Uarséniate de titane est blanc et insoluble dans l’eau
Du Bismuth.
Le bismuth se trouve , i° à l’état natif en ¥ rance , en Saxe , en Bohême, enSouabe, en Suède; mais il contient toujours un peu d’arsenic; 20 combiné avec l’oxigène ; 3° uni avec le soufre et l’arsenic.
469. H. est solide , d’une couleur blanche jaunâtre , trèsfragile , formé de grandes lames brillantes ; sa pesanteur spécifique est de 9 .,8 2 2.
Il entre en fusion à la température de 256° thermomètre centigrade : si on le laisse refroidir lentement , il cristallise en cubes tellement disposés les uns par rapport aux autres , qu’ils forment une pyramide quadrangulaire renversée: on n’observe ce phénomène qu’autant que le métal est pur. Il ne se volatilise point , lors même qu’il est fortement chauffé dans uns cornue de grès. Il n’agit ni sur l’air ni sur le gaz
Bg8 ÊèÈMiÈRE P A TL T t Ét
oxigène à la température ordinaire ; il s’oxide , au contraire f àl’aidedela chaleur , et l’absorption de l’oxigèneest accompagnée d’un dégagement de calorique et de lumière; comme on peut s’en convaincre en projetant sur lé sol du bismuth chauffé au rouge blanc. Le phosphore ne se cbnibine pas directement avec le bismuth ; il existe cependant un composé de phosphore et de ce métal facilement décomposable à une température peu élevée. Le soufre s’unit avec lui à l’aide de la chaleur , et donne un sulfure gris de plomb , moins fusible que le bismuth, cristallisable en aiguilles fasciculées , et qui se transforme en gaz acide sulfureux et en oxide par l’action de l’air ou du gaz oxigène, à une température élevée. Il parait formé de ioo parties, de métal et de 22,52 de soufre. On trouve ce sulfure en Suède , en Saxe et en Bohême. JJ iode peut se combiner avec le bismuth; l’iôdure qui en résulte est brun marron et insoluble dans l’eau.
Le chlore gazeux se combine avec ce métal réduit en poudre fine , et il y a dégagement de calorique et de lumière d’un bleu pâle. Le chlorure , connu autrefois sous le nom de heurre de bismuth , est blanc , déliquescent , fusible , volatil, et se transforme dans l’eau en hydro-chlorate.
Le bismuth n’exerce aucune action sur Y azote, sur Y eau ^ ni sur les acides borique, carbonique etphosphorique. L’acide sulfurique , concentré et bouillant , se combine avec lui après l’avoir oxidé ; d’où il suit qu’une portion d’acide est décomposée , et qu’il y a dégagement de gaz acide sulfureux. L’acide sulfureux n’agit point sur lui ; l’acid e nitrique l’attaque , et sa décompose avec d’autant plus d’énergie qu’il est plus concentré ; le métal s’oxide et se dissout dans la portion d’acide non décomposée; il se dégage du gaz deutoxide d’azote* L’acide hydro-chloiique liquide n’agit que très-lentement sur le bismuth. L’acide arseniquepeut aussi se combiner avec lui après l’avoir oxidé. Le bismuth peut s’allier avec plusieurs
DES SELS DE BISMUTH. 3g9
métaux: maïs il ne fonne , avec ceux qui ont été précédemment étudiés , que des alliages peu importans.
De V Oxide de bismuth.
470. On trouve quelquefois un peu de cet oxide à la surface du bismuth natif ; il est dTun beau jaune . fusible à la température rouge cerise 5 il n’éprouvé aucune altération de la part de l’àir ni du gaz oxigène. L’hydrogène et le carbone s’emparent de son oxigène à une température élevée 5 le soufre le décompose également, et s’unit à l’oxigène pour former de l’acide sulfureux, et au métal , qu’il fait passer à l’état de sulfure. L’iode en sépare l’oxigène et se combine avec le métal, pourvu que la température soit assez élevée. Il est insoluble dans les alcalis. L’acide nitrique le dissout à merveille. On le fait servir de fondant aux dorures sur porcelaine. Il est formé, suivant M. Proust , de 100 parties de bismuth et de 12 parties d’oxigène. M. Lagerhielm ne porte la quantité d’oxigène qu’à 11,28.
Des Sels de bismuth.
Ils sont en général d’une couleur blanche. Les dissolutions de bismuth sont précipitées en blanc par l’eau (le précipité est un sous-sel); en blanc jaunâtre par l’hydro-cyanate depotasse et de fer ( prussiate ). Les hydro-sulfates solubles y occasionnent un précipité noir de sulfure de bismuth. La potasse, la soude et l’ammoniaque en séparent l’oxide, qui est blanc tant qu’il est humide. Uinfusum de noix de galle les précipite en jaune légèrement orangé.
471. Le borate , le carbonate et leJJuate de bismuth sont pulvérulens , blancs et insolubles dans l’eau.
472. Sur-phosphate de bismuth. Il peut être obtenu sous la forme de cristaux solubles dans l’eau , inaltérables à l’air j tandis que le sous-phosphate est insoluble , blanc et pulvérulent.
4oO PREMIERE PlRTÎÊ.
473. Sulfate acide de bismuth. Il est sous la forme d’une masse blanche, insoluble dans l’eau. Quand on la met en contact avec ce liquide , elle est décomposée ; la majeure partie de l’acide et un peu doxidé se dissolvent , tandis que presque tout l’oxide reste avec un peu d’acide. La dissolution, évaporée , fournit de petits cristaux aiguillés de sulfate trèsacide de bismuth; ces cristaux sont de nouveau décomposés si on les traite par l’eau.
474- Sulfite de bismuth. Il est blanc , insoluble dans l’eau , quoiqu’il soit avec excès d’acide ; au chalumeau , il se fond en une masse jaune rougeâtre , qui ne tarde pas à se décomposer et à donner le bismuth.
475. Nitrate de bismuth. Il cristallise en petits prismes tétraèdres comprimés , d’une couleur blanche , rougissant l’ûzfusum de tournesol; il attire légèrement l’humidité de l’air, et sa surface se recouvre d’un peu d’oxide blanc ; chaude jusqu’au rouge il fournit, suivant M. Proust, 5o parties sur 100 d’oxide jaune : c’est même en suivant ce procédé que l’on peut se procurer avec plus d’avantage l’oxide de bismuth. Il se dissout très-bien dans l’eau ,, pourvu qu’il soit assez acide. Cette dissolution , versée peu à peu dans une grande masse d’eau, est subitement décomposée, et transformée en sousnitrate de bismuth insoluble , qui se précipite sous la forme de flocons blancs ou de paillettes nacrées , et en sur-nitrate qui reste en dissolution. Le sous-nitrate, bien lavé, constitue le blanc de fard ou le magistère de bismuth. On peut se servir du nitrate de bismuth comme encre de sympathie ; en effet, les caractères tracés sur le papier avec sa dissolution , sèchent et disparaissent ; mais ils deviennent visibles et noircissent aussitôt qu’on les met en contact avec le gaz acide hydro-sulfurique ou les hydro-sulfates , qui transforment le sel incolore en sulfure noir. Le blanc de fard ( sous - nitrate) est employé avec beaucoup de succès dans les douleurs d’estomac connues sops le nom de crampes j
DU ÎLOÎIS. 4oi
on en fait prendre 8 ou i o grains dans du sirop de guimauve; cinq minutes après on en donne une nouvelle dose. Il serait imprudent de l’administrer à grande dose, car il est vénéneux; uni à la magnésie et au sucre , il a été très-utile pour arrêter certains vomissemens chroniques.
4^6- Hydro-chlorate de bismuth. On peut l’obtenir sous la forme de petits cristaux prismatiques , rougissant Yinfusum de tournesol , déliquescens , peu solubles dans l’eaü , à moins que celle-ci ne soit acidulée : exposés à l’action du calorique , ils se transforment en chlorure de bismuth, qui se volatilise bien au-dessous de la chaleur roüge.
47 7* -drséniate de bismuth. Il est pulvérulent, blanc, avec une nuance de vert, insipide, insoluble dans l’eau, soluble dans l’acide hydro-chlorique.
Du Plomb.
Le plomb se trouve combiné, i° avec l’oxigène; 2° avec le soufre ou avec quelques autres corps simples ; 3° avec l’oxigène et un acide formant des sels.
478. Le plomb est un métal solide, d’une couleur blanche bleuâtre , brillante; il est assez mou pour qu’on puisse le rayer avec l’ongle et le plier en tous sens ; il est très-peu sonore, plus malléable que ductile, et ne jouit presque d’aucune ténacité; sa pesanteur spécifique est de x r,352.
Il se fond à la température de 260° th. cent.; si on le laisse refroidir , il cristallise , suivant M. Mongez , en pyramides quadrangulaires ; si , au contraire , on continue à le chauffer il se volatilise lentement. Soumis à l’action du gaz oxigène ou de l’air atmosphérique, le plomb fondu passe d’abord à l’état de protoxide jaune , puis à l’état de deutoxide rouge, et il y a dégagement de calorique; à la température ordinaire, le gaz oxigène lé ternit , tandis que l’air atmosphérique, après l’avoir transformé en protoxidè, lui cède son acide carbonique et le change en proto-carboi. 26
4û2 première partie.
nale blanc. Ces phénomènes sont d’au tant plus sensibles qtg
l’air ou l’oxigène sont plus souvent renouvelés.
Uhydrogène , le boîe et le carbone sont sans action sur le plomb. Le phosphore peut se combiner directement avec lui à l’aide de la chaleur, et former un phosphure blanc bleuâtre , composé de 88 parties de plomb et de 12 parties de phosphore, très-malléable , mou, moins fusible que le plomb, et susceptible d’être transformé , à une température élevée , en acide phosphorique et en proto-phosphate de plomb par l’action de l’air ou du gaz oxigène. Lorsqu’on fait fondre dans un creuset 3 parties de plomb et 2 parties de soufre , on obtient un sulfure , et il y a dégagement de calorique et de lumière. Ce sulfure se trouve très-abondamment dans la nature $ on lé rencontre cristallisé en octaèdres, ou en cubes, ou en lames , il existe en France, en Espagne , en Allemagne , et surtout dans le Derbyshire en Angleterre y il est connu sous le nom de galène. Lorsqu’il est pur, il est formé de 100 parties de plomb et de i5,44^ de soufre 5 il est solide, brillant, d’une couleur bleue 5 il ne fond pas aussi facilement que le plomb ; il ne se décompose pas quand on le chauffe, à moins qu’il n’ait le contact de l’air ou du gaz oxigène , car alors il se transforme en gaz acide sulfureux et en proto-sulfate 5 et si la température est très-élevée, il fournit, outre ces deux produits, du plomb métallique. On l’emploiepour en extraire le.métal 5 les potiers de terre s’en servent sous le nom d 'alquifoux pour vernir leur poterie. On peut, par des moyens particuliers, combiner Y iode avec le plomb ; l’iodure qui en résulte est d’un très-beau jaune orangé et insoluble dans l’eàu. (Voyez Préparations)
La combinaison du chlore gazeux et du plomb s’opère sans dégagement de lumière. Le chlorure formé se trouve dans là nature , et a été connu sous les noms de muriate de plomb et de plomb corné. Il est blanc, demi-transparent, fusible au-dessous de la chaleur rouge, et volatil à une tempe-