‹ Elemens d'ideologie (volume 3)Chapitre 154 sur 203 · CHAPITRE XVI. 3ig · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. 3ig

tibles de se perfectionner et d’être modifiés par des conventions expresses ; les attouchemens restent toujours à peu près les mêmes, excepté dans certains cas particuliers dqpt nous avons fait mention ci-dessus. Mais les gestes sont déjà propres à recevoir de grands développernens et à former une vraie langue savante ; et les sons deviennent à tel point des signes artificiels, que, dans l’usage que nous en Élisons, i'i n’y a plus guère que les interjections qui, soient des restes du langage primitif, encore ne nous sont-elles pas toutes donné es par la nature, ou ne conservent-elles souvent leur signification originaire qu’exf reniement altérée et modifiée; mais, p-our les autres mots , tout ce que peut faire l’étymologiste le plus sagace, au risque même de se tromper souvent, est fie retrouver dans leurs syllabes radicales quelques vestiges de l’impression première produite par ljobjet ou le sentiment qu’ils représentent, et de légères traces de leur forme originelle. Néanmoins , on peut dire avec vérité que tous les langages artificiels dont nous, npus servons ne sont jamais que le langage naturel prodigieusement

étendu et perfectionné; et même que l’on retrouve toujours dans ceux-ci, quelque polis qu’ils soient, toutes les espèces de signes qui composent le premier. Les attouchemens ne peuvent en être totalement bannis; toujours et éternellement ce sera un moyen très-sur de faire comprendre à un homme que l’on veut qu’il se porte quelque part, que de le pousser ou de le tirer de ce côté. Quoique les sons soient devenus sans comparaison notre manière de nous exprimer la plus riche et la plus féconde , cependant nous n’avons point renoncé aux gestes, et ils resteront à jamais plus ou moins unis aux mots et aux discours comme un auxiliaire indispensable et un accessoire nécessaire. Ainsi, malgré que cela puisse paraître bizarre à un observateur superficiel, il est constant que, même dans les sociétés les plus civilisées, tout homme emploie concurremment, et souvent simultanément, trois langues ou systèmes de signes, savoir, les attouchemens, les gestes, et les mots, lesquels ne sont que les trois branches plus ou moins perfectionnées du langage naturel et primitif, que les idéologistes ont appelé langage d’action; car il

n’est

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