CHAPITRE r
tions complètes; car ce sont là les vraies définitions.
Entrons donc en matière , et commençons par examiner ce que c'est que penser.
Vous pensez tous : vous le dites souvent f aucun de vous n'en doute; c'est pour vous une vérité d'expérience, de sentiment, de conviction intime, et je suis bien loin de la nier. Mais vous étes-vous jamais rendu un compte un peu précis de ce que c'est que penser, de ce que vous éprouvez quand vous pensez, n'importe à quoi? Je suis bien tenté de croire que non ; et bien des hommes meurent sans l'avoir fait, sans y avoir seulement songé. Cette insouciance si commune devrait bien nous surprendre, s'il n'était pas vrai qu'il n'y a que les chosesrares qui aient le pouvoir de nous éton^ ner. Essayons de faire ensemble cet examen que je vous soupçonne de n'avoir ]ainais fait.