‹ Elémens d'histoire naturelle médicale, Volume 1Chapitre 67 sur 131 · I£S ACÉPHALES · texte numérisé non relu

I£S ACÉPHALES

Les Acéphales, ainsi que l'indique leur nom, manquent de tête distincte. La bouche placée en avant est cachée entre les lames du 'manteau. Leurs ))ranchies, souvent au nombre de quatre, forment de larges feuillets contenus entre les deux replis du manteau comme les feuillets d'un livre. Le manteau est très grand , comprimé comme le reste du corps , et formant deux larges lames qui le recouvrent en totalité. Tani6t ees deux lames sont bien séparées antérieurement^ simples on diverse* ment frangées ; tantôt elles sont réunies et soudées de manière à former une sorte de tube ou de sac , qui présente diverses ouvertures , correspondantes à la bouche , au pied ou à l'anus. La bouche se prolonge quelquefois eh un tube charnnon en une trompe, et dans plusieurs genres il y a un conduit analogue, distinct ou accolé au précédent pour amener l'eau aux branchies. Il n'est pas rare alors de voir le manteau lui-même se prolonger en avant pour embrasser ces deux tubes.

La circulation se fait au moyen d'un seul cœur aortique composé dans le plus grand nombre des cas de deux oreillettes membraneuses y et d'un seul ventricule charnu. Le sang revient aux artères branchiales sans passer par un organe d'impulsion. Les veines branchiales, au contraire, le portent aux oreillettes qui le versent dans le ventricule , et de là il est chassé dans l'aorte.

Chaque branchie contient un tronc vasculaire pMncipil qui en longe le bord supérieur et y envoie de nombreuses

LES ▲cfiPHALSS. !k^J

cimsîmis, c'est Pârtère branchiale. La veine branchiale, au contraire, destinée à ramener au cœur le sang qui a respiré , occupe le bord libre de la branchie. Il y a donc autant de yeines branchiales que de feuillets branchiaux. Toutes se réunissent en un tronc commun qui rapporte le sang artériel au cœur.

l«a bouche est entourée de deux ou de quatre petites lames triangulaires striées , analogues à des branchies et nommées palpes labiaux. Il n'y a ordinairement qu^un seul estomac , et rintostin fait un grand nombre de circonyolutions , et avant de se terminer à l'anus , il passe entre la masse des oreillettes et terentriouki, ce qui a fait dire à quelques anatomistes que l'intestin traversait le cœur.

Le système nerveux est très simple , il se compose de deux à tmis ganglions. Le premier est placé à la partie supérieure de l'œsophage qu'il embrasse par le moyen d'une anse nerveuse.

Le eorps des Acéphales est rarement nu ; presque toujours il est renfermé dans une coquille bivalve, très rarement multivahe. Il n'y a pas de vraies coquilles bivalves dans les Mollus* ques ailleurs que dans les Acéphales. Les deux valves sont adhérentes aux côtés du manteau par deux muscles puissans qiii servent à les rapprocher. Tantôt chaque valve ne présente qu'un seul muscle, tantôt elle en offre deux. C'est un caractère assea constant pour qu'on l'ait employé pour former deux pwacles divisions dans cette classe, savoir, les Monomyaires ^ qui n'ont qu*un seul muscle , et les Dimyaires qui en ont deux. Chaque muscle laisse sur les valves une impression qui persiste. Il arrive chez quelques uns de ces Mollusques que les muscles sont séparés en un grand nombre de faisceaux^ qui laissent des impressions distinctes sur les valves.

Chez beaucoup d'Acéphales on trouve entre les branchies, à la partie inféijeure du corps, un pitd, dont la forme et la grandeur sont très variables. Composé de fibres longitudinales et transversales, il est susceptible de mouvemens. Il est souvent trenx, et dans sa cavité sont logés une partie des oi^anes de la digestion. Très souvent les Acéphales se servent de leur pied fourcreuser le sable. Dans le genre Bùcarde, il est coudé à son extNmité libre , et à la volonté de Tanimal il se détend avec

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élasticité et lui donne la faculté de sautfer^Il arrive quelquefois que le pied de ces Mollusques est court et jouit de la faculté d'excréter des fils cornés qui forment ce que Ton appelle le byssus. Cette matière est très apparente dans les Moules, les Jambonneaux, etc. , et leur sert à se fixer aux rochers ou aux autres corps. Le byssus n'existe que quand il y a un pied. Ainsi il manque constamment dans les Huîtres et les autres genres de la famille des Ostracés qui sont apodes.

Nous avons déjà dit que les Acéphales étaient hermaphrodites. Mais leurs organes sexuels sont encore assez mal connus. A une certaine époque il se développe au dessous du canal intestinal un ovaire qui probablement était resté jusque là à Fétat rudimentaire. Cet ovaire est rempli d'œufs. Peu de temps après il s'y forme une matière laiteuse , dont on ignore l'origine , et qui est la matière fécondante. Ces œufs ne tardent pas à éclore; les petits Mollusques , ayant déjà une coquille bivalve , sortent de Fabdomen et vont se placer sous la branchie moyenne , qu'ils distendent quelquefois d'une manière remarquable. C'est à cette époque que ces Mollusques sont quelquefois malsains et même dangereux pour ceux qui les mangent.

Les deux valves de la coquille sont retenues ensemble par le moyen d'un ligament élastique qui sert aussi aies écarter, quand les muscles adducteurs se relâchent. Le point par lequel ces deux valves adhèrent l'une avec l'autre se nomme la charnière. L'examen de cette partie de la coquille peut fournir des caractères pour distinguer les genres nombreux de cette classe. Ainsi elle peut être simple j elle peut offrir des dents, dont le nombre et la position varient , et qui sont reçues dans âès empreintes ou cavités de la valve opposée. Si l'on examine chaque valve par sa face intérieure, on y voit différens enfoncemens ou empreintes qui ont reçu des noms différens. Ainsi les impressions musculaires sont celles qui proviennent de l'attache des muscles adducteurs. Leur nombre varie. Le corps laisse une autre impression formée par le bord du manteau , c'est le Umèe. Quand il y a un syphon, il laisse sur les valves un sinus ou une impres' sion palléaie, A l'extérieur de la coquille, l'impression du ligaaaent extérieur forme le corcelet. Les crochets ou n^z/e^ senties

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