. L'organisation est chez eux trop variée pour qu'on puisse la rapporter à un seul et même type. Les progrès et les découvertes de l'anatomie comparée, en nous t^aisant mieux connaître et dans leurs détails les plus minutieux l'organisa-

5o CLASSIFICATION D«S ANIMAUX.

tiôfa d* un grand nombre de ces animaux dont l'anatomîe avait été ju^dù'a|ors peii cultivée, ont nécessairement rendu insuffisante la classification des animaux par Lamarck.

Georges^ Ciivier, qui plus qu'aucun autre pétit-étre a corttrîbiiéiux progrès de Tanatomie comparée, soit parla publicatioii de ses nombreux Mémoires, soit j^ar celle de i$es Leçons ctanatomie comparée , a présenté d3hs son Règne animal une cla^sîficatioA aujourd'hui géuéralismëht adoptée, et <|iie nous suivons aussi da^ cet ouvrage.

Toute classiûcàtièn des cbrpis de la* nature^ pour être bonne et philosophique, doit être fondée sur les caractères les pluscotistans, et dans les êtres organisés sur ceux que fournissent lés organes les plus int]>ortans. Or, dans le règne animal, le syitéme nerveux est sans contredit la jsource des caractères lés plus jconstans, ei qu'on doit placer en première ligne, car c'est lui qui caractérise essentiellement les animaux, et dont la présence sert à lesJ distinguer nettement deS végétaux. Comme le système nerveux se modrfiè daiis la série animale, et que Chacune de ses grandes modifications réagtt ïissez sur le. reste de l'organisation pour entraîner avec elle une série d'autires caractères, c'est sur le système nerveux que Cuvier a fondé les divisions primaires qu'il a 'établies parmi les animaux. Ainsi, en parlant précédemment dû système nerveux, étudié d'une manière générale, nous avons dit qu^il se présentait sous quatre formes ou quatre types principaux, savoir : V axe cérébrospinal très développé, offrant antérieurement des renflemens désignés sous le nom de cerveau, cervelet, moelle alongée, et terminée postérieurement par un prolongement appelé moelle épinière 5 le tout contenu dans un canal osseux formé d'os ou de vertèbres empilées les unes sur les>autres; 2® système nerveux composé de renflemens ou ganglions non symétriques, dispersés sans ordre dans les diverses parties du corps, communiquant tous ensemble par des cordons qui vont de l'un à l'autre, et variant en nombre de deux à six ; 3"* deux cordons nerveux étendus d'une extrémité à l'autre du corps, distincts ou plus ou moins intimement soudés entre eux, présentant une *série de renflemens ganglionnaires d'où partent les nerfs qui

» rmésskl wax difiWroM orgsues ; 4* ettfin le «ytièiiie nerreuiL Hiiimftkftàït, néSÊo^Uîré oirmèmetral , c'est^dire que no«s ne 8ottiiiiès f^aft euedré pan^wu» à le distittguei dès -antre» p«rfiei du cèrps. Cesf^j^réteenocmsidéraiimis que Gèvief t ptrtikgé IM' ntiiaftitt^A^pmrt gttades dhrbknii'priaiairM qull homme embriAicfiMtacns, lavoir ^

1^ AnîttBtit teitébrriil

1^ jinfinaiik ikiollari^t ^

8t âttiâiâttx anieatéd ;

4^ AtitÉtiaitit riiyototiés ou Zoophytit.

Indiquons sommairement tel caraistèMi de tu qluMe graiidia ditisioQl^pHmdrdiàlès des ftniman.

1^ Les ANIMAUX yERTËBRÉ8, auxqdèHi l'hoiiime appartient, aonttetit àtiàÈ lesquels rorganiéàtion et toutas let fonctions sont dans An élat pli» parfait et pins complet. Lenr cap*aetére essentiel confie dans la Inrésenee d'un iqaelette mt^ieur , e'eil-&Htire dans nne réonién de plééer osseuses, extrêmement matti|>liées, artietîléea les unes arec les antres, et doAt la par'ie centrale forme une sorte de colonne creuse, dans la carîté de laquelle ^ét ren&rmé Taxe cérëbro-sprilal, c'est-lhdire le eerreau, le cervelet et la moelle épinière. C'est de la colonne yertébraie que partent des aj^ndices osseux qlii forment soit de grandes eafftiffii ponr contenir les organes, comme la poitrine, l'abdemen od Tcntre, soit les mefeUliireB, qtri ne sont jamais qu'an noiâbte de quatre. Ce ftqueletie osseui doit être considéré comme la charpente qui supporte lé èorps de ranimai % il donné un p(^nt d'appui attiL muscles, qui tons l'y insèrent et le recourront phts t>tt moins complètement.

Lei animaux Vertébrés ont le sang rouge, le cœur muscnlenx, les sexes séparés sur deux individus 5 ifs ont un foie plus ou moins tolnmifaenx, une rate, deux mâchoires transversale^; et les érganes ddi sehs complets. Ils n'ont jamais que quatre membres, modifiés suiVant leurs habitudes et k nrilien dans lequel ils vivent.,

2<^ Lès ANIMAUX MOLLUSQUES n'ont pas desquelette intérieur. Letrr péatt plus 6u moins coUtr^fctile donne attache, par sa fàcé iiïteme, aux musclés du mouvement ; ilk sent nus on rè-

52 , f:U41«IFK:ATIOI«. .DS& AlflUAW*/

4KmT«rt9 d'an t^st^caleair^ novami eo^fmiJkp' Leur qr^tdONi nor- ▼eux se oompose de plusieurs renflem^MtOif gtnglmos, lépawn «ans symétrie dans les diTerses fMrtief^di|*iSK>rp$) ^ui^qmUes Bs enyûient.des br^ndiet^ et Téwa^ê.m%J»,0m- par ^es^fileis de communication; i«eaiorgaBe&det senirioill ocdî^reinwilimçûis noinbreux, et quelquefois rédniti au jtondi^r et an goât^ et ils respirent au nk^yen de branchies ou de .face pplmoflttirx^s.' Tels sont les coquillages, les moules, lesbuUre99,ldsiimai}Q09,9^9lc.

39 Les ANIMAU^i: ARTICULÉS |ootain9i BOmQ)ésparce,que les diverses parties de leur eorps» et^surtai^t jlem*8 m^Vibvefiy se compose*! de pièees mobiles arliculjées les u;i^s^Yec.les autres. Leur peau est molle, mais plus souvent cojrqée ou crustacée ; leurs membres sont^^M^ nombr^. de six au moins. Le systf^me nerveux consiste «a deux cordens .lovifiJtudiaauiL,.offra^.4e distance en distance deirrenfleraens gtnglionuaiires » les oi^apes des sens sont réduits à celui deja vue^ Us .respirent ^loii^

' moyen de branchies, soit par des trachées^ oi| tubes^e^îeip^ ^t leurs mâchoires sont . latérales. Icivieiinent se rapportfpr J^es sangsues, les insectes,* les afaige^es, les crabes, les iâcrevisses, * . 4^ On nomme ANIMAUX RAÏ(»ïKÉS ou ZOO!»HYTES, ce^ dont l'organisation est la moins complète* Ainsi , en ^néral ,

«leur système nerveux est rudimen taire ou u'estpas distinct des autres parties du corps ; tes organes des sens sont nid% jowx de la eirculationne sont que rudimentairesj en un^moty l'^eiigsnisatien animale n'est en quelque isM>rte qu'ébauchée, la sepsibi-* lité presque nulle. Onleur a donné le nqm d'animau^rayonnéi» parce que , dans un grand nombre > leur, cqrp^ se x^^mpose de parties ou d'appendices disposés circulairement ou enray^onnant» autour d'un point central ; et ceux de Zoophytes, à cause de l'analogie qu'un grand nombre d'entre eux présentent avec les végétaux. C'est ici y en effet , que nous trouvons ces êtres ambigus qui semblent tenir à la fois et de l'animal et de la plante, et combler le vide qui sépare les régnes animal et végétal. ^

Tels sont les quatre grands embranchemens du régne animal. Chs^cun d'eux a ensuite é(é subdivisé de divei^ses manières » en (groupes secondaires, que l'on a nommés c/^^er ; les cUsse^ ont

été partagées an ordres y les ordres en soiB-ordres fixi-en familles } cdlles-^i en genres ^ en espèces, Nohs donnerons saccessiTemcmt lea dWisions établies dans chacun de ces. quatre grands embranchemens du règne animal , en traitant spécialement de chacim d'eux. Pour le moment nons no«s bornerons à en donner ici un tableau général et synoptique.

OMmjrWik'aM

ss

ANIMAUX TERTSBESS. 5^!

1*'' EMBlUlKCaElfBNT.

^IMAUX VERTÉPEÉS..

. * •- ■ . * Considérations général ff sur les anifnaux vertébrés.

Dans cette prciniiî*e diVisiôn du règne^'atiknal se trouvent réunis tous les animaux dont Torganisation est la plus <H>n}ptéii^e. Aucune autre classe en effet n'a le système neeveux aus^ dével0f»pé , aussi ebneentré , et par conséquent c'eàt dans les animaux Vertébrés que les sensations doivent être les plus déliéates et les plus durables^ et que nnteltîgenee acquiert son j^his haut iéçré de^dévelôppement. Ces animaux nous présentent le premier l^e du système nerveux , cVst-à-dire un axe central beaucoup plus développé, nommé axe cérébro-spinal, d'où naisse ût toutes les ramifications nerveuses qui vont se rendre aux diverses parties du corps, renfermé dians un canal osseux nommé colonne vertébrale. La colonne vertébrale se compose de pièces annu* laires superposées les ufies aux autres , nommées vertèbres , et > fortnant par leur réunion un canal qui, à sa partie supérieure, se termine par un Venil^ment nommé la tète , dont là cavité ou le crâne contient le cerveau et le cervelet, tandis que la moelle épinière est renfermée dans le canal vertébral. La tète, qui n'est f^é^aiéme qu'un assemblage de vertèbres, contient dans des èsvités pratiquées à ses parties antérieure et latérales quatre des organes dés sens, savoir : les yeux ou organes de là vision , les oreilles où organes de l'audition , le nez ou organe de i\>lfaclion, et enfin la langue ou organe de la gustation. Quant au toucher, il est plus ou moins parfait, suivant la structure partieulière des tégomefis dans lesquels il a son siège. La colonne vertébrale est la partie centrale la plus importante du sque^ lette r&é%t elle qui sert de point d'appui à tous les organes tppendiculaires dont te développement plus ou moins grarnd modifie et éhange singulièrement la forme générale du corps dans'lasérie des animaux vertébrés. Ainsi elle donne naissance, ffïrr ses parties latérales , aux c6tes , dont la réunion constitue tme cavité^tiômmée poitrine , destinée généralement à contenir

$6 ANIMAUX, V£RT£BHÈS.

les organes de la respiration et le centre circulatoire. Ces c6tet viennent en atant s'articuler avec un os impair nommé ster^ ■um; qui manque dans quelques animaux vertébrés, comme les serpens etles poissons. Les membres,, distingués en anUSrJeurs et en postérieurs^ sont les premiers appliqués sur la partie supérieure et latérale, de la poitrine, et les seconds ai:ticulésavec la colonne vertébrale. Les organes d$ la digestion se composent d'un canal plus pu, moins alongé , ajant ^ae. ouverture supérieure ou d'introduction, n^mée bouche , et une inférieure af^lée anus. Ce tube pr^iente» de distance en distance, des renfiemens ou dilatations plus ou, moins ^sidéri^hles, doot une, destinée k l'élaboration des alimens, se nomme l'estomac, et dans son trajet il reçoit, différens fluides ^sécrétés 'par det glandes plus ou moins voiymineuses : tels sont les glandes salivaires qui ver^i$|itja salive y le foie qui verse la bilç , le pancréas, le fluide pancréatique. Ces différens fluides aident à la digestion des alimens.

Il n'y a jaçoais que deux mâchoires, l'une supérieure el l'autre inférieure, armées de petits coqps durs nommée dents; les Oiseaux et quelques tortues présentçat deux pièces cornées nommées] mandibules y qui remplacent les dents, et dont la' réunion forme le bec.

Le sang des Vertébrés est constamment rouge ; il circule4|iia deux ordres de vaisseaux nommés artères et veines , et dans chacun de ces vaisseaux il a des caractères particuliers. Ainsi le sang contenu dans les artères est plus vermeil ', plus chaud que celui qui coule dans les veines. Le cœur ou l'oi^ane d'împulsion existe toujours, mais avec des modifications 1res grandes , suivant les différentes classes , et souvent les diffiérens ordres. Ainsi il peut être double , c'est-à-dire qu'il y a un cumr droit et un cœur gauche , ou un cœur aortique et un cœur pul^ monaire , bien distincts , sans communîeation directe Tun avec l'autre , comme dans les Mammifères et les Oiseaux; ou bien il y a deux cœurs communiquant l'un avec l'autre , dans certains Keptiles; ou bien enfin un cœur unique , comme dans les Poissona. La respiration se fait au moyen d'un t>rgane parenchymateu:|: et celluleux, nommé poumon, dans tous les animaux vertébrés.

ANIMAUX VEaXBBRÉS. 5y

à Texception des Poissons , qui respirent, aii nioyeîi de$ l)raiichies, c'est-à-dire d'organes composés de lames entre lesquelles l'eau passe a^ec facilité. La fonction resj^ratoire étikit essentiellement liée avec la circulation , il en résulte que ces deux fonctions sont dans une corrélation réciproque. Toutes lies fois que la respiration est très actire , tout le sang' qui a déjàVerri à la nutrition des organes et qui circul'e dans les Veines revienl en totalité au poumon, pour s'y reYÎYiQer par son contact àiec Vàir atmosphérique. t)ans ces animaux le sang est constamment chaud y et la respiration «st complète i c'est le cas des Mammifères et des O&eaux j mais certains Vertébrés ont les organ^ respiratoires fbrt peu déyeloppés , et chex enx il n'y a qu'ui^e partie du sang veineux qui Teviénne au poumon pour s'y réoxigéner. De celte respiration imparfaite, il résulte que le sang est froid , ou plutôt qv-an Hea d'avoir mue température fixe sa chaleur varie comme celle du milieu dans*lequél ils vivent* C'est ce qu'on observe dans les Reptiles. '

Les membres ne sont jamais qu'au nombre de quatre , et (quelquefois ils disparaissent Complètement , comme dans les serpens. Ces membres sont disposas par paires , savoir : deux antérieurs on supérieurs, et deux postérieurs ou inférieurs. Selon les habitudes et le genre de vie dès animaux, ces membres sont diversement organisés. Ainsi, dans l'homme et les animaux qui, comme lui, vivent à terre, les quatre membres sont disposés essentiellement soit pour la préhension, soit pour la station ou la marche. Dans les Oiseaux qui doivent s'élever dans l'atmosphère , les membres antérieurs , étendus sous la forme dé larges voiles, frappent l'air dans une étendue considérable , et soutiennent l'animal au milieu de l'atmosphère ^ mais chez les Poissons, qui vivent plongés au sein des eaux, les membres antérieurs et postérieurs sont élargis sous la forme de rames , dont l'animal se sert pour parcourir l'immensité des mers.

Nous reviendrons avec plus de détails sur les différens points d'organisation que nous hé pouvons quindiquer très sommairement ici , en ^parlant spécialement des animaux qui appartiennent à chacune de ces quatre classeis.

Lestégumens ou la peau offrent de très grandes modifications

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