CHAPITRE X
Continuation du précédent; de la Mesuré des propriétés des Corps.
Nous l'avons déjà dit, la propriété d'être étendu consiste à pouvoir être touché continuement ^ar notre main qui se meut. Un corps n'est étendu que parce qu'il a des parties telles, qu'il faut faire une certaine quantité de mouvement pour aller des unes aux autres. Mais comment évaluons- nous, mesurons-nous la quantité de son étendue? La manière en est simple et directe. INous
(i) Cette définition du temps, qui m'a été contestée, est celle de Locke. Essai sur V Entendement humain, Uy. II, chap. 14.
comparons cette étendue à une portion fixe et déterminée d'étendue que nous prenons pour terme de comparaison, c'est-à-dire pour unité; tels sont les pieds et les mètres, et tous leurs analogues, ainsi que toutes les mesures de surface et de capacité ou solidité qui en dérivent; car ce que nous appelons mesurer la longueur, la surface ou la solidité d'un corps , n'est autre chose que reconnaître la quantité de mètres ou de parties de mètre linéaires, carrés ou cubes que contient ce corps ; et le premier élément jde toutes ces mesures est une quantité fixe d'étendue en longueur, telle qu'un pied ou un mètre. Or, qu'est-ce pour nous qu'un pied ou un mètre? C'est la représentation constante de la quantité de mouvement que notre main a dû faire pour se porter depuis l'extrémité de ce mètre qui a commencé à lui faire éprouver le sentiment de résistance, jusqu'à l'autre extrémité où elle a cessé d'éprouver cette résistance. Concluons donc que nous mesurons l'étendue par l'étendue même ; mais n'oublions pas que l'unité fondamentale de toutes ces mesures nous est donnée par le mouvement, et n'est autre chose que la représentation permanente