‹ Elémens d'histoire naturelle médicale, Volume 1Chapitre 82 sur 131 · LES INSECTES · texte numérisé non relu

LES INSECTES

Considérations générales.

.^Les Insectes forment la classe la plus nombreuse du règne animal , et l'on nomme Entomologie la partie de la Zoologie qui ti*aite spécialement de ces animaux. On peut définir les Insectes de la manière suivante : animaux articulés, pourvus de six pieds articulés , de deux antennes , souvent d'ailes , respirant l'air au moyen de tubes pneumatiques nommés trachées , et offrant ordinairement, aux différentes époques de leur vie, des changemens de forme et d'organisation nommés métamorphoses. Ces caractères suffisent pour distinguer les Insectes des autres animaux articulés. Ainsi ils diffèrent des Myriapodes par le nombre de leurs membres , qui est constamment de six 5 des

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Crustacés respirant a« moyen de branchies , par le nombre de leurs membres et par leur respiration trachéenne; des Aradinides, par leurs deux antennes, qui manquent dans ces dernières, qui de plus ont huit membres au lieu de six.

Le corps de l'Insecte est reyètu extérieurement par une en- Teloppe souTent plus ou moins dure et cornée , partagée en anneaux ou segmens de forme et de dimensions très Tariables. n est essentiellement formé dé trois parties : l"" la tête ou partie antérieure , qui porte la bouche , les yeux et les antennes 3 T le thorax ou corcelet , d'où naissent les membres et les ailes dans les Insectes qui en sont pourvus 3 3® enfin V abdomen ou partie postérieure» ne portant jamais d'organes du mouvement proprement dits. Nous allons étudier successivement chacune de ces trois parties, en suivant ici les travaux publiés sur ce sujet par Latreille» M. Satigny , et spécialement notre ami M. Audouin. C'est lui qui, le premier, a bien fait connaître la nature, les rapports et les variations des diverses pièces dont se compose l'enveloppe cornée des Insectes, en poursuivant d'une manière philosophique ces pièces au milieu de leurs variations, non seulement dans les différens ordres de la classe des Insectes, mais encore parmi les Arachnides et les Crustacés , qui sont organisés à peu près de la même manière.

V La TÊTE ou partie antérieure de l'Insecte , se distingue parce qu'elle porte les yeux, les antennes et les organes de la manducatîon. C'est ordinairement la partie I21 moins volumineuâa du corps de l'Insecte 3 cependant quelquefois elle acquiert un développement très considérable relativement aux autres parties. Les différentes pièces dont elle se compose sont unies si intimement qu'il est f^rt difficile de les distinguer; cependant elle est formée de quatre pièces annulaires , qui chacune porte une àes parties constituantes de la bouche , comme nous l'expliquerons plus tard en parlant de cet organe. Les antennes sont des appendices ordinairement filamenteux, d'une longueur très variable, composées de pièces articulées les unes à la suite des autres, et dont le nombre, la forme, la proportion relative sont tellement variables , qu'elles fournissent de très bons caractères pour distinguer les différens genres : ce sont, pour les

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Insectei, desoi^anes de tact fort délicats. Très souTent la partie antérieure de la tète se prolonge en avant en une pièce articulée de forme très variable , placée au dessus des parties constituantes de la bouche, et que Ton a désignée sous le nom de chaperon •

2® Le TBORAx ou partie moyenne du corps est Tulgairement désigné sous le nom de corceku C'est, comme nous l'ayons dit plus haut, la seule partie qui porte les organes du mouyement, c'est-à-dire les pattes et les ailes. Il est formé de trois anneaux successifs : le premier se nomme prothorax : il porte inférieurement la première paire de pattes , mais jamais d'ailes à sa fice supérieure ; le second, ou mésothorax^ porte en bas la seconde paire de pattes, et supérieurement la première paire d'ailes dans les Insectes tétraptères; enfin , le métathorax est le trol* sième segment du thorax, portant la seconde paire d'ailes et la troisième paire de pattes. ,

Chacun de ces trois anneaux ou segmens se compose luimême de six pièces réunies trois par trois en deux demi-arceaux superposés , et a reçu un nom particulier; ainsi le demi-segment inférieur offre une pièce impaire et médiane nommée sternum , articulée latéralement avec deux autres pièces , qui sont les épistemum. La pièce moyenne du demi-anneau supérieur est le tergum ou dos , et sur les parties latérales se trouvent les épi^ mères.

Il faut remarquer ici en passant que les appendices qui naissent de chacun des trois anneaux du thorax , comme les pattes et les ailes , sont constamment attachés à l'interstice qui sépare deux pièces , et non à la continuité d'une pièce unique. Ainsi , les stigmates ou ouverturesextérieures des organes respiratoires correspondent aux intervalles latéraux ^ui unissent le demisegment supérieur avec le demi-segment inférieur > les deux ailes aux interstices des pièces latérales et de la pièce moyenne des deux demi-segmens supérieurs ] les membres , enfin , à la m^me place dans le segment inférieur.

Les trois anneaux dont se compose le thorax des Insectes prennent utd développement différent dans les divers ordres de cette classe , développement qui est en général en rapport^avec

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telui des organes appendiculaires que chacun d^Bux supporte. Ainsi dans lé hanneton , la canthariAe et \tê «titres Ikiseëtes Cà» léoptères, le prOthorax et le métathorax sont fbrC développés, tandis que le mésotfaorax est à Tétat rudimentaîre. On se rendit facilement raison de cette disposition en remarquant que teft Coléoptères sont à la fois des Insectes volant et marchant : dr, le mésothorax porte les ailes supérieures ou élytres y qèi sont des organes presque immobiles. Dans les papîHons; lesi^>eilleÉ, les mouches et autres Insectes analogues , c'est au cotatraire te mésothorax qui a pris l'accroissement le plus grand. Getf insectes , en effet, ne sont pas marcheurs : ib sont poar?«s de deux ou d'une seule paire d'ailes , la première toejduirs phM grande que la seconde 5 de là le développement plus grand de la partie moyenne du thorax. Les NéVroptères ou demoisellee, qui ont les deux paires d'ailes également déyelo|q>ées , ont les deux derniers anneaux du thorax plus grands que le premier. Enfin, dans les Insectes qui marchent et ne volent pas, les tnm segmens ont un développement égal, parce que cliacun d'eux porte une des trois paires de pattes«

Nous avons dit précédemment que les membres étaient toujours au nombre de six dans les Insectes parvenus à leur éUA parfait Chacun d'eux se compose de quatre parties, savoir ; la hanche ou partie supérieure^ là cuisse, la jambe, et enfin le tarse, qui varie beaucoup dans les différons ordres et mène dans les différens genres, et qui se compose de trois , quatre on cinq articles 5 de là les Infectes trimères^ titràmères et pentamères.

Les ailes n'existent pas dans tous les Insectes. Il y en a qui sont constamment aptères à toutes les époques de leur vie ^ tels sont les poux, les puces, les ricins, etc. D'autres ne portent des ailes qu'à leur état parfait, et sont aptères durant les premières périodes de leur vie, comme les mouches , les papillons, les coléoptères, etc. Ceux qui portent des ailes peuvent en avoir deux ou quatre. Ainsi les mouches et autres Insectes analogues sont essentiellement diptères, c'est-à-dire pourvus seulement de deux ailes. Parmi ceux qui en ont quatre, les uns ont cÀes quatre ailes à peu près semblables entre eiles, et servant également

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an Tol^ tels'sontles papillons, les abeilles, les libellules ou demoiselles. Les autres au contraire ont les deux ailes supérieures dores, cornées, impropres au vol, servant seulement à recouvrir, à protéger les inférieures pendant le repos : on les nomme il;^res ou étuis; c'est ce qu'on voit dans le hanneton et les autres Insectes qui lui ressemblent, et que pour cette raison on appelle Coléoptères, c'est-â-dir e insectes à étuis. Enfin on voit quelquefois chez certains insectes tétraptères les ailes supérieures participer à la fois des caractères des élytres coriaces et cornées et des ailes membraneuses, comme dans les criquets, kf& blattes, les punaises des bois, qui ont la partie inférieure des ailes dure et coriace, tandis que leur partie supérieure est mince, transparente et réticulée. Ces espèces d'ailes sont souvent désignées sous le nom de demi-étuis.

3* L'abdomen est la troisième partie du corps de l'insecte, et très souvent la plus volumineuse. Il ne porte jamais les organes propres du mouvement ; mais à son extrémité libre, on voit une ouverture commune à laquelle viennent se terminer les organes génitaux et digestifs. Il se compose d'anneaux mobiles formés de deux demi-segmens superposés. La membrane qui sert à les réunir se prête à leur mobiGté, et les rend extensibles à mesure que le corps prend de l'accroissement. Leur consistance est fort variable , mais généralement elle est moins grande que celle des autres parties du corps.

Ces anneaux offrent souvent sur leurs parties latérales des appendices très variés dans leurs formes et leurs fonctions , et à sa partie postérieure et libre Fabdomen se termine soit par des filets très déliés, par' un aiguillon, une tarière, etc. Sur les parties latérales et inférieures de ces anneaux , on voit les Ouvertures stigmatiques des organes de la respiration.

La bouche des Insectes mérite d'être étudiée avec soin, parce qu'elle présente, dans la disposition des parties qui la composent, d'excellens caractères pour distinguer entre eux les différens ordres. Nous verrons que dans cette classe le régitbe alimentaire peut être déduit de la forme des parties constituantes de la bouche, qui est toujours en rapport avec lui.

La bouche des Insectes, considérée d'une manière générale,

a^a l'BS I1I8BCTB&.

se compose de deux lèvres, l'une supérieure , nommée UUfre, Tautre inférieure, appelée lèvre proprement dite, ou quelquefois languette; de deux paires de mâchoires latérales , les supérieures, nommées mandibules; les inférieures, retenant le nom de mâchoires.

Or, les {nsectes se nourrissent ou de matières solides végétales ou animales qu'ils sont obligés de brc^er, de réduire en pâte au moyen de leurs organes de la manducation 5 ou bien aa contraire leurs alimens consistent en matières liquides qu'ils pompent ou sucent dans les tissus des végétaux ou des animaux, toujours au moyen de leur bouche. De là la diisjtinction des Insectes en Insectes broyeurs et en Insectes suceurs. L'organisation de leur bouche est fort différente dans ces deux circonstances, et nous allons la faire brièvement connaître.

V De la ùoucîie dans les Insectes broyeurs.

Chez les Insectes en grand nombre qui se nourrissent de substances solides, qu'ils doivent préalablement broyer, les diverses parties de la bouche sont très distinctes et souvent fort développées. La lèvre supérieure, ou le labre^ est fixée horizontalement au bord supérieur de la tête, dont il représente l'anneau ou segment supérieur, et se prolonge quelquefois de manière à recouvrir en partie la première paire de mÀchoires. Celles-ci sont les mandibules,, insérées sur les parties latérales et supérieures de la tète au dessous du labre et au second anneau céphalique, formées chacune d'une seule pièce sans articulation; ordinairement dures et cornées, n'offrant aucun ap^ pendice , très variables dans leur forme et dans leur grandeur, et offrant dans certains cas de petites dentelures que l'on a comparées aux dents des Mammifères.

Au dessous des mandibules sont les mâchoires proprement dites, qui en diffèrent par leur position et parce qu'elles portent constamment chacune un appendice articulé nommé palpe maxillaire ou antennule, car il représente ordinairement une très petite antenne. Les mâchoûres sont des eiq^èces d'appendices naissant du troisième anneau céphalique. Elles soiU coudées^ présentent une articulation et convergent l'une veis

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l'autre par kur côté libre, qui se termine sonrent par une portion plus membraneuse, généralement garnie de poils et distinguée de la partie inlériçure par un étranglement. Quelquefois chaque mâchoire porte deux palpes articulés. La lèvre inr férieure ou lëyre proprement dite ressemble en quelque sorte à une troisième paire de mâchoires, mais soudées par leur o6té interne. Elle se compose de di^ux portions, l'une inférieure fréquemment dilatée en forme de bouclier, et qu'on nomme le menton ou la ganache; l'autre supérieure appelée loic^fiel^^ ou ligule. Cette lèvre inférieure porte deux palpes articulés ou palpes labiauXy qui sont insérés sur les parties antérieures et latérales de la lang^tte.

La structure de la bouche telle que nous venons de l'indiquer se rencontre avec de légères modifications dans les carabes, les hannetons, les cantliarîdes et autres Insectes Coléop* tères , dans les sauterelles, les blattes, les courtillères et autres Insectes Orthoptères; dans les libellules ou Névroptères; les abeilles , les guêpes , etc. , et autres Insectes Hyménoptères, qui tous sont des Insectes broyeurs*

2® De la bouche dans les Insectes suceurs,

Qes animaux, qui ne vivent que de matières liquides , doivent avoir leurs organes de la manducation modifiés et arrangés pour ce mode d'alimentation. Ils présentent en effet presque toujours une espèce de trompe ou de suçoir rétractile et mobile que l'on a quelquefois considéré, mais â tort, comme une langue. Ce suçoir peut être formé par la lèvre inférieure, ou bien au contraire par les mâchoires. De là deux types distinets dans la conformation de la bouche des Insectes suceurs.

1? La trompe est formée par la lèvre inférieure, qui constitue nne sorte de canal ou de gatne quelquefois striée transversalement, fendue longitudinalement à sa partie supérieure, molle ou plus ou moins dure et coriace, et formant alors une sorte de bec replié en dessous. Dans tous les cas, cette gaine contient les mandibules et les mâchoires réduites à l'état de soies raides et piquantes ou de petites lamelles aiguës que l'on a ^Mmparées aides lames de lanceUe. La trompe ou gaine ^serl I. 18

.^eMleiDÇiit ^ conle^ ou ^ rapprocher lei $Qm ou Mua^^Uit mtcfs l^quelles ces Insectes percent le$ tissus don^ ils peuTeat adirer les sucs. Ces soie*, en se rapproeb40t> ç<msti|u^t dan9 le p|^% gfcmà nomhm des cas un canal d'aspiratiim. Cette disp*> f^^Hin $Q remarque dana nu grand, nowhre d'Issecles, ciMBiiie \§i puce, Ves punaisas, les cigales, les mouclMS, ks oeHsins, etc

1^ Les mandibnles sant petites et presqu'à t'état rudimentaire;lea nèehoîpes au contraire sont extrêmement longues , softMt leur partie supérieure ou Itt>re, qui forme un long appeitdiœ mou et flexible, et qui>, réunie arec ceHe du côté opposé, ferme dans les papillons, qni offrent seuls cette disposition, cette longue trompe roulée en spirale que Ton a désignée sous le nom de spiritrompe. La lèvre inférieure ici} est petite^ triangulaire, et reste appliquée à la base des mâchoires.

Cette différence si tranchée qui existe entre les Insectes broyeurs et les Insectes suceurs quant à l'organisation de leur bouche, ne se fait pas d'une manière brusque et heurtée. I! 7 a certains Insectes qui servent en quelque sorte à établir le passage entre ces deux groupes. Ainsi dans les abeilles et les autres Insectes qui ont de Tanalogie avec elles, comme les guipes et les frelons, les mandibules sont conformées comme celles dés Insectes broyeurs ; mais leurs çiâchoires sont étroites, alongées, et en se rapprochant Tune contre l'autre elles peuvent former une sorte de tube bu de syphon.

Qrgflne$^ di^esitfk, — A la bouche que ]|ou& venons de décrire succède le pharyox ou. commencemei^ du tube digestif, qi^i. $'ét^d îu^q^'à l'extrémité postérieure du corps et se ter» mii^e par l'anus. Ce canal offre d^^AS bss Insectes la même disposition générale q;ue dans lcy& autres animaux, et sa longueur est ég^lemc^ot ein rapport avec la nature des ^ubaftances d<»it sa nqurrit l'Ini^ecte. Ainsi tandis que dams les Insectes carnassiers 1q tube digei^tif , à peine plus long que le jgorps, n'offire pas de ciirçonvolutions, il est au contraire beaucoup plus long et enyoulé sur lui-même dans les Insectes herbivores. On a distinf»^ leSj diff4(,^nte3 portions des orgfoies digestifs sons les noms de jf^H/^njç^ d;49sopkagtbf de jabot y simple dilatation de la psilit

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iiif(;rieure de Fcesophage, de gésier, de ventricule ehUifiqun^ il enfin àHntestins grêles et de gros intestine. *

Dans son cours le canal alimentaire reçoit deux fluides, \% $«• live et la bile, qui sont nécessaires à la perfectira de U digestion. Ces fluides^ au lieu d'être sécrétés par des glandes eon^ glomérées, se forment dans des espèces de tubef^ ou de T«ii-» seaux fiottans qui les verient dans le canal digesttfl C'est à la portion pharyngienne que viennent aboutir les vaisseaux saU- ,Yaires, tandis que les vaisseaux biliaires s'ouvrent en g<B4«il dans l'intestin grél^ au dessous de l'estoniac.

La nutrition est fort simple dans les Insectes. Le chyle, à mesure qu'il se forme dans les organes de la digosticm, tmossude à travers leurs parois, et se répand dans l'abdomau» o4 il est ensuite absorbé par tous les organes intérieurs sur lesquels il se répand.

Circulation, — Tout le long da la paroi interne do dos» on voit dans Tintérieu r de l'insectç un organe tubuleux> sans divi'* sions ou ramifications apparentes, que l'on désigne sous le nom de vaisseau dorsal, C'est ce vaisseau unique qui constitue lou| l'appareil circulatoire des Insectes. Les recherches 1^ plus minutieuses des anatomistes, et en particulier celles de Siram<> merdam , de Lyonnet, de Marcel de Serres, de Cuvier, do Meckel, de Herold et de Strauss s'accordent eu ce point quo le^ vaisseau dorsal ne présente aucune ramification. Suivant la plupart de ces anatomistes, ce vaisiseau, qui s'étend de la tête k l'extrémité opposés, ne présenterait aucune outerture qui pù| donner issue au liquide qu'il contient. Telle n'est pas , commo nous le iQiontrerons tout. à l'heure, TopiAion de M. Strauss.

Le vaisseau dorsal ^st appliqué contre la paroi interne du dos 3 il y est fixé au moy#u de petites bandelettes triangulaires composées de fibres que quelques aiiatomistes avaient consir dérées comme musculaires, mais qui, selon M. Strauss, sonl de nature tendineuse. Dans l'état de vie , on voit cet organo éprouver des dilatations et des contractions successives, dont le nombre n'est pas le même dans les diverses espèces d'In* sectes, et qui sont quelquefois tellement fréquentes qu'on en compte jusqu'à cent quarante dans l'espace d'une minute. Lo

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ày6 t.£A IHSBCTBS.

fioide contenu dans ce vaisseau est incolore ou légèrement cOr loré en verdâtre j il se coagule et se dessèche ayec une grande rapidité.

Beaueonp d'anatomistes ont tu dans cet organe un rudiment de cirealation ; les uns une sorte de^cœur , les autres une ar« tère uniqae^ ^el^es uns plusieurs cœurs placés les uns à h suite des autres. Cette opinion est celle qui a généralement préyalu. Cependant un habile anatomiste , M. Marcel de Serres de Montpellier, qui a foit un très grand nombre de recherches sur cet organe , ne la partage pas. Selon lui, il est impossible de reconnattre un oi^ane de circulation danîs .un tube contractile il est vrai , mais sans aucune ramification ni sans commonica^ tkm à f extérieur. M. Marcel de Serres j voit au contraire on organe de sécrétion , chaîné de sécréter le fluide graisseux qaî est si abondant dans le corps des Insectes. Cette opinion a aussi été adoptée par Latreille et Hérold. Mais M. Strauss, dans le magnifique ouvrage qu'il a publié sur Tanatomie du Hanneton, a comlbattu cette opinion , et a fait beaucoup mieux conDaltre la structure de cet organe problématique. Le vaisseau donal , dit-il , est le véritable cœur des Insectes , étant comme che;i les aninïatox supérieurs l'organe moteur du floide nutritif, qai an lieu d'être contenu dans des vaisseaux est répandu dans la cavité générale du corps. Ce cœur occupe toute la longueur du dos de l'abdomen et se termine antérieurement par une artèi'e uni^è non ramifiée qui transporte le sang dans la tète où elle Pépanche et d'où il revient à l'abdomen par l'effet même de son accumulation dans la tête , pour rentrer de nouveau dans le cœur. La partie^upérieure et étroite forme une artère unique non ramifiée , l'inférieure représente le cœur. Cette dernière partie placée dans Tabdomen est divisée intérieurement ( dans )e Hanneton , qui fait l'objet de la description de M. Strauss ) en huit chambres successives , séparées les unes des autres par des valvules convergentes, qui nepermettentausangquedese porter d'arrière en avant d'une chambre dans une autre, jusque dans l'artère qui le conduit dans la tète , mais qui par leur dfS^Hion s'opposent k leur mouvement rétrograde. Chaque chambre porte latéralement à sa partie antérieure deux ouyer*

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tores en forme de fontes transT^sales , qui oommuDSqiieae ft?ec la cavitéabdominale , et par leiqaettes le sang contenu dans cette dernière peut entrer dans le cœur^ Chacore de ces ouvertures est munie intérieurement d'une petite vd^uk en forme de demi cercle qui s'applique sur elle lors du mouvement de systole. Il résulte de là que quand la chambre postérieure se dilate, le sang on fluide nutritif contenu dans la cavité abdominale y pénètre par les deux ouvertures dont nous venons de parler et qu'on peut appeler auriculo^ventri fleures. Quand elle se contracte , ces ouvertures se formant , e fluide passe dans la chambre suivante^ et ainsi successivement il arrive JQsque dans l'artère terminale et céphalique qui le ve !*se dans la tête d'où il se répand ensuite dans les autres partîtes, pour être de nouveau absorbé par le cœur.

Les recherches importantes de M. Strauss nous paraissent lever l'incertitude qui pourrait exister sur les fonccions du vaisseau dorsal, en même temps qu'elles nous en font mieux connaître la structure. D'ailleurs, comme nous l'avont déjà dit précédemment, la disposition du système vasculaire dans les Airachnides pulmonaires conduit éfidemmentau vaisseau dorsal des Insectes et des Arachnides trachéennes daiis h squelles il existe^aussi.

Respiration. Les Insectes respirent l'air au moyen de tubes placés dans l'intérieur de leur corps et répandus diins tons leurs organes. Les vaisseaux pneumatophores portent le nom de Trachées et s'ouvrent à l'extérieur par des espèces de fontes ordinairement placées sur les parties latérales et inforieures du corps et qu'on appelle Siygmates , et environnées d'une lame cornée.

' Les Trachées forment des troncs cylindriques irrégulièrement ramifiés dont les divisions pénètrent dans les membranes, les muscles et toutes les autres parties intérieures, et jusque dans les ailes, doiit les nervures en sont entièrement formées. Elles se composent de trois parties, savoir : deux membranes extensibles et résistantes entre lesq-ielles est roulé en spirale un petit filet cartilagineux. Assez souvent ces tubes aériens se renflent en dilatations vésiculaires , uniquement composées

%ij9 MM IHSBGVBS.

pw Im deox membrane* ei àtm kwqttelle» man^eki lame cartiiagÎBente. On lésa a ppèllées Trachées vésiculeusés, Ledéfoutde lame cartilagineuse fait que ces derniers organes s'affaissent dès ^ qu'il» ne sont plus remplis par Tdr. Par leur distribution ^r^ tieulière les Tracbëes remplacent et représentent les yaisseaajt sanguins , qui manquent en totatké dans cette classe d'animaux. En général le sang ou le fluide nutritif qui a , en circulant dans tous les organes , perdu une partie des matériaux qu'il contelUiit, rcTient à un organe unique nommé poumon ou branchie •e mettre en contact avec l'air atmosphérique qui lui rend l'^oiigène dont il aTait besoin. Mais dans les Insectes le fluida ftntritif n'est pas renfermé dans un système de Taîsseaux, il est épanché dans toutes les parties du corps qui en sont en quel^ ( que sorte incessamment baignées et qui y absorbent les maté-* tiafvx de lewr nutrition. Ce fluide serait donc Hent6t Tidé s'il n'était eoMtamment reriTifié par son contact avec l'air aima* Sj^vérîqne qui par le moyen des Trachées et de leurs nombreaiea ramifieations tont lui porter l'air dont il a besoin pour que ses qualités ne changent pas. Ainsi dans les Insectes , au lieti que ce aeil le sang qui vienne dans un point Commun chercher l'air dont il a besoin pour reprendre ses qualités nutritires , c'est l'air qui ya dans tous les points du corps où se trouve du wmÊg lui porter l'ougéne qui lui cet néoessaire pour servir à la aniritlon des organes.

Syséème nerveux» Le^stème nerveux dans les Insectes ne présente rien de particulier. Il offre la même conformation que éaaft les autres animaux articulés. Ce sont deux longs ilets él ené us de la tète à l'extrémité opposée du corps et présentant de distance en distance des espèces de renflemens ou de gangMons dont le nombre varie et d'où naissent toutes les ramffîcalioBS qui se rendent aux divers organes intériteurs. Celui de eea ga^iglions qui est situé à la tète représente le cerveau et donne naissance aux nerfs qui se rendent aux organes des sens. Parmi eea n^fk ceux qui vont aux yeux sont remarquaMas par bnie grosseur, disposition qu'explique le grand déve- Isppmneitt 4à» eet organe dans la plupart des Inseotes.

ém mtfu. hes iMedes paraissent pourvus deé einq

mÊs qvi sent départit «ux aninmQx MipéHeim. Mais on n'eat pas 6Mor« i^aeoôrd sur k locaNsatîoii da qnoIqiM» uns de ces Soss*

Dam iM kMeites dont là peau est plus en moînê molle , on peut jKitne«lre qne le toncker n'exerce par tente la anHlÉce de la peau q«i se contracte en effet sons Fmflnenee des excitiins extérieurs. Mais éans ceux en grand nombre dont la peau eit dure et eomée et, incapable par eonséspaeot de perceiroii* an* ennè sensation taetîle, on adfciet qne les antennes sont les ôr^ ganes du tnncher. On nnt ten effet les insectes les dirige ters les corps dont ils s'appro^ent pour en reconnaître certaines pronriétés.

Le siège dn goût est placé par an grand nombre d'anatomis es à la partie supérieure de l'œsopliage on au pharynx. D'antres an cm^raire regardent les palpes dont sont armées les màdioires et la lèyre inftrieare comme les organes de cette sensation. Il est hors de donte qu'an très grand nombre dlnaseles gaètêm en quelque sorte les matières avant de sVn nourrir.

L'odcHrat est ansai extrêmement développé chef nn gmnd nombre de ees animaux , qui- sont attirés souvent de très Inki par TodeiH* de certaines substances dont ils se nourrissent , même quand elles sont cachées de manière à ne pouvoir être aperçues-Les antennes cpii reçoivent les filets les pins antéKenrs du ganglion céphaliqae, filets anriogues en quelque foçon aux n^fs ollaetili, ont été regardées par plusieurs entomologMes eomme l'organe de l'olfaction. Selon M. Dnméril au contraire c'est'par le mo]^en des organes respiratoires que les insectes , da aaème que les autres animaux, ont la laculté de percevoir 1m odeurs. C'est donc l'entrée des trachées , c'est-à-dire les ouvertures stjrgmatiques, qui sont le siège de cette sensation*

Il est hors de doute qu'un grand nombre d'Insectes entendesK et sont doués par conséquent de l'organe de Vohï&j mais où est pbcé cet organe ; c'est ce qu'on n'a pu encense découvrir d'aae mamêre certaine. .^^

L'esS est de tous les organes des sens éelui qni est le ni^^B développé dans les animaux qui nous occupent. On ditflingOTF

^^ ^^ê, ViBMCtSS»

dans les insectes deiixespôoes d'yeu», les ye»x simpUi et hi yeux composés q« & fecettes. Lesyew siaqples que Ton appelle aussi des stemmates yarient beaucoup en nombre. On en troafe communément trois qui sont placés sur le sommet de la téta et disposés en triangle. Us se^ composent d'une cornée ti^niparente couTexe; d'une choroïde assez épaisse , pliM étendue en snr&ce que la cornée elle-m^me, dÎTersement colorée; de tuchées qui se distribuent dans la choroïde , et enfin d»on nerf qw naît du ganglion céphalique dont les filets vont se terminer dans Ja cornée. Les larves n'ont ordinairement que des yeux simples. J)ans certains Insectes ils sont associés aux yeux à fe- ^ttes; par exemple dans les Hémiptères , les Orthoplère», lei Hyménoptères, les Lépidoptères, les Névroptères et lés Diptères. Mais ils manquent consUmment dans les Coléoptères.

I^ yeux k facettes ou yeux composés, sont ordinairèiiMiit très volumineux. Quelquefois ils forment à eux seuls la phu grande partie de la tète, comme on peut Tobserver dans les mouches et autres insectes diptères. Leur cornée transparents est très convexe et offre une multitude de petites facettes planes et hexagonales. Chacune de ces petites facettes , peut être considérée comme un œil en particulier, dont elle pr^ente en eflfel les diverses parties^ de sorte que les yeux à facettes sonlplulèl la réunion d'un très grand nombre d'yeux distincts qu'un seul organe. Chaque partie en effet présente d'abord une cornée transparente très épaisse , ayant la forme d'un prisme hexagonal tronqué^ et que M. Strauss considère comme le crîsUlUu,- au dessous de cette partie se trouve une membrane mince et colorée, c'est la choroïde. Elle est appliquée par sa [face inférieure sur un renflement bulbiforme qui termine l'une des raroifiw tions du nerf optique.Cellesci sont droites, parfaitement sîmpte et plongées au milieu d'un tissu fibreux. I.îférieurement elles viennent aboutir à une couche de matière colorée ou à une sorte de choroïde commune , qui est appliquée sur les divisions prio^ires du nerf optique, lesquelles sont plus grosses, plus

#Brte? et beaucoup moins nombreuses que les précédentes, tes yeux dans les Insectes sont tout à foit nus et dépourvus paupières.

LES IKSBCTSS. s8c

De mte^ que tous les antres aaimaux qm ne' resi^rent pas au moyen de poumons, les Insectes sont dépourvus de Téritable voix. Cependant un très grand nombre font entendre différens sons y comme une sorte de chant, de stridulation, de bonrdonnemènt , etc. La plupart de ces sons , dît M. Dum^rit , peu* Tent étre.attribuéskde^ attrîtions, à des frottemens, à des ▼ibraliona rapides communiquées soit aux corps voisins, soit à certaines parois de leur corps conformées de manière à représwiter des cordes ou des membranes. Les nos font mouvoir leur tète sur le corcelet ou celui-ci sur les élytres \ d'autres font vibrer ces mêmes étuis de corne, à Faide des derniers an* neaux de leur abdomen. Chez quelques uns ce sont des bouquets de poils roides , qui frottent à la manière d'une brosse sur des corps solides ; d'autres frappent le bois avec leur tète , comme les Yrillettes 5 chez quelques uns , la cigale par exemple , c'est une sorte de tambour ou d*écaille concave sous la« quelle se meut rapidement un cylindre convexe garni de lignes saillantes; enfin chez les Sauterelles, les Criquets mâles , ce sont les élytres même qui résonnent en se croisant rapidement ou lorsqu'ils sont frottés vivement par les jambes qui font alors sur ces tables sonores l'office de l'archet d'un instrument à cordes.

Organes de la génératioriM

Les organes sexuds sont constamment séparés sur deux in* dividus distincts dans tous les Insectes, c'est-à-dire qu'il y a des individus mâles et des individus femelles. Les deux sexes diffèrent l'un de l'autre non seulement par la di^érence des organes de la génération, mais encore par des caractères extérieurs faciles à reconnattre. Ainsi généralement les individus mâles sont plus petits que les femelles ; leurs antennes sont plus longues, mieux formées; souvent leurs couleurs sont plus vives, leurs mandibules plus fortes, et ils portent sur la tète ou sur le corcelet des appendices , des cornes qui manquent tout à fait dans les femelles. Celles-ci sont souvent aptères ou munies ^ulement d'ailes très courtes , tandis que les mâles en ont de bien développées.

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lies orgaiies de la génératiion sont placés dsim Pabâraitn et Tiennent aboutir à Tanus, yéritable cloaque qui est à la fois TouTerture des organes digestifs et générateurs. Ces orgues ont une disposition assez variable. Dans les mâles on trouve deux testicules , des vaisseaux préparateurs de la semence et un canal éjaculateur , mais sans apparence de penh : de plus, autour de l'ouverture de ce canal sont des pièces de nature cornée, très variées dans leur forme et destinées à fiiciliter l'accouplement et à retenir le mâle fixé à sa femelle. Ces piècei constituent ce que Ton a appelle Vappareil œputaleur. Les organes dé la femelle sont à peu près conformés comme ceux des mâles. Les ovaires dans lesquels se forment les oeufs sont ordinairement des vaisseau^ flexueux venant aboutir à un canal ou oviducte qui se termine par le vagin. Très souvent les femelles sont pourvues d'un aiguillon ou d'une tarrière qui manque dans les mâles, et à i'àide de laquelle elle prépare la demeure qu'elle destine à sa jeune postérité.

A très peu d'exceptions près, les Insectes sont tous ovipares.

Le développement des Insectes présente un fait très remarquable , c'est qu'un très grand nombre d'entre eux subissent à différentes époques de leur vie des changemens de forme et de structure , qu'on a désignés sous le nom de métamorphoses. Ces métamorphoses sont complètes ou incomplètes. Dans le premier cas l'Insecte se présente sous trois formes différentes depuis sa sortie de l'œuf, jusqu'à son état parfait. Ainsi le Papillon, au moment où il sort de son œuf, est sous la forme d'une chenille , état sous lequel il est aptère et offre dans la conformation de sa bouche , sa structure intérieure et sa forme générale, les différences les plus tranchées d'avec son état parfait. La chenille passe à l'état de Nymphe ou de Chrysalide ; et alors elle est immobile et bien différente aussi de son premier état Enfin la chrysalide se change en papillon. Ce n'est que quand ils sont parvenus à leur dernier état de développement que les Insectes s'accouplent et sont aptes à se reproduire. Leurs autres formes ne sont en quelque sorte qu'un état transitoire pendant lequel leur vie se borne aux actes végétatifs. Ainsi l'Iiisecte à piétamorphoses complètes passe successivement par trois (àt*

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