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CHAPITRE XV

Du perfectionnement graduel de nos Facultés . intellectuelles.

tettë capacité de nos organes de recevoir une disposition permanente «à l'occasion d'une impression passagère, est la source dé tous nos progrès et dé toutes nos erreurs.

Elle est la cause de tous nos progirès, càr sans ellë' nous n'aiU"ions absolument aucUns souveniirs.

En effet, on sent bien que si nos perceptions j lors de leur disparition j nous laissaient absolument comme nous étions avant de les avoir éprouvées , il nous serait impossible de nous les rappeler. Or, sans souvenirs ^ tout progrès ultérieur serait impossible;

Cependant ces progrès seraient encore bien faibles sans l'accroissement de facilité qui a lieu dans nos fonctions. Quand on Songe combien toute opération nouvelle est pour nous pénible et lente j on reconnaît bien vite que l'homme brut et l'esprit cultivé diffèrent encore bien plus par l'aptitude à faire des combinaisons que par le nombre de leurs connaissances.

Mais cette disposition qui demeure dans ri<?9

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4l8 EXTRAIT RAISONNÉ

organes est aussi la cause de nos erreurs, i° parce que beaucoup d'opérations intellectuelles s'exécutent à notre insu, et nous avons vu ce qui en arriva ; 2° parce que devenant vraiment innombrables , il est difficile qu'elles ïie se causent pas réciproquement des perturbations et qu'il ne s'établisse pas entr'elies des liaisons vicieuses. Aussi la démence absolue est-elle pluar fréquente dans les esprits très-exercés et très-actifs.

De tout cela il résulte que quand l'homme naîtrait avec l'entier développement de ses organes, il n'en serait pas moins réduit d'abord à un degré bien borné d'intelligence et de capacité.

Jusqu'à quel point l'individu isolé et livré à luimême se perfectionnera-t-il par ses propres forces? c'est ce qu'il est impossible de déterminer avec précisdon mais si l'on pense à la prodigieuse différence qu'il y a. entre inventer et apprendre , on peut prononcer qu'il n'égalerait jamais le sauvage le plus brut, car celui-là même a déjà beaucoup reçu de ses semblables.

Ceci nous amène naturellement à l'examen de l'usage des signes. Nous y trouverons de nouvelles causes de progrès et d'erreurs.

En attendant, concluons que le premier état^ie la race humaine, même en la supposant dès l'origine organisée comme aujourd'hui , a dû être la stupidité et l'engourdissement , et que ses ^premiers progrès n'ont pu être qu'excessivement lents.

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