‹ Élemens de chimie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 5 sur 118 · ÉLÉMENS · texte numérisé non relu

ÉLÉMENS

Dans plusieurs occasions, j'ai rapporté des phénomènes isolés qui établissent une distinction entre l'affinité chimique et d'autres forces. De ces phénomènes , nous concluons sur la nature de la force qui les produit; ils se divisent en deux classes : à la première appartiennent les phénomènes qui ont lieu lorsque la conh binaison se fait , à la seconde ceux qui résultent des propriétés de la combinaison formée.

L'affinité chimique n'agit qu'au moment où les substances qu'on veut combiner arrivent en contact immédiat; la condition ordinaire est donc que la substance soit liquide ou gazeuse, ou qu'au moins la combinaison formée affecte l'un ou l'autre de ces états, pour que celle-ci n'empêche le contact en question. Dans beaucoup de cas la combinaison de substances, qui ont même une grande affinité réciproque, exige une température élevée ou la présence d'une substance de contact , non pour que l'affinité chimique soit augmentée, mais pour qu'il disparaisse, d'une manière non encore suffisamment expliquée, un obstacle à la combinaison chimique, sur lequel je reviendrai dans la partie consacrée à la physique et qu'on doit à juste titre chercher à déduire d'une source commune aux phénomènes élec-

triques. J'aurai souvent à faire mention de la chaleur comme moyen de provoquer ou de détruire des combinaisons chimiques. Il n'en sera pas de même quant aux substances de contact, attendu que les chimistes n'ont encore que peu considéré les phénomènes auxquels elles donnent lieu. Ici se rangent sans contestation non seulement les phénomènes que j'ai rapportés plus haut

en traitant de la formation de l'étheret du sucre et ceux

qu'on attribuait à une affinité prédisposante, mais encore ceux qui sont produits par les métaux poreux. Car si l'étendue de leur surface augmente l'action qu'ils déterminent, leur nature y contribue aussi, puisque d'au très substances beaucoup plus poreuses , par exemple la chaux, n'opèrent pas la combinaison des gaz hydrogène et oxigène. Chaque combinaison chimique entre des corps simples comme entre des corps composés donne lieu à un développement de chaleur, de magnétisme et d'électricité, ainsi que de lumière, si la chaleur est assez élevée.

Les substances qui forment la combinaison chimiqut s'unissent toujours dans un rapport déterminé et si intimement qu'on ne peut ni reconnaître ni séparer les molécules à l'aide du microscope le plus puissant ou de tout autre instrument. Les combinaisons chimiques ne sauraient être confondues qu'avec des mélanges mécaniques ou avec des combinaisons par attraction à depetites distances ; on les en distingue parce que celles-ci I peuvent être séparées par des moyens mécaniques ou i détruites par des substances, qui, à de petits éloignemens, exercent une attraction prépondérante sur une OU plusieurs substances de la combinaison. J'ai déjà rapporté les cas rares et les circonstances dans lesqueb

une pareille attraction peut surmonter l'affinité chimique (p. 4i2, t. i.), et alors la combinaison doit être regardée comme chimique, à telles enseignes qu'elle cristallise, ou qu'elle est formée dans un rapport déterminé, ou qu'en s'unissant à d'autres substances elle donne des composés particuliers (acide hyposulfureux). Parmi les combinaisons cristallisées, il n'y a que les substances isomorphes (ayant la même forme cristalline) cristallisées ensemble qui ne soient pas des combinaisons chimiques ; mais aussi ces substances ne se trouventelles pas unies en proportions déterminées.

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