CHAPITRE I
mime de croire que nos idées soient la représentation des choses qui les causent.
Quoi qu’il en soit, nous avons déjà remarqué que nous avions des idées ou perceptions de quatre espèces différentes. Je sens que je me brûle actuellement, c’est une sensation que je sens; je me rappelle que je me suis brûlé hier , c’est un souvenir que je sens ; je juge que c’est un tel corps qui est cause de ma brûlure, c’est un rapport que je sens entre ce corps et ma douleur; je veux éloigner ce corps, c’est un désir que je sens. Voilà quatre sentimens, ou, pour parler le langage ordinaire, quatre idées qui ont des caractères bien distincts. On appelle sensibilité la faculté de sentir des sensations; mémoire, celle de sentir des souvenirs; jugement, celle de sentir des rapports; volonté, celle de sentir des désirs. Ces quatre facultés font certainement partie de celle de penser; mais la composent-elles toute entière? la faculté de penser n'en renferme-t-elle aucune autre? Quoique j’en sois bien convaincu, je ne me permettrai pas de vous l’affirmer encore ; c’est une question que nous traiterons par la suite. Commençons par considérer ces
IDEOLOGIE.
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quatre facultés l’une après l’autre ; si decet examen il résulte qu’elles suffisent à former toutes nos idées, il sera constant qu’il n’y a rien autre chose dans la faculté de penser; qu’elles la composent toute entière.