‹ Élémens de chimie médicaleChapitre 11 sur 110 · BU THERMOMÈTRE · texte numérisé non relu

BU THERMOMÈTRE

vapeurs aqueuses , s’élève graduellement dans le tube , et lorsqu’il devient stationnaire , on marque la place où il s’arrête. Il importe beaucoup que la hauteur du baromètre qui indique la pression de l’atmosphère soit de soixanteseize centimètres ( 28 pouces ). Ces deux points étant donnés , savoir , celui de la glace fondante et celui de l’eau bouillante , on divise l’intervalle en cent parties égales que l’on nomme degrés , si l’on veut avoir le thermomètre centigrade ; et en quatre-vingts , si l’on veut obtenir le thermomètre de Deluc , vulgairement dit de Réaumur. Le point qui correspond à la glace fondante est le o° du thermomètre 5 l’autre est le ioo°, ou le 8o°.

La longueur dun degré étant connue par ce moyen, ort peut pousser la division au-dessous de zéro, et au-dessus du point donné par l’ébullition. On exprime par le signe — les degrés au-dessous de zéro ; et par le signe ceux: qui sont au-dessus. On voit , par ce qui précède , que des thermomètres gradués ainsi dans différentes parties du monde doivent être comparables entre eux , puisque la glace fond par-tout à la même température , et que l’eau entre toujours en ébullition au même degré, si toutefois la pression de l’atmosphère est comme nous l’avons indiqué.

4. Les points fixes du thermomètre de Fahrenheit sont , d’une part , l’eau bouillante , et de l’autre le froidl produit par un mélange de sel marin et de neige. Le nombre de degrés compris entre ces deux points est de deux cent douze: 90 de ce thermomètre équivalents 5° du thermomètre centigrade , et à 4° de celui de Deluc, dit de Réaumur. Enfin , le o° correspond au point donné par le froid artificiel , et le 3a° au o° du thermomètre centigrade.

5. Le thermomètre de Delisle est aussi à mercure; mais il n’a qu’un point fixe, celui de la chaleur de l’eau bouillante , désigné par o° ; au-dessous de ce point l’on

î8 PREMIÈRE PAEÎIE.

observe cent cinquante divisions quisout les degrés : le too° répond au o° du thermomètre centigrade ; 7°,5 de ce thermomètre équivalent à 5° du thermomètre centigrade , et à 4° de celui de Deluc.

6. Les thermomètres à mercure ne sont pas les seuls employés; on est quelquefois obligé de faire usage de l’alcool (esprit-de-vin), par exemple* lorsque la température que Pon cherche à connaître est bien au-dessous de zéro , car alors le mercure tend à se solidifier , tandis que l’esprit-de-vin ne se gèle pas , même lorsqu’on l’expose à l’action de mélanges frigorifiques très-intenses. En général , Ces deux sortes d’instrumens ne s’emploient que pour les températures moyennes ; trop peu sensibles à l’action des petites quantités de calorique , ils ne peuvent rien indiquer lorsque la température est peu élevée 5 tandis qu’ils seraient brisés et leurs liquides vaporisés si on les mettait en contact avec des corps dont la température fût très-élevée.

7. PyTometres , instrùmens solides propres à faire connaître les températures les plus élevées. Celui de Wédgwood est fondé sur la propriété qu’a l’argile de se contracter par Paction dê la chaleur , i° parce qu’elle se dessèche, 20 parce que lès élémens qui la composent se combinent plus intimement. Cet instrument est tellement défectueux que nous ne croyons pas devoir en faire la description ; en effet M. Hall a prouvé que l’argile se contractait autant lorsqu’on la chauffait pendant longtemps jusqu’au rouge cerise, que lorsqu’elle était soumise , pendant un temps beaucoup plus court, à l’action d’une température plus 'élevée , par exemple , au rouge blanc.

On ne connaît pas de corps plus propres à mesurer les hautes températures des fourneaux que les métaux. On peut voir, dans l’ouvrage de physique de M. Biot , Une description détaillée du pyromètre métallique de Lavoisier et de M. Laplace (tome 1) : nous nous bornerons ici à

DU PYROMÈTRÏ. î£

faire connaître celui dont fait usage M. Brogniard à la manufacture de porcelaine de Sèvres , et qui ne sert qu’à déterminer des termes fixes dans les hautes températures ( fig. 44 )• D& est une barre métallique qui s’appuie suc un obstacle fixe CC par une de ses extrémités; l’autre extrémité pousse le bout L d’un levier coudé LE B , mobile autour du centre fixe E , et dont la branche EB sera cent fois plus longue que EL. AA est une division circulaire placée à l’extrémité du bras EB. Supposons maintenant que l’on échauffe la barre DD de manière à la dilater d’un millimètre; le bout du levier L marchera de cette quantité , et par suite l’extrémité B de l'aiguille parcourera cent millimètres ou un espace cent fois plus grand. Si. l’on suppose maintenant que la chaleur soit assez forte pour opérer dans la barre DD une dilatation double , l’aiguille B parcourera un espace de deux cents millimètres. On peut en dire autant des autres degrés de chaleur auxquels la barre est soumise. Il est donc évident que toutes les fois que la chaleur sera telle que nous venons de l’indiquer 'j l’aiguille B reviendra à la même division.

r . Thermomètre à air. Le plus avantageux de tous ceux qui sont connus est le thermomètre différentiel de M. Leslie. Pour le construire , on prend deux tubes dont la longueur peut être inégale, d’un diamètre un peu plus grand que celui des thermomètres ordinaires , terminés chacun par une boula «reuse de quatre à sept dixièmes de pouce de diamètre ; on introduit dans l’uue des boules une petite quantité d’acide sulfurique teint avec du carmin ; on joint ensemble les deux tubes à la flamme d’un chalumeau , et on les recourbe de manière à leur faire prendre la forme de la lettre U (Eoye’ pl. 6, fig. 45 ). La distance d une boule à l’autre est d’environ a à 4 pouces ; le tube plus court D (7, auquel on fixe l’échelle, doit avoir un diamètre intérieur bien égal et d’un quin-* ïième, même d’un seizième de pouce; l’autre tube EF n’a

PREMIÈRE PARTIE, pas besoin d’être aussi régulier , mais il doit être plus large : leur hauteur peut être de trois à six pouces. La boule E prend le nom de houle focale ; E représente le niveau des liquides dans la houle Z?, et Mie représente dans le tube D C.

8. Graduation de ce thermomètre. Les deux boules étant à la même température, on note le point où s’arrête le liquide dans le tube D C: ce point est le o° ; on entoure de glace fondante la boule D ; on place l’instrument dans une chambre à io° , ou à tout autre degré; on sépare l’une de l’autre les deux boules au moyen d’un écran : alors la boule B se trouve à io°; l’air qu’elle renferme, plus dilaté que celui de la boule D , pousse le liquide en avant, et le fait élever dans la branche D C jusqu’à une certaine hauteur que l’on note. L’intervalle compris entre ce point et le o° est divisé en cent parties égales. Si l’on voulait avoir dès degrés au-dessous de o° , on ferait une opération inverse, en entourant la boule B de glace et en chauffant la boule D. Dix degrés de ce thermomètre correspondent à un degré du thermomètre centigrade. En se servant de cet instrument, on doit avoir présent à l’esprit que le liquidé coloré montera d’autant plus dans la branche CD , que l’air de la boule B sera plus échauffé par rapport à celui que contient l’autre boule : ce thermomètre indique donc la différence de température des deux espaces occupés par les boules B D : c’est ce qui lui a valu le nom de thermomètre différentiel : il sert à mesurer les températures très-basses. Rumford inventa, après M. Leslie, un instrument qu’il appela thermoscope y et qui n’est que le thermomètre différentiel construit sur de plus grandes proportions , et dans lequel l’alcool ( esprit-de-vin) fut substitué à l’acide sulfurique.

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