‹ Élémens d'idéologie. [electronic resource]Chapitre 177 sur 192 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

T'IDÉOLOGIE est une partie de la zoologie-.

Locke est, je crois, le prenaier qui l'ait envisagée sou^s cet aspect ; aussi en a-t-il fait une partie de la physique.

Condillac est vraiment le créateur de. cette science ; piais il n'en a point donné de traité complet.

Je me suis proposé d'y suppléer. Ceci est un premier essai , qui ne saurait être exempt de graves imperfections.

Tout ce que je désire, c'est qu'on discute la théorise exposée dans ces élémens.

J'espère aussi qu'ils pourront être utiles à l'enseignement.

J'ai publié cette première partie , qui traite de la formation des idées , sans attendre celles qui traiteront de leur. expression et de leur déduction, afin d'avoir le temps de recueilliy les avis. des. hommes éclairés et de modifier mes opinions ,. s'il y ajieu.

C'est sur-tout aux jeunes gens que je m'adresse, p^rce qu'ils, n'ont point encore d'opinions fixées,

SgO EXTRAIT RAlSOxVJ^É

aussi parce qu'ils supportent §ans impatience qu\pn les arrête sur des détails que les hommes plus avancés en âge croient toi^s connaître , quoique souvent ils ne Jes aient pas examinés suffisamment.

Je crois les jeunes gens très-capables d'étudier cette science, qui n'est pas plus difficile que bien d'autres, et qui est même nécessaire à la pleine et facile intelligence dç b.ea,ucoup de choses qu'on enseigne aux çnfans.

Seulement il faut partir de ce qu'ils connaissent, les prendre au point où ils sont , et sur-tout ne pas çommencer par vouloir leur définir les termes les plus généraux et les plus abstraits; car quand ils seront en état de bien comprendre ces définitions, c'est-àdire de bien yoir toutes les idées comprises dans la signification de chacun <Je ces mots , ih ^auront complètement la science.

Ge ne doit donc pas être là le déÎ3uf des leçons. La première chose à faire est de faire remarquer aux élèves ce qui se passe en eux lorsqu'ils pensent et q,u'ils raisonnent, soit qu'ils jouent, soit qu'ils étudient.

ÇHAPITRE PREMIER.

Qu'est-ce que penseff?

La faculté de penser çonsiste à éprouver une foule ^'impressions , de modifications , de manières d'être dont nous avons la conscience , et qui peuvent toutes être comprises sous la dénoraination générale d'idées ou de perceptions.

Toutes ces perceptions , toutes ces idées, sont des choses que nous sentons. Elles pourraient êtres nom-

DE l'idéologie. 391;

mées sensations ou sentimens , en prenant ces mots d&ns un sens très-étendu, poui- exprimer une chose sentie quelconque. Ainsi, penser c'est toujours sentir quelque chose, c'est sentir.

Penser ou sentir, c'est pour nous la même choya qu'exister; car si nous ne sentions rien, nous ne sentirions pas notre existence; elle serait nulle pour nous, bien qu'elle pût être sentie par d'autres.

De ces idées ou perceptions , les unes sont des sen-t sations proprement dites , les autres des souvenirs , d'autres des rapports que nous, apercevons , d'autres enfin des désirs que nous éprouvons..

La faculté de penser ou d'avoir des perceptions renferme donc les quatre facultés élémentaires appe-^ lées la sensibilité proprement dite, la mémoire, le jugement et la volonté.

Et si de l'examen de ces quatre facultés il résulte qu'elles suffisent à former toutes nos idées, il sera constant qu'il n'y a rien autre chose dans la faculté ^e penser.

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