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DE L’ÉLECTRICITÉ ET DU GALVANISME

L’électricité et particulièrement le galvanisme, qui n’en est qu’une modification, sont, dans beaucoup de cas, analogues à la lumière et à la chaleur. Les corps qu’on y assujétit, acquièrent une température élevée ; les composés sont réduits à leurs élémens ; ceux-ci sont engagés dans de nouvelles combinaisons , et les effets produits sont plus considérables que ceux obtenus par la plus grande chaleur artificielle, sans pouvoir cependant en attribuer la cause à une plus grande température ou à une activité particulière des opérations de l’électricité et du galvanisme. Quoique ces deux forces soient considérées comme des modifications du même pouvoir, il convient néanmoins de les considérer séparément , en raison de la différence qui existe dans les moyens de les exciter.

i. De l'électricité.

Si l’on frotte un morceau d’ambre jaune ou de succin, sur du drap bien sec, et qu’o» l’approche de corps légers, tels

que des petits morceaux de papier, ils sont attirés et s’attachent à sa surface. Cette propriété de l’ambre paraît avoir été connue aux anciens, car le mot électricité dérive du grec électron, ambre. Si on frotte un tube de verre d’un morceau de flanelle sèche, on trouvera qu’il attire les corps légers ainsi que l’ambre ; il en sera de meme d’un verre de montre. Le corps qui produit ces apparences est dit être excité ; mais tous les corps ne sont pas susceptibles de l’être et d’offrir les propriétés électriques. De là la division en corps électriques et non électriques. Le verre, la résine, le soufre, la laine, les cheveux et d’autres corps sont électriques ; les substances métalliques et les liquides ne le sont pas; mais si une tige métallique est suspendue par des fils de soie , ou supportée par des colonnes de verre , et si on la met en contact avec un tube excité , alors cette tige attirera des corps légers : l’effet n’aurait pas lieu si la tige était supportée par des colonnes métalliques, car dans ce cas, le pouvoir électrique, en le supposant un fluide d’une nature très-subtile, se dégagerait aussitôt qu’il serait transmis du corps excité. Cette diversité des propriétés électriques des corps est l’origine d’une autre division en conducteurs et non-conducteurs. Les substances métalliques ou liquides sont des conductrices de l’électricité, mais les substances vitrées ou résineuses sont non-conductrices , parce, que dans les unes l’électricité peut-être accumulée, et que dans les autres elle se dégage avec beaucoup de facilité.

On a proposé deux théories pour expliquer les effets singuliers de l’électricité ; et dans toutes deux , on attribue , leur origine , à un fluide particulier d’une nature très-subtile. Suivant la théorie du docteur Franklin tous les corps contiennent une certaine quantité de matière électrique , et lorsqu’ils sont excités, ils en reçoivent une proportion plus grande que celle qui leur est naturelle, ou bien ils se trouvent privés d’une certaine quantité. Les corps qui en ont plus que leur quantité naturelle, sont dans l’état d’électricité positive, ou

en plus ; ceux qui en ont moins, sont dans l’état d’électricité négative. Quand on approche deux corps d’une électricité opposée , le corps électrisé en plus dégage sa quantité surabondante , et celui électrisé en moins reçoit la portion qui lui manque ; tous deux alors cessent de montrer des apparences électriques , jusqu’à ce qu’ils soient excités de nouveau.

Dans la théorie proposée par Dufay, on suppose qu’il existe deux espèces d’électricité. Lorsque le verre est excité, il dégage une de ces espèces, qui prend le nom d’électricité vitrée, et lorsqu’on excite la résine, le papier, la soie ou quelque autre corps , ils dégagent l’autre espèce qu’on nomme électricité résineuse. Il faut donc observer que les termes de vitrée , positive et en plus sont analogues; ét que ceux de résineuse, négative et en moins le sont également. On observe aussi qu’une des lois les plus générales de l’électricité est , que les corps qui ont la même espèce d’électricité se repoussent, tandis que ceux d’électricités différentes s’attirent.

Ce qui contribua le plus à faire observer et étudier les effets étonnans de l’électricité, fut l’invention de la machine électrique , où une plaque circulaire de verre, se mouvant avec rapidité et se trouvant en même temps frottée sur un coussin , produit Félectricité ; tandis que la machine est isolée et supportée par des non-conducteurs, comme de verre, et que l’électricité accumulée est reçue sur un conducteur métallique; et la découverte de la bouteille de Leyde, ainsi que la méthode d’en joindre plusieurs ensemble, pour faire ce qu’on nomme une batterie électrique , au moyen de laquelle on recueille de plus grandes quantités d’électricité. Possesseur de moyens si étendus, le philosophe put changer la constitution des corps, réduire les composés à leurs élé— mens, et engager ceux-ci dans de nouvelles combinaisons. Au moyen de l’électricité, on fond des substances métalliques, et on les réduit à l’état d’oxide; l’eau est décomposée, et ses élémens paraissent sous les formes gazeuses d’oxigène et d’hydrogène; ces gaz, assujettis au même pouvoir, repren-

APPLIQUÉE AUX ARTS ET AUX MANUFACTURES. 5o

' . J tient la forme liquide de l’eau ; enfin l’acide nitrique peut être

décomposé et formé de nouveau de. ses élémens, qui sont l’oxigène et l’azote.

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