CHAPITRE PREMIER
Des Fluides impondérables .
Ces fluides sont :
i°. Le calorique;
2°. La lumière;
3°. Le fluide électrique :
4°. Le fluide magnétique»
Si nous préférons commencer par l’exposition des phénomènes développés par ces fluides impondérables, cela doit être attribué à l’influence qu’ils exercent sur les autres corps de la nature , et surtout à ce que leur histoire , qui est plutôt du ressort de la physique que de la chimie, établit un passage naturel de la première à la dernière de ces sciences. L’impossibilité de peser et de saisir ces fluides en a fait nier l’existence à quelques physiciens ; mais la plupart d’entre eux s’accordent à l’admettre,, parce qu’elle facilite l’élude des phénomènes qui composent leur histoire. Nous sommes loin de vouloir entretenir le lecteur sur les discussions établiesà cet égard entre les physiciens; les détails daus lesquels nous serions obligés d’entrer seraient déplacés dans im ouvrage de ce genre, et peu propres à répandre quelque jour sur le fond de la question. Aussi allons-nous aborder individuellement leur histoire , en nous réservant cependant de faire connaître , à la fin de l’article Calorique , les principales hypothèses sur la cause 4e la chaleur.
ARTICLE PKEIiriER.
Du Calorique.
i . Le calorique est un fluide extrêmement subtil , faisant partie constituante de tous les corps , et dont les caractères
IO PREMIÈRE partie.
principaux sont : i° de se mouvoir sous forme de rayons lorsqu’il est libre 5 20 de produire , par son accumulation sur tous les corps , une dilatation plus ou moins sensible , suivie quelquefois de décomposition; 3° d’agir par conséquent en sens contraire de l’attraction ; 4° de nous faire éprouver, lorsqu’il est en contact avec nos organes, une sensation particulière connue sous le. nom de chaleur ; 5° enfin , de déterminer, par sa soustraction , des effets inverses aux précédens, savoir , la contraction elle sentiment de froid. Nous allons donner quelque développement à chacun de ces cinq caractères.
Le calorique se meut sous la forme de rayons lorsqu il est libre. On peut démontrer la certitude de cette proposition à l’aide de deux réflecteurs concaves. Expérience ( Voyez pl. 5, fig. 42. ). Si l’on place , à cinq ou six pieds de distance l’un de l’autre , les deux miroirs concaves de cuivré et 2?, dont la concavité est parfaitement polie , et dont les parties concaves sont en regard , on remarquera , si les axes D Z) se confondent, qu’un morceau d’amadou placé au foyer f du miroir B s’allumera presqu’ aussitôt après que l’on aura rempli de charbons incandescens un réchaud placé au foyer F du. miroir A. Ce fait ne peut s’expliquer que par l’une ou l’autre de ces hypothèses : ou le calorique émané des charbons rouges disposés en F se communique de proche en proche jusqu’à l’amadou, par le moyen des couches d’air intermédiaires, ou bien il s’élance de ces mêmes charbons sur le miroir A , sous la forme de rayons , est réfléchi par ce même miroir qui le renvoie sur l'autre S, d’où il est de nouveau réfléchi pour se porter en f , foyer où se trouve l’amadou. La première de ces hypothèses n’est pas admissible ; car les points P P , beaucoup plus proches des charbons incandescens que le foyery, ne sont pas à beaucoup près aussi chauds que l’est ce foyer, ce qui devrait être si on l’ admettait : nous de?-