CHLORE ET EAU
Lorsqu’après avoir rempli un matras de chlore gazeux on y verse un peu d’eau , et qu’on abaisse la température jusqu’à o°, ou bien lorsqu’on fait passer un courant de chlore gazeux à ti’avers de l’eau à o°, le chlore se combine avec ce liquide et forme une masse cristalline, qu’on peut séparer de l’eau adhérente à l’aide de quelques doubles de papier Joseph refroidi. On verse cette masse dans un tube de verre fermé par un bout et un peu recourbé et dont on scelle aussi l’autre extrémité, dès que la masse s’y trouve; car chauffée jusqu’à 4“ dans un vase ouvert, la combinaison se décompose déjà en chlore gazeux et en eau. Ces cristaux sont d’une couleur jaune pâle et très fugaces, de sorte qu’à l’instar du camphre ils se subliment d’un endroit du tube de verre à un autre plus froid. Ils ne contiennent qu’environ 28 pour cent de chlore.
Si l’on plonge dans de l’eau à 32° ou 33^ l’extrémité du tube de verre a {Jig. 4^), qui contient les cristaux, ceux-ci disparaissent, et il se forme deux couches liquides; la couche supérieure ne paraît être qu’une dissolution saturée de chlore dans l’eau , la couche inférieure est du chlore qui s’est séparé à l’état liquide sous forme d’un corps oléagineux d’une couleur foncée. Si on refroidit l’autre extrémité h le chlore vient s’y condenser. Si on abaisse de nouveau la température du tube à 21“ le chlore et l’eau se combinent de nouveau et reproiçluisent les premiers cristaux.
Cette substance est un des exemples les plus remarquables de la combinaison d’un corps simple avec un corps composé; elle était l’unique exemple de la com-