‹ Elemens d'ideologie (volume 3)Chapitre 101 sur 203 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

dépendante de la mobilité, dont la seule succession de nos sensations nous donne l’idée , mais que nous ne pouvons mesurer que par le mouvement, lequel n’est lui-même constaté que par l’étendue qu’il nous a fait connaître; ensorte que l’étendue, la durée et le mouvement se servent réciproquement de mesure, ou plutôt que la mesure de tous trois s’exprime en parties d’étendue.

Tel est l’enchaînement que j’aperçois entre les propriétés que nous reconnaissons dans les corps. Je suis persuadé que si les physiciens, au lieu de les ranger à peu près indifféremment, comme ils ont toujours fait, s’étaient occupés de les classer ainsi dans un ordre bien systématisé, ils nous auraient donné des idées plus nettes de ce que les corps sont pour nous ; mais pour cela , il aurait fallu remonter, comme nous venons de le faire, à l’origine de nos connaissances. Aussi l’enseignement de toute science devrait-il réellement commencer par nous expliquer comment nous connaissons les objets dont elle traite, ce qui prouve que l’examen de nos opérations intellectuelles est l’introduction naturelle à tous les genres d’études. On me dira peut-être qu’il n’est

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pas nécessaire de remonter si haut pour donner des notions exactes des phénomènes particuliers; cela se peut. Cependant, si je voulais citer de nombreuses erreurs en physique provenant de fausses idées métaphysiques, les exemples ne me manqueraient pas; et, même en géométrie, je pourrais dire que si les géomètres sont mécontens avec raison de la plupart des définitions de la ligne droite , et des démonstrations des propriétés des parallèles, et du peu de liaison qu’ont entr’elles plusieurs des premières vérités de la géométrie, la cause en est qu’ils ne se sont pas fait une idée nette de la nature de l’étendue, et de la manière dont nous la connaissons. S’ils étaient remontés jusque-là , ils auraient vu tout dériver de l’idée première de la ligne physique tracée sur un corps par un autre corps qui se meut d’un des points de ce corps à un autre, en conservant toujours la même direction ou en en changeant; et toutes leurs propositions élémentaires sur les lignes droites, les lignes brisées, les lignes courbes, les angles et leur mesure , les parallèles et leurs sécantes, les intersections des cercles et des sphères, etc., se seraient enchaînées

d’elles-

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