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un sel. Dans la destruction des affinités chimiques par une température élevée à laquelle un des principes con~ stituans de la combinaison chimique se dégage, cette force d’évaporation concourt avec la chaleur pour diminuer l’affinité réciproque des parties constituantes. Le sel de cuisine se cristallise à — io° avec 38 pour cent d’eau; ramené à la température ordinaire il abandonne celte eau même au milieu de ce liquide. Le sulfate de soude qui se cristallise à une température de 33° d’une dissolution aqueuse est tout-à-fait anhydre; l’hydrate d’oxide de cuivre et d’autres hydrates (combinaisons de l’eau avec les oxides métalliques) perdent leur eau lorsqu’on les échauffe sous ce liquide. Lorsque ces substances se dépouillent de leur eau par l’élévation de leur température dans l’air , cette décomposition ne doit pas être attribuée à une augmentation de la tendance de l’eau à s’évaporer; lorsqu’au contraire le carbonate calcaire se décompose en exhalant son acide carbonique, ou se fond sans altération, suivant qu’on l’échauffe en vase ouvert ou clos , c’est la force avec laquelle l’acide carbonique prend la forme gazeuse qui cause la décomposition. Plus la force avec laquelle un corps se gazéifie est grande , plus les affinités chimiques vaincues par cette force peuvent être énergiques. L’acide carbonique exige une pression de plus de 4o atmosphères pour rester liquide à la température ordinaire; l’eau n’a au contraire besoin que d’une pression de Vso d’atmosphère pour conserver cet état. De là résulte évidemment pour nous la possibilité d’obtenir beaucoup de combinaisons de 1 eau avec les bases, sans que nous soyons en état de produire des combinaisons correspondantes de l’acide carbonique. Quoique l’acide carbonique ait plus d’affinité
que l’eau pour les bases, on ne peut pas combiner cet acide avec l’oxide de fer, l’alumine et d’autres bases, tandis qu’on obtient la combinaison de ces substances avec l’eau , chaque fols qu’on les précipite de leurs dissolutions aqueuses par une base plus puissante.
La faculté dissolvante des liquides donne également lieu à des décompositions chimiques. Le sulfate acide de potasse, intermédiaire^ entre le sel neutre et lehisulfate , étant dissous dans une quantité d’eau chaude telle que la dissolution ne soit pas tout-à-fait concentrée, il se cristallisera de la dissolution du sulfate neutre de potasse et du bisel restera dans la liqueur. Une petite quantité d’eau décompose l’iodite de soude en iodatede soude et en iodure de sodium, pour la raison que ladernière combinaison est beaucoup plus soluble dans l’eau que la première; l’alcool, qui ne peut dissoudre l’iodate de soude, opère encore plus facilement cette décomposition. Le sulfate acide de potasse traité par l’alcool donne du sulfate neutre de la même base, l’acide sulfurique se dissolvant dans l’alcool qui ne peut se combiner avec ce sel.
De faibles affinités chimiques pouvant de cette manière être détruites en vertu de la volatilité ou de la solubilité d’un principe constituant, il est quelquefois difficile de décider , lorsqu'une liqueur ne cristallise pas, s’il faut la prendre pour une combinaison chimique ou pour une simple dissolution des parties constituantes ; c’est le cas, par exemple, pour l’alcool et l’eau. On peut considérer l’acide hydrochlorique et 1 ammoniaque liquides comme des combinaisons chimiques, mais aussi comme des dissolutions; plusieurs alliages métalliques appartiennent également à cette catégorie. L affinité chi-
mique fut-elle aussi faible que celle de l’eau de cristallisation dans les sels, on observera toujours que les principes constituans se combinent dans des proportions déterminées; c’est ainsi que dans le sulfate de soude l’oxigène de la base est à celui de l’eau comme I à lo. Lorsqu’au contraire il y a dissolution, la force augmente avec la masse , même l’eau pure, ainsi que je l’ai déjà démontré (p. dy3), exerce encore une attraction sur une dissolution étendue. Je reviendrai plus au long sur ce sujet en décrivant les substances qui présentent ces cas, par exemple, en traitant de la tenue de l’acide sulfurique à l’égard de l’eau.
La solidification d’une combinaison chimique liquide peut également occasioner une décomposition chimique; l’attraction moléculaire (la force de cohésion) de l’un des principes constituans pouvant s’accroître suffisamment dans ce phénomène pour vaincre la faible affinité chimique de ce principe pour l’autre, avec lequel il était uni. Ce cas rare paraît se présenter dans la fonte grise et dans le granit ; je développerai davantage ces phénomènes à propos de l’une et d’autre substance.