I. ACIDE HYDROFLUORIQUE ET FLUORURES
Fluorure de silicium et acide hydrofluorique {acide fluosilicique).
On obtient du fluorure de silicium en faisant chauffer doucement ensemble, dans une cornue, parties égales de -spath-fluor réduit en poudre fine et de verre grossièrei ment concassé et 6 parties d'acide sulfurique. 11 se développe un gaz incolore qu'on doit recueillir sur le mercure, attendu que l'eau le décomposerait sur-lechamp avec séparation d'acide silicique. Par cette raison il faut dessécher parfaitement le tube de décharge et le ( cylindre dans lequel on le reçoit. Le gaz a une pesani teur spécifique de 3,5^4 j on n a encore pu jusqu'ici l'obtenir sous forme liquide. Le potassium le décom- ; pose en donnant lieu à la formation de fluorure de potassium et de siliciure du même métal ; avec les oxides métalliques il se décompose en fluorures métalliques et en acide silicique. On peut trouver la composition du gaz en déterminant le poids du fluorure métallique : il contient 29,32 parties de silicium et 70,68 parties de fluor. L'alcool absolu l'absorbe abondamment sans lui
faire éprouver de décomposition ; mais au moment où la dissolution commence à devenir très concentrée, il s'opère une décomposition : de l'acide silicique se sépare et la liqueur exhale l'odeur de l'éther.
Le gaz fluorure de silicium en contact avec de l'air humide, répand une fumée très épaisse; avec l'eau liquide il se décompose sur-le-champ. Sur 3 parties de fluorure de silicium , i partie est décomposée , l'eau se résout en ses élérnens, de l'acide hydrofluorique qui s'unit avec 2 parties de fluorure de silicium et de l'acide 6ilicique se produisent, l'acide hydrofluosilicique se dissout et l'acide silicique se sépare en masse gélatineuse. Lorsqu'on conduit directement le gaz du tube de décharge dans l'eau , celui-ci est de suite obstrué : voilà pourquoi on laisse le gaz se dégager sous du mercure, sur lequel on verse de l'eau. Pour la préparation en grand, on emploie un grand matras e (Jrg. 20), qu'on remplit du mélange et qu'on ferme avec un bouchon , qui est percé de deux trous et sur lequel on verse du gypse pour rendre la clôture hermétique. Le tube de sûreté / ne sert à autre chose qu'à procurer une issue au gaz en cas d'obstruction. Le tube de décharge descend jusqu'au fond du vase, sous le mercure e, de manière que les bulles gazeuses n'arrivent en contact avec l'eau qu'après avoir traversé le mercure. Le liquide forme bientôt une gelée épaisse; on doit la remuer de temps à autre pour empêcher que des bulles ne s'élèvent sans se décomposer. Quand on veut terminer l'opération, on passe le liquide par un linge, qu'on linit par soumettre à la presse. L'acide silicique, dans l'état où il se trouve, étant très soluble dans l'eau, il faut se garder de laver le résidu.
d'un acide avec une autre substance. 237
Une partie d'eau en poids absorbe presque i i ji partie de fluorure de silicium. Lorsqu'on fait chauffer ensemble la dissolution et l'acide silicique précipité, avec Idequel elle forme une masse épaisse et gélatineuse, elle -s'évapore, l'acide hydrofluosilicique décomposant de nnouveau l'acide silicique, et du fluorure de silicium aainsi que de l'eau se dégageant. On ne peut obtenir l'accide hydrofluosilicique exempt d'eau ; lorsqu'on veut le concentrer beaucoup, il se décompose en fluorure de -silicium, qui se dégage, et en acide hydrofluorique , qqui reste. Lorsqu'on opère dans des vaisseaux de verre 1 l'acide hydrofluoiique libre qui se forme les attaque, ce qui n'arrive nullement avec l'acide hydrofluosilicique.
L'acide aqueux a une saveur franchement acide. Lorsqu'on ajoute à l'acide un excès d'une base, par exemple de soude, il se forme un fluorure et de l'acide silicique - se sépare ; en n'ajoutant que ce qu'il faut d'une base pour s saturer l'acide hydrofluorique, on obtient une combi- : naison de fluorure de silicium avec un fluorure métallique, dans laquelle le fluor du silicium est à celui du fluorure métallique comme 2 : i. La plupart de ces combinaisons sont solubles dans l'eau et peuvent être obtenues cristallisées. Le fluosiliciure de potassium étant très peu soluble dans l'eau, on met à profit cette pro- ; priété pour décomposer des sels de potasse , par exemj pie le chlorate ou le chromate , afin d'en séparer l'a- 1 cide; les fluosiliciures de sodium, de lithium et de ba i rium se dissolvent aussi difficilement dans l'eau. Exposés à une température élevée, les fluosiliciures se décomposent en fluorure de silicium qui se dégage et en fluorure métallique qui reste. On a déterminé de cette manière la composition de ces combinaisons et étudié par con-
séquent la décomposition susmentionnée du fluorure de silicium et de l'eau : une quantité pesée de fluosiliciure de barium anhydre ayant été chauffée au rouge, ce que le résidu pesait en moins que la combinaison soumise à l'expérience, était le poids du fluorure de silicium. La composition du résidu de fluorure de barium a été calculée au moyen de celle de la baryte et de celle de l'acide hydrofluorique , qu'on connaissait.