‹ Elemens d'ideologie (volume 3)Chapitre 86 sur 203 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

d’une certaine quantité de mouvement. Passons à la durée.

La durée est, comme nous l’avons dit, une propriété commune à tout ce qui sent ou est senti, et qui appartient à tous les êtres, même indépendamment de l’étendue. Il s’agit maintenant de reconnaître comment nous la mesurons. Sans doute, nous ne la mesurons que par elle-même ; car mesurer une chose quelconque , c’est la comparer à une quantité déterminée de cette même chose , que l’on prend pour terme de comparaison, pour unité. Ainsi, mesurer, évaluer une longueur, un poids, une valeur, c’est trouver combien elles contiennent de mètres, de grammes, de francs, en un mot, d’unités de même genre; et on ne peut pas évaluer une distance en grammes, ni un poids en francs, ni dire qu’une valeur est plus grande ou plus petite qu’un poids ou qu’une distance, et réciproquement. Mesurer la durée, c’est donc l’évaluer en unités de durée. Mais nous avons déjà remarqué que la propriété des êtres appelée durée, bien differente en cela de celle appelée étendue, ne nous donne par elle-même aucun moyen de constater d’une manière exacte

et durable les limites de chacune de ses parties. Ces parties sont fugitives et transitoires; elles ne coexistent pas ensemble; leurs divisions ne sont marquées par rien; il n’j en a par conséquent aucune qui soit déterminée avec assez de précision pour servir d’unité. Que faisons-nous donc pour partager la durée en temps, c’est-à-dire en quantités de durée mesurées avec justesse? Nous avons recours au mouvement; c’est lui, et lui seul, qui nous rend perceptibles les divisions de la durée. Aussi, prenez-y garde, les temps sont toujours marqués par quelques mouvemens opérés; leurs subdivisions seraient arbitraires et incertaines si elles ne se rapportaient au mouvement de quelques astres ou de quelques machines. Nous mesurons donc la durée par elle-même comme toutes choses; mais c’est le mouvement qui nous la rend commensurable.

Maintenant il reste à voir comment le mouvement, qui est en lui-même aussi fugitif, aussi transitoire , aussi peu susceptible de divisions fixes et permanentes que la durée, peut devenir pour elle la base et le moyen d’urie mesure exacte ; car le mouvement, sans doute, ainsi que toute autre

chose ,

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