CHAPITRE XI
de partager l’intelligence de l’homme ou sa faculté de sentir, en entendement et en volonté; puis il reconnaît comme parties intégrantes de l’entendement, l’attention, la comparaison, le jugement, la réflexion, l’imagination, et le raisonnement, auquel il joint ensuite la mémoire, qu’il partage meme quelquefois en réminiscence, mémoire proprement dite, et imagination ( dans ce cas le mot imagination n’a pas le même sens que ci-dessus); enfin, il distingue dans la volonté le besoin , le malaise , l’inquiétude , le désir, les passions, l’espérance, et la volonté proprement dite. On peut voir cette division dans sa Logique, part, première, chap. 7 ; dans les leçons préliminaires de son Cours d’Études, art. 2; dans son Essai sur l’origine des Connaissances humaines, part, première, chap. 2 et 3, et dans plusieurs
avait rassemblés dans un traité unique qui contînt son système tout entier ; mais , quoiqu’une mort prématurée l’ait empêché de rendre cet important service à la raison humaine, il n’en est pas moins le guide le plus généralement suivi par tous les bons esprits de nos jours, et il a la gloire d’avoir puissamment contribué à les former.
autres endroits de ses ouvrages : elle n’est pas partout exactement la même.
Voilà bien des parties distinctes dans cette seule chose que nous appelons la pensée. Les disciples de Condillac, et Condillac lui-même, y en ont quelquefois ajouté d’autres, et souvent en ont retranché : ces variations indiquent déjà qu’il y a de l’arbitraire dans ces divisions , et qu’elles ne sont pas manifestement commandées par les faits; mais pour en être tout -à -fait certains , il nous suffit de nous rendre un compte exact de la signification de tous ces termes.
Je vois d’abord comme en parallèle et presque en opposition l’entendement et la volonté. Je comprends bien que l’on exprime par le mot volonté cette faculté , ce pouvoir que nous avons de ressentir des désirs, des penchans pour certaines manières d’être, et de l’éloignement pour d’autres : c’est aussi l’usage que nous avons fait de ce terme, et je le crois fondé; mais je ne vois pas de même pourquoi on grouperait sous le seul mot entendement des choses aussi distinctes que sentir, se ressouvenir, et juger.