CHAPITRE X
court soixante fois tout entier; car qu’est-ce qu’une heure? c’est la vingt-quatrième partie de la révolution de la terre , c’est la vingtquatrième partie de sa circonférence parcourue par un des points de sa surface; ainsi tout mouvement qui s’opère vingt -quatre fois pendant la durée d’un jour, marque exactement une heure, quel que soit l’espace qu’il parcoure. Peu importe la grandeur du cadran de ma montre ; elle n’est destinée qu’à m’apprendre que chaque fois que telle aiguille en a fait le tour, la terre a effectué la vingt-quatrième partie de sa révolution , un point de l’équateur a parcouru tant de millions de mètres. Nous voyons donc comment la durée est mesurée par le mouvement, et comment il la rend appréciable avec exactitude , parce qu’il rapporte à une quantité invariable d’étendue le temps qui sert de terme de comparaison à tous les autres. Cela nous fait déjà apercevoir aussi comment nous mesurons parfaitement le mouvement lui -même malgré ses innombrables variétés. C’est ce qui nous reste à développer.
La mobilité est une propriété des être& qui diffère essentiellement de la durée, en
l8a IDÉOLOGIE,
ce point que, parmi les êtres possibles, elle . ne peut appartenir qu’à ceux que nous appelons corps, c’est-à-dire à ceux qui sont étendus ; car des êtres qui n’auraient aucune étendue , s’il nous était possible d’en concevoir de tels, n’occupant aucun lieu, ne pourraient en changer.
Le mouvement est l’exercice de la propriété appelée mobilité; c’est un effet des corps comme la couleur ou la saveur; je ne dis pas comme l’attraction (1), l’inertie ou l’impulsion ; car de ces trois choses, les deux premières ne consistent qu’en tendance ou en résistance au mouvement, et la troisième n’est que sa communication ; ainsi elles ne sont que des dépendances du mouvement, et leur iotensiténe s’évalue que par le moyen du mouvement qu’elles produisent ou empêchent : ce sont donc des sujets de considérations secondaires. M^is ici c’est le mouvement lui-même qui nous occupe.Comment
(1) Je comprends toujours sous ce mot générique, rion-seùlemént la gravitation céleste et la pesanteur terrestre, mais encore toutes les attractions et affinités particulières, en un mot, toutes les tendances quelconques d’un corps vers un autre.