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PHOSPHORE ET HYDROGÈNE

Le phosphore et l'hydrogène ne s'unissent qu'en une seule proportion.Le procédé le plus commode pour obtenir cecompose,consiste à chauffer du phosphore dans une dissolution de potasse, On emploie à cet effet une petite cornue (&)( fig. 40), réunie avec-un tube de verre à

l'aide d'un bouchon fermant hermetiquement, et placée dans un bain de sable au-dessus de la lampe à esprit de vin. Après y avoir introduit une petite quantité de phosphore on la remplit avec la dissolution de potasse, De même que l'eau n’est pas decomposee par le zinc seul, par exemple, et qu'il est nécessaire, pour que cet effet ait lieu, d'augmenter l'affinité de ce métal pour l’oxigène de celle de l’acide sulfurique pour l'oxide de zinc; de même aussi le phosphore ne décompose l'eau que pour autant que l’affinite de la potasse pour les acides phosphorique et hypophosphoreux concourt à l’action. Tandis que l’oxigene de l’eau oxide une portion du phosphore, l'auire portion de ce corps se porte sur l'hydrogène et donne le gaz spontanément inflammable, dont les bulles se dégagent du phosphore et s'élèvent. Les premières bulles s’enflamment dans l’air, contenu encore dans la cornue, et si celle-ci n'est pas pour ainsi dire entièrement pleine de dissolution de potasse, il peut en résulter une explosion assez violente pour fracasser l'appareil. C'est pour cette raison quil faut éviter la formation de grosses bulles en ne chauffant que lentement la cornue. Si le tube de verre plonge sous le niveau de l'eau, les bulles senflamment avec une légère détonation aussitôt qu'elles ont le contact de l'air; un anneau élégamment tourné se forme d'une fumée épaisse (d'acide phosphorique) et s'élève dans les airs. Si l’on fait arriver les bulles dans une eprouvette pleine de gaz oxigène elles s'y enflamment en développant une lumière très intense. En faisant cette‘ belle expérience il faut cependant avoir la précaution d’entourer l'éprouvette d’un panier en fil de fer. Car il arrive souvent que plusieurs bulles consécutives se mélent avec le gaz oxigène sans s'enflammer, et que la pre-

mière bulle suivante en s’enflammant fait prendre feu au mélange qui détonne alors violemment.

Le gaz hydrogène phosphoré recueilli sur de l’eau qu'on a fait bouillir préalablement est complétement incolore ; l’éau ordinaire contenant un peu d'air atmospherique le decomposerait. Il a une odeur des plus désagréables et analogue à celle des poissons en putréfaction. Il est un peu soluble dans l'eau à laquelle il communique cette odeur. |

Si l'on fait bouillir une dissolution d’hypophosphite de potasse avec un excès de potasse l'eau se décompose en oxigène, qui se combine avec l'acide hypophosphoreux et le transforme en acide phosphorique, et en hydrogène, qui se dégage à l’état de gaz. La même décomposition a lieu aussi pendant que de l'hydrogène phosphore se développe de la manière indiquée, de sorte que ce gaz peut être mêlé avec des quantités variables de gaz hydrogene. Pour l'obtenir dans le plus grand état de pureté possible on mêle de petits fragmens de phosphore avec de la chaux éteinte et on chauffe peu à peu le tout dans une cornue, en plongeant d’abord celle-ci dans l'eau bouillante et en l’exposant ensuite à la chaleur d'une petite lampe.

On obtient encore cette combinaison en chauffant de l'acide hypophosphoreux ou bien de l'acide phosphoreux. L'acide et l'eau qu'il contient, car il en renferme, se decomposent alors simultanement ; l'acide abandonne une partie de son phosphore , qui se combine avec l'hydrogène de l'eau et forme du gaz hydrogène phosphoré incolore ; l'oxigène de l'eau se combine avec l'acide, de sorte que la transformation des deux acides en acide phosphorique s'effectue tant parcequ'ilsabandonnentune:

partie de phosphore, que parce qu'ils absorbent l’oxigene de l’eau. Le gaz hydrogène phosphore préparé de cette manière ne s’enflamme spontanément que pour autant qu'on l'aura abandonné pendant quelque temps à lui-même ou mieux avec une petite quantité d’air atmosphérique. D'un autre côté, le gaz spontanément inflammable, conservé pendant long-temps, perd cette propriété sans se décomposer. Il est très vraisemblable que l’inflammabilité de ce gaz soit due à une petite quantité de phosphore echappant à l'analyse. On sait que le gaz hydrogène en contact avec du phosphore, même à une température basse , absorbe une petite quantité de ce corps, et devient lumineux dans l'air par suite sans doute d’une combustion de la vapeur du phosphore qu’il contient. La pesanteur spécifique du gaz hydrogène phosphoré a été trouvée à peu près égale à 1,185; une mesure de ce gaz est donc formée de 1/4 de mesure de vapeur de phosphore ann 1,085) et de ı 1/2 mesures de gaz hydrogène (0,0688 x 1 /a= 0,1032). L’analyse même la plus rigoureuse n'a montré aucune difference dans la composition de ce gaz, soit qu'il senflamme spontanément soit quil ne présente pas ce phénomène.

L'hydrogène phosphore ne se combine pas avec les bases ; il décompose quelques oxides métalliques, et quelques sels, en produisant tantôt un phosphure métallique, tantôt de l’acide phosphorique. Dans ce dernier cas, l'oxide métallique est réduit et il se forme de l’eau. Il s'unit avec quelques combinaisons du chlore, par exemple, avec le chlorure d’antimoine, et avec les acides hydriodique et hydrobromique. Cette dernière combinaison donne même de très beaux cristaux. Néanmoins,

ces substances sont déjà décomposées par l'eau qui en

expulse l'hydrogène phosphoré.

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