‹ Élémens de chimieChapitre 66 sur 77 · DE EN · texte numérisé non relu

DE EN

On a cherché en vain une loi pour l'augmentation dela pression avec la température. Également éloignées de leur point d’ebullition, les vapeurs exercent à peu près "la même pression; néanmoins ceci n’est pas toujours rigoureusement vrai. Si les vapeurs des différens liquides suivaient la loi de Mariotte à partir de leur point d'ébullition, la connaissance de la pression et de la température suffirait pour supputer la quantité de vapeur renfermée dans un espace déterminé. J'ai déjà rapporté cidessus (p. 193), que les vapeurs peu éloignées de la tem- pérature à laquelleelles se liquefient, sont plus denses qu'elles ne devraient l'être d’après la loi de Mariotte; cette anomalie s’observe surtout encore à de hautes pressions. Lorsqu'on scelle le tube a, après y avoir introduit de l’ether jusqu’au tiers environ de sa capacité, et qu'on l’Echauffe, on trouve qu'à 187°,5 et sous une pression de 37,5 atmospheres tout l'éther a pris la forme gazeuse, de sorte que le tube est rempli du gaz, dont par conséquent la densité s'élève à 0,2373 (>, 0,71192 est la pesanteur spécifique de l'éther) comparativement à l'eau, et à 182,7 comparativement à l'air. Sous la pression ordinaire de l'air cette vapeur aurait à la même température une densité de MT D mu 12; et devrait par conséquent supporter une pression de = 121 atmosphères pour acquérir la densité de 182,7; mais l'expérience prouve qu'il n’est besoin pour cela que de 37,5 atmosphères. On trouve la capacité du tube a par la quantité de mercure qu'il peut contenir, et l'on determine la quantité d’ether qu’on y a fait entrer en pesant l'appareil avant et après l'introduction de ce corps.

En prenant un peu plus d'un tiers d’ether on observe que, lorsque la température approche de 187°,5, le liquide augmente de plus en plus et finit enfin par rem-

plir tout le tube; lorsqu'on en prend moins la conver:

sion du liquide en vapeur a lieu subitement. Ce phéno-

mène provient de ce que le liquide se dilate continuelle-

ment et qu'il atteint à la fin la densité de la vapeur. Les

opinions sont partagées sur la quantité de chaleur

qu'exige l'eau pour se transformer en gaz sous de hautes

pressions et à des températures élevées, les expériences

pour la déterminer avec exactitude entrainant 1rop de

difficultés. On a cru pouvoir conclure de quelques ex-

périences, que cette quantité de chaleur, la chaleur la-

tente par conséquent, est la même pour chaque tempé-

rature, de manière que l'eau à 121°%,4 exige aussi 531°

de chaleur pour se transformer en vapeur à 122°, dont

la tension est de deux atmosphères, et que d’après cela

une partie de vapeur d’eau à 121°,4 augmente de 1° la temperature de 552,4 parties d'eau par la chaleur qu’elle

abandonne en se liquéfiant. Une autre opinion est que

la chaleur latente de la vapeur d’eau reste toujours la

même à partir de 100°, de sorte qu’une partie de vapeur

d’eau à -121°,4 n’echauffe d'un degré que 531 parties

d’eau, ce qui ferait cesser la chaleur latente à 631°. La

première opinion est combattue par le fait que la vapeur

d’eau à haute pression jouit à peine en s’ecoulant d’une

temperature aussi haute que la vapeur d’eau à 100°. En

“effet, la vapeur d'eau, comme tout autre gaz, absorbe de la chaleur en se dilatant, par exemple, si l'on sup-

pose que son volume ait été condensé de moitié, une

quantité de chaleur suffisante pour échauffer de 56° un

volume d’air egal au sien. Il faut considérer comme

avéré, que la chaleur latente diminue à mesure que la temperature s'élève, et ce decroissement diffère probablement selon les substances que l’on considère.

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