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se gonfler. Les cordes précipitent des quantités d’eau proportionnelles au degré d’humidité de l’air, de sorte que flasques à 1 air sec elles se roidissent à l’air humide j cette contraction provient de la manière dont la corde est faite. Les cheveux, les fanons de baleine et d’autres substances de cette espèce absorbent l’eau d’une manière si régulière en la suçant à l’instar d’une éponge, qu’elles servent d’hygromètre par l’allongement qu’elles prennent. Le cheveu fixé en a [fig. 199) s’enroule inférieurement en c autour d’un arbre au-dessous duquel il est tendu à son extrémité par un petit contre-poids d. L’arbre porte un index e, mobile avec lui et indiquant sur un cercle gradué de combien le cheveu s’allonge ou se raccourcit. On introduit d’abord cet instrument dans une caisse contenant du chlorure de calcium rougi au feu et en vertu de sa grande affinité pour l’eau , propre à y dessécher l’air aussi parfaitement que possible; on marque 0° au point où s’arrête l’aiguille. On place ensuite l’instrument dans une caisse dont les parois sont fortement mouillées afin que l’air puisse s’y saturer complètement d’humidité; le cheveu s’allonge et l’on indique par 100° le point du cercle où l’aiguille reste stationnaire. A l’aide d’une table renfermée dans plusieurs ouvrages de physique on peut déduire de la marche de cet hygromètre et de la température de l’air, à quelle température l’air est saturé de l’humidité qu’il contient ou combien de gaz aqueux il contient en général. Au reste, comme on n’a pas encore trouvé de substance propre à cet hygromètre et qu’il s’altère plus ou moins avec le temps, on doit lui préférer celui que j ai décrit ci-dessus ( p. 34o). Les corps poreux absorbent également d’autres vapeurs, par exemple, celles de l’é-
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ther et de l’alcool, et cela, de la même manière que la vapeur aqueuse; c’est ce qu’on remarque facilement poulies substances qui répandent une forte odeur, comme, par exemple, les gaz qui se forment lorsqu’on fume du tabac et dont l’odeur reste long-temps imprégnée dans les cheveux, dans les habits et dans le papier; il en est de même quant au gaz hydrogène sulfuré et d’autres gaz de même espèce.
Il est plus facile de rendre sensible la condensation des gaz qui s’opère à la surface des masses solides et compactes ou en général plus grandes, par exemple, à la surface des vaisseaux en verre; cet objet exerçant une grande influence dans plusieurs expériences, on n’a pas laissé de recueillir les faits qui s’y rattachent. Qù’on verse dans un tube barométrique vide du mercure , bien purgé d’air par l’ébullition et refroidi sous la machine pneumatique afin d’éviter toute nouvelle absorption, et qu’on écarte. soigneusement du verre la moindre bulle d’air perceptible au microscope, on remarquera, en faisant bouillir le liquide, qu’il se développe encore des bulles d’air sur le verre. Après avoir fait bouillir le mercure dans le tube de verre pendant assez long-temps pour que tout l’air soit expulsé, qu’on introduise dans ce tube du mercure agité avec de l’air et de l’eau , et séché seulement à l’air, au moyen d’un entonnoir <à bec assez long et assez étroit pour descendre jusqu’au fond du tube, et qu’on soumette à la chaleur de l’ébullition du mercure la partie du tube où se trouve le mercure ainsi introduit, la partie inférieure par conséquent, il ne se développe plus de bulles gazeuses ; d’où il suit que le développement des bulles dans la première expérience provenait de l’air condensé à la surface du
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veri’c. Ainsi clans cliacjuc bocal en verre z'empli de mer- i cure, ce métal est séparé de toutes parts du verre par une couche d air, et c est par cette couche que communiquent avec l’air extérieur les divers gaz qu’on isole de 1 air à laide du mercure dans des cylindres, tubes ou autres appareils renversés. Voilà pourquoi il s’échappe en peu de temps des quantités sensibles du gaz hydrogène t]u’on conserve sur le mercure dans un tube gradué (en cjuatre jours, par exemple , il s’en dissipe quatre pour cent dans un tube de V4 pouce de diamètre). Voilà pourquoi aussi dilièrens gaz contenus dans les vases renversés sur le mercure et même fermés par un bouchon se dégagent après un certain laps de temps dans l’air atmosphéric|ue qui prend leur place. C’est ainsi qu’un vase où l’on avait introduit un mélange de deux volumes de gaz hydrogène et d’un volume de gaz oxigène contenait de l’air atmosphérique ordinaire après un séjour de quinze mois sur le mei-cure. Cet échange s’opère d’ailleurs avec assez de lenteur pour ne pas influer sur les expériences ordinaires qu’on fait avec les gaz dans un intervalle de temps peu considérable. Cependant pour quelques instruraens, notamment pour le baromètre, cette circonstance mérite d’être prise en grande considération. La convexité de la surface du mercure dans le tube barométrique se dissipe en raison de la manière plus ou moins complète dont l’air est expulsé par l’ébullition ; cette surface devient horizontale et enfin concave, de sorte qu’alors le verre se comporte à l’ésard du mercure tout comme à l'égard de leau, et que cette seule couche mince d'air cause la différence entre la tenue du mercure et celle de l’eau, quant à l’adhésion au verre. Cette couche d air se rétablit à la
longue dans le baromètre, l’air atmosphérique s insinuant de nouveau insensiblement le long des parois du tube, et sa quantité allant toujours en augmentant, de telle sorte qu’au bout d’un certain temps on y remarque très distinctement une bulle d’air lorsqu’on l’incline. Pour obvier à cet inconvénient et pour intercepter la communication avec l’air extérieur, on se sert d’un anneau de platine, pour lequel le mercure a plus d’attraction que l’air, et on le soude ou on le mastique à la base du tube de verre, si le baromètre est à cuvette, ou bien un peu au-dessous du niveau le plus bas du mercure dans la branche ouverte, si le baromètre est à siphon.
Un corps solide venant à condenser à sa surface des vapeurs, dans lesquelles, ramenées à l’état liquide, il puisse se dissoudre, sa surface deviendra moite, quelquefois même il se liquifiera en absorbant assez de vapeurs pour former une dissolution parfaite. Les phénomènes de cette espèce, qu’on remarque ordinairement, ne s’opèrent qu’avec la vapeur d’eau, et ce, avec la vapeur d’eau contenue dans l’air atmosphérique. Le sel de cuisine reste intact dans l’air sec, mais il s’humecte dans l’air à peu près saturé de vapeur aqueuse. Le chlorui’e de potassium, le carbonate de potasse, l’hydrochlorate de magnésie et beaucoup d’autres substances précipitent de l’air assez d’humidité pour s’y dissoudre intégralement, et la dissolution elle-même ne cesse de produire ce même phénomène que quand il se sera établi un certain équilibre entre la quantité d’eau absorbée et le degré hygrométrique de l’atmosphère. La quantité de vapeur, dont une substance soluble dans l’eau peut dépouiller l’air, dépend par conséquent en partie de
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l’attraction réciproque de ce corps et de l’eau, en partie de la quantité de vapeur aqueuse que 1 air renferme a une-température et sous une pression déterminées.
Lorsqu’un corps liquide passe à l’état de gaz , la chaleur ajoutée surmonte l’attraction mutuelle des molécules de ce corps. Lorsqu’un corps se trouve dissous dans le liquide, l’attraction mutuelle de ce corps et du liquide doit aussi être vaincue par la chaleur, de sorte que le point d’ébullition diffère suivant que le liquide est pur ou qu’il tient des corps en dissolution. C’est ainsi qu’une dissolution aqueuse et saturée
de sel cuisine entre en ébullition à iog°,o U sel ammoniac « n4°,4
«salpêtre >. n5°,6
» carbonate de potasse « i4o°,o
Plus une dissolution est étendue , plus son point d’ébullition s’approche de celui de l’eau ; la concentration le fait monter insensiblement en éliminant de l'eau.
Le haut point d’ébullition du 'chlorure de calcium dissous sert avantageusement à la concentration ou à l’évaporation des liqueurs , lorsqu’on veut éviter toute secousse, tout bouillonnement, toute altérathan par la chaleur, alors qu’on ne veut pas exposer les vaisseaux au feu nu 5 ce qui n’est pas sans danger pour ceux en verre ou en porcelaine. A cet effet, on place dans une chaudière en cuivre chauffée directement, la capsule ou chaudière c {Jig. 200) contenant le liquide, par exemple, une dissolution de substances végétales dans l’eau; du moment que la dissolution de chlorure de calcium aura atteint un certain degré de concentration, elle ne perdra plus d’eau, toute la chaleur qu’elle recevra se portera au vase intérieur pour évaporer l’eau contenue
dans ce vase. Pour plus de sûreté la chaudière infél'ieure est munie d’un robinet à l’aide duquel on peut mettre l’espace intérieur en communication avec l’air, lorsqu’on le juge nécessaire. Pour atteindre le même but on peut également introduire différens vaisseaux en porcelaine, en verre ou d’autres objets de cette espèce dans une grande chaudière servant à échauffer une dissolution de chlorure de calcium.
-CONDENSATION DBS SnBSTANCES GAIF.OSBS PAB LES CORPS LIQBIDES.
La force qui opère la condensation des gaz à la surface des corps solides, doit naturellement produire le même effet à la surface des cox’ps liquides^ mais les molécules liquides pouvant glisser les unes sur les autres, les gaz y pénètrent, en sont absorbés et augmentent le volume du liquide. La quantité de gaz susceptible d’être absorbée de cette manière dépend de l’attraction que les particules liquides exercent entre elles et sur celles du gaz, et de l’attraction réciproque des molécules du gaz les unes pour les autres, de sorte que chaque liquide absorbe les gaz dans des proportions qui lui sont relatives et particulières, et généralement en moindres quantités les gaz qui exigent une pression plus forte pour se liquéfier, et qui pi'ésentent par conséquent une plus grande répulsion moléculaire à vaincrez II y a donc des gaz que les liquides absorbent abondamment, tandis que d’autres ne les absorbent qu’entrés faibles quantités ; l’eau dissout à peu près la moitié de son poids d’acide hydrochlorique, et seulement — ^ de eaz azote. De la même manière une dissolution concentrée de chlorure de calcium condense encore à 120° une grande quantité de
vapeur d’eau, portée à la même température et jouant par conséquent le rôle d’un gaz; et l’acide sulfurique, déjà pourvu de l’eau avec laquelle il peut se combiner chimiquement, absorbe à 120 degrés encore une égale quantité pondérable de vapeur aqueuse, élevée au même degré de température. Plus la température est basse, plus l’absorption d’un gaz est abondante. Jusqu’ici l’on n’a pas encore trouvé de loi générale pour les phénomènes que développent les gaz capables de se dissoudre en grande quantité dans l’eau; il n’est pas même invraisemblable, ainsi que je le démontrerai bientôt, qu’une affinité chimique entre le gaz et le liquide ait une certaine part dans l’action ; je décrirai aussi avec plus de détail ces phénomènes, en traitant des gaz mêmes, dont plusieurs, entr’autres l’acide hydrochlorique et l’ammoniaque , sont très importans pour le chimiste. Néanmoins pour les gaz dont l’eau absoi'be un volume à peu près égal au sien , ou moins , il existe sous ce rapport une loi simple; en effet, quelque grande que soit la pression, que le gaz soit resserré ou dilaté, toujours la même quantité en volume se dissoudra dans le liquide. Quant à ces gaz, j’exposerai ici les phénomènes communs à tous. On doit d’abord, par l’ébullition, purger complètement de l’air absorbé les liquides sur le pouvoir absorbant desquels, pour différens gaz, on se propose de faire des expériences scrupuleuses. Pour l’eau, on remplit facilement ce but à l’aide d’une ébullition soutenue pendant plusieurs heures; on réussit moins bien pour l’alcool et l’éther, ces liquides entrant en ébullition à une température plus basse que l’eau. Lorsque le liquide peut dissoudre plus de V7 de volume des gaz que l’on considère, on fait monter ceux-ci dans un tube
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rempli de mercure et d’un diamètre d’environ quatre centimètres, on les agite avec le liquide qu’on introduit ensuite, et au bout de quelques jours on détermine la quantité de l’absorption. Quant aux gaz dont le liquide ne peut pas condenser */; de son volume, on en remplit entièrement un flacon au dessus du mercure; on fait passer de ce flacon dans un autre une partie du gaz, par exemple Ve environ , dont on détermine exactement la quantité, et l’on introduit dans le premier flacon une quantité suffisante du liquide, de l’eau par exemple, pour en expulser de nouveau le mercure qui s’était substitué au gaz qu’on a fait sortir. On agite alors violemment l’eau dans le gaz, l’on ouvre le flacon sous l’eau pour y laisser entrer une quantité de ce liquide égale à celle du gaz condensé, et on le referme. La capacité du flacon se détermine en le pesant d’abord vide et ensuite rempli d’eau. La quantité de gaz qu’on a fait passer dans le second flacon fait connaître celle de l’eau qui a déplacé ce gaz, et celle du gaz absorbé par cette eau résulte du poids de l’eau qui s’est élevée dans le flacon au moment où on Va ouvert sous ce liquide après l’absorption. J’ai déjà montré précédemment la manière dont il faut tenir compte, dans ces expériences, des variations de température et de pression. Par des expériences très subtiles faites d’après ces méthodes , on a trouvé qu’à io°, loo mesures des liquides indiqués dans la colonne supérieure absorbent respectivement les quantités de différens gaz indiquées à côté du nom de chaque gaz.
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