CHAPITRE IV
pression, et qu’elle fait toujours partie de l’attribut.
Actuellement que vous connaissez suffi-
l’idée d’ animalsont compris tous les individus hommes ; mais dans les idées composantes de l’idée homme est comprise l’idée d’être un individu de la classe des animaux , d’être un animal.
Or, comme je soutiens que tout jugement consiste toujours à voir que l’idée de l’attribut est une des idées composantes de celle du sujet, est une cix*constance qui lui appartient, je me crois en droit de dire que l’idée de cet attribut, bien que plus générale, fait partie de celle du sujet, quoique plus particulière, et que c’est pour cela, et pour cela seul, que nous pouvons affirmer l’attribut du sujet.
J’en ai d’autant plus de raison , que dès que deux idées sont comparées , dès qu’elles sont la matière d’un jugement, elles ne diffèrent plus que par leur compréhension : elles sont toujours parfaitement égales en extension. Quand l’on dit que l'homme est un animal, on entend un animal de l’espèce des hommes , et noi* pas de l’espèce des singes ou de toute autre. De même quand on dit, cet homme est malade, on entend malade de sa maladie particulière , et non pas de toutes les infirmités qui peuvent mériter à un être sensible le nom de malade. C’est toujours l’extension du sujet qui détermine l’extension de l’attribut. Celle-ci ne peut jamais la surpasser, puisque l’attribut n’est jamais dit que des objets auxquels s’applique le sujet;
samment ce que c’est que la faculté de sentir des rapports, nous allons parler de celle de sentir des désirs.
mais elle doit l’égaler, puisque l’attribut est toujours dit de tous les êtres auxquels s’étend le sujet.
Cela nous fait voir pourquoi l’attribut doit toujours être une idée au moins aussi générale que le sujet. C’est qu’on ne peut pas accroître à volonté l’extension d’une idée (cela en fait une autre idée) , au lieu qu on peut toujours la restreindre de manière à n’être qu’égale à celle d’une autre. On ne peut pas étendrê l’idée d'animal à tous les êtres , elle deviendrait l’idée d 'être, tandis qu’on peut très-bien la restreindre à në s’appliquer pour le moment qu’aux animaux appelés hommes : elle n’est pas dénaturée pour cela.
Mais ces réflexions nous montrent aussi bien clairement combien est fausse cette dénomination de grand terme donnée à l’attribut d’une proposition , puisque les deux termes sont toujours égaux en extension , et que c’est le sujet qui, par sa nature, est nécessairement le grand terme sous le rapport de la compréhension.
C’est-là la différence radicale entre l’ancienne logique , s’appuyant sur des hypothèses hasardées et des formules vaines , et la nouvelle logique, fondée sur l’observation attentive de la formation de nos idées ; entre la fausse conception de l’art syllogistique et l’exposition vraie du mécanisme naturel de nos déductions.
Au reste, on trouvera cette explication plus com-